Blabla de l'auteur : Hello. Retrouvons sans plus tarder Baek Seung-Jo qui fait face à Oh Ha-Ni après son accident.

Disclaimer : Tout de que vous reconnaissez de l'univers appartient à Kaoru Tada et à l'équipe de Playful kiss. Je ne touche rien en écrivant.

Episode 06

Heureusement ses blessures ne sont pas graves et mes parents nous laissent seuls le temps d'aller signer les papiers pour les quelques jours qu'elle passera ici. Pour ma part, je reste un instant sans rien dire puis je vais chercher un fauteuil roulant afin qu'elle puisse se balader si elle en a envie. Quand je reviens, elle ne parle toujours pas et si j'ai envie de discuter avec elle, je ne sais pas comment commencer cette conversation. Je suis même incapable de l'aider à s'asseoir au bord de son lit et je la regarde bêtement alors qu'elle a les yeux dans le vide et sa tête des mauvais jours. Celle où elle s'accuse de tout. Ce qui ne tarde pas puisque bientôt, elle s'excuse d'une petite voix. Je suis sur le point de lui assurer que ce n'est rien mais je reste cloué sur place par son abnégation. Comment fait-elle ça, je l'ignore.

« - Je sais à quel point c'est difficile de pouvoir passer ce test, continue-t-elle me faisant baisser la tête gêné par ce que je cache. Tout le monde attendait avec impatience… Mais… A cause de moi… Tout ça parce que je t'ai suivi inutilement. Tu aurais dû me laisser et rentrer à l'intérieur.

« - Aurais-je dû, je lui demande en souriant doucement.

« - Tout ce que tu as dit est vrai. Je suis vraiment un obstacle dans ta vie, répond-elle en secouant la tête. Non ! Même ce mot n'est pas assez fort. C'est un désastre.

Comment peux-tu penser ça ? Je suis ravi que tu m'aies permis de rater ce test… Regarde-moi Ha-Ni ! J'aime quand tu poses ton regard qui semble fatigué sur moi. J'aime pouvoir lire ce que tu ressens sur ton visage même quand tu tentes de cacher tes émotions. Je retiens un soupir et vais prendre la parole mais son amie Dokgo Min-Ah arrive avec Bong Joon-Gu. Je décide d'écouter simplement leur conversation sans intervenir. Tu vas être clouée à la maison quelques jours Ha-Ni, nous aurons le temps de reprendre cette conversation et peut-être de la terminer. Il finit par m'apercevoir seulement avant même qu'il puisse faire une phrase complète, Ha-Ni l'en empêche plutôt froidement contrairement à la chaleur qu'il y a dans sa voix habituellement. Il m'accuse d'être responsable de tous les accidents de la vie d'Ha-Ni alors que c'est plutôt l'inverse mais, de nouveau, elle s'interpose entre lui et moi sèchement. Je note que lui non plus, elle ne le regarde pas et je m'interroge sur ce à quoi elle pense. Il y a un truc qui cloche, elle n'agit pas comme d'habitude avec ses amis… Elle les met dehors presque aussitôt, ce qui est étonnant venant d'une fille aussi sociable mais elle ne sourit même pas. Je la regarde curieux et me demande un instant si elle n'a pas frappé le sol avec sa tête plus durement que ne le pensent les médecins. Elle a peut-être une commotion ou un truc du genre ? Une hémorragie crânienne ou quelque chose qui appuierait sur son système limbique. Bras croisés, je la regarde se rallonger sous sa couverture alors que son capitaine courage sort en entraînant Dokgo Min-Ah avec lui, même si c'est elle qui finit par le tirer hors de la pièce. C'est ça, allez vous-en ! On doit parler elle et moi. Afin de relancer la conversation et également de croiser son regard, elle ne m'a plus regardé depuis mon entrée dans la chambre, je lui demande si je suis également prié de sortir et quand elle me le confirme, me priant de me reposer, je me sens mal. Elle se tourne pour que je ne puisse voir que son dos et quand je l'entends sangloter, je sais que je ne vais pas sortir. C'est ce qu'elle voudrait mais quel ami serais-je si je la laissais seule alors qu'elle a de la peine ?… Pourquoi ça me touche, je ne sais pas, mais entendre Ha-Ni pleurer remue quelque chose en moi. Une nouvelle émotion dirait maman mais c'est plus que ça. Je me sens mal et idiot. Je devrais aller la voir, la prendre dans mes bras la rassurer peut-être, mais maman est plus douée que moi pour ces choses-là. Je quitte Ha-Ni des yeux pour regarder la porte espérant qu'elle va arriver et la consoler seulement personne ne vient. Je reste seul avec Ha-Ni qui tente de pleurer sans bruit pour me cacher qu'elle a mal quelque part… Que dois-je faire ? A plusieurs reprises, j'amorce un geste pour la rejoindre sans aller au bout et je finis par rester dans mon coin seul à veiller sur elle sans bruit. Pour qu'elle pense que je ne suis plus là.

« - Pourquoi restes-tu, demande-t-elle entre deux sanglots. Je ne t'apporte que des ennuis après tout.

« - Tu es triste, je ne peux pas te laisser seule. Si ma présence t'ennuie alors je partirais quand maman ou Oh Ki-Dong sera de retour.

« - Alors je vais dormir, tu n'auras pas à rester.

« - Je reste malgré tout. Je n'aime pas les hôpitaux, on ne sait jamais ce qu'il peut arriver et avec toi dans les parages, je crains presque pour la vie des autres patients.

J'ai tenté de faire de l'humour mais quand je vois son visage qui s'enfonce dans son oreiller je comprends qu'elle interprète mal ce que je viens de dire. Aussi je décide de ne plus rien dire. A la place, je la surveille et lorsqu'elle semble s'être réellement endormie, je m'approche doucement. La couverture a bougé et je la replace avant de dégager son visage pour observer ses traits. Elle tourne la tête et je regarde l'éraflure sur sa joue. Ça semble très superficiel et ça ne laissera pas de marque quand ça sera guéri. Mon pouce effleure sa peau douce et je me sens un peu étrange quelques secondes avant de me redresser en regardant autour de moi. Mais non, nous sommes seuls. Je reprends ma place en la surveillant et quand nos parents arrivent, je récupère mes affaires et leur signale que je rentre à la maison. Je voudrais ajouter quelque chose pour Ha-Ni un message, mais j'ai peur que maman y voit autre chose qu'un signe d'amitié ou un pacte de non-agression entre nous.

Quand je me lève le lendemain, tout le monde semble apathique. Oh Ki-Dong ne sourit pas et maman fixe la chaise de Ha-Ni en soupirant tristement. Seul Eun-Jo se réjouit de son absence. Papa le réprimande alors que je m'installe sans un mot. Je ne veux pas qu'ils sachent que moi aussi sa présence me manque et je n'ose pas demander comment elle va. Hier elle semblait triste. Elle pleurait et je veux savoir s'ils en connaissent la raison mais comment poser la question sans éveiller le radar de maman ? Je soupire et prends le journal quand papa me le tend. Je le parcours lentement comme chaque matin et une fois fait, je le replie avant de regarder Oh Ki-Dong.

« - Vous allez voir Oh Ha-Ni aujourd'hui ?

« - Oui Baek Seung-Jo. Avant d'aller au restaurant et j'irais probablement manger avec elle ce midi. Tu veux venir ?

« - Non, je n'aime pas les hôpitaux. Elle va mieux ? Avant de s'endormir, elle m'a semblé triste, précisé-je d'une voix égale.

« - Non, soupire maman. Elle a passé le reste du temps à pleurer et à dormir hier. Ki-Dong, pourrais-tu venir me chercher, je passerais l'après-midi avec Ha-Ni, ajoute-t-elle en souriant.

Ils se mettent d'accord sur l'heure alors que je termine mon café avant de quitter la table. Les cours sont terminés à présent et je remonte tranquillement dans ma chambre pour lire un peu… Jusqu'à ce que tout le monde parte sauf moi. Maman emmène Eun-Jo dans une de ces salles d'arcades vintage alors que papa et Ki-Dong sont partis travailler. Je délaisse mon livre et observe la chambre d'Ha-Ni. La maison semble vide sans elle et sa musique, son rire, ses cris et tout ce qui la caractérise.

Heureusement elle sort une semaine plus tard et quand Oh Ki-Dong nous annonce la bonne nouvelle je cache mon sourire derrière le livre que je lis. Eun-Jo grommelle comme seul un enfant peut le faire mais je sais qu'il est heureux de savoir qu'elle va bien. Je le sais parce qu'hier soir, pensant que je dormais, il a prié à voix haute qu'elle aille bien. Maman promet d'aller la chercher et de l'emmener au restaurant de son père ce qui m'ennuie un peu. Mais au moins je la verrais au soir ? Je hoche mentalement la tête et reprends ma lecture. J'y consacre la journée même si je profite de l'absence de maman pour entrer dans la chambre de Ha-Ni. Tout est rangé naturellement et je ne sais pas vraiment ce que je cherche à vrai dire. Je me contente d'observer l'omniprésence du rose, des fioritures, des peluches toutes hideuses… Une vraie chambre de fille comme dans un magazine je suppose.

« - Pourquoi tu es dans la chambre d'Ha-Ni, me demande mon frère me faisant revenir au présent.

« - En réalité, je regardais ce que maman a fait de ta chambre, dis-je en soupirant. Difficile de croire qu'il y a quelques mois, un petit garçon dormait ici.

« - Tu crois que je vais récupérer ma chambre un jour ?

« - Aucun doute… Quand Ha-Ni sera mariée à son ami stupide.

Je sors en lui ébouriffant les cheveux et rejoins ma chambre pour continuer mon livre. Seulement je n'arrive pas à le lire. Je repense au regard triste d'Ha-Ni, à sa voix cassée par les larmes, à son visage qui malgré son éraflure semblait plus serein. Je ne sais pas pourquoi mais je trouve qu'elle est toujours mieux les cheveux détachés. La porte d'entrée se referme et si je reconnais bien la voix de Oh Ki-Dong, je n'entends pas celle de sa fille. Il repart presque aussitôt et lentement elle monte l'escalier. J'entends Eun-Jo la saluer avant qu'il ne me rejoigne le visage chiffonné.

« - Hyun ? Pourquoi Ha-Ni fait la tête ?

« - Je ne sais pas Eun-Jo. Laissons-là tranquille ce soir, elle est peut-être fatiguée.

Il hoche la tête mais il n'est pas convaincu puisqu'il fixe sans cesse le mur qui nous sépare de la chambre de Ha-Ni… A vrai dire, je ne suis pas convaincu non plus. J'attends qu'elle sorte pour aller à sa rencontre seulement maman nous appelle pour dîner avant. Je laisse mon frère descendre puis je frappe à sa porte avant d'ouvrir quand je n'entends aucun bruit.

« - Je… Maman a préparé le dîner, dis-je bêtement.

« - Je n'ai pas faim, merci, me répond-elle dos à moi.

« - Très bien et… Je ne sais pas si ton père te l'a dit mais je t'ai ramené ton sac. Je ne voulais pas le laisser à l'hôpital au cas-où il y aurait un vol. Je sais que tu as tendance à tenir à des choses stupides et sans intérêt.

Elle hoche seulement la tête, allongée sur son lit et je ressors avant de rejoindre ma famille pour les prévenir. Maman est chagrinée et elle décide de lui monter un plateau repas pour qu'elle puisse se nourrir quand elle aura faim. Quant à moi, j'espère qu'elle va rapidement redevenir comme avant. Je n'aime pas la voir comme ça. Tout comme je n'aime pas ce que je ressens quand j'y pense. Je suppose que tout redeviendra normal quand elle pourra à nouveau se déplacer normalement.

Seulement même quand elle n'a plus son plâtre, elle ne descend toujours pas manger et j'entends Eun-Jo dire qu'elle passe ses nuits à marcher dans les couloirs quand tout le monde dort… Ça lui ressemble si peu. Maman soupire avant de me demander d'être plus gentil avec Ha-Ni. Ce qui la convaincrait de revenir dîner avec nous entre autre. Ce que j'ai déjà fait. Quand elle veut plus d'explication, je cache mes gestes et les quelques conversations qu'on a eu à l'hôpital pour quelque chose qui je le sais, ne lui fera pas plaisir.

« - Merci de ne pas me laisser passer l'examen, dis-je en gardant mon sérieux. Voilà ce que je lui ai dit de gentil.

« - Est-ce une sorte de consolation, me demande-t-elle en haussant le ton. C'est comme mettre une claque sur le visage d'un enfant en pleurs.

La seconde suivante, elle me prend mon bol de riz et m'annonce que tant que Ha-Ni ne mangera pas, alors moi non plus. Même absente, elle continue de me gêner, songé-je légèrement énervé. Bon je vais régler la question après dîner. Je vais attendre que tout le monde dorme pour lui parler. Je refuse que maman sache que je lui obéis. N'ayant plus aucune raison de rester à table, j'annonce que je sors de table et vais prendre de quoi lire dans le jardin. Même si je regarde davantage la nuit se lever. Assis sur la pierre froide, j'essaie de trouver comment aborder Ha-Ni et sursaute quand la porte s'ouvre. Qui peut bien sortir à cette heure ? Tout le monde dort non ? En fait je l'ignore je n'ai pas pensé à prendre mon téléphone. Quelques secondes plus tard, je vois Ha-Ni passer avec une valise. Elle s'en va ? Sans dire au revoir ? Sans nous remercier de l'avoir accueilli et si bien traité ? Sans tenter de faire un pas vers moi ? Je me sens blessé par cette décision mais je sais enfin comment commencer la conversation. Je prends mon dossier d'acceptation à l'université de Parang que je cache dans le jardin et je me décide à signaler ma présence.

« - Ça fait un moment qu'on ne s'est pas vu, dis-je en m'approchant d'elle avant de regarder sa valise avec insistance. Tu t'en vas ? C'est parce que je n'ai pas été reçu à l'université de Taesan, lui demandé-je quand elle hoche la tête.

« - Oui, mais aussi à cause de l'incident avec le médicament contre la toux… J'essaie de bien faire mais… Qu'importe comment j'y pense, je ne devrais pas être à tes côtés. Je ne sais pas ce qui pourrait arriver à cause de moi. Ne me retiens pas.

« - Je n'en ai pas l'intention, dis-je en pensant l'inverse ce qui la fait sourciller. Devrais-je t'aider ? Ça semble lourd.

« - ça ira.

« - Bien alors… Prend soin de toi, dis-je en lui faisant signe de partir avec l'enveloppe qu'elle fixe. Ah.

« - C'est pour moi, s'étonne-t-elle quand je la lui donne en hochant la tête. L'université de Parang ?

Je l'observe sortir le dossier de l'enveloppe et prendre connaissance des frais d'enrôlements puis d'autres informations inutile avant qu'elle ne lise mon prénom. Il ne lui faut qu'une seconde pour comprendre ce que ça signifie et elle relève la tête en répétant mon prénom étonné. Pourquoi l'es-tu Ha-Ni ? Ne t'ai-je pas suffisamment fait comprendre que je commençais à apprécier les différents accidents que tu créais dans ma vie ? Me crois-tu toujours aussi insensible à ta présence ? Ne t'ai-je pas prouvé l'inverse à l'hôpital ? Crois-tu que je serais resté avec n'importe qui ? Je récupère ma lettre et vais m'asseoir sur le muret de pierre où j'étais avant son arrivée. Elle me rejoint en m'interrogeant sur mon choix d'université. Je ne peux pas lui dire la vérité, elle penserait qu'à présent c'est moi qui lui cours après. A la place, je lui mens en racontant qu'ils m'ont supplié de venir étudier chez eux… Même si je vais avoir certains avantages que je lui liste sans prétention.

« - Ils vont payer pour que je puisse aller étudier à l'étranger, ainsi qu'un combiné master plus doctorat. Si je reste dans l'école, ils ont dit qu'ils me donneraient même une position de titulaire, listé-je ce qui la choque.

« - Pour moi, ils étaient vraiment furieux demandant pourquoi ils devraient me choisir, me raconte-elle enfin me faisant sourire. Mais même si ce n'est pas l'Université Parang, l'admission prioritaire n'est-elle pas la même pour n'importe quelle université ?

« - Vivre ma vie jusqu'à maintenant, soupiré-je, je crois que j'étais le plus furieux l'an dernier. J'étais inquiet et énervé en me demandant ce qu'il allait se passer aujourd'hui. C'était un bazar complet, admis-je en repensant à cette année chaotique.

« - Je suis désolée, murmure-t-elle me faisant sourire.

« - Mais c'était amusant… S'endormir tout en passant des examens a été amusant. Me demander ce que mon score serait après avoir passé un examen, c'était nouveau aussi, listé-je. Grâce à toi, j'ai vécu beaucoup de choses nouvelles. C'était assez excitant et amusant. Alors…

« - Alors, demande-elle avec espoir me faisant tourner la tête pour la voir sourire. Donc tu es en train de dire que tu y vas à cause de moi ? A l'université Parang ?

« - Ce n'est pas à cause de toi, mais à cause de moi ! Juste le temps que je comprenne ce que je veux faire. Je veux vivre une vie excitante jusque-là… J'ai pensé à ce qu'a dit ta grand-mère, de vivre une vie agréable, déclaré-je avec sincérité.

« - C'est vrai !

« - Eh bien…. A plus tard.

Je me lève pour rentrer mais j'ai à peine mis un pied dans la maison que je suis retenu par la manche de mon gilet. Je tourne la tête pour regarder Ha-Ni qui me demande incertaine si elle peut rester chez nous. Crois-tu que je t'aurais réellement laissé partir ? Elle me promet de ne plus être casse-pied mais je n'y crois pas. Ha-Ni ne serait pas elle, si elle ne mettait pas le bazar dans ma vie. Je rentre et commence à me déchausser avant de la fixer.

« - Veux-tu de l'aide pour remonter ta valise ?

« - Oui… Merci Baek Seung-Jo.

« - Dis-moi, tu vas revenir manger à table à partir de demain ou pas ?

« - Oui, pou… Pourquoi ?

« - Pour savoir si je pourrais manger demain, dis-je alors qu'on arrive à l'étage.

« - Merci, dit-elle en souriant doucement avant de comprendre ce que j'ai dit… Donc tu as fait semblant tout ce temps, tout en sachant à propos de l'université Parang ? Même après avoir vu comment je mourrais de culpabilité ? Pourquoi, me demande-t-elle après que j'ai hoché la tête.

« - Parce que c'était amusant, avoué-je simplement.

« - Quoi ?

« - Tu n'aimes pas ça ? Si tu ne l'aimes pas je peux l'annuler dès maintenant, dis-je en sortant mon portable avant qu'elle ne m'arrête.

Elle répète « non » plusieurs fois tout en gardant ma main en otage entre les siennes puis finit par avouer qu'elle aime l'idée qu'on aille à la même université. Ce qui la rend heureuse, je le sais avant même qu'elle ne me le confirme. Je suis tenté de rester ici avec elle, sa conversation m'est agréable ce soir mais je crains qu'elle imagine autre chose aussi je m'éloigne et rentre dans ma chambre. Je ne m'éloigne pas de la porte cependant, j'ai besoin de réfléchir à ce qu'il s'est passé dans le jardin et il y a quelques minutes quand sa main a pris la mienne. Je l'entends qui semble s'agiter et je suis à peu près certain que si je ressortais je la verrais sauter sur place en souriant… Je suis tenté de le faire mais je décide de la laisser tranquille ce soir. On ne s'est pas beaucoup vu récemment c'est vrai et si cette coupure peut nous faire repartir sur des bases saines alors pourquoi pas ?

Quand je sors de ma chambre le lendemain, maman est ravie. Ha-Ni s'est levée pour prendre son petit-déjeuner ce matin avant de partir voir ses amies. Tant mieux. D'un ton sarcastique, je lui demande si j'ai le droit de manger également et elle me fusille des yeux quelques secondes avant de m'apporter mes toasts. Que je mange en lisant le journal avant de monter enfiler de quoi faire un peu de basket dans le jardin.

Je suis étonné de voir Ha-Ni rentrer tard et je suppose qu'elle avait beaucoup de choses à raconter à ses deux idiotes d'amies. Je m'assois dans le salon près de la terrasse sachant qu'elle ne va pas me rater seulement elle semble tellement fatiguée… Elle est voutée et passe devant moi sans me voir. Ce n'est peut-être pas plus mal, fatiguée comme elle est, elle pourrait s'endormir sur moi en plein milieu de sa phrase… Mais qu'a-t-elle fait aujourd'hui pour être dans cet état ? Elle a fait le tour de Séoul en courant ou quoi ? Déçu et curieux, je rejoins la terrasse et regarde le ciel quelques instants avant d'aller chercher ma guitare pour jouer dans le jardin. Malgré moi, je regarde la fenêtre d'Ha-Ni mais il n'y a aucune lumière signe qu'elle dort déjà. Curieux !

Même chose le lendemain, et le jour suivant si bien que je finis par demander à maman à quelle heure elle entre. Non que je sois inquiet pour elle, du moins officiellement, mais je m'inquiète pour maman qui l'attend chaque soir. Ce soir encore, alors que je sors de la salle de bain, je la vois allongée sur son lit. Elle porte encore son manteau et son sac à main est juste à côté d'elle. Comme si elle était trop fatiguée pour ranger tout ça. Je m'approche curieux et l'interpelle :

« - Oh Ha-Ni, dis-je la faisant à peine tourner la tête. Tu rentres tard ces derniers temps.

« - Pourquoi ? Es-tu inquiet ?

« - Inquiet ? Tu ne savais pas que ma mère se couche tard pour ouvrir la porte à ton retour ?

« - Je sais, dit-elle avant que ses yeux ne commencent à se fermer. Mais je n'ai pas le choix.

« - Quoi ?

Je la regarde s'endormir encore habillée de son manteau. Que fait-elle pour être aussi fatiguée ? Je ne connais pas cette Ha-Ni. Je pensais avoir fait le tour de sa personnalité. Je l'ai connue, vive, joyeuse, triste, souffrante, amoureuse, mais si fatiguée non. Je vérifie que personne ne me voit et j'entre doucement dans la chambre. Je prends son sac et le pose simplement au sol avant de la prendre dans mes bras pour l'allonger la tête sur l'oreiller. Je rabats la couverture sur elle et je ressors en fermant la porte de la chambre comme si c'était elle qui s'était couchée. Je rejoins mon lit et, allongé les yeux fixé au plafond je cherche à comprendre pourquoi elle est aussi fatiguée. Que fait-elle dehors toute la journée ? Je ne la vois plus. Elle part le matin et ne rentre que bien après dîner. Que fais-tu de tes journées Ha-Ni ? Pourquoi ne racontes-tu rien à personne ? Pourquoi n'as-tu pas d'autres choix que de t'absenter des heures entières ? Je soupire longuement et je dois m'endormir puisque quand je suis réveillé par une porte qui se ferme brutalement. Hagard, je regarde autour de moi et vais à la fenêtre pour la voir prendre la direction de l'arrêt de bus. Sans un regard en arrière. Où vas-tu ainsi douce Ha-Ni ? Pourquoi ne me dis-tu rien ? Vas-tu m'obliger à te troubler pour savoir ce que tu sembles cacher à tout le monde ? En serais-je seulement capable ? Je n'en suis pas sûr. A présent que je te vois comme une amie, je ne peux plus jouer avec ton cœur comme avant. Je ne voudrais pas que tu me détestes parce que je me suis amusé avec tes sentiments… Vois-tu quelqu'un d'autre ? Est-ce ça que tu nous caches ? Le fait que je ne suis plus le seul dans ton cœur ? Cette idée me dérange, sans que je ne sache pourquoi et je rejoins la cuisine pour entendre maman m'annoncer que j'ai raté Ha-Ni de peu. Je le sais maman, je le sais. Je fais mine de l'ignorer cependant et prends mon petit-déjeuner comme chaque matin.

Ayant envie de soda, je prends mon portefeuille et sors de la maison pour rejoindre la petite épicerie qui n'est pas loin. J'entre dans le magasin et rejoins le rayon frais. Je suis cependant surpris de ne pas voir de personne en caisse ou en rayon. Etrange, le propriétaire ne laisse jamais sa boutique sans surveillance ! Je hausse les épaules, prends une bouteille et rejoins la caisse en demandant combien je dois avant de faire un pas en arrière. La personne a refermé sa capuche jusqu'en haut cachant son visage… Comment va-t-il ou va-t-elle faire pour m'encaisser ? La voix me signale que ça me coûtera mille cinq cents wons et je lui tends un billet avant de lui signaler… Cet encaissement est très étrange !

« - Hey… Monsieur le client, combien m'avez-vous donné, me demande la personne cachée derrière la capuche.

Je lui réponds avant de l'observer ouvrir le tiroir caisse. Et maintenant comment vas-tu faire cacher derrière ta capuche ? J'avoue être curieux de la suite de ce drôle d'encaissement.

« - Excusez-moi… Monsieur le client, hésite la voix alors que je fixe la capuche un peu perplexe. Ici… Prenez s'il vous plaît huit mille huit cent wons, dit la voix qui se casse m'empêchant de comprendre la fin.

Je lui demande de répéter mais il me montre simplement le tiroir et je prends ma monnaie surpris par la confiance qu'il ou elle a en moi. Je prends ma monnaie et commence à repartir avant de revenir chercher ma bouteille. C'est assez perturbant. Pourquoi se cache-t-il le visage ? Il a le nez de travers ou quoi ? Je rentre à la maison encore perturbé par ce que je viens de vivre. Je retourne dans ma chambre même si je fais un très léger détour pour écouter à la porte de Ha-Ni mais elle ne doit pas être rentrée. Je n'entends rien. Etrange ! Où peut-elle être ? Encore un mystère à résoudre. Tout ça est très bizarre ! Je suis dérangé par maman qui me prévient qu'elle sort avec papa et Eun-Jo ce soir. Ils vont chez les parents de Jang-Mi et je décline l'invitation. Je n'ai plus besoin de la côtoyer quotidiennement ce n'est pas pour passer mes soirées avec elle. La nuit tombe doucement et quand la pluie se met à tomber, je décide de me faire livrer du poulet de chez Tae Yang. Je songe brièvement à en prendre pour Ha-Ni seulement j'ignore quand elle rentrera aussi je me contente d'une portion et passe l'appel. On me promet une livraison dans la demi-heure et satisfait, je prends un livre que je commence en attendant mon repas.

Je finis par rappeler et le manager me donne le numéro de son livreur que j'appelle pour savoir s'il ne se serait perdu. Ça fait trente-cinq minutes ! Il m'annonce qu'il est devant la maison et je monte chercher l'argent avant de répondre quand ça sonne. Le livreur m'explique qu'il est pressé, qu'il ne peut pas entrer et je suis surpris. Je fais comment pour payer ? Je lui ouvre le portique afin qu'il prenne l'argent et quand j'ouvre la porte je fais de nouveau face à ce petit monstre de la supérette. Mais qu'est-ce qu'ils ont tous avec leur capuche ? Bon ok il pleut dehors mais tout de même. Il me tend ma commande et je lui donne l'argent avant de rentrer. Cependant je m'attarde devant la caméra de l'interphone afin d'en savoir un peu plus. Je sourcille en voyant le profil de Ha-Ni et secoue la tête. Ainsi donc Ha-Ni s'est trouvée un emploi à mi-temps afin de s'occuper toute la journée ? Devrais-je en parler ? Elle roule sur un scooter et je ne suis pas tranquille avec l'idée. Elle crée des accidents à pied, je n'ose imaginer quel dégât elle peut faire en étant motorisée…

Le jour de la remise de diplôme arrive trop vite selon moi. J'étais très bien loin de tous ces idiots. Mon discours est prêt cependant et je n'ai pas pu m'empêcher de parler de la grand-mère de Ha-Ni, j'espère qu'elle le comprendra. Maman nous appelle elle et moi pour nous demander de prendre le petit-déjeuner en famille et je termine de m'habiller avant de sortir de ma chambre pour voir Ha-Ni se lever du canapé une boite dans les mains. Elle m'attendait visiblement.

« - Tu sais…

« - Quoi ?

« - Tiens, dit-elle en me tendant la boite que je fixe curieux.

« - Qu'est-ce que c'est ?

« - C'est juste que je me sentais mal pour pas mal de choses… Et je te suis reconnaissante pour plusieurs trucs aussi… Tu peux dire que c'est un cadeau pour avoir réussi notre année.

« - Tu vas me faire un tout-en-un, n'est-ce pas ?

Ça la fait rire et elle me propose de voir mon cadeau. Je reste curieux malgré tout et quand elle ouvre la boite, je jette un œil au contenu avant de le sortir perplexe.

« - Qu'est-ce que c'est, je demande légèrement touché par son geste.

« - Ça te fait un massage à la tête, m'explique-t-elle… Comme tu dis souvent que tu as mal à la tête…

« - Où as-tu acheté ça ? Ça te ressemble bien d'acheter ce genre de cadeau.

Je vais la blesser, je le sais, mais c'est plus fort que moi. Je ne peux pas accepter ce cadeau même si son geste me touche. Elle m'a attiré pas mal d'ennuis ces derniers mois et s'est arrangée pour m'acheter un cadeau afin d'effacer l'ardoise… Seulement Ha-Ni je ne suis pas comme toi, capable de changer. Je suis toujours le même type égoïste et arrogant et ton geste me met bien trop mal à l'aise pour que je l'accepte. Je repose le casque dans la boite. La déception se lit dans son regard quand elle me demande si je l'aime mais avant que je ne puisse m'expliquer ou au moins trouver une raison, elle reprend joyeusement.

« - Dois-je l'échanger contre quelque chose d'autre ?

Je veux lui répondre seulement j'entends maman qui monte l'escalier et je la regarde nous rejoindre en sachant que tout ça va mal se terminer. Maman va encore faire une montagne de pas grand-chose.

« - Vous allez être en retard pour votre remise de diplôme. Pourquoi ne descendez-vous pas ? Oh, mais qu'est-ce que c'est ? C'est un casque ?

« - ça fait des massages à la tête, lui explique Ha-Ni. Comme Seung-Jo utilise beaucoup sa tête… Oh et ça fait aussi des massages au cou…

« - C'est un cadeau pour Seung-Jo, demande ma mère me mettant encore plus mal à l'aise alors que Ha-Ni hoche la tête. Oh mon dieu, tu es si attentionnée !

Aussitôt, elle le sort de la boite et tente de me le mettre sur la tête alors que je lutte contre elle pour ne pas l'avoir sur la tête. Je l'utiliserais probablement mais elles ne doivent jamais savoir. Je finis par annoncer clairement que je ne veux pas essayer le casque et que personne ne porte ce genre de truc puis je descends en passant entre elles. Si nous avions été seuls, peut-être que, pour lui faire plaisir, j'aurais accepté de le mettre mais avec maman qui s'imagine tout de suite qu'on est plus que des amis, je ne peux pas. Seulement alors que je descends j'écoute leur conversation. Naturellement, selon maman, je suis méchant, alors que je suis simplement gêné par ce cadeau. Ha-Ni finit par avouer qu'elle travaillait ces derniers jours et je ne peux m'empêcher de sourire en songeant que je m'étais trompé sur son compte. Il n'y avait personne d'autre. Je suis visiblement, toujours le seul dans son cœur. Cette pensée me rassure et quand j'arrive dans la cuisine, je suis soulagé de voir qu'il n'y a que papa. Il lit son journal et j'ai le temps de reprendre le contrôle avant l'arrivée de maman. Elle me fusille du regard et m'explique ce qu'a fait sa petite protégée seulement je fais mine de ne pas l'entendre. Je croise cependant le regard légèrement triste de Ha-Ni et je me fais une note de la remercier plus tard… Avant de lui demander de ne plus jamais prendre de petits boulots sans nous prévenir. Je n'ai pas aimé m'imaginer qu'elle avait envie de tourner la page. C'est stupide probablement mais j'aime qu'elle soit toujours aux petits soins pour moi mais je ne veux pas qu'elle se mette en danger. Je l'avoue j'aime briller dans son regard mais je n'ai pas envie de jouer au super héros qui vient à son secours à chaque fois. Je sourcille en m'apercevant que Ha-Ni termine avant moi et, tout en veillant à agir normalement, je termine rapidement mon café avant de me lever de table. Naturellement, je la retrouve dehors dans le jardin puisqu'on part tous en voiture.

« - Merci, je dis simplement. Je ne le mettrais pas mais j'apprécie ton cadeau.

« - Je peux aller l'échanger contre autre chose qui te servira si tu veux ?

« - Ce n'est pas la peine. Ce cadeau est aussi idiot que cette fourchette, ça te ressemble après tout. Et c'est parti d'une bonne intention donc…

Je n'ajoute rien puisqu'Eun-Jo nous rejoint mais je peux voir que ces quelques mots échangés la font sourire. Ce qui me fait également sourire dans une moindre mesure cependant. Son téléphone sonne et elle décroche en prononçant un prénom que je commence à détester. Bong Joon-Gu… Pourquoi faut-il qu'il nous dérange quand on passe un moment agréable elle et moi. Comment fait-il pour savoir que c'est à ce moment-là qu'il faut l'appeler ? J'écoute la conversation, assis sur le muret.

« - … Vraiment ? … Oui on va bientôt partir avec la famille de Baek Seung-Jo et papa… Parce que c'est mon ami comme tu l'es également… Quoi, s'exclama-t-elle choquée ce qui me fait tourner la tête… Pourquoi ? Et pourquoi tu n'as pas prévenu ? … Joo-Ri est ma meilleure amie ! Il fallait l'aider, s'énerve-t-elle.

Je souris en songeant qu'il vient visiblement de la décevoir, pour une fois ce n'est pas moi, et quand elle raccroche, je l'interroge en regardant mon petit frère.

« - Que passe-t-il avec ton amie ?

« - Elle n'avait pas le moral ces derniers jours parce qu'elle ne va pas à l'université avec Min-Ah et moi. Joon-Gu l'a vu marcher en pleurant et il ne nous a rien dit. On l'a cherché pendant presque deux heures l'autre soir avant de la retrouver au lycée.

« - D'accord… C'était toi, n'est-ce pas, demandé-je après une minute de silence.

« - Quand ?

« - Le livreur de poulet, précisé-je en croisant les bras.

« - Euh… Oui, soupire-t-elle en baissant la tête. Je ne voulais pas que tu saches que c'était moi.

« - Pourquoi, je lui demande en la regardant réellement.

« - Je ne voulais pas que tu saches que je travaillais pour t'acheter un cadeau pour te remercier de tout ce que tu as fait pour moi et pour m'excuser de tous les problèmes que je t'ai causé. Je sais que tu as trouvé ça amusant après mais tu es toujours très dur sur le moment.

« - Je n'aime pas la spontanéité… Je n'aimais pas ça et tu as le don de causer de tels accidents dans ma vie, soupiré-je en regardant la voiture… Je ne suis pas quelqu'un de patient Ha-Ni, j'aime quand un problème a une solution mais toi… Tu es un vrai casse-tête. Une énigme insoluble et…

Je m'interromps quand la porte d'entrée s'ouvre et dès que papa déverrouille la voiture, j'y monte. Eun-Jo me rejoint alors que Ha-Ni suit son père jusqu'à leur camionnette… Et moi je la suis des yeux. Avec un peu de chance, c'est la dernière fois qu'on portera cet uniforme et j'ai hâte de pouvoir m'habiller selon mes envies.

Voilà j'espère que ça vous a plu. Dans le prochain chapitre, la suite de cet épisode avec entre autre, la remise de diplôme, une chanson ridicule, un dîner de classe et une petite surprise.

Missy Tadaga (L)