Disclaimer : Tout de que vous reconnaissez de l'univers appartient à Kaoru Tada et à l'équipe de Playful kiss. Je ne touche rien en écrivant.
Episode 10 bis
Quand je sors de chez moi, je grimace. Il pleut vraiment beaucoup aujourd'hui. Je me demande si on aura du monde au restaurant. A l'abri sous mon parapluie, je rejoins le restaurant et salue mes collègues qui sont déjà sur place. Je me change rapidement et coïncidence ou non, j'arrive dans la salle en même temps que Hae-Ra. Il n'y a rien à faire aussi on parle de Ji Yeon qui commence à être vraiment douée. Bientôt elle n'aura plus besoin de nous. Elle sera largement en avance sur les autres. Des clients arrivent et je décide de m'occuper de les installer alors que ma collègue va chercher les menus. Ils ont l'air frigorifiés. Une fois terminé, je rejoins mon poste et note qu'à mesure de la journée qui avance les gens sont de plus en plus mouillés. La pluie ne compte pas s'arrêter tout de suite visiblement.
Plus que deux heures et je peux rentrer chez moi. La pluie ne s'est pas arrêtée de la journée et Lee Woo-Bin marmonne qu'il va devoir rentrer à la nage. Il habite de l'autre côté de la ville et sa voiture est tombée en panne ce matin. Du moins elle a refusé de démarrer. Je lui proposerais bien de le ramener mais je n'ai pas de voiture. Je ne vis pas très loin de la faculté, encore plus maintenant, et j'aime me déplacer à pied. Hae-Ra nous rejoint au bar en soupirant que ses chaussures vont s'abîmer à cause de l'eau. C'est vrai qu'en Converses, je suis tranquille même si elles vont être mouillées. Elles sécheront cette nuit… Ou je prendrais une autre paire, je verrais… Je fixe ma collègue et amie qui regarde derrière moi choquée. Curieux, je me tourne et c'est à mon tour d'écarquiller les yeux en apercevant Ha-Ni. Elle semble être venue à pied. Ses vêtements sont trempés, ses cheveux dégoulinent et elle tremble de la tête aux pieds. Je ne peux pas m'empêcher de noter qu'elle tient un paquet dans ses mains et je réfléchis à toute vitesse pour comprendre la raison de sa présence. C'est vrai qu'on est le quatorze février aujourd'hui. J'entends vaguement Hae-Ra s'étonner qu'elle soit venue malgré la pluie alors qu'elle me salue en tentant de sourire. Mais je ne peux pas réagir. Je suis en train de songer qu'elle va tomber malade si elle rentre à pied à la maison. Même si elle reste ici, elle va être malade très bientôt… Tout ça pour venir me voir travailler… Ma collègue reprend la parole mais je ne l'écoute pas. Je songe à la détermination de Ha-Ni et à son abnégation. Elle est tellement focalisée sur moi et son amour pour moi qu'elle oublie de faire attention à elle. Je finis par me reprendre et lui suggère d'aller s'installer. Aussitôt Hae-Ra se dévoue pour s'occuper d'elle et comme on m'appelle à une table je les laisse entre elles pour aller m'occuper de mes clients. Qui commanderont autre chose que sept cafés. Cela dit même en travaillant, j'ai du mal à ne pas la surveiller. Elle est impressionnante, Hae-Ra a raison sur ce point. Je sais qu'elle n'est pas du genre à abandonner, elle me l'a dit à plusieurs reprises et chaque fois qu'elle s'accroche à sa détermination, j'en suis étonné. Je ne devrais pas pourtant mais je ne sais pas pourquoi j'en suis épaté. Je retiens une grimace quand je les vois parler entre elle et surtout le visage de Ha-Ni se fermer mais je n'ai aucune raison d'aller la voir aussi je retourne au comptoir au Lee Woo-Bin, sourit amusé.
« - Je comprends que tu ne sois pas aux pieds de Yoon Hae-Ra. Ta copine n'est pas aussi parfaite mais elle a un regard d'une telle candeur que je comprends que tu aies craqué pour elle.
« - Oh Ha-Ni, demandé-je amusé. Et moi ? Tu nous as bien regardés. On ne va absolument pas ensemble malgré ce qu'elle s'imagine
« - Ouais ça doit expliquer ton regard et ton absence de réaction quand elle est entrée en grelottant, sourit-il avant de préparer les boissons d'une autre table.
Je jette un œil à Ha-Ni. Elle est au chaud mais elle tremble toujours et je prends une serviette que je lui apporte. A vrai dit je devrais la ramener à la maison et l'emmitoufler dans une couverture bien chaude une fois qu'elle serait dans des vêtements secs mais ici, je ne peux rien faire de plus que lui apporter une petite serviette rose. Quand je m'approche, je note qu'elle grimace de douleur et ça ne me plaît pas. Je lui tends la serviette tout en lui demandant pourquoi elle fait une tête pareille. Je préfère la voir sourire, elle devrait le savoir, non ?
« - Qu'est-ce qu'il ne va pas avec ma tête, demande-t-elle d'une voix grelottante.
« - Tu n'as pas l'air d'aller bien. Tu devrais rentrer à la maison immédiatement.
Je voudrais qu'elle reste ici, j'apprécie de la voir me suivre de nouveau seulement là je suis plus inquiet pour sa santé et je préfère la savoir au chaud avec quelqu'un pour veiller sur elle. Puisque ça ne peut pas être moi, je préfère que ce soit maman plutôt que son capitaine courage. Seulement Ha-Ni refuse de partir et je préfère m'éloigner. Il vaut mieux que je m'éclipse, je serai capable de lui crier dessus pour la faire réagir et m'attirer les foudres de mon patron. Or je tiens à ce boulot. Moins qu'à elle cependant mais si elle reste ici, je peux veiller sur elle. Jusqu'à la fin de mon service. J'appellerais Ji Yeon pour la prévenir que je ne serai pas là ce soir. Elle a trouvé Ha-Ni très mignonne et très gentille, elle comprendra que je veuille m'assurer qu'elle ne tombe pas malade. Je suis à peine arrivé au bar que j'entends quelque chose tomber au sol et sans réfléchir, je me tourne vers Ha-Ni persuadé qu'elle a fait tomber un truc part terre. Seulement elle n'est plus là et un de mes collègues s'agenouille au sol. Mon cœur accélère brutalement et je les rejoins en appelant Ha-Ni dès que je la vois au sol. Elle semble inconsciente. Je m'agenouille aussitôt au sol et lui secoue doucement l'épaule pour lui faire ouvrir les yeux. Seulement j'ai beau l'appeler, mettre sa tête sur mes genoux, secouer son épaule ou lui serrer la main elle ne réagit pas et je finis par la prendre dans mes bras pour aller l'allonger à l'arrière. Dans notre salle de repos. Hae-Ra me suit avec la boite en carton et son sac à main que je mets dans un coin. On s'occupera de ça plus tard. Notre patron nous rejoint en apprenant qu'une cliente est tombée dans les pommes selon toute vraisemblance. Il nous demande des nouvelles, tout en dépliant une couverture qu'il place sur elle et je pose mon bras sur le fauteuil ou je l'ai allongé tout en lui résumant ce qu'il a raté. En réalité, j'aimerais poser ma main sur son épaule, qu'elle sente ma présence mais Hae-Ra est là et je crains sa réaction si elle me voit avoir ce genre de geste pour Ha-Ni. J'aimerais qu'elle s'en aille, après tout Ji Yeon l'a dit, elles ne sont pas amies, pourquoi est-elle ici ? Ce n'est quand même pas pour s'assurer qu'il ne se passe rien entre Ha-Ni et moi, si ? Monsieur Jing nous demande s'il faut appeler une ambulance mais je ne pense pas que ce soit utile. Ha-Ni le prouve en ouvrant les yeux quelques secondes plus tard.
« - Vous allez bien, lui demande mon patron dès qu'elle a ouvert les yeux.
« - Je suis désolée, dit-elle après avoir regardé autour d'elle pour savoir où elle se trouve. Je vous ai causé des ennuis, ajoute-t-elle alors que je ne la quitte pas des yeux.
Sa voix ne tremble plus et je suis presque certain qu'elle a chaud à présent qu'elle a une couverture sur elle. Le patron du restaurant s'inquiète de sa santé et lui précise que je lui ai fait les premiers secours. Même si ce n'était vraiment pas difficile. Elle était inconsciente mais elle respirait donc…
« - C'est bon. Je vais mieux maintenant, dit-elle en souriant doucement.
« - Baek Seung-Jo-shi, c'est une personne que tu connais, me demande-t-il.
« - Oui, avoué-je en regardant mon patron inquiet pour la suite de cette conversation.
« - Vraiment ? Alors vous devriez tous les deux rentrer chez vous, décide-t-il. Tu devrais reconduire cette personne chez elle, m'ordonne-t-il alors que je regarde Ha-Ni incapable de savoir si j'en suis ou non ravi.
Seulement, elle décide pour moi que ce n'est pas utile et je n'aime pas l'idée qu'elle rentre seule. En plus il pleut toujours dehors… Et je veux rentrer avec elle. Mon patron insiste et je décide de lui obéir. Pour une fois ça m'arrange, je pourrais veiller sur elle un peu plus longtemps… Et j'irais demain chez Ji Yeon pour rattraper le cours d'aujourd'hui. Je me tourne vers ma collègue pour lui faire comprendre que je ne serais pas avec elle ce soir puis reporte mon regard sur Ha-Ni qui ne bouge pas vraiment.
« - Je comprends. On ne peut rien y faire, dit-elle avant de fixer Ha-Ni tendue. Tomber sur mademoiselle Problèmes tous les jours doit être pénible. Oh Ha-Ni ! Tu es vraiment forte. Peu importe, ajoute-t-elle malgré tout, prends soin de toi.
Je n'aime pas ces insinuations mais je lui en parlerais plus tard. De toute façon, elle quitte la pièce rapidement imité par notre patron et je soupire doucement avant de la regarder.
« - Je vais me changer, attends-moi ici, je te ramène à la maison.
Elle hoche la tête en baissant les yeux et je m'éloigne avec le paquet qu'elle tenait que je glisse dans mon sac à dos. Tout en me changeant, je ne peux m'empêcher de sourire. Je devais passer la soirée à parler mathématique et à la place, je vais passer du temps avec Ha-Ni. Avec un peu de chance je pourrais même dormir chez mes parents et pouvoir la voir demain matin au petit-déjeuner. Seulement je n'ai plus de chambre là-bas et je doute que papa et Oh Ki-Dong acceptent que je dorme avec Ha-Ni. Mon cœur s'accélère à l'idée de passer la nuit dans le même lit qu'elle et je secoue la tête pour chasser les idées qui me viennent à l'esprit. J'ai compris, elle me plaît et elle m'attire vraiment. Je ferme mon casier et la rejoins pour noter qu'elle est assise. Elle a repliée la couverture et elle tient son sac en regardant le sol. Je lui propose de partir et rapidement on est devant le restaurant. Je cherche un taxi des yeux, il fait trop froid pour qu'on rentre à pied et elle n'a même pas de manteau seulement je n'en vois aucun.
« - Seung-Jo, tu es mouillé. Rapproche-toi, dit-elle en m'attirant sous le parapluie.
Je la regarde et note qu'elle aussi a l'épaule mouillée aussi sans réfléchir, je l'attire à moi. Du moins, je prends le prétexte de la pluie pour la rapprocher de moi.
« - Ne va pas te plaindre d'être malade après avoir été mouillée, donc toi, viens plus près.
« - Seung-Jo, m'appelle-t-elle soudainement. Je vais marcher jusqu'à la gare, rentre à l'intérieur.
Elle est sérieuse ?
« - Il y a trente minutes de marche jusqu'à la gare, signalé-je en la regardant une seconde avant de regarder le ciel. Et avec cette forte pluie… Les trains pourraient s'arrêter, comme la dernière fois, dis-je inquiet qu'elle passe la nuit dans une gare froide… Mon appartement est à dix minutes d'ici. Tu veux venir, demandé-je en me sentant mal à l'aise.
Je n'ai jamais invité de fille chez moi et la première à qui je propose ça, est celle qui me plaît. Je suis fichu. Malgré moi je repense à ce que m'a dit Hae-Ra la première fois qu'elle est venue à la maison. J'ai entendu dire que les occidentaux pensent que quand une fille les suit innocemment chez eux, ça veut dire que la fille est d'accord pour passer la nuit chez eux. Au moins Ha-Ni est d'ici et ne pensera pas que je l'attire chez moi pour passer la nuit avec elle… Dans le même lit disons. Cependant j'ai beau me dire ça, je n'arrive plus à être à l'aise face à elle et je reprends la parole sans la regarder.
« - Chez moi, tu pourras appeler maman, et lui dire de venir en voiture.
Elle hoche la tête, je le vois du coin de l'œil et je note qu'elle ne cesse de frotter ses mains l'une contre l'autre pour se réchauffer. Sans réfléchir, je l'attire près de moi en comprenant qu'elle a encore froid. A l'abri sous mon parapluie, on rejoint mon appartement sans parler. J'ignore pourquoi elle se tait mais je sais que moi c'est uniquement parce que je me sens de plus en plus mal à l'aise à l'idée qu'elle voit où je vis. J'ai peur qu'elle trouve ça trop petit ou trop masculin. Durant quelques secondes, je me demande si c'est une bonne idée qu'elle ait mon adresse puis je décide que je m'en moque. Maman l'aura ce soir puisqu'elle va venir la chercher donc… Dans tous les cas, elle saura où je vis. Espérons juste qu'elle ne viendra pas me harceler en bas de chez moi.
Quand on arrive enfin chez moi, j'entre et la laisse découvrir à sa vitesse. Pour ma part, je retire mon manteau trempé et mon sac à dos que je range tout en l'écoutant commenter mon appartement. Je me retiens de réagir en l'entendant dire que c'est plus beau que ce qu'elle avait visiblement imaginé. Croit-elle que je n'ai aucun goût ? Je sais aménager une pièce. Ne se rappelle-t-elle pas à quoi ressemblait ma chambre ? Non, elle ne peut pas s'en souvenir, elle ne l'a vu que quand il y avait les meubles d'Eun Jo. Je prends le temps de ranger mes affaires et de remonter mes manches afin de la laisser découvrir où je vis. Quand je me tourne enfin, elle est assise près du comptoir qui sépare la cuisine du reste de mon appartement.
« - Hae-Ra… est venue ici aussi ?
« - Ici, je demande en sortant de quoi boire. Tu es la première à venir… Comment tu te sens, je l'interroge en remplissant une tasse d'eau.
« - Maintenant je vais bien, sourit-elle alors que j'arrive enfin à la regarder sans être mal à l'aise.
« - C'est ce que tu gagnes à boire tant de café le ventre vide, dis-je avant de me traiter d'idiot devant mes réflexes d'autodéfense. Ça aurait été exceptionnel que tu n'aies pas mal au ventre, j'ajoute plus doucement pour ne pas qu'elle pense que je lui fais la leçon.
Elle me répète qu'elle va bien, en parlant doucement et je tourne la tête pour l'observer réellement. Elle a encore les cheveux mouillés. Elle va attraper quelque chose si elle continue. J'attrape une serviette que j'avais mise sur le comptoir ce matin et lui lance doucement. Je prends ensuite mon portable et m'assois pour appeler maman afin qu'elle vienne la chercher. Seulement je suis déconcentré par Ha-Ni qui sent la serviette en souriant.
« - L'odeur de Baek Seung-Jo.
« - Quelle odeur ? Elle est toute neuve.
C'est nul de mentir Seung-Jo et tu le sais en plus. Ma conscience recommence à me travailler mais je ne veux pas qu'elle… Qu'elle quoi au juste ? Qu'elle me fasse savoir qu'elle aime l'odeur de ma lessive autant que j'aime l'odeur de son gel douche ? C'est stupide. Je secoue mentalement la tête et tandis qu'elle essuie ses cheveux, j'appelle la maison. Heureusement c'est maman qui répond en me demandant où je suis. Par un temps pareil ? A l'abri évidemment. Contrairement à d'autres, je ne me balade pas dehors quand il pleut. Je lui réponds avant de me retenir de sourire quand elle m'annonce que Oh Ha-Ni est en chemin pour venir me voir. Autant lui avouer que je suis au courant. Que je l'ai vu débarquer au restaurant où je travaille. Je veux lui expliquer qu'elle est malade seulement elle m'en empêche en me demandant si j'ai aimé les chocolats qu'elle a fait. Ok donc ce sont des chocolats qu'elle trimballe dans sa boite. Et elle les a faits pour moi. Je suis touché par l'initiative mais je ne suis pas certain de vouloir y goûter, Ha-Ni n'est pas douée en cuisine et je ne voudrais pas souffrir d'intoxication alimentaire. Je préfère couper court à la conversation, maman va insister pour que j'y goûte tout de suite, autant faire celui qui n'a pas entendu parler de chocolat maison. Je lui explique donc que sa protégée s'est évanouie après avoir bu un café avant de regarder Ha-Ni pour la première fois depuis le début de cette conversation. Elle a l'air d'aller bien à présent. Ce que je précise à maman avant d'admettre qu'elle est chez moi et qu'il faudrait qu'elle vienne la chercher afin que je puisse dîner, me laver et me coucher tranquillement… Seulement c'est peine perdue puisqu'après m'avoir sorti une excuse ridicule, elle raccroche en me demandant de prendre soin de Ha-Ni cette nuit… C'est une blague ? Je ne peux pas garder Ha-Ni chez moi, je n'ai qu'un lit. Et aucun canapé où dormir ! Je regarde mon téléphone perplexe. Elle m'a raccroché au nez ! En m'annonçant qu'elle ne peut pas venir parce qu'il pleut trop fort ? C'est quoi cette excuse débile ? J'en parle à Ha-Ni quand elle me demande ce qu'il se passe et même elle voit à quel point ça ne tient pas debout. Seulement je crains qu'elle m'annonce qu'elle va rentrer à pied. Excédé, par ma mère qui veut absolument contrôler ma vie, je m'enferme dans ma salle de bain en laissant Ha-Ni seule. Peut-être qu'elle se sentira trop mal à l'aise et qu'elle suppliera maman ou Ki-Dong de venir la chercher. Des images d'elle et moi dormant ensemble dans mon lit me viennent à l'esprit et j'apprécie ce que j'imagine. Seulement je ne peux pas. Je ne veux pas que quelque chose se produise entre nous cette nuit. Je ne ferais pas ce plaisir à maman. Telle que je la connais, elle va préparer notre mariage dès qu'elle saura qu'on s'est embrassé l'an dernier… Ou si elle découvre qu'il se passe quelque chose cette nuit… Impossible ! J'oublie l'idée de dormir au même endroit qu'elle et décide de jouer les pauvres types égoïstes. Quand je ressors de la salle de bain, je suis surpris de la voir assise sur mon lit et passe devant elle sans faire de remarque même si l'envie est grande. Je crois cependant que la voir sur mon lit me perturbe légèrement.
« - Hé, dis-je la faisant sursauter, tu vas prendre une douche ?
« - Une d… douche ? Ah… Oui alors… Je vais prendre une douche, bégaye-t-elle gênée.
« - Es-tu nerveuse, je lui demande amusé pour cacher que la situation me trouble autant qu'elle.
« - Nerveuse, répète-t-elle en plaquant la petite serviette contre elle comme pour se protéger. Impossible, déclare-t-elle en secouant vivement la tête. Pas du tout.
« - Mets ça. Il n'y a que mes habits ici. Si tu ne veux pas, alors laisse tomber.
« - Merci.
Je l'entends à peine et l'observe prendre les vêtements que je viens de jeter sur le lit. Elle disparaît dans la salle de bain et je soupire pour calmer ma tension qui est montée durant cette petite conversation. La nuit va être difficile. Comment maman veut-elle qu'on agisse normalement l'un avec l'autre ? Elle n'est pas sans savoir qu'on n'est jamais resté seuls toute une nuit. Dans un espace aussi petit. Ok une fois l'an dernier, elle s'est arrangée pour nous laisser seul durant une soirée. Eun-Jo m'a dit ce qu'ils avaient fait ce soir-là… Et oui j'en ai légèrement profité ce soir-là pour taquiner Ha-Ni et lui laisser croire que j'avais l'intention de profiter de sa présence inopinée dans ma chambre pour lui faire l'amour mais je la voyais à peine comme une amie à cette époque. Contrairement à maintenant où je vois la femme qu'elle est en train de devenir. Le bruit de l'eau de la douche me fait revenir au présent et je déglutis en songeant qu'elle n'est qu'à quelques pas. Dans ma baignoire. En train de se laver. Sans pouvoir m'en empêcher, j'essaie d'imaginer à quoi elle ressemble sous ses vêtements et je finis par secouer vivement la tête pour empêcher mon cerveau d'aller plus loin. Je décide de prendre un livre pour me changer les idées et j'ouvre le premier qui me tombe sous la main. De l'économie. Très bien, va pour ça. Je m'allonge au trois quart dans mon lit et commence ma lecture.
La porte finit par se rouvrir et je m'interdis de lever les yeux pour la regarder. Je n'ai pas réussi à lire une seule page depuis que l'eau a cessé de couler pourtant quand elle m'annonce qu'elle a apprécié ma douche, je me retiens de la regarder. J'ignore comment je vais réagir en la voyant dans mes vêtements. Si on était dans un de ces drama que maman adore, il est très probable que je la verrais enfin comme la femme qu'elle est en train de devenir et je changerais d'attitude avec elle pour la traiter comme je le devrais. Avec gentillesse, respect et amour. Seulement je sais que si j'agis comme ça avec Ha-Ni, elle n'essaiera plus de s'améliorer, elle se reposera sur ses acquis et je veux voir jusqu'à où elle est capable d'aller pour peu qu'on la motive. Je la vois qui reste immobile plusieurs minutes et je tourne la page pour donner l'illusion que je lis même si je ne comprends rien. Une première. Les mots s'enchaînent devant mes yeux sans que je ne les retienne à vrai dire. Je suis concentré sur le fait de ne pas la regarder et naturellement dès qu'elle bouge, tous mes sens sont aux aguets. Je la regarde marcher jusqu'à la chaise où elle était tout à l'heure et elle s'y assoit en silence. Comme si elle refusait de me déranger dans ma lecture. A vrai dire, je préférerais qu'elle parle, qu'elle brise la gêne qu'il y a entre nous ce soir mais je suppose que comme moi, elle ignore comment faire… Habituellement c'est toujours elle qui se charge d'alléger l'atmosphère mais elle ne dit rien et je finis par renoncer à l'idée de profiter de la soirée pour mieux la connaître. J'abandonne l'idée de lire, je ne retiens rien de toute façon et je la provoque comme je sais si bien le faire.
« - Je vais dormir.
« - Hein ?… Oui, il est déjà minuit. Bon ben, je vais dormir par terre. Alors, tu peux dormir dans le lit, dit-elle d'une petite voix gênée.
« - Bien sur.
« - Quoi ?
« - Il n'y a qu'une couverture, dis-je sans oser bouger ou ouvrir les yeux. Si tu as froid, va voir dans l'armoire. Prends un de mes manteaux et va dormir si tu en as envie.
« - Hé, s'exclame-t-elle alors que j'ouvre les yeux pour me concentrer sur sa voix. Dans ce genre de cas, tu devrais dire à la fille : "Hé ! Qu'est-ce que tu racontes ? Je dormirais par terre, tu peux prendre le lit." N'est-ce pas le bon sens ?
« - Je n'ai pas envie de te dire un truc comme ça.
En réalité douce Ha-Ni, je voudrais te proposer de dormir avec moi dans ce lit mais j'ignore comment te proposer cette idée sans que tu ne me regardes comme si j'étais un pervers.
« - Que dis-tu à une personne souffrante ? Tu n'es même pas humain, décrète-t-elle en murmurant mais je l'entends et me tourne pour la regarder. Humain fou et froid !
« - Quoi ?
« - J'ai dit que tu agis comme un robot.
« - Très bien, je soupire. Prends mon lit, je dormirais par terre.
Ce n'est pas ce que j'espérais mais au moins j'ai réussi à la faire dormir dans mon lit en lui donnant l'impression de céder uniquement pour qu'elle se taise et non parce que j'ai envie qu'elle y dorme. Je quitte ma couverture et la regarde s'allonger avant de fouiller dans mon armoire pour prendre un de mes longs manteaux. Pourquoi n'ai-je qu'une couverture ? J'en sélectionne un au hasard et m'allonge au sol à côté de mon lit. Un pull et un bras sous ma tête en guise d'oreiller, je ferme les yeux bien décidé à dormir. Seulement quelques minutes plus tard, elle m'appelle doucement. Je songe à ne pas réagir, elle va se décourager et on pourra dormir, seulement elle insiste et je finis par répondre. J'espère qu'elle va me demander si j'arrive à dormir seulement je manque de chance, elle veut simplement allumer une lumière. Elle n'aime pas dormir dans le noir. C'est bien ma chance. Moi qui adore dormir quand il n'y a pas un souffle de lumière, je tombe amoureux d'une fille qui a besoin de lumière… Je pourrais lutter et lui imposer de dormir dans le noir, je dors bien par terre pour elle, seulement je ne suis pas aussi froid qu'elle le pense et, pour le lui prouver je me lève et allume la lampe près du lit. Je n'ai pas le choix de toute façon, puisqu'elle se met à parler de fantômes. Elle croit aux fantômes ? Voilà une info que j'aurais aimé avoir quand je n'éprouvais rien pour elle. Ça aurait pu m'aider à l'éloigner de moi. Même si je ne regrette pas qu'elle se soit battue pour s'imposer dans mon cœur… Voilà que je pense comme un personnage de drama.
« - Hé !
« - Quoi encore, je grogne à cause de ce sommeil que je perds pour l'écouter parler.
« - Tu n'as pas froid ?
Évidemment que j'ai froid. Le sol est froid et je n'ai rien d'assez épais pour me protéger. Je lui avoue en utilisant d'autres mots qu'elle ne sente pas ma frustration mais elle se propose de dormir au sol. Hors de question ! Ce serait irrespectueux et elle a raison. C'est mon invitée elle doit dormir le plus confortablement possible. Tant pis si ce n'est pas mon cas. De toute façon, je suis trop fatigué pour prendre le temps de la conversation. J'ai une grosse journée demain et je ne voudrais pas m'endormir en cours. Comme elle insiste qu'il fait froid, je me relève d'un coup. Je me retiens de sourire en voyant qu'elle fait comme moi et je m'installe dans mon lit en soulignant que moi aussi je peux dormir dans mon lit. On est des adultes après tout. Partager un lit ne signifie pas forcément, qu'on va partager autre chose qu'un oreiller et une couverture ? Même si j'en ai envie ? Même si l'occasion de l'embrasser réellement est tentante ? Je m'attends à ce qu'elle me repousse et déclare que ça ne se fait pas de dormir ensemble mais elle se contente de vouloir quitter mon lit et je l'en empêche.
« - ça va ! Si je fais ça, c'est pour que tu te taises, dis-je en mentant à moitié. Dors !
Malgré mon injonction, je n'arrive pas à dormir. J'ai les yeux fermés, un bras sous la tête en espérant que le sommeil va revenir mais je suis gêné d'être allongé à ses côtés. On partage mon lit et je sais qu'elle ne m'est pas indifférente. C'est presque comme sortir réellement avec elle. Cette pensée en amène d'autres dans mon esprit. De ses lèvres douces sur les miennes, de son corps contre le mien. Je l'imagine très bien vouloir se blottir contre moi pour s'endormir et fermer les yeux en souriant parce qu'elle aime l'odeur que je dégage. Tout comme j'aime la sienne. Elle déglutit signe qu'elle est comme moi. Réveillée et mal à l'aise.
« - Tu es nerveuse ?
« - Pourquoi continues-tu de me demander cela, bégaye-t-elle. Nerveuse ? N'importe quoi ! Je ne le suis pas.
« - Alors qu'est-ce que tu déglutis si bruyamment, je lui demande les yeux clos.
« - Hein ?
« - Tu passes la nuit avec moi. Tu ne sais pas si quelque chose peut arrive, j'explique en fixant le plafond avant de la regarder quelques secondes. Comme un baiser ? Ou alors, je reprends en fixant le plafond pour ne pas craquer, quelque chose de plus qu'un baiser ?
Je me redresse soudainement pour la regarder et elle m'imite. Elle me rend mon regard comme prête à me repousser si jamais je tente quoi que que ce soit et cette réaction me convainc que ce n'est pas le moment de lui avouer qu'elle me plaît. De toute façon, maman en serait bien trop ravie. Je me retiens de soupirer et je me recouche dos à elle. Même si je la regarde dans la vitre. Elle semble me fixer et je décide de la rassurer.
« - Tu pourrais espérer ça… Désolé, mais je ne vais rien faire. Dors bien, dis-je avec l'impression de ne pas être très clair.
« - Bonne nuit, souffle-t-elle en se recouchant.
Je n'arrive pas à retrouver le sommeil, je suis fatigué, je le sens pourtant un certain malaise persiste entre nous et je soupire en songeant que j'ai besoin d'être clair avec elle. Même si elle ne risque pas de découvrir ce que je ressens pour elle. Je décide de choisir mes mots avec soin pour garder mes sentiments secrets un peu plus longtemps.
« - Tu t'en veux ?
« - Je m'en veux ? Non, dit-elle déçue m'indiquant qu'elle n'a pas compris ce que j'ai voulu dire.
« - Je, dis-je en cherchant comment m'expliquer, je ne veux pas devenir ce que ma mère pense de moi. Si on dit qu'il s'est passé quelque chose entre nous cette nuit, nous serons pris au piège. Alors nous serons contrôlés par ma mère toute notre vie. C'est tout. Alors… N'espère rien et endors-toi.
Je ferme les yeux, déçu malgré tout. Cette soirée aurait été parfaite pour lui dire ce que je lui cache mais je ne peux rien faire. Maman a préparé un piège et je refuse d'être sa marionnette. J'espère que tu comprends Ha-Ni. Ce n'est pas que tu ne me plais pas, simplement je ne veux pas qu'il se passe quoi que ce soit, ce soir. Je veux pouvoir décider du moment où je te dirais ce que je ressens pour toi. Je veux que ce soit moi qui choisisse quand je t'embrasserais vraiment, quand je te donnerais mon cœur. Même si j'ai envie de t'embrasser de te laisser m'approcher ce soir. Même si le moment est bien choisi. Je ne ferais pas ce plaisir à maman. Alors tant pis, je perds l'occasion de transformer cette soirée gênante en un beau souvenir.
…
Je passe une nuit atroce. Entre les moments où Ha-Ni prend toute la couverture, ceux où elle me grimpe presque dessus et ceux où elle se met à parler en dormant… J'aurais mieux fait de rester par terre finalement. J'aurais dormi davantage. Je finis par abandonner cette nuit en pointillées et je quitte mon lit alors qu'il n'est que cinq heures trente. Au moins j'ai le temps de préparer le petit-déjeuner. Je me tourne quand je l'entends prononcer mon nom et m'approche. Non, elle dort toujours profondément. Je l'envie quelques secondes avant de préférer la regarder dormir. Je profite de son sommeil, pour frôler sa joue et dégager une mèche de son visage. Mon pouce passe sur ses lèvres fines et je me penche pour la regarder. Dommage elle ne sent pas le champ de fleurs, mais mon gel douche. Je ne sais pas pourquoi mais j'aime l'idée qu'elle porte mon odeur aujourd'hui. Je bâille longuement et grimace en songeant à la journée que je me prépare. Je vais être HS toute la journée mais tant pis. Ça en valait la peine… Je suppose. Je quitte le lit et retourne dans ma cuisine pour préparer du thé, c'est ce qu'elle boit le matin, avec des toasts, un œuf sur le plat, des tomates et du café pour moi. Au moins je prends soin de mon invitée malgré le peu de sommeil que j'ai eu. Je vais être d'humeur massacrante toute la journée.
« - Il est temps de se lever, dis-je en la voyant remuer par-dessus mon journal.
« - As-tu bien dormi, demande-t-elle en replaçant quelques mèches de cheveux. Bonjour.
« - C'était une catastrophe de dormir avec toi la nuit dernière, avoué-je grognon.
« - Pourquoi ?
Je me retiens de sourire en la voyant qui serre ma couverture contre sa poitrine comme pour se cacher et lui avoue qu'elle a des habitudes de sommeil horribles. Elle bouge trop, elle parle et elle est collante.
« - De quoi parles-tu ? Alors que je dors comme une princesse !
Une princesse ? Je me demande bien laquelle. Elle m'a empêché de dormir presque toute la nuit. Pour changer de conversation, je lui propose d'aller prendre le petit-déjeuner quand les toasts sont chauds. On mange en silence et une demi-heure plus tard, on est prêt à aller à l'université. Je me retiens de sourire en me rappelant qu'elle voulait choisir comment j'allais m'habiller. Ok c'est amusant et si j'avais dormi, j'aurais sans doute accepté de porter la chemise à carreaux qu'elle a choisi mais j'ai préféré réagir en idiot et repousser sa suggestion pour porter quelque chose d'autre… Et je n'apprécie pas qu'elle réagisse comme si on vivait ensemble. Ce n'est pas le cas. Et ça n'arrivera que si on se marie ensemble or pour le moment je n'en suis pas là avec elle. Au mieux je veux bien sortir avec elle. La laisser s'accrocher à mon bras, l'embrasser de temps à autre quand il n'y a que nous, me laisser faire quand elle se blottit dans mes bras ou qu'elle choisit mes vêtements mais je suis loin d'être prêt pour le mariage. De toute façon, j'y penserais une fois que j'aurais accompli mon service militaire. Je refuse de me marier avant. L'idée de ne pas pouvoir voir ma femme comme je le souhaite durant deux ans… Je sourcille en voyant un attroupement devant la faculté et je m'approche. J'écarquille les yeux lorsque je suis assez proche pour lire ce qu'il est écrit sur l'affiche… Qui… Qu'est-ce que… Je jette un regard à Ha-Ni mais elle semble aussi surprise que moi alors que mon cœur s'accélère mais pour une fois ce n'est pas dut à sa présence. En fait c'est la colère. Qui a osé parler de ma vie et l'étaler sur une affiche à l'université ? Mes yeux ne quittent pas les mots devant moi. « Oh Ha-Ni et Baek Seung-Jo ont passé la nuit ensemble. » Qui est au courant ? Qui serait assez idiot pour l'étaler ainsi ? Ne serait-ce que par respect pour la fille dont il est question !
« - Hey, s'exclame un étudiant à côté de Oh Ha-Ni. Baek Seung-Jo ! Depuis quand tu… ? Chanceux va !
Je le fixe en me demandant s'il me croit assez stupide pour parler de ce qu'il se passe chez moi ? Quand bien même il se serait passé quelque chose naturellement ! Je me retiens de lui dire ce que je pense et je tends l'oreille en reconnaissant la voix de ma mère. Bien à présent je sais qui a placardé cette affiche sur le campus. Elle ose demander des détails ? Croit-elle qu'elle a éduqué un fils aussi vulgaire ? Veut-elle réellement entendre parler de ce qu'il aurait pu se passer entre Ha-Ni et moi cette nuit ? Avec des détails ? Je n'oserais jamais parler de ça. Ni dans la rue, ni à ma mère. Encore moins si Ha-Ni peut entendre ce que je pourrais dire. Je décide de réagir de la seule manière que je le peux. Je m'éloigne de celle qui fait battre mon cœur pour rejoindre ma mère que j'attrape par le bras afin de l'éloigner de cet attroupement ridicule.
« - Maman !
« - Pourquoi m'appelles-tu maman ? C'est embarrass...
« - Maman !
« - Comment as-tu deviné si vite, demande-t-elle déçue que je l'ai reconnu alors que notre public nous rejoint.
« - La manière dont tu te déguises n'est pas très élaborée. S'il te plaît, arrange ton allure ! Et à quoi est-ce que tu penses en venant à l'université en propageant des rumeurs, j'ajoute gêné avant de regarder Ha-Ni une dernière fois.
Je m'éloigne, énervé et décide, pour faire taire les rumeurs de ne plus approcher Ha-Ni durant au moins une semaine. Ma mère est vraiment énervante. La nuit qu'elle a passée chez moi aurait pu être un premier pas pour que je me rapproche d'elle et au lieu de ça, je suis contraint de m'éloigner pour faire taire les rumeurs. Je rejoins ma salle de classe et m'installe à ma place habituelle. Je n'ai rien fait dont je puisse avoir honte et si je veux qu'on parle rapidement d'autre chose, je n'ai plus qu'à agir normalement. En tout cas ça fonctionnait très bien au lycée donc autant tester. Hae-Ra me rejoint en s'étonnant que je sois arrivé si tôt. Il est vrai que souvent, on se rejoint devant le café mais ce matin je n'avais pas vraiment envie de voir ou de parler à qui que ce soit.
« - L'école est un peu trop bavarde aujourd'hui, dit-elle en sortant son livre.
Je n'entends rien mais évidemment je suis au centre des rumeurs et je sens que nos camarades nous regardent. Je devrais être content d'avoir un allié dans cette bataille mais en réalité je songe à sa réaction quand c'était Ha-Ni et Kyung-Soo qui étaient le centre des bavardages. Elle semblait ravie alors que là… Est-ce parce que cette fois-ci c'est de moi dont il est question ? C'est possible. Je crois qu'elle n'a pas encore faire une croix sur ce qu'elle ressent pour moi.
« - Tu sais, rien ne s'est passé, dis-je pour éviter qu'elle souffre inutilement.
Certes je ne suis pas amoureux d'elle et elle me ressemble trop pour que notre relation évolue mais il est inutile qu'elle se torture en se demandant pourquoi j'ai passé la nuit avec Ha-Ni alors qu'il n'y a rien eu. Elle n'a pas vraiment besoin de savoir qu'on a partagé le même lit n'est-ce pas ? Ce n'est pas précisé sur cette fichue affiche et comme je ne confirme rien, elle ne peut pas savoir si j'ai dormi par terre ou sur un canapé hypothétique.
« - C'est vrai, reprend-elle me faisant revenir au présent avant de sourire. C'est vraiment impossible. Seung-Jo ? Veux-tu qu'on dîne ensemble après les cours ?
Pourquoi ça serait impossible ? Voilà ce que je pense tout en réfléchissant à sa proposition. Dîner ensemble ferait taire les rumeurs mais d'un autre côté, si on dîne ensemble Ha-Ni le saura et en souffrira. Je lui propose qu'on étudie ensemble à la cafétéria. Ça ne lui paît pas mais elle accepte en souriant alors que je songe qu'à présent, personne ne pourra dire que je drague deux filles. Manger au milieu des livres n'est pas ce qu'on peut appeler un rendez-vous amoureux.
…
Heureusement avec les examens de mi-session qui arrivent, bientôt plus personne ne parle de nous. Ce qui signifie qu'une fois les examens passés, je pourrais de nouveau discuter avec Ha-Ni sans qu'on nous montre du doigt. Je soupire en songeant qu'il reste quinze jours avant que je puisse la revoir. Je préfère éviter de la déranger. Avec un peu de chance, elle révise pour me prouver qu'elle est capable seule d'avoir un C+… Comment peut-on être fier d'une aussi mauvaise note, je me le demande mais vu son niveau… Je suppose que ça serait un exploit pour elle. Afin d'être serein, je révise également mais je n'y passe pas tout mon temps comme certains. En réalité je relis simplement mes notes une heure par jour. Je suis bien trop occupé avec mes deux autres emplois pour m'y consacrer plus longtemps. Et puis, j'ai une bonne mémoire donc… Je regrette cependant de ne pas pouvoir aider Ha-Ni à réviser. Je sais ce que j'ai dit, je veux voir ce qu'elle est capable de faire seule mais j'avoue que j'ai envie de l'aider à s'améliorer. Pourquoi, je ne sais pas mais je suppose que j'aimerais qu'on cesse de la voir comme une incapable. Sauf que je ne serais pas toujours là pour l'aider. L'an prochain je change d'université, je ne serai plus là pour l'aider à se défendre, ou à se sortir d'ennuis… Je grince des dents en songent à Bong Joon-Gu. Il sera là l'an prochain et celui d'après… Curieux, j'allume mon ordinateur portable et me renseigne sur les niveaux. Parang n'est pas si mal classée… Peut-être pourrais-je rester ici ? Certes il faudrait que je trouve une autre bonne raison que la présence de Ha-Ni. Sinon maman va préparer notre mariage dès que je vais laisser entendre que c'est pour elle que je reste… J'ai des amis ici après tout… Et mon appartement est près de l'université ainsi que mon travail… Voilà des raisons suffisantes, non ? En fait non, j'ai trouvé ce travail au restaurant en une semaine et encore… J'arrête de travailler et je vais prendre ma douche avant d'aller me coucher. Les examens commencent demain et j'ai hâte d'en être débarrasser pour reprendre ma routine habituelle… Même si je décide de changer de travail. Ha-Ni vient trop souvent et depuis son évanouissement je sens que mon patron me surveille… Seulement il me faut un travail ou je n'aurais aucun camarade de fac en guise de collègues.
Quand je sors de la douche, je vois le paquet que Ha-Ni avait apporté au restaurant et curieux je l'ouvre pour noter qu'il y a un de ces petits mots ridicules et surtout des chocolats. Je me souviens que maman m'avait dit que c'était sa protégée qui les avait faits mais j'ai un doute. Je suis certain que c'est maman qui les a faits avant de suggérer à Ha-Ni de dire que c'était son œuvre. J'en goûte un curieux et le recrache aussitôt. Il est dégoûtant… Pas de doute possible. Même si maman ne me l'avait pas dit, je saurais que c'est l'œuvre de Ha-Ni. A ma connaissance, elle est la seule fille qui soit capable de rater des chocolats… Cette idée me fait sourire et je jette les chocolats à la poubelle avant de décider de garder la boite. J'y range le petit mot et décide de me coucher afin d'être en forme pour la session qui commence demain.
…
Pour ceux qui ignore tout de la culture coréenne, il est d'usage d'utiliser des suffixes accolés au prénoms en fonction de la relation que vous avez avec votre interlocuteurs. On ajoute le « shi » pour parler avec une personne qu'on ne connaît pas vraiment. Un collègue, un supérieur, le père ou la mère d'un ami… Pour une personne d'âge similaire on utilisera plus facilement le suffixe « a » qui est plus familier.
Dites-moi en commentaire si vous souhaitez que j'apporte quelques explications à la culture coréenne (avec les suffixes, les surnoms, etc.)
Miss tagada (L)
