CHAPITRE 31

Elwen regardait l'arbre et elle se souvenait de tout. Elle se souvenait de l'amour qu'elle avait senti grandir en elle alors qu'elle tremblait de peur à le voir prendre une telle ampleur. Elle se souvenait de cet amour bouleversant qui avait fait chavirer son âme et qui l'avait changée comme aucun ne l'avait jamais fait. Elle se souvenait de cette vague qui avait tout changé, de la sensation que chaque respiration était plus importante que la précédente. Et de cet amour submergeant tout, engloutissant ses craintes et ses doutes, ses regrets et sa haine.

Il y a très longtemps, elle avait cru au grand amour, au prince sur son cheval blanc, au héros qui la tirerait des ténèbres pour tout lui pardonner. Il y a mille ans, elle avait appris que son héros pouvait être un bambin aussi roux qu'elle, aussi maladroit qu'un faon et qui n'était même pas encore capable de parler. Ce petit être l'avait bouleversée et elle en avait presque eu peur. Elle s'était découverte différente et cet enfant lui avait appris ce qu'était le véritable amour.

Le grand amour qu'elle pensait avoir perdu dans le désert n'était rien, peut-être seulement l'écho de cette terrible douleur qu'elle avait à tout prix cherché à oublier. La grande Ilestelwen avait pris une claque ce jour-là, elle s'était mise à douter. Jamais elle n'aurait pu imaginer qu'un simple bébé pourrait déchirer son solide masque forgé par les années.

Hélios l'avait sauvée, Hélios était le héros qui avait changé Ilestelwen en Elwen. Il était la grande raison dont tout en elle se souvenait sans pouvoir le nommer. Et elle avait passé un pacte pour oublier ces instants merveilleux seulement parce qu'un jour, tout s'était écroulé et que la douleur avait conjuré l'immense joie de tenir entre ses bras son fils.

Elle le revoyait enfant, elle se souvenait de son poids dans ses bras, du bruit de son rire et de ses pleurs. Hélios n'aurait jamais dû lui arriver mais elle avait béni mille fois les Valar de lui avoir fait don de cet enfant.

Elwen regardait la terre et elle comprenait tout.

Cette mélancolie qui rythmait ses pas, cette douleur constante au creux de son ventre étaient nées le jour où la mère était devenue grande endeuillée. Hélios était mort un jour de mars. Et depuis ce jour le vide ne l'avait jamais quittée, comme si plus rien n'avait de sens.

Elle avait découvert la plus grande douleur du monde en tenant le corps sans vie de son fils. Elle avait hurlé, elle avait cherché à le rejoindre par tous les moyens. Et elle avait enfin compris de quelle grande souffrance parlait Elenwë. Celle si puissante qu'elle déracinerait n'importe quel arbre, qu'elle raserait les plus hautes montagnes et qu'elle rongerait le plus fort des hommes pour n'en laisser qu'une ombre.

Accroupie au pied de l'arbre, les deux mains serrées sur son coeur défait, la tête penchée en avant à cause de la souffrance qui étreignait son corps, Elwen pleurait.

Elle avait été si lâche. Juste parce que la mort lui avait pris un fils, il avait fallu qu'elle annihile tout ce qui l'avait fait juste et bonne. Elle avait choisi d'oublier la mère qui sommeillait en elle pour tenir l'endeuillée le plus loin d'elle. Un malheur avait suffi à la décider de tout oublier. Elle maudit Norn, elle maudit ses terribles sortilèges et elle se détesta d'y avoir cédé. Jamais elle ne s'était autant haïe, elle aurait pu s'arracher le coeur d'un grand coup sec sans même frémir.

- « Hélios a tout changé, murmura Elenwë, accentuant chaque syllabe. Il t'a changée toute entière, il a fait de toi celle que tu es aujourd'hui. Un si petit être t'a montrée la chose la plus importante, celle qui fait encore battre ton coeur. »

Elenwë inspira longuement, jeta un regard au ciel et ferma les yeux. Elle tremblait, ses cils blancs étaient vibrant de larmes.

- « Il t'a enseignée que les monstres se font à nouveau hommes lorsque l'amour les étreint. Il t'a appris qu'en chaque monstre il y a un homme détruit qui se réveille à chaque soupir. »

Elenwë fit une pause. L'elfe n'osait pas la regarder.

- « Tu as fui ton devoir. Tu as défié les Valar, Elwen. Ils t'avaient fait mère et tu as passé un pacte avec un nain-sorcier pour l'oublier. Tu as choisi d'oublier cette merveilleuse aventure, tu as préféré la douleur au souvenir de ces instants bénis.

- J-j'ai essayé de guérir cette blessure seule. Mais c-c'est si dur … gémit Elwen en s'appuyant contre les jambes d'Elenwë derrière elle.

- Tu as failli à l'épreuve que tu as imposé à tant de mères. Tu aurais dû comprendre il y a mille ans mais tu as choisi l'oubli si réconfortant à la réalité des choses.

- Quoique j'aurais pu faire, j'aurais échoué. La haine m'aurait emportée.

- Elle t'a emportée. Tu ne t'en souviens pas encore. Tu es devenue le monstre qui dormait en toi, tu as poursuivi le peuple de ceux qui avaient tué Hélios pendant cent années, tuant leurs femmes et leurs enfants sans pitié. Tu avais tant souffert, pourquoi devais-tu être la seule ? Tu étais le monstre que les parents contaient aux enfants pour les effrayer. Ils t'appelaient Siya Dawî et tous savaient que si ta chevelure rouge apparaissait à l'horizon, il n'y aurait d'aube pour personne. Tu ne laissais derrière toi aucun survivant, mais aucun massacre ne semblait satisfaire ta soif de vengeance. On t'avait pris ton fils alors tous les sacrifices du monde étaient mérités.

- Comment font-elles ? Comment font ces mères endeuillées pour surpasser la douleur ? bredouilla Elwen.

- Chacune est différente. Certains s'ouvrent les veines, d'autres massacrent des villages, mais la plupart font semblant. Elles font comme si tout allait bien alors que chacune de leurs pensées sont pour leur enfant absent. On ne guérit jamais vraiment de cette blessure. Moi, je te hante alors que la vengeance n'a plus sa place dans mon esprit. Je t'ai pardonnée il y a longtemps, Elwen. »

L'elfe se retourna vers elle avec un rire sans joie. La jeune femme derrière elle avait le visage sérieux.

- « Tu ne m'as pas pardonnée … Cela fait mille deux cents ans que tu te fais gardienne de cet enfer pour m'y accueillir une fois le jour venu, mille ans que tu hantes mes pensées. Ta soif de vengeance s'est peut-être éteinte mais elle t'avait déjà dépassée depuis longtemps. Tu t'es laissée emporter par ta colère, tu as condamné des milliers de personnes à ne jamais connaître le repos des Cavernes, elles vivent en moi et vivront jusqu'à mon dernier souffle. En me maudissant, tu as maudis toutes mes victimes, articula distinctement Elwen en luttant contre les sanglots.

- Oh Elwen … Nous sommes si semblables que cela m'effraie » gémit Elenwë.

L'elfe se retourna et prit son amie dans ses bras. Les mères brisées s'étreignaient, pleuraient à l'unisson.

- « J'ai la profonde conviction que ce n'était pas un hasard que nos noms soient si proches, que nos histoires soient si semblables, que nous partagions un fils, souffla Elwen. Je sens presque le regard des Valar sur nous. Comme si tout devait finalement finir ici, comme si tout avait toujours été destiné à finir ainsi.

- Je crois que tu es prête » murmura simplement Elenwë en se détachant de sa sœur avec un triste sourire.

Elle sécha ses larmes, se retourna et n'était déjà plus seule. Par la main, elle tenait le bras d'un jeune homme aussi roux que Penya. Mais il avait ses yeux et sa peau pâles.


Halda plia une énième robe et croisa son reflet dans le miroir. Elle se fit peur. La guerrière n'était plus depuis longtemps, ses muscles avaient fondu, elle avait revendu ses armes, défait ses tresses gagnées au combat et laissé pousser ses cheveux sagement rabattus sur la pointe de ses oreilles.

Elle n'avait jamais revu Aldawen, même après cinq ans à parcourir tout le pays dans l'espoir de voir apparaître une chevelure blonde. Ces cinq années lui avaient servi à réfléchir longuement. Elle s'était faîte embaucher comme muette dans une grande famille au Gondor et servait une des tantes de l'intendant.

Un an et demi de mutisme avait suffi à lui remettre les idées en place. Elle s'était surprise à se trouver odieuse, regrettant chaque instant ce qu'il s'était passé avec les Rôdeurs. Et dire qu'elle avait eu la bêtise de croire qu'en s'éloignant d'Aldawen cela la pousserait à se rapprocher des autres …

Chaque jour, chaque seconde le visage de la jeune elfe hantait ses pensées. Aldawen avait fait le choix de rentrer et Halda priait des milliers de fois pour qu'elle soit arrivée saine et sauve chez elle. Elle avait prié pour que sa mère lui ouvre ses bras et que son père pleure de joie à sa vue. Mais le grand Thranduil s'était figé depuis longtemps et Elenya avait trop souffert pour ressentir à nouveau le pardon et la reconnaissance.

Halda avait choisi la voie des ombres, des servants, pour voir le monde de ce point de vue qu'elle avait toujours méprisé et juré de ne jamais rejoindre. Comme une absolution, elle avait nettoyé crasse et saleté des plus hauts, elle avait mendié pour un repas, prié pour ne pas mourir de froid, s'était effondrée sous les coups, avait ressenti la vie revenir douloureusement en elle. Et elle avait enfin compris. Elle avait compris que Aldawen venait de lui donner sa première et plus grande leçon.

Oui, Halda avait l'air misérable avec sa robe trop grande et ses cheveux décoiffés, mais le regard qu'elle portait sur son reflet n'était plus teinté de colère. Elle ne voyait plus de guerrière, plus de mentor, d'elfe ou de femme. Elle se voyait comme elle était. Pas comme elle aurait voulu être, pas comme celle qu'elle avait cru être pendant des siècles. Et elle était enfin en accord avec ça. Cela lui faisait si bizarre de penser que son élève, sa si jeune Aldawen, avait été capable de lui enseigner cette leçon par sa seule absence.

Mais au fond d'elle, l'elfe commençait lentement à comprendre qu'il était temps pour elles de se retrouver. Aldawen avait quitté son palais il y a plus de vingt ans mais c'était un faux départ. Halda tentait de s'en convaincre, elle ne voulait pas croire qu'elle avait tout gâché. Halda avait sous sa robe des cartes déchirées qu'elle avait volées à la bibliothèque. Une croix marquait la forêt noire, une ligne traçait le chemin qu'elle suivrait dans quelques semaines et des larmes maculaient le papier.


- « Je ne pensais pas te revoir un jour » souffla simplement Hélios en essuyant ses larmes.

Elwen ouvrit la bouche pour répondre quelque chose mais s'aperçut qu'elle n'en était pas capable. Quelque chose explosa en elle, elle le sentit résonner au plus profond de son être. Ce quelque chose la dépassa toute entière, c'était si bouleversant, douloureux et beau qu'elle se demanda un instant comment elle avait pu créer cette détonation.

Il avait les yeux pâles d'Elenwë et les cheveux de feu de son père. Mais son sourire venait d'ailleurs. Elwen crut se voir lorsqu'il baissa les yeux pour chasser ses larmes.

Son fils était là. Il l'appelait « maman » avec un sourire tremblant. Il lui soufflait que les horreurs qu'elle avait commises ne faisaient pas d'elle qui elle était. Et son pardon était le plus beau présent du monde.

Hélios était son grand absent, celui qui avait hanté ses pas et ses soupirs. Le monde disparut. Le monde devint Elwen et Hélios, face à face, au milieu de l'infini et de l'intemporel. Je crois qu'ils tombaient lentement, ne se lâchant pas un instant du regard, partageant quelque chose de plus intime que ce qui peut être écrit.

Elwen détaillait ce fils qu'elle avait oublié. Elle tentait de conjurer le sort du nain, d'effacer sa plus grande erreur. Mais tous deux savaient bien que le temps perdu ne pouvait être retrouvé, cette douleur qu'elle avait fui n'avait qu'empiré.

L'elfe avança lentement d'un pas, ils tombaient toujours infiniment, elle pouvait sentir son coeur s'élever dans sa poitrine et remonter dans sa gorge. Quelle scène étrange, en quelques secondes elle avait l'impression de connaître tous les secrets de ce jeune homme. Elle savait qu'une cicatrice ornait son dos, qu'un de ses orteils manquait, qu'ils avaient nommé ensemble les constellations de ses tâches de rousseur.

Elwen se sentit tomber à genoux, comme si dix-neuf ans venaient subitement de tomber sur ses épaules. Son corps était si lourd qu'elle était incapable d'en bouger une seule part. Hélios s'agenouilla près d'elle et prit sa tête lourde entre ses mains. Une de ses larmes roula sur le visage de l'elfe.

- « Je crois que c'est à toi d'être immobile et prisonnière d'un mutisme cruel, souffla-t-il avec un triste sourire. Les premières années après mon départ, j'ai crié si fort que j'ai bien cru que je ne pourrais plus jamais parler. Tu ne m'entendais pas. Je te voyais parler avec Elenwë, je te voyais pleurer, je t'observais tuer ces milliers d'enfants en mon nom et aucun cri ne pouvait te stopper. Les suppliques de ces innocents étaient la pire des tortures. »

Hélios se redressa, calant la tête de l'elfe sur ses genoux, caressant doucement ses cheveux. Elwen était incapable de bouger une paupière.

- « J'ai cru mourir mille fois, si c'était encore possible, mais j'ai découvert que l'entrée des Cavernes m'était refusée. Tu m'as effrayé Elwen, j'ai cru un instant que le monstre qui sommeillait en toi avait bien fini par gagner. Je pouvais te voir, t'entendre mais j'étais incapable de te faire savoir que j'étais là, juste là, derrière chaque geste, en chaque ombre. Je hantais tes pas, j'observais de loin un monde dont je ne faisais plus partie. J'enviais Elenwë que tu voyais chaque nuit, même si elle te faisait pleurer, même si elle te hurlait que tu avais failli à ta promesse. Je voulais te prendre dans mes bras, te dire que tu n'y étais pour rien, mais la colère et la douleur avait fini par t'aveugler. Et puis un jour, tu es allée voir ce nain qui t'a promis l'infini et le repos. Ton âme saignait depuis mille ans et rien ne semblait pouvoir épancher le sang. Il a construit une barrière invisible entre toi et moi, à partir de ce jour j'ai été incapable de te voir et de t'entendre. Comme un frisson qui chasse la souffrance insupportable, tu as repris ton souffle et quelque chose s'est réveillé en toi. Un instant tu étais à genoux, la main sur le coeur, pliée en deux par la douleur, suppliant Norn en larmes, une seconde plus tard tu te relevais tel un automate, mon visage envolé de ta mémoire et les yeux habités par une haine brûlante.

- Je ne me souviens même pas de la souffrance froide que ta perte a répandue en moi. Je ne me souviens ni de la chaleur de l'amour, ni de l'ivresse du bonheur.

- Norn était un grand magicien. Tu ne peux pas te souvenir en un jour de ce que tu as voulu oublier pour l'éternité. Cela prend du temps de se souvenir que l'on a été mère avant d'être guerrière. Tu te souviens de tout, mais tu ne le sais pas encore.

- Raconte-moi, je t'en prie, murmura péniblement Elwen.

- Je ne crois pas que ce soit à moi de te conter cette histoire. Les mèches ont été déliées, plus rien ne me retient loin de toi, mais je ne pense pas avoir assez de courage pour tout te dire maintenant. Les souvenirs reviendront, lentement ils renaîtront en toi. C'est à toi de soigner cette blessure que tu t'es infligée, je ne peux rien pour toi. La plaie qui déchire ton être doit être comblée. »

Hélios se pencha et ferma délicatement les yeux de sa mère de ses doigts. Il observa quelques instants son visage. Il se souvenait de tout, lui. Il pouvait encore sentir son rire et le son de sa voix quand elle était heureuse. Les mélodies qu'elle lui chantait en le berçant, les acrobaties qu'elle faisait pour le faire sourire. Tout ce qu'elle avait condamné à l'oubli vivait en lui, tournant en boucle sagement. Hélios était le fils de la mémoire, le dernier témoin de ce monde banni. Et il n'arrivait même pas à lui en vouloir.

Elle n'avait pas changé. Mille deux cents ans avaient glissé sur elle comme de l'eau. Ils étaient deux êtres immortels, l'un parce qu'il avait reçu la mort, l'autre parce qu'il la donnait.


Ilestelwen regardait le bambin remuer ses petits bras vers le ciel. Ils avaient quitté Hoarwell il y a quelques semaines mais l'elfe n'arrivait pas à s'empêcher de penser au dernier regard d'Elenwë, au poids de son corps, à la couleur bleuté de ses lèvres de mortes. Elle avait creusé sa tombe en dernier, à côté de celle de Eoghan. Cela lui avait pris deux jours, les larmes brouillaient sa vue, le désespoir se faisait parfois trop grand pour qu'elle ne puisse continuer. Lorsqu'enfin la fosse avait été assez profonde, Ilestelwen avait regardé la terre, la dernière demeure de sa sœur. Sans pouvoir s'en empêcher, elle s'était sentie tomber dans le trou. Allongée, elle était restée là des heures, ignorant les cris d'Hélios enroulé dans son drap.

Une douleur sans nom transperçait son coeur à l'idée qu'Elenwë reposerait ici à jamais, que cette terre qui l'entourait à cet instant rongerait le visage de celle qu'elle avait tant aimé pour n'en laisser que des os. Ilestelwen avait pleuré silencieusement, secouée de sanglots terribles. Lorsqu'il avait fallu ressortir de la tombe, l'elfe crut qu'elle n'y parviendrait jamais. C'était comme quitter le ventre d'une mère, le foyer rassurant des entrailles pour se jeter à nouveau dans les horreurs de la vie.

Et puis il avait fallu porter Elenwë. Son visage figé n'était pas comme celui des autres morts. Il exprimait une rage qui hanterait Elwen pour le restant de ses jours. C'était le visage de ceux qui ne voulaient pas quitter Arda de la main de celle qu'on le surnommait déjà la Dernière Ombre.

La blancheur du corps d'Elenwë jurait avec la terre noire. L'elfe avait recousu la large blessure de son dos, nettoyé son visage et ses cheveux pour lui offrir un dernier hommage. Mais elle n'avait pas trouvé de robe intacte. Elenwë était nue, recroquevillée comme un enfant, ses longs cheveux blancs ne volaient plus que pour la voiler.

Ilestelwen s'était effondrée en hurlant de douleur en la voyant ainsi. Cela avait quelque chose d'inhumain de laver, soigner et enterrer sa sœur pour ne plus jamais la revoir. Elle avait compris cette terrible douleur qu'elle avait oubliée. Elle avait compris que plus jamais elle ne tresserait les pâles cheveux d'Elenwë, que plus jamais elle n'entendrait son rire, ni ne verrait l'éclair qui traversait ses yeux quand elles se disputaient.

Elenwë était morte. Elenwë était morte, hurlait quelque chose en elle.

Ca ne pouvait pas être vrai. Cela avait un goût d'inconcevable. Elwen se le répétait sans y croire. Personne ne pouvait saisir en quelques jours que celle qui avait été à ses côtés depuis toujours n'était plus.

Le vent lui soufflait en boucle une phrase. Comme une ritournelle qui lui donnait envie de se taper la tête contre la terre.

Lave de ton sang la terre de ceux qui sont partis. Lave de ton sang la terre de ceux qui sont partis.

Elwen la grava sur l'arbre pour la sortir de son esprit.

Comment aurait-elle pu se douter que cette simple phrase ruinerait sa vie ? Que cette phrase la pousserait vingt ans plus tard à commettre les plus horribles crimes ?

Lave de ton sang la terre de ceux qui sont partis.

Dans l'écorce de l'arbre qui accueillerait le corps d'Hélios, entre les veinures du bois s'étiraient ces lettres. Comme une malédiction qui l'attendrait sagement, sachant qu'elle finirait bien par revenir dans ce village destiné à devenir son enfer éternel, cette phrase pulsait doucement. Année après année, l'inscription ne s'était jamais effacée, hantant le village martyr comme un souffle, attendant sagement celle qui finirait bien par revenir.


Hélios avait deux ans. Il marchait maladroitement à côté d'elle, lui tenant la main, un air concentré sur la silhouette qui courrait devant eux. Elwen souriait tendrement alors que le petit garçon tentait de confectionner une couronne de fleurs, assis sur ses genoux. Il se leva, embrassa sa mère sur la joue et tomba endormi dans ses bras. Elwen adorait l'observer dormir, il fronçait ses sourcils roux dans son sommeil et souriait sans raison. Elle le berçait alors en lui soufflant des comptines elfiques dont elle ne connaissait pas l'origine. Au creux de son ventre, un amour dangereux commençait à tout emporter.

Hélios avait quatre ans. Il courrait vers elle en criant de joie, elle, elle l'attrapait au vol et le soulevait au-dessus de sa tête en riant. Cette Elwen lui manquait, celle qui n'avait pas encore fait toutes ces horreurs. Le soleil avait fait naître sur la peau du petit garçon un millions de petits points brun, il portait les tâches de rousseur de son père et les yeux de sa mère.

Elwen le regardait tourner sur lui-même, les yeux levés vers le ciel, jusqu'à ce qu'il tombe étourdi en riant dans les blés jaunis par la fin de l'été.

Les jours bénis lui manquaient tant. Le rire du petit garçon lui faisait mal, le sien qui n'avait pas résonné depuis si longtemps. Elle s'observait et se découvrait heureuse. Elle se découvrait vivante alors qu'elle ne se pensait que monstre.

Hélios avait six ans. Il laissait ses cheveux pousser pour pouvoir les tresser comme sa mère. Il avait taillé un bâton en pointe pour « protéger sa maman », disait-il. Il courait sous la pluie, le nez en l'air pour en attraper les gouttes. Il attrapait la main d'Ilestelwen, ou plutôt saisissait de sa menotte deux des doigts de sa mère, pour danser avec elle dans le vent et grimper ensuite sur ses épaules. Debout perché là-haut, il découvrait un monde réservé aux adultes, il regardait avec attention ce qui l'entourait à cette hauteur. Et puis Ilestelwen se mettait à galoper et il retombait dans son dos, s'agrippant à ses épaules et à ses hanches pour tendre un bras vers le ciel et ordonner à sa monture d'accélérer.

Chevalier Hélios conquérant des nuages avait huit ans. Ilestelwen lui apprenait à grimper aux arbres, à pêcher dans les torrents et à construire des pièges à lapin. Mais ce qu'il préférait c'était s'allonger dans un pré pour laisser le vent le décoiffer. Ses cheveux étaient si longs qu'il était obligé de les natter constamment. Il observait Mama partir en « aventure nocturne » et revenir avec mille trésors. Elle allait les cueillir dans les cieux, si on secouait assez fort les nuages, ils vous livraient leurs perles, disait-elle. Hélios pouvait écouter les histoires qu'inventait Elwen pendant des heures, aucune ne l'endormait mais toutes le tenaient captivé.

Hélios le Pirate regardait ses orteils recouverts de sable et il avait neuf ans. Une cicatrice ornait sa joue, un homme avait voulu lui faire du mal mais Mama était arrivée à temps. Comme une furie, elle l'avait défendu comme une louve le ferait, éventrant son ennemi d'un air féroce avant de se pencher vers son louveteau qui tremblait encore de peur. Hélios avait pleuré dans ses bras pendant des heures avant qu'il ne se calme enfin, les caresses dans son dos et les chuchotis dans son oreille avaient bien fini par l'apaiser. La cicatrice était blanche, brillante et terriblement impressionnante. Elwen lui avait assuré qu'elle le rendait plus beau qu'il ne l'était déjà et il l'avait alors exhibée avec fierté. Elwen l'observait alors mélancoliquement se pavaner au milieu des autres enfants. Elle pouvait encore aujourd'hui sentir l'inimaginable amour qui serrait son coeur à la vision de ces souvenirs.

Hélios le Peintre avait onze ans. Un détour par une ville-forte lui avait fait découvrir le travail d'un portraitiste et les couleurs avaient fini par l'hypnotiser. Le vieil artiste dessinait la jeune demoiselle du seigneur. Le petit garçon suivait chacun de ses gestes avec fascination. Elwen lavait le sol de la chambre où avait élu domicile cet étrange homme lorsqu'elle l'y avait surpris. Tout d'abord déroutée par l'intérêt que son fils portait à la peinture, elle n'avait pu s'empêcher d'être émue par le regard passionné d'Hélios. Un mois plus tard, elle lui offrait ses premières craies colorées et un bout de parchemin chipé sur un secrétaire anonyme. Le feu qui brillait alors dans le regard qu'Hélios lui avait jeté valait tout l'or du monde.

Hélios le Formidable avait treize ans et attendait sagement sa Mama à la sortie des cachots où elle avait séjourné pendant quatre mois, voler comportait des risques. Les autres enfants avec qui il avait passé ces derniers mois lui faisaient peur. Leurs manières étaient si étranges, ils se frappaient les uns les autres, forçant les plus jeunes à mendier jour et nuit dans les ruelles mal famées. Hélios dessinait dans son coin, gagnant quelques pièces destinées à faire libérer sa mère. Les autres enfants se moquaient de lui, lui donnaient de petites tapes sur le crâne en ricanant. Elwen lui manquait, il voulait retrouver le refuge rassurant de ses bras, le regard terrifiant qu'elle jetterait à ces petits monstres qui se croyaient tout permis, il voulait voir leurs horribles petits visages pâlir à sa vue. Elwen sortit de la pénombre des murs de la prison, de grandes cernes entouraient ses yeux, ses cheveux étaient crasseux et elle portait sur elle la puanteur des cachots, mais Hélios ne put s'empêcher de la trouver encore plus belle. Il courut vers elle et enfonça sa tête dans son ventre, elle lui caressa doucement les cheveux en l'embrassant délicatement.

Derrière eux, des gloussements retentirent. Un « Hélios, le bébé à sa maman » fusa dans l'air et Ilestelwen se retourna brusquement. Quelque chose irradiait d'elle, une ombre aussi puissante que terrifiante semblait jaillir d'elle comme de grandes tentacules, Hélios l'observa avec admiration. Les gamins blêmirent, comme il l'avait prévu, et déguerpirent aussitôt. Il n'avait plus l'âge de sauter dans ses bras alors il se contenta de saisir à nouveau à sa main et de la tirer.

Hélios le Rêveur avait quinze ans. Il embrassait la première fille de sa vie, suivant les conseils que lui avait donné sa mère. Il trouva cela absolument formidable. La sensation d'une peau contre la sienne, d'un souffle se mêlant au sien, des cheveux en pagaille, tout lui sembla fantastique. Au loin, Elwen le regardait avec un étrange sourire alors qu'il tirait par la main la jeune fille aussi timide que lui. Hélios n'était plus le petit garçon qu'elle avait connu, il n'était plus le bambin maladroitement qui courrait après les sauterelles en riant. Le temps était passé si vite, elle ne l'avait même pas vu entraîner les derniers signes de l'enfance sur le corps de son fils. Elfe immortelle, elle, elle demeurait inchangée, même après toutes ces années. Les gens commençaient à la prendre pour la grande sœur.

Deux jours plus tard, elle n'assista pas aux adieux déchirants que son fils livra à la jeune fille en larmes. Il ne la revit jamais et préféra chanter en choeur avec sa mère pour oublier la peine de son coeur. Il se laissa aller aux larmes sous le regard compréhensif de l'elfe. Elle le consola doucement, lui enseignant que les souffrances de ce genre se font plus douces avec le temps.

Hélios son Héros avait dix-sept ans. Elwen regardait ce beau jeune homme et ne pouvait s'empêcher d'y voir les traces du nourrisson qu'elle avait recueilli il y a des années. Il courait encore dans les champs, nattait ses longs cheveux roux et grimpait aux arbres avec tant d'agilité qu'Elwen se demanda un instant si du sang d'elfe ne coulait pas dans ses veines. Il était si beau, son fils, pensait-elle avec fierté. Il peignait si bien que partout où il passait on lui demandait de faire une dizaine de portraits. Son nom circulait lentement à travers la Terre du Milieu, on parlait d'un prodige aux doigts d'or. Il faisait encore danser sa mère lors des fêtes de village, chantait avec elle lorsqu'elle entamait une comptine. Il avait pleuré dans bras lorsqu'Elwen lui avait annoncé qu'ils allaient devoir entreprendre le plus important voyage de sa vie, un voyage qui les conduirait à Hoarwell. Il lui avait hurlé qu'elle serait toujours sa mère, même si toute sa famille reposait sous les cendres d'Hoarwell, même si celle qui l'avait mis au monde était morte il y a plus de quinze ans.

Hélios le Dieu avait dix-neuf ans. Il riait bruyamment en regardant sa mère enfiler les manteaux de fourrures qu'ils avaient acheté le matin même. Elwen lui jetait alors un tas de vêtements sales dans la figure pour le faire taire. Son rire était le plus beau son du monde, Elwen aurait pu l'écouter pendant des heures. Il se penchait au-dessus des cartes qu'Elwen étudiait jusqu'à tard dans la nuit. Et nattait alors les quelques mèches qui s'étaient échappées de la lourde tresse écarlate qui coulait dans le dos de sa mère. Il avait commencé à peindre un étrange portrait d'eux deux. À l'aide d'un miroir posé contre une chaise, il dessinait délicatement la forme de leurs deux corps. Elwen riait souvent à sa mine concentrée, un pinceau coincé entre ses dents, les sourcils froncés. Un coup de coude dans les côtes la ramenait rapidement à son sérieux. Par moment, elle avait l'impression qu'ils étaient seuls au monde, comme si rien ne manquait pour parfaire son bonheur. Son grand fils était parfait, et même si elle, elle n'avait rien de parfait, il suffisait à illuminer sa vie. Elle n'oublierait jamais son regard émerveillé à la vue des Monts Brumeux qui disparaissaient dans le brouillard de l'hiver, ni son air enfantin lorsqu'il avait goûté la neige qui restait sur ses moufles.

Mais Hélios n'eut jamais vingt ans.


Halda regroupa les pièces qui tintaient dans sa bourse et les donna au marchand qui vendait ses chevaux. Il ne lui restait pas assez pour acheter une selle et des rênes, Halda monta à crue, un frisson de nostalgie lui remontant le long du dos. La dernière fois qu'elle avait senti la peau d'un cheval contre ses cuisses elle devait avoir une douzaine d'années, c'était juste après le départ d'Ilestelwen et l'incendie du Manoir. Elle avait l'impression que c'était hier.

Elle jeta un regard inutile à la carte qu'elle gardait dans son corsage. Elle connaissait la route par coeur, elle avait retenu chaque direction, chaque bifurcation ou kilométrage. Le cheval passa les grandes portes de Minas Tirith et s'élança sur la plaine qui s'étalait à ses pieds. Halda inspira vivement, tentant de calmer les battements frénétiques de son coeur. Elle ne pouvait s'empêcher de voir ces premiers pas comme un nouveau départ. La guerrière et la servante étaient mortes, Halda sentait une nouvelle part d'elle naître à chaque fracas des sabots du cheval qui accélérait.

La terre se soulevait sous le galop grandissant de sa monture, Halda se tourna une dernière fois vers la cité blanche qui avait accueilli tant de ses peines et de ses prières. Et le vent qui lui manquait tant l'embrassa enfin, projetant violemment ses longs cheveux au-dessus de sa tête. L'elfe sentit un sourire naître sur son visage, elle se pencha en avant, saisit la crinière de son cheval et lui fit chuchota en elfique de courir encore plus vite.

Le vent emporta les paroles qu'elle murmura, laissant le nom « Aldawen » en suspend dans la plaine déserte.

Elle voyagea plusieurs semaines avant d'apercevoir enfin la cime des arbres de Mirkwood, un vent étrange parcouraient les branches, formant un ballet mystérieux. Halda n'avait jamais passé les portes du royaume sylvestre, c'était un regret qu'elle allait assouvir dans les prochains jours et cette pensée glissa sur son visage un petit sourire.

Deux jours passèrent, ses yeux d'elfe ne lâchait jamais la forêt qui s'étirait à l'horizon. Ballottée par le galop du cheval, elle n'avait jamais été aussi près de toucher du doigt cette patrie qui la reniait, de courir dans les bras de sa jeune pupille qui illustrait tant de ses erreurs, de s'agenouiller à ses pieds pour la supplier de lui pardonner ses méfaits. Elle pouvait presque voir Aldawen, altière dans sa délicate robe blanche, un regard sévère se posant sur elle.

Halda regarda le jour mourir, il faisait nuit de plus en plus tard. Elle pouvait presque atteindre l'orée de la forêt, elle pouvait déjà s'y voir, entourée des lueurs célestes et des chants, surplombée par la délicatesse des feuilles et par les regards terribles des elfes sylvestres, mais ses yeux glisseraient simplement sur ce monde hors d'atteinte pour chercher celle qui hantait ses pensées, la véritable reine des lieux.

Perdue dans ces réflexions, Halda ne prit pas garde à la lueur qui grandissait à quelques lieux d'elle. Quatre elfes montaient la garde, ils semblaient presque l'attendre et se levèrent à son approche. L'elleth ralentit l'allure de sa monture et leur jeta un regard étrange. Quelque chose sous leurs sourcils assombrissait leur regard, comme si l'étincelle qui y rayonnait s'était lentement éteinte avec les années.

- « Que faîtes-vous dans cette région ? L'interrogea l'un d'eux

- Je suis en route pour Mirkwood, je viens achever quelque chose que j'aurai dû faire il y a longtemps, répondit-elle clairement, sans baisser les yeux. Je dois des excuses à quelqu'un. »

Les elfes ne lui posèrent pas plus de question et retournèrent à leurs occupations. Sans qu'elle ne puisse en comprendre la raison, l'un d'eux attirait le regard d'Halda. Quelque chose dans sa posture, dans la forme de son nez, de sa mâchoire ou de ses sourcils ne lui rappelait qu'une seule et même personne. Etait-ce enfin le fameux frère dont sa protégée avait parlé à de très rares occasions ?

Il dût sentir son regard sur lui car il se tourna vers elle. Il l'interrogeait silencieusement.

- « Seriez-vous le Prince Legolas ? » Murmura-t-elle prudemment.

Il acquiesça sèchement, sans la quitter des yeux.

- « Je devine que mon nom ne vous ait pas inconnu, qui l'a prononcé devant vous ?

- J'ai, au cours des dernières années, rencontré de nombreuses personnes, souffla-t-elle alors qu'il se figeait brusquement. Une elfe, en particulier. »

Il détourna le regard, troublé, et fronça les sourcils. Il cherchait ses mots alors que ses yeux sévères détaillaient le sol sous ses jambes. Lorsqu'il releva la tête, Halda y vit une étrange étincelle scintiller doucement.

- « Où l'avez-vous vue pour la dernière fois ? Cela fait tant d'années que je la recherche … demanda-t-il doucement, il semblait presque perdu dans ses pensées.

- Mon seigneur … Aldawen est rentrée à Mirkwood il y a plus de sept ans, souffla Halda, interloquée alors que ses sourcils se fronçaient à leur tour. C'est auprès d'elle que je me rends. »

Legolas écarquilla les yeux et reporta son attention sur l'herbe avant d'en arracher nerveusement quelques brins.

- « Ce n'était pas d'Aldawen dont je parlais. Je vous parle d'une elfe plus rayonnante et étrange que ma jeune sœur. Elle porte des cheveux qui semblent flamboyer, des yeux qui cachent un orage et une ombre qui voile ses pensées.

- Oh … Vous pensiez donc à Ilestelwen. »

Les yeux de Legolas remontèrent subitement vers le visage de l'elleth et un sourire étira ses lèvres.

- « Oui ! Vous l'avez rencontrée ? Où ? Je vous en prie, il me faut une réponse.

- Ilestelwen n'est plus que l'ombre d'elle-même, ses démons ont achevé de noircir son âme, cracha Halda. La dernière fois que je l'ai aperçue, elle élevait l'enfant bâtard d'une humaine.

- Où est-elle ? la supplia Legolas en avançant vers elle. Cela fait trente ans que je la cherche. »

Halda le détailla un moment. C'était donc à cela que ressemblait un elfe éperdument amoureux ? Un être dévoré par la quête de son âme sœur, qui prendrait trente ans pour remuer ciel et terre pour la retrouver, quitte à abandonner les recherches de sa jeune sœur ? Quel égoïste, quel ingrat, ... Halda hésita longuement. Une promesse qu'elle avait faîte il y a de nombreuses années résonnait dans son esprit. Tu ne t'approcheras jamais d'elle ou de quiconque d'autre de sa famille ou je te tuerai de mes mains, Ilestelwen. Tu m'as déjà enlevé trop d'amis. Moi, Halda, fille de Forodiel, je te promets que tu n'en prendras pas un de plus.

Elle s'apprêtait à lancer Legolas, frère d'Aldawen, sur les traces d'Ilestelwen, sur la piste d'une mort certaine.

- « Il y a dix-huit ans, elle était sur la côte, à Ost-Andrast, s'entendit-elle répondre mécaniquement.

Le corps de Legolas se relâcha complètement, il se laissa tomber en arrière et sourit aux étoiles. Un bonheur immense se propagea dans sa poitrine alors qu'il la remerciait d'une série de murmures.

Halda roula sur le côté pour essayer de dormir un peu lorsqu'elle l'entendit dire froidement une phrase qui sembla l'enterrer six pieds sous terre.

- « Aldawen n'est jamais rentrée à Mirkwood. »


J'espère que le retour d'un certain elfe blondinet vous a autant rempli de joie que moi :)

J'ai mis un peu de temps à publier la suite, j'en suis désolée. Mais quand j'ai vu tous les commentaires que vous avez postés depuis la publication du dernier chapitre, j'ai foncé sur mon ordi pour pouvoir corriger celui-là. Surtout qu'on arrive à un point charnière de l'histoire, Hoarwell sort enfin de l'ombre.

Je tiens à remercier tout particulièrement Nenya, je crois que tu m'as écrit les plus beaux messages qu'un auteur puisse recevoir, tu m'as réellement poussée à poster ce chapitre et je ne te remercierais jamais assez. Voilà, tu as illuminé ma soirée et lire que je te donne même envie d'écrire à ton tour est merveilleux, sincèrement c'est le but idéal de tout écrivain. Tes compliments me vont droit au coeur, j'avais un sourire idiot rien qu'à les lire ^^' Merci mille fois à toi, tu peux réellement te considérer comme une des parts importantes de cette histoire parce qu'honnêtement je ne sais pas ce que j'aurai fait sans tes régulières reviews ! J'espère que ce chapitre t'a plu et n'hésite pas à me dire ce que tu en as pensé ! Je t'embrasse aussi :)