Blabla de l'auteur : Hello à tous. Oui je sais, ça fait un bail que je n'ai pas updaté de nouveaux chapitres. Je n'ai pas d'excuses, ils sont tous prêts en plus. Shame! J'espère que ce chapitre vous plaira.

Disclaimer : Tout de que vous reconnaissez de l'univers appartient à Kaoru Tada et à l'équipe de Playful kiss. Je ne touche rien en écrivant.

Episode 07 bis

Quand les cours se terminent enfin, je rejoins le café où Hae-Ra m'attend probablement. On est en binôme pour le cours de philosophie. On arrive en même temps et on décide de partir chez mes parents directement afin d'avoir plus de temps pour travailler. Tandis qu'on marche, on discute de nos différentes idées si bien que le trajet semble plus court que lorsque je rentre seul. J'ouvre la porte et retiens une grimace en entendant des pas nous rejoindre. Oh Ha-Ni… Évidemment ! Je me sens légèrement mal à l'aise face à elle surtout depuis l'aveu de Sarah trois jours auparavant. Trois jours où je ne l'ai guère vu. Étrangement ça me fait plaisir qu'elle soit là comme pour m'accueillir et je regrette presque la présence de ma camarade de cours. Heureusement, elle prend la parole dissipant la gêne qui s'installe entre nous et je reviens au présent. J'entre, suivi par Hae-Ra et me dirige vers l'escalier afin qu'on monte travailler loin des oreilles de maman. Eun-Jo nous croise et je précise qu'on a besoin de calme pour travailler et comme il se montre curieux, elle lui explique rapidement ce qu'on va faire avant que je ne les présente l'un à l'autre. J'espère que Ha-Ni va comprendre qu'Hae-Ra n'est qu'une amie avec qui je travaille sur un projet scolaire. Il n'y a rien d'autre entre nous. Une fois fait, on monte et je m'installe rapidement avant de ressortir mes notes du cours. Elle fait comme moi puis va chercher quelques livres pour qu'on puisse avoir une base de travail sérieuse et s'étonne qu'il n'y ait pas d'adultes.

« - Oui, mon père rentre toujours tard et on dirait que ma mère est sortie.

« - Qu'est-ce qu'on va faire pour le devoir, soupire-t-elle en se laissant tomber dans le fauteuil. Est-ce que tu connais un peu Nietzsche ?

« - J'ai lu certains de ses livres, mais je ne sais pas si on peut dire que je le connais, dis-je sans lever les yeux de mes notes de cours.

« - Après tout… C'est Nietzsche, tu crois que c'est ce que notre professeur voulait dire ?

Je lève les yeux pour la voir sourire et je l'imite avant de lui proposer de nous y mettre. Je suis un génie et elle n'est pas idiote. A nous deux, nous allons bien trouver une manière de débuter ce devoir. Même si j'ignore par où commencer… Heureusement on a plusieurs livres traitant de Nietzsche à la maison. Même si j'ignore si tout ça sera suffisant pour notre rapport. Comme je suis mal à l'aise d'être seul avec une fille dans ma chambre, je lui propose qu'on rejoigne le salon en me cachant derrière le fait que mes parents ne veulent pas que j'invite quelqu'un dans la chambre que j'occupe avec mon frère. Par respect pour lui. Malheureusement, comme toutes les filles, elle s'extasie sur la beauté de la terrasse alors que j'aimerais qu'on avance notre devoir. Je voudrais que ce soit terminé avant le retour de maman. Elle pourrait me mettre volontairement mal à l'aise devant Hae-Ra afin qu'elle s'éloigne. Elle revient s'asseoir me semble-t-il avant que je me concentre pour relire mes notes en essayant de chasser le regard de Ha-Ni. Pourquoi est-ce que je pense à elle alors que je suis supposé travailler ?

« - J'ai entendu dire que les occidentaux pensent que quand une fille les suit innocemment chez eux, ça veut dire que la fille est d'accord pour passer la nuit chez eux.

« - Que devons-nous faire, demandé-je concentré sur tous les documents qu'on a à lire en plus de nos notes respectives. Organisons chacun les documents, puis faisons une conclusion.

« - Ça me parait bien, dit-elle en hochant la tête, puisqu'on ne peut pas tous les lire en si peu de temps.

J'acquiesce tout en m'interrogeant sur la tournure que prenait la conversation. Pourquoi m'a-t-elle parlé des croyances des occidentaux sur les intentions des filles ? On doit axer notre rapport sur l'influence de Nietzsche dans la philosophie moderne. J'avoue que cette question m'intrigue quelque peu mais je préfère me concentrer sur notre travail afin de terminer au plus vite.

...

« - Quel sera notre thème, soupire-t-elle une heure plus tard. Nietzsche a peut-être dit que Dieu était mort mais en fait il ne reniait pas Dieu, il le complimentait, dit-elle pour elle-même. D'après toi, quel est l'essentiel des paroles de Nietzsche ?

« - Eh bien, dis-je en réfléchissant à sa question… Le mot "joie" n'arrête pas de me venir à l'esprit.

« - "Joie" ? Surmonter le déni et le transformer en joie, s'enthousiasme-t-elle. Et si on tournait une vidéo plus que d'écrire un rapport ?

« - Une vidéo ?

« - Par exemple en faisant une animation avec de la pâte à modeler. Nous pouvons montrer le procédé de la destruction à la création. Alors nous montrerons la notion de joie à travers une vidéo, propose-t-elle alors que je réfléchis à l'idée… Tu as sûrement un appareil photo chez toi, n'est-ce pas ?

Je regarde Hae-Ra en songeant qu'elle ignore la passion de ma mère pour la photographie et hoche la tête. Maman doit avoir, à elle seule, assez d'appareils pour ouvrir une boutique. Je me lève et vais dans son bureau pour en choisir un. Elle a de tout. Du petit discret qui tient dans la poche au gros avec le trépied… J'en sors trois que je pose sur son bureau au moment où elle revient suivie d'Eun-Jo. Dès qu'il parle de Hae-Ra, je peux voir maman paniquer et j'essaie de la rassurer. Elle n'a rien à craindre, je ne suis pas attiré par ma binôme, inutile d'intervenir et de mettre les pieds dans le plat comme à chaque fois… Quoi que ça pourrait être intéressant de voir si elle continue d'encourager sa petite protégée ou si elle décide que finalement Hae-Ra est mieux pour moi… Au moins elle a de la culture, elle a un caractère aussi facile que le mien et elle sait où elle va. Surtout elle accepte de ne pas être sans cesse au courant de tout ce qu'il se passe dans ma vie. Elle ne s'arrange pas pour être sur mon chemin où que j'aille contrairement à Ha-Ni… Mais elle n'a pas son sourire incertain qui me donne envie de la protéger… Même si j'agis rarement. D'ailleurs je me demande où elle est ? Pas à cet étage, il est bien trop calme mais si elle était en haut, elle se serait déjà fait remarquer, non ? Avant de sortir du bureau, je préviens mon frère que je vais emprunter de la pâte à modeler dans ses affaires pour notre projet… Quand je remonte elle a commencé un croquis de ce qu'elle a en tête et j'admets que l'idée est plutôt bonne. Ça sera intéressant à filmer et avec un peu de chance, on aura des points en plus pour notre manière d'aborder le sujet.

Une demi-heure plus tard, elle a fait la fleur qu'elle avait imaginé et on commence à filmer quand des pas se font entendre dans l'escalier. Je me demande qui de maman ou Ha-Ni va arriver. C'est maman qui fait gentiment connaissance avec Hae-Ra avant de me demander où est sa protégée. Sauf que je l'ignore mais je suppose qu'elle est dans sa chambre. Ou pourrait-elle être sinon ? Elle revient peu après et m'apprend qu'Ha-Ni n'y est pas. Elle ne peut pas être dans la salle de bain nous sommes ici depuis plus d'une heure. Je suppose donc qu'elle est sortie avec ses amies. Maman appelle Ha-Ni dans la maison et le jardin sans résultat et je suis obligé de lui rappeler qu'on doit filmer notre projet pour qu'elle cesse quelques minutes.

« - Seung-Jo je m'inquiète, es-tu sûr qu'Ha-Ni est rentrée aujourd'hui, demande maman dès que nous sommes en famille.

« - Oui maman, elle était là à mon arrivée avec Hae-Ra.

« - Elle est venue me chercher à l'école, ajoute Eun-Jo alors qu'on s'installe pour dîner.

La seconde suivante, Ha-Ni descend de l'étage et je la fixe curieux. Elle n'était pas en haut, d'où sort-elle ? Maman lui pose la question mais elle se contente de s'excuser de l'avoir inquiéter avant de s'asseoir même si elle ne mange pas vraiment. Je peux la voir triturer sa nourriture du coin de l'œil. Devrais-je m'inquiéter ? L'interroger à mon tour ? Lui laisser son jardin secret ? Elle était peut-être simplement cachée pour être tranquille ? Je suppose que c'est ça et quand elle sort de table avant nous, je m'interdis de lever la tête pour la regarder. A la place je finis tranquillement mon assiette avant de monter me laver. La salle de bain est chaude signe qu'elle en sort et je m'enferme avant d'ouvrir son gel douche pour sentir l'odeur fleuri… J'ignore pourquoi je fais ça puisque l'odeur n'est pas exactement la même que celle d'Ha-Ni. Je me lave rapidement puis sors de la pièce persuadé que je vais la trouver sur mon chemin mais non, le coin est vide. La porte de sa chambre n'est pas fermée et je l'entrouvre pour la voir endormie à sa table de travail. J'entre et referme derrière moi pour qu'on ne me voit pas. Elle était visiblement en train d'étudier et je m'approche pour voir où elle en est seulement je suis surpris de voir qu'à la place de ses livres, il y a la lettre d'amour qu'elle m'a écrite l'an dernier. Ainsi tu as gardé cette lettre Ha-Ni ? Alors que j'ai été froid et méchant avec toi ? Je l'ai corrigé et je t'ai humilié en la notant avant de te la rendre… Pourquoi ne l'as-tu jamais jeté ? Parce que j'ai écris dessus ou parce que tu penses encore à moi de cette façon ? Suis-je toujours ton esprit de la forêt ? Je m'accroupie pour observer son visage endormi… Elle est adorable, on dirait une petite poupée de chiffon. Ces petits jouets pour fillettes. Pas les jolies poupées qu'elles coiffent sans cesse mais celles de moins bonne qualité qu'elles emmènent partout. Qui finissent par être sale et tellement abîmée qu'elles sont bonnes pour la poubelle mais dont elles refusent de se séparer parce qu'elles y sont attachées. Tu es ce genre de poupée Ha-Ni et je m'en veux d'avoir joué avec toi, de t'avoir humilié et de ne pas réussir à être plus gentil avec toi. Comme ton ami Bong Joon-Gu qui est toujours le premier pour te consoler ou te faire rire. Je soupire et songe à sortir sans bruit seulement je crains qu'elle ait mal au dos demain aussi je la porte avec précaution pour l'allonger sur son lit. Sa tête tombe sur mon épaule et je souris en sentant son petit nez dans mon cou. Elle marmonne mon prénom avec tendresse puis soupire tristement. Je l'allonge avant de la regarder craignant qu'elle soit réveillée mais non. Elle dort toujours sereine et je ne peux m'empêcher de caresser doucement son visage. Il est tourné vers moi et je me penche pour embrasser son front avec tendresse.

« - Bonne nuit douce Ha-Ni. Fais de beaux rêves et pardon pour la méchanceté dont je ferai à nouveau preuve demain envers toi. Tu ne la mérites pas mais je ne sais pas comment réagir autrement face à toi.

Je me relève et quitte la pièce pour entrer dans ma chambre où je m'allonge en fixant le plafond. Pourquoi ai-je tant besoin de m'approcher d'elle ? D'être gentil et doux avec elle quand elle dort ? Pourquoi ne suis-je pas capable de l'être quand elle est réveillée ? Qu'elle peut profiter de la douceur dont je fais preuve envers elle ? Je soupire quand le mot peur me vient à l'esprit. C'est ça. J'ai peur que son regard change. Qu'elle s'accroche de nouveau à moi, qu'elle veuille se marier avec moi et faire toutes ces choses écrite dans son livre d'anglais. Même si j'en ai aussi envie parfois. Pouvoir me balader seul avec elle sans maman pour nous surveiller ou jouer les entremetteuses comme l'autre fois avec la comédie musicale. Décider de moi-même de passer du temps loin de la maison avec Ha-Ni. S'arrêter et manger quelque part ou simplement aller au cinéma entre amis. Sans devoir m'assurer qu'on est réellement seuls et que maman n'est pas tapie derrière un buisson mal déguisée pour nous surveiller.

Finalement notre professeur a du apprécier notre manière d'aborder le sujet puisqu'on a la meilleure note et je rentre à la maison plutôt satisfait. La semaine se déroule bien. J'aime la fac plus que le lycée. Je ne fais que ce que j'ai envie de faire ou presque. Je n'ai pas été une seule fois au tennis de la semaine, je n'ai pas croisé Ha-Ni qui semble m'éviter, ni ses deux copines. Seule ombre au tableau, mon incapacité a être gentil avec Ha-Ni quand elle est présente. Je ne le suis que lorsqu'elle dort ou qu'Hae-Ra se moque d'elle lorsqu'elle n'est pas là. Je décide de fêter cette semaine comme il se doit, en m'enfermant dans ma chambre avec un bon livre. Fini Nietzsche, place à de la littérature plus moderne. L'île mystérieuse, de Jules Verne est passionnant et j'en raterais presque le dîner si Eun-Jo ne me l'avait pas rappelé. Je descends et m'étonne de voir qu'il n'y a pas le couvert de Ha-Ni. Papa nous apprend qu'elle mange avec son père à son restaurant et dès le repas terminé, je remonte continuer le livre. Cet homme était un visionnaire sans le savoir. J'entends vaguement mon petit frère rentrer et jouer avec ses constructions avant de se plaindre d'avoir soif. La porte se referme sur lui et je replonge dans l'intrigue pour comprendre pourquoi l'île semble les protéger.

« - Hyung, dit mon petit frère sans que je ne réagisse. Oh Ha-Ni s'en va, ajoute-t-il alors que je tourne la tête toute idée de lecture oubliée. Elle retourne vivre dans sa maison avec son père.

Elle s'en va ? C'est pour ça qu'ils ont dîné sans nous ? Pour préparer leur déménagement ? Je me relève ne réussissant pas à croire ce que j'entends de la bouche d'Eun-Jo. Comment peut-il le savoir alors que je l'ignore ?

« - C'est chouette, non ?

Non Eun-Jo ce n'est pas chouette du tout. Comment vais-je pouvoir m'assurer qu'elle va bien si elle ne vit plus ici ? Je croyais que sa maison avait été démolie ? Ils l'ont déjà fait reconstruire ? Ce n'est pas supposé être plus long les travaux ? Aux dernières nouvelles, l'assurance refusait de payer à cause d'une malfaçon dans la construction. Comment ont-ils eu l'argent ? Oh Ki-Dong a fait un prêt ? Il a hypothéqué son restaurant ? J'écoute mon petit frère se plaindre qu'elle nous a causé plein de problèmes et je ne peux lui donner tort mais j'ai aimé ces problèmes. Tout comme je commence vraiment à apprécier sa présence chez nous. J'aime la voir le dimanche matin au petit-déjeuner et j'aime la croiser dans le couloir. Voir son joli visage s'illuminer en me voyant… Même si je ne peux m'empêcher d'être méchant lui causant de la peine… A vrai dire, je lui cause davantage de chagrin qu'elle ne me cause de problèmes. Je ne réponds pas à mon frère et décide de sortir dans le jardin pour réfléchir en paix. Je ferme la porte pour voir que celle d'Ha-Ni est ouverte et je m'approche doucement pour l'observer. Se réjouit-elle de nous quitter ou est-elle triste ? J'avance sans faire de bruit seulement elle sort de la salle de bain au même instant et je me sens idiot d'avoir guetté la mauvaise porte. On se regarde un instant sans dire un mot et je peux lire la peine dans son regard.

« - Tu déménages, je lui demande.

J'ai besoin qu'elle me le confirme ou infirme mais je veux l'entendre de sa bouche. Je veux croire qu'Eun-Jo a mal compris. Qu'ils partent juste en week-end ou quelque chose du genre seulement elle hoche la tête.

« - Oui. Es-tu déçu ?

Oui Ha-Ni. Je ne veux plus que tu partes. J'aime l'idée de te savoir en sécurité chaque soir. Savoir que tu dors de l'autre côté du mur. Que je peux te protéger ou te venir en aide si tu as besoin. Parce que c'est toujours vers moi que tu cours. Pourtant les mots ne sortent pas comme ça lorsque j'ouvre la bouche.

« - Eh bien, je suis soulagé que ma vie reprenne un cours normal.

« - Oui. J'espère que tu apprécieras.

Pardon Ha-Ni, ce n'est pas ce que j'ai voulu dire au contraire. Je voudrais te dire que je suis déçu, je voudrais trouver la force de te demander de rester ici avec nous. Avec moi. Je me sens tellement idiot de te faire de la peine. Je le lis sur ton visage que ma réponse t'en fait même si tu te tournes pour me cacher tes larmes. Je les lis déjà dans tes yeux et ça me fait mal sans que je ne comprenne vraiment pourquoi… Peut-être me suis-je attaché à toi finalement ? Peut-être que je veux de toi dans ma vie ? Je suis allé à la même université que toi pour passer du temps près de toi sans en avoir l'air seulement je ne te croise plus nulle part. Je sais que je pourrais aller au tennis mais je n'avais aucune envie de me remettre à ce sport j'en ai fait le tour et je voulais tester autre chose cette année. Je reviens au présent quand elle reprend la parole et je me sens encore plus minable.

« - Je dois aller préparer mes affaires maintenant.

J'ouvre la bouche pour lui dire ce que je pense ou simplement lui dire qu'elle va me manquer mais une fois de plus les mots restent bloqués et je rejoins la salle de bain. Je n'ai plus du tout envie de me balader dehors à présent. J'ai les idées claires… Et mal au cœur.

« - Bonne nuit, dis-je avant de fermer la porte de la pièce.

Seulement je me sens idiot… Elle va partir, vivre ailleurs, je ne la verrais plus et tout ce que je trouve à lui dire c'est « bonne nuit » ?… Je pourrais lui dire n'importe quoi. Lui proposer mon aide pour ranger ses affaires, pour passer un peu plus de temps avec elle sans en avoir l'air, je pourrais lui proposer de m'accompagner dans le jardin pour marcher ou simplement discuter de son départ en regardant les étoiles… Je pourrais simplement lui dire la vérité, que je ne veux pas qu'elle parte, que je me suis autant habitué qu'attaché à sa présence dans cette maison mais non. La fille dont je suis le plus proche, qui me fait découvrir un tas d'émotions que je ne lisais que dans des livres, s'en va vivre ailleurs et moi je lui souhaite une bonne nuit… Elle va passer sa soirée à ranger ses affaires et je lui suggère de dormir ? Suis-je réellement un génie ? Je me lave tout en réfléchissant à tout ça et quand je ressors de la pièce, je m'arrête devant sa chambre. Le poing en l'air prêt à frapper à la porte, pourtant je n'y arrive pas. Je reste devant ce morceau de bois peint en blanc à écouter une de mes amies les plus proches ouvrir des portes et des tiroirs pour en sortir ses affaires probablement et les mettre dans des sacs et des valises. Quand elle s'approche je m'éloigne et vais m'appuyer près de l'escalier les bras croisés sur ma poitrine. Je l'écoute tout en réfléchissant à son absence. La maison paraîtra de nouveau sereine et silencieuse mais je ne sais pas si je vais apprécier ça. Qui va l'aider quand elle aura du mal avec ses devoirs ? Qui s'inquiétera qu'elle rentre tard ou qu'elle ne soit pas à l'heure pour dîner ? Oh Ki-Dong travaille tard chaque soir, il ne sera pas présent pour la rassurer si elle entend un bruit suspect. Quand le calme se fait dans sa chambre, je regarde la porte une dernière fois puis je m'approche pour rentrer dans ma chambre en me demandant pourquoi son départ m'atteint autant. Je m'arrête sur le seuil et regarde sa porte en espérant qu'elle va l'ouvrir. Qu'elle va venir vers moi et se jeter dans mes bras en me disant qu'elle ne veut pas partir, qu'elle veut rester ici et continuer de faire de ma vie quelque chose d'amusant. Elle me l'a promis mais si elle me fuit à l'université et qu'elle n'habite plus ici, comment va-t-elle tenir sa promesse ? Comment feras-tu Ha-Ni ? Dis-moi qu'on se verra plus souvent à l'université ? Que tu chercheras à te rapprocher de moi, une nouvelle fois ? Que tu n'abandonneras plus tes sentiments pour moi ? Je n'ai pas de réponse naturellement et je finis par rentrer dans ma chambre où mon frère dort déjà. Je range mon livre et me couche à mon tour pourtant je n'arrive pas à trouver le sommeil. Du moins il a du mal à venir et je tourne sans cesse dans mon lit en appréhendant demain… Dire qu'il y a quelques mois j'aurais tout donné pour qu'elle s'en aille, qu'elle disparaisse de ma vie, de notre maison et à présent… Je donnerais tout pour l'obliger à rester et je ne sais pas pourquoi je ressens de telles choses.

Quand je me réveille, c'est pour apprendre qu'ils partent ce matin. Visiblement Ki-Dong y pensait depuis longtemps et nous l'a annoncé que quand il avait une solution… Ainsi je n'ai même pas le temps de chercher une solution pour les obliger à rester. Maman me l'annonce au petit-déjeuner et je hoche la tête tout en buvant mon café avant de remonter pour proposer mon aide. Seulement quand j'arrive devant la porte, c'est pour l'entendre pleurer et je m'éloigne. Je ne peux pas frapper et entrer. Elle est avec son père et j'aurais l'air de vouloir la mettre dehors alors que c'est l'inverse. Entendre ses sanglots me fait mal à l'intérieur et je décide de redescendre pour écouter Eun-Jo dire qu'il est heureux de récupérer sa chambre. Étrangement… C'est le seul à se réjouir. Maman lutte pour cacher ses larmes, papa a du mal à rester stoïque quant à moi… Je garde un visage impassible autant que je le peux mais j'ai l'impression de porter un masque en argile qui fige mes traits. Ki-Dong arrive peu après avec leurs valises et Ha-Ni le suit au deuxième et dernier voyage. Elle porte une jolie petite robe simple et semble sereine mais pour l'avoir entendu pleurer, je sais qu'elle est aussi affectée que nous de quitter cette maison. Seulement elle reste Ha-Ni, cette fille qui sourit tout le temps et qui ne pleure que rarement en public.

« - Geum-Hee-shi, dit-il alors que maman se tourne pour cacher sa peine. Mon Dieu. Seung-Jo, Eun-Jo. Nous vous avons amené beaucoup d'ennuis. Je m'en excuse sincèrement. Ah oui, reprend Ki-Dong en souriant, vous devriez venir chez nous de temps en temps, ajoute-t-il alors que je ne sais pas si je dois hocher la tête ou non. Ha-Ni, dis au revoir.

Non Ha-Ni, ne nous dis pas au revoir. Dis que tu veux rester ici. S'il te plaît. Insensible à ma supplique mentale, elle prend la parole la voix chargée d'émotions.

« - Je vous suis reconnaissante d'avoir pris soin de moi jusqu'à maintenant, dit-elle faisant sangloter maman tandis qu'elle s'approche d'elle. Pour avoir fait de bons petits plats tous les jours, pour avoir amené des pizzas et pris des photos le jour du festival. Pour avoir pris soin de mes amis, les avoir amenés avec nous à la mer et pour m'avoir organisé une fête pour mon bac. Merci, dit-elle d'une voix pleine de larmes alors que son visage reste sec. Pour moi, ce sont de précieux souvenirs. Tous les moments passés à vivre ici, vraiment, dit-elle avant que sa voix se casse à cause des émotions qu'elle retient.

Maman se retourne pour la regarder en prononçant doucement son prénom alors que j'ai du mal à rester insensible. Ce dimanche est le pire de ma vie. Mon cœur se serre quand j'entends Ha-Ni s'excuser d'avoir été un fardeau pour nous et je baisse les yeux gêné. Ces mots sont pour moi, je le sais. Combien de fois lui ai-je reproché de me compliquer la vie ? Crier après elle parce qu'elle créait de l'imprévu dans ma vie bien rangée ? Pardon Ha-Ni. Je l'ignorais bien sûr mais j'ai aimé tous les accidents que tu as crée. Quand tout le lycée a découvert que tu vivais chez moi… Quand tu as montré cette photo de moi enfant à nos deux classes… Quand tu as failli mourir pour me suivre jusqu'au lycée afin de t'assurer que je passais l'examen… Quand tu as failli te noyer en voulant sauver mon frère… Quand tu as fait face à un exhibitionniste pour une chaussure… Quand tu as ramené toute ta classe dans le salon pour que je vous fasse cours… Quand j'ai du changer de coiffure pour pouvoir me regarder dans le miroir après t'avoir volé un baiser… Quand je t'ai fait croire que je te détestais alors que c'est faux. Pardon pour tout Ha-Ni. Je lève les yeux pour noter qu'elle ne me regarde pas. En réalité depuis notre conversation d'hier soir, nous ne nous sommes pas regardés une seule fois et ce matin je m'en réjouis. Parce que je ne crois pas que je serais capable de ne pas réagir en voyant ses larmes. Je crains ma réaction devant tant de personnes. Maman prend Ha-Ni dans ses bras et toutes les deux se mettent à sangloter quelques instants alors que je dois serrer le poing dans ma poche pour qu'on ne devine pas que cette scène brise quelque chose en moi.

« - C'est l'heure, dit Ki-Dong aussi mal à l'aise que moi de les voir pleurer.

Des valises dans les mains papa, lui et moi sortons de la maison et je pose mon fardeau devant la camionnette avant de rejoindre Eun-Jo. Je regarde maman et Ha-Ni qui ne se quittent pas. Elles sont sorties dans les bras l'une de l'autre et je me tiens un peu à l'écart en espérant un miracle. Un pneu qui éclate, un moteur qui ne démarre pas, n'importe quoi qui justifierait qu'ils restent une semaine de plus. J'ai mal d'entendre maman pleurer. Ha-Ni l'appeler « mère », les voir se dire au revoir ainsi. Je ne sais pas ce qui me touche le plus mais je me sens tellement mal que je voudrais qu'elle parte dans la seconde, que ces aux-revoir larmoyants prennent fin, que je puisse monter dans ma chambre et cesser de faire semblant que son départ ne m'atteint pas. Papa intervient enfin et prend maman contre lui pour laisser Ha-Ni partir. J'entends Ki-Dong dire au revoir à notre père mais je n'arrive pas à détacher mes yeux de Ha-Ni. Elle semble si forte malgré les larmes qui perlent à ses yeux. Pourtant elle tient bon et continue de sourire alors que je peine à rester stoïque. Je me croyais fort mais une fois de plus, elle me bat. Apprends-moi Ha-Ni. Apprends-moi à être comme toi. A vivre mes émotions au lieu de les refouler et à sourire même lorsque je veux pleurer. Ki-Dong donne le top départ et elle lève enfin les yeux vers moi mais je suis incapable de soutenir son regard. Pour la première fois de ma vie, je suis le premier à détourner les yeux. Je baisse la tête et tente de parler de la même voix distante que j'ai à chaque fois pour lui dire au revoir mais c'est un échec. J'entends les larmes dans ma voix même si j'évite les trémolos de justesse. Ki-Dong monte dans la camionnette et je relève la tête pour la voir se retourner et monter également sans un regard en arrière. Le moteur se met à ronronner, aucun pneu n'éclate et je regarde dans le rétroviseur pour voir qu'elle ne pleure toujours pas. J'observe la camionnette partir et quand Eun-Jo prend la parole, je ne sais pas si je dois rire ou crier sur lui.

« - Ouais ! Je vais avoir ma chambre !

« - Baek Eun-Jo ! Toi, intervient papa en élevant à peine la voix.

« - Maman, dis-je pour la faire revenir vers nous, tu ne vas pas nous faire à manger ?

La seconde suivante, elle se tourne vers nous, vers moi, furieuse. Son regard est colérique mais je l'accepte. Elle a de la peine qu'Ha-Ni soit partie et quelqu'un doit bien en faire les frais. Autant que ce soit moi plutôt que Eun-Jo.

« - Tout ça, c'est de ta faute Seung-Jo !

Je la fixe surpris par ces mots et quand elle rentre furieuse dans la maison, tout le monde la suit. Papa pour la consoler, j'ignore les raisons d'Eun-Jo mais pour ma part, c'est pour rejoindre ma chambre. J'ai besoin de réfléchir aux conséquences de son départ. Maman m'en veut mais j'ignore pourquoi. Ce ne peut pas être de ma faute, je n'ai rien fait contre Ha-Ni ces derniers jours. Je n'ai pas été plus sympa certes mais je n'ai pas crié après elle, je ne me suis pas plaint de sa présence, rien. Je n'ai rien à me reprocher non ?… Depuis quand Oh Ki-Dong prévoit-il de partir ? Est-ce vraiment à cause d'un truc que j'ai dit ? Je n'ai pas été méchant avec Ha-Ni depuis des jours après tout. Depuis le jour où Sarah a brisé le cœur de mon petit frère mais ça remonte à deux semaines après tout. J'arrive en haut mais au lieu de rejoindre ma chambre je vais vers celle d'Ha-Ni. Je n'arrive plus à voir cette pièce comme la chambre de mon frère. C'est celle d'Ha-Ni à présent. Tout semble trop calme soudainement. Trop silencieux. Comme si la maison n'était plus habitée. Je regarde autour de moi comme pour me convaincre qu'elle est vraiment partie et non tapie dans un coin mais je suis seul. J'entre dans la chambre et analyse tout. Les murs roses, les meubles blancs les livres de classe qu'elle a oublié, le bureau où je l'aidais avec ses cours, la table où on a travaillé ensemble et où maman nous a photographié en train de dormir. La causeuse au pied du lit où elle m'a parlé pour la première fois de ce qu'on ressentait quand on aimait ce qu'on faisait. La décoration de fille partout, les poupées, les peluches et… Je m'approche du lit et sens mon cœur se pincer en voyant qu'elle y a laissé l'affreuse peluche que je lui ai gagné dans la boite à pince. Je la prends et souris en revivant ce moment. Moi en train d'essayer d'attraper ce truc immonde et Ha-Ni m'encourageant criant et sautant à côté de moi tant elle était heureuse. Je me revois sourire de l'entendre réagir avec tant de joie avant d'en être mal à l'aise. Soudain j'entends le crissement d'un pneu et des jeunes qui courent en parlant d'un accident et d'une fille. Je sens encore mon cœur s'emballer en me doutant de qui est la fille en question. Je me revois courir pour la rejoindre, m'agenouiller à ses côtés et m'énerver contre le chauffeur qui est pressé et qui veut repartir pour arriver à l'heure au travail. Je me rappelle l'angoisse que j'ai ressenti dans l'ambulance qui nous amené à l'hôpital, les questions des infirmiers auxquelles je n'avais aucune réponse à donner. Je me rappelle l'attente dans la cafétéria en espérant que tout aille bien pour elle et enfin le soulagement en voyant les yeux ouverts à mon arrivée. Pourquoi l'as-tu laissé Ha-Ni ? Après avoir pris sa défense quand ton ami Bong Joon-Gu a dit qu'il était moche ? Alors que je l'ai gagné uniquement pour toi ? Pour te faire sourire. Je ne comprends pas la tristesse que je ressens en songeant à cet abandon volontaire et je ressors de sa chambre la peluche immonde dans la main. Je la range dans mon sac de cours pour la lui rendre dès demain et lui demander pourquoi elle l'a laissé puisque c'est à elle. J'ai à peine le temps de la ranger qu'Eun-Jo me rejoint en souriant. C'est le seul à être ravi qu'elle soit partie et j'aimerais que sa joie déteigne sur moi. Pour le moment j'ai surtout mal à l'intérieur et j'aimerais rejoindre maman et la prendre dans mes bras. Entendre son chagrin apaisera peut-être le mien, à moins que je me mette également à pleurer mais il y a peu de chance que ça arrive. Je ne suis pas le genre de personne à montrer ce qu'il ressent… Sinon Ha-Ni ne serait jamais partie. Elle serait restée et aurait crié haut et fort que je ressentais quelque chose pour elle. Quelque chose qui me fait sourire quand j'y pense et qui me donne envie de me rapprocher davantage d'elle. De la connaître vraiment. De passer du temps ensemble à se balader, à aller au cinéma, à lui montrer qui je suis vraiment. Pas ce garçon fier de son QI et de ses résultats scolaires qui rappelle sa supériorité mais celui qui aime observer les gens, comprendre tout ce qui l'entoure et qui voudrait s'ouvrir davantage au monde sans savoir comment faire.

Ce dimanche est très calme. Trop à vrai dire. Personne n'a la force de refaire la chambre d'Eun-Jo ni de débarrasser celle d'Ha-Ni. Ça ennuie mon petit frère naturellement mais je ne peux pas blâmer mes parents. A moi aussi elle me manque. Le bruit qu'elle faisait en étudiant ou en restant simplement dans sa chambre. Son rire quand elle aidait maman en cuisine, même sa manière de frapper à ma chambre pour me demander de l'aide me manque. Certes elle ne l'a plus fait depuis la fin du lycée mais ça me manque. J'ai aimé jouer les professeurs pour elle. La maison n'a jamais été aussi calme et je finis par descendre pour voir papa au salon. La télé est éteinte, il se contente de regarder la table le visage affecté. Maman n'est pas là et je suppose qu'elle se cache pour pleurer dans leur chambre alors je sors dans le jardin. La nuit n'est pas tombée et je ne peux pas réfléchir face aux étoiles mais j'ai besoin de faire le point… Je m'assois sur le muret où j'étais quand Ha-Ni a voulu partir et je ne sais pas pourquoi mais je me mets à sourire en me rappelant notre conversation si bien que je sursaute quand mon téléphone sonne. Je le sors de ma poche et regarde qui appelle mais c'est Hae-Ra. Je ne veux pas lui répondre, elle ne comprendrait pas que le départ d'Ha-Ni m'affecte. Je crois qu'elle ressent quelque chose pour moi, puisqu'elle s'est réjouit quand je lui ai dit que je n'étais pas proche d'Ha-Ni. Bien sûr c'est un mensonge, je suis plus proche d'elle que de n'importe qui d'autre à l'université mais je refusais de l'admettre. Je refuse toujours de l'admettre à voix haute mais j'en suis conscient. Peut-être qu'un jour, je dirais à tout le monde que Ha-Ni est une de mes meilleures amies ? Mais personne ne comprendrait pourquoi je reste méchant avec elle. Je soupire et quand l'appel est envoyé sur la messagerie vocale, je le range dans ma poche et regarde devant moi. Que fais-tu Ha-Ni ? Es-tu arrivée dans ta nouvelle maison ? Aimes-tu ta chambre ? J'ai envie de voir où tu vas vivre à présent, savoir si tu regrette d'être partie ou si tu t'en réjouis.

Quand le soir se lève, je rentre dans la maison qui est toujours aussi calme. Papa n'est plus au salon et je découvre pourquoi quand j'ouvre la porte de ma chambre. Les meubles d'Eun-Jo ont disparu. Du moins son lit et ses jouets. Le reste peut attendre je suppose. Je n'ai pas envie qu'il se réinstalle trop vite, je garde l'esprit que la nouvelle maison ne leur plaise pas et qu'ils reviennent vivre ici. C'est idiot parce que si ça arrive, je continuerais à être méchant ou sarcastique avec Ha-Ni mais j'aime la savoir près de moi.

« - Hyung, m'appelle mon frère. Papa a dit qu'on ferait ma chambre dimanche prochain. Quand maman sera moins triste.

« - C'est chouette Eun-Jo, souris-je. Tu dois être content.

« - Ouais cette bécasse d'Oh Ha-Ni est partie on va enfin pouvoir vivre à nouveau en famille. Toi aussi t'es content, non ? Ses amies ne viendront plus à la maison, elle ne fera plus de bruits et elle cessera de nous causer des problèmes.

« - Je suppose, mais je vais toujours à la même université qu'elle, tu sais.

« - Mais tu ne la vois jamais. Elle l'a dit l'autre jour au téléphone. Elle ne te voit presque jamais là-bas, m'apprend-il.

« - C'est vrai. Amuse-toi bien !

Il hoche la tête et rentre dans ma chambre. Je l'imite et ouvre mon livre alors qu'il joue. Seulement j'ai beau lire et relire la même page de mon livre, je n'arrive pas à le comprendre et je finis par le reposer avant de faire le tour de ma chambre du regard. Mais rien ne me fait envie. Ni jouer de la guitare, ni faire du tennis, ni même étudier ou lire…

Le lendemain, maman ne quitte toujours pas sa chambre et je prépare le petit-déjeuner pour tout le monde avant d'aller à l'université. J'arrive plus tard que d'habitude et je suis surpris de voir Ha-Ni devant moi. Elle marche la tête basse et je peux presque l'entendre renifler pourtant je ne la rejoins pas. Visiblement maman n'est pas la seule à mal vivre ce départ. Peut-être devrais-je aller au tennis cet après-midi pour voir comment elle s'en sort ? Je ne peux y réfléchir plus longtemps Hae-Ra me rejoint en me saluant en souriant. Je cache ma tristesse et la salue à mon tour sans savoir quoi ajouter. Heureusement elle parle plus que moi et me raconte qu'elle a passé la journée à étudier Nietzsche afin de mieux comprendre les cours de philosophie occidentale puis m'interroge sur mon week-end.

« - C'était tranquille. Un dimanche comme un autre.

« - Tu as pu terminer L'île mystérieuse ?

« - Non, Oh Ha-Ni a quitté la maison et j'ai dû aider au déménagement, je le terminerais dans la semaine je pense. L'intrigue est passionnante.

« - Oh Ha-Ni est enfin partie ? Tu dois en être heureux.

« - Oui, ça fait du bien de retrouver une maison silencieuse, dis-je en pensant l'inverse.

Comme elle est arrêtée, on passe devant elle tout en parlant et je lui jette un regard pour noter qu'elle semble peinée mais elle ne pleure pas. Comme maman, elle tente de garder ses larmes à l'intérieur. Les cours vont bientôt commencer et on rejoint le cours de philosophie en silence avant de s'installer. Pour ma part j'ai hâte d'être en anglais pour voir Ha-Ni. L'écouter sans en avoir l'air et rire de ses mauvaises réponses au professeur.

Malheureusement pour moi, elle reste silencieuse et ne réagit même pas aux remarques de Hae-Ra qui lui demande s'il est vrai qu'elle est partie de chez moi.

« - Vous avez quitté le quartier je suppose ?

« - Oui.

J'écoute leur conversation espérant savoir où elle vit à présent mais cela importe peu Hae-Ra qui ne pose pas cette question préférant lui demander si je lui manque. Mais Ha-Ni ne répond pas à la question et se penche pour écrire ce que note le professeur. Je la vois du coin de l'œil. Je ne la surveille pas, naturellement simplement j'ai une grande vision périphérique. Je me traite d'idiot en m'apercevant que je me justifie alors que je suis seul dans ma tête… Tu vois ce que tu m'as fait maman ? A me surveiller tout le temps, à me jeter Ha-Ni dans les bras sans cesse, j'en viens à justifier mes actes alors que je suis le seul à les voir… Je me demande si elle a quitté sa chambre aujourd'hui ? Depuis hier elle n'a pas bougé selon papa. Elle a dormi cette nuit et s'habille mais c'est tout. Elle n'a pas cuisiné hier, n'a pas appelé ses amies, n'a pris aucune photo… Je ne suis même pas sûre qu'elle ait souri depuis le départ d'Ha-Ni… Peut-être devrais-je l'inviter à la maison ? Ça ferait sourire maman. Le cours s'achève avant que je ne puisse m'assurer que c'est une bonne idée et le temps que je range mes affaires et me lève, Ha-Ni a disparu. Je vais devoir aller jouer au tennis pour la voir, je n'ai plus le choix.

Quand je rentre à la maison, je note que tout est toujours calme. La vaisselle dans l'évier n'a pas été faite et je m'en occupe avant de monter voir maman. J'entre dans la chambre pour la voir couchée dos à la porte. Je ne suis pas certain qu'elle dort et décide de prendre la parole pour avoir la réponse à cette question.

« - Va manger !

« - Mais je n'ai pas d'appétit.

« - Ne reste pas seulement à la maison, va dehors, suggéré-je perdu par sa réaction. Prends quelques photos et va voir tes amis. Parce que tu continues de rester à la maison.

« - Il n'y a rien que j'ai envie de faire. Tu vas bien ? Il n'y a rien qui ne va pas avec toi ?

« - Je suis bien, vraiment confortable.

« - Confortable, me demande-t-elle en se relevant. De quel confort es-tu en train de parler ? De n'avoir rien que tu ne puisses pas faire ? Faire tout ce que tu veux par toi-même ? N'est-ce pas pourquoi tu étais si calme et suffoquais dans ta propre bulle ? Ne pas aller à l'université de Taesan mais à Parang, ne l'as-tu pas fait parce que tu détestais ce confort ?

Je la regarde surpris par ces mots. C'est vrai que j'ai des facilités et que je suis allé à Parang pour que Ha-Ni créait des problèmes que je pourrais m'amuser à résoudre mais est-elle obligée de m'en reparler ? Je reste un instant sans rien dire puis je la préviens que je vais lui faire quelque chose à manger. Quand je reviens quelques minutes plus tard, je dépose un plateau avec un thé et un sandwich comme elle me faisait quand j'étais enfant. J'ai ajouté un petit bouquet de fleurs cueilli dans le jardin et je le pose devant elle. Elle sourit à peine mais me remercie.

« - Tu sais si Oh Ha-Ni te manque, tu peux aller la voir au restaurant de Oh Ki-Dong, j'ai entendu dire qu'elle allait le rejoindre après les cours. Tu pourras toujours lui proposer d'aller dîner toutes les deux ou de d'aller au cinéma.

« - Je pourrais en effet mais ce n'est pas ce que je veux.

« - Alors que veux-tu maman ?

« - Que vous vous mariez tous les deux. Vous allez si bien ensemble, sourit-elle, et elle te fait sourire. Tu crois que je n'ai pas vu ceux que tu lui caches ? Je sais que tu ne la détestes plus. Tu prononces son nom autrement, tu l'as aidé à sourire à nouveau quand elle avait la jambe cassée après son accident, tu es resté avec elle quand elle pleurait à l'hôpital, et…

« - Je commence à la considérer comme une amie simplement. Je ne suis pas amoureux d'elle et si je dois tomber amoureux et me marier, je veux pouvoir choisir moi-même la femme avec qui je ferais ma vie. Elle sera intelligente, débrouillarde et adroite.

« - Tu t'ennuieras avec une femme pareille, s'énerve-t-elle soudainement. Pourquoi crois-tu que ton père et moi sommes si heureux ensemble ? Parce que je suis son opposée et non parce que je lui ressemble !

« - Mange, tu as besoin de reprendre des forces, dis-je calmement avant de sortir de la pièce.

Je rejoins ma chambre énervé. Je ne peux pas tomber amoureux d'Ha-Ni. Ma mère en serait trop ravie et pourrait diriger ma vie comme elle l'entend. Je perdrais mon libre arbitre et c'est hors de question ! Eun-Jo m'accueille en me prévenant qu'on va devoir s'occuper des tâches ménagères le temps que maman quitte sa chambre.

« - Vraiment ?

« - Hyung, tu dois nettoyer, faire la vaisselle et cuisiner, me liste-t-il.

« - Quoi ? Je dois faire tout ça ?

« - Alors c'est moi le plus jeune qui devrait le faire ? Papa doit aller au travail, dit-il avant de sortir de la chambre.

Resté seul, je rejoins mon dressing pour ranger ma veste quand mes yeux se posent sur le paquet tout rose qu'elle m'avait offert. Je sors le carton où elle avait emballé sa fourchette te m'assois pour le rouvrir avec précaution. Je prends la fourchette en me rappelant du moment où elle me l'a offert. Quand elle m'a convaincu de passer l'examen final pour entrer à l'université. J'entends encore ces mots d'encouragements et ses cris dans la rue… Je crois bien que tu me manques Ha-Ni. Plus que je ne l'aurais imaginé… Reviens vivre ici s'il te plaît. Suis-moi à nouveau partout, je dois être fou mais j'aime ça finalement.

J'espère que vous avez aimé ce chapitre. Il n'y a pas beaucoup de surprises vis-à-vis du drama mais j'ai essayé de coller au maximum.

Miss Tagada (L)