Nouvelle Fanfiction, Hermione toujours héroïne de l'histoire. Très sombre cette fois-ci, mais toujours dans mon style.
N'hésitez pas à me faire des petits commentaires sur ce que vous en pensez, et si vous me découvrez avec cette fic et que ça vous plait, allez jeter un oeil à mes anciennes qui sont terminées.
Bonne lecture à .s
Chapitre 1 : Harry Potter est mort.
Le plafond de la minuscule cellule était recouvert d'une fine couche de mousse verdâtre, dont s'échappait une odeur nauséabonde. Le peu de lumière qui filtrait à travers les planches recouvrant les fenêtres laissait entrevoir le corp frêle allongé sur un petit banc en bois moisi. Il était recouvert d'une mince couverture décrépite et mangé aux mites. On pouvait voir la couverture se soulever sous par la respiration rapide de la femme allongée, un léger nuage blanc s'échappant de ses lèvres entrouvertes à chaque expiration. Elle se retourna sur le côté et gémis de douleur.
- Aïe…
Elle ouvrit les yeux et observa le plafond humide. Des gouttes d'humidité menaçaient de lui tomber dessus, et de mouiller d'avantage la maigre protection qui l'empêchait de geler sur place. Un bruit sourd se fit entendre derrière le mur et la jeune femme se redressa d'un bond. Elle tendit l'oreille et afficha un air effrayé. Elle se recula au fur et à mesure que le bruit se faisait plus fort, pour finir bientôt plaquée contre le mur opposé. Elle baissa les yeux vers le sol, en sachant parfaitement ce que ce bruit signifiait.
Car cela faisait déjà plusieurs semaines qu'elle était enfermée dans cette minuscule pièce avec pour seule notion du temps les allées et venues de ses geôliers. Ils venaient pour plusieurs raisons, mais toujours à des heures régulières. La première était la torture. Tous les soirs, ils arrivaient à deux, cagoulés et vêtus de noir, et lui faisaient subit le sortilège Doloris pendant quelques minutes, qui pouvaient selon le jour lui paraître des heures. Puis ils repartaient sans un mot, sans une explication, sans une question. Ni l'un ni l'autre ne lui avait jamais fait le plaisir de lui faire entendre le son de leurs voix. Mais elle savait que c'était toujours les deux mêmes hommes. Elle reconnaissait leur pas lourd. La seconde raison était les repas. Elle avait droit environ une fois tous les deux jours à une genre de soupe qui lui permettait de survivre.
Ses capacités cognitives autrefois si aiguisées et vives avaient nettement diminué depuis qu'on lui imposait ce régime drastique. Elle avait bien tenté plusieurs fois de se remémorer ses anciens livres si précieux, et de se les réciter dans sa tête, mais l'épuisement et la faim ne lui autorisaient aucun répit. Elle s'écroulait alors sur son banc et s'évanouissait. Elle avait arrêté de pratiquer cet exercice après avoir constaté que les tortures qui s'en suivaient étaient d'autant plus violentes et pernicieuses.
Son dos la faisait souffrir, mais la peur de ce qui se trouvait derrière le mur était plus forte. Son instinct lui dictait de se reculer, quitte à souffrir d'autant plus, s'il y avait un mince espoir qu'elle puisse enfin de fondre dans le mur et échapper à ses tortionnaires. Le mur en face d'elle se transforma alors en une grille en fer épais et rouillé. Elle regardait toujours le sol, mais savait qui se trouvait derrière à la regarder. Elle entendit le cliqueti du verrou et la porte grincer sur ses gonds usés. Mais il se passa alors quelque chose qu'elle n'avait pas prévu, ni imaginé.
- Granger ! lança une voix rauque dans l'encadrement de la porte. Dehors.
Elle redressa la tête et vit l'un de ses tortionnaires encagoulés la regarder avec des yeux méprisants. Il attendait, de l'autre côté de l'entrée du cachot, la baguette tendue vers elle. Face à l'air hébété d'Hermione, l'homme haussa le ton :
- Dehors !
Il leva sa baguette et Hermione se recroquevilla sur elle-même. Il entra alors dans la cellule et la saisit par le bras, en la serrant si fort qu'il lui coupa la circulation du sang. Elle se laissa trainer en dehors de la seule pièce qu'elle avait pu voir depuis des semaines, et leva le nez pour observer ce nouveau décor qui s'offrait à elle. Les murs qui bordait le long couloir avaient le même aspect que le plafond de sa cellule. Ils étaient recouverts de traces d'humidité à l'aspect moisi, et parsemés de mousse verdâtre. Ils longèrent ce qu'elle devina comme des portes d'autres cellules. Elle entendait des hurlements lointains à travers les pierres, et n'osa pas imaginer qui pouvait se trouver derrière. L'homme l'entraina alors vers une porte en bois close, et agita sa baguette. Le panneau moisi pivota sur lui-même et découvrir une grande pièce baignée de soleil.
- Changement d'adresse ! lança l'homme encagoulé en la jetant au sol.
Hermione sentit le sol froid et humide lui cingler les genoux en tombant. Elle bascula en avant et voulut se retenir avec les mains mais ses poignets trop faibles se dérobèrent et elle s'étala de tout son long. L'homme s'esclaffa d'un rire rauque et elle entendit la porte se refermer derrière elle. Elle sentit alors une main la saisir sous l'aisselle et la tirer pour la redresser. Trop faible pour se défendre, elle se laissa faire et remonta les yeux vers son nouveau bourreau. Qu'allait-on lui faire subir cette fois ci ? Quelle torture les minions de Voldemort avaient-ils pu inventer pour la faire dépérir un peu plus ? Elle ne put se poser plus de questions, et sur la vision d'un visage inquiet qui se floutait petit à petit, elle s'évanoui.
Elle sentit quelque chose de chaud lui caresser le front. Avant d'ouvrir les yeux, elle essaya de ressentir ce qu'il se passait autour d'elle et se rendit compte qu'elle n'avait pas mal au dos. Il lui semblait être allongée sur un support confortable. Elle bougea discrètement les doigts et sentit un tissu épais la recouvrir. Elle entrouvrit alors les yeux et reconnu le visage de l'homme qui l'avait aidé à se relever.
- Elle se réveille.
Elle ouvrit un peu plus les yeux qu'elle referma aussitôt. La pièce baignait dans une lumière vive et chaude, qui semblait provenir d'une cheminée à côté d'elle. Par réflexe, elle se protégea les yeux avec son avant-bras, et réouvrit les yeux pour observer celui qui la regardait au-dessus d'elle.
- Comment vous sentez vous ? demanda l'homme.
Il avait une voix douce et claire. Il parlait doucement, comme pour ne pas la brusquer, et attendit patiemment qu'elle lui réponde. Elle aperçut derrière lui une femme à l'air sombre, qui après quelques instants apparus à Hermione comme étant une adolescente ne devant pas avoir plus de 16 ans. Tous deux se ressemblaient beaucoup. Ils avaient le visage rond, les cheveux bruns courts et en bataille, les joues creuses et le teint pâle.
- Qui êtes-vous ? demande Hermione d'une voix qu'elle tenta de faire passer pour assurer.
- Je m'appelle Charles, répondit l'homme. Et voici ma cousine Sidney.
Il montra la jeune fille d'un geste de la main, et celle-ci s'avança d'un pas méfiant.
- Bonjour, dit-elle d'une voix faible.
- Où suis-je ? demanda Hermione en observant la pièce autour d'elle.
Sa nouvelle cellule était bien plus grande que la précédente. Un feu puissant ronronnait dans la cheminée et projetait une vive lumière orangée sur les murs qui semblaient danser au rythme des flammes. Trois lits superposés meublaient les coins du cachot et une table en ornait le centre. Une bassine d'eau était posée dessus, ainsi que ce qui ressemblait à un tas de serviettes.
- Dans un cachot haut de gamme d'Azkaban, répondit Charles en regardant autour de lui. C'est ici qu'ils nous requinquent avant de nous envoyer on ne sait où.
- Comment ça "nous envoyer" ? répéta Hermione.
- Calmez-vous, ajouta Charles en posant délicatement sa main sur l'épaule d'Hermione. Je vais tout vous expliquer. Mais d'abord, peut-être pourriez-vous nous dire votre nom ?
Hermione le regarda d'un air méfiant puis jugea qu'elle était trop épuisée pour commencer à se poser des questions.
- Hermione Granger, née-moldue.
Charles et Sydney échangèrent un regard étonné, puis reportèrent leur attention sur elle.
- Enchanté, ajouta Charles en lui tendant une main pâle et osseuse.
Hermione posa son regard sur cette main tendue, et la saisit pour lui serrer.
- Donc ? demanda-t-elle avec impatience.
- Vous ne voulez pas manger un bout d'abord ?
- Vous avez à manger ? s'empressa de demander Hermione, dont la faim venait de refaire surface.
- Il nous reste quelques morceaux de pain, répondit Sidney d'une voix un peu plus assurée.
Elle traversa la pièce et attrapa un panier accroché à un crochet qui pendait du plafond, puis revint à leur hauteur.
- On le met là, sinon il est mangé par les rats.
Elle tendit un quignon à Hermione qui mordit dedans à pleine dents. La douceur de la mie dans sa bouche lui fit l'effet d'un bain chaud. Toute sa douleur disparu l'espace d'un instant, et elle savoura de pouvoir enfin ingurgiter quelque chose de solide.
- Quand on a mangé que de la soupe pendant des semaines… commença-t-elle.
- On sait, répondit Sidney, nous aussi on était dans les autres cellules avant.
Hermione l'observa en mangeant les dernières miettes qui étaient tombées sur son matelas et tenta de se redresser, mais Charles posa à nouveau sa main sur son épaule.
- Restez couchée pour l'instant, profitez de pouvoir vous reposer.
- Où sommes-nous ? demanda à nouveau Hermione qui se sentait capable de réfléchir pour la première fois depuis une éternité.
- A Azkaban, répéta Charles. Dans un cachot de transit. Ils nous amènent ici et nous redonnent des forces avant de nous faire sortir. On ne sait pas où ils nous emmènent, mais en tout cas on sait qu'on ne revient jamais ici. On reste ici environ deux semaines, puis ils viennent nous chercher et on disparait.
- Comment savez-vous tout ça ?
- On a été à votre place il y a une semaine. On était tous les deux dans un cachot à se faire torturer tous les jours, et puis on nous a emmenés ici. Il y avait deux autres personnes qui sont partis deux jours plus tard. Ils ont eu le temps de nous raconter ce que je viens de vous expliquer.
Hermione ne répondit rien. Les informations qu'elle venait d'entendre tournaient en boucle dans sa tête sans qu'aucune conclusion de puisse en ressortir.
- ça fait une semaine que vous êtes ici ? demanda-t-elle après quelques minutes de silence.
- 6 jours pour être précis, répondit Charles. Et avant on est restés enfermés un peu plus de deux mois je dirais. On comprend qu'on a eu de la chance d'avoir été enfermés à deux, car ceux qui étaient là avant nous étaient seuls dans leurs cellules.
- Moi aussi, répondit-elle d'une voix sourde.
- Comment êtes-vous arrivée à Azkaban ? demanda Sidney d'une petite voix.
- Je faisais partie des combattants de la bataille de Poudlard, répondit Hermione. Et après la mort de Harry…
Elle fit une pause. Elle n'avait pas repensé à Harry depuis plusieurs semaines. Depuis que la faim et l'épuisement lui avaient empêcher de penser à quoi que soit d'autre.
- Après la mort de Harry, nous nous sommes vites faits dépasser par le nombre de Mangemorts présents, et nous avons dû nous rendre à l'évidence que nous avions perdue. Certains se sont rangés du côté de vous-savez-qui, et les autres ont soit été tués, soit été emmenés ici. Je n'ai aucune nouvelle de mes amis.
Dans la cohue qui avait suivi la mort de Harry, Hermione avait voulu continuer la lutte avec ce qu'il restait de l'armée de Dumbledore et de l'Ordre. Mais elle avait été séparée de Ron et s'était retrouvée face à Draco Malefoy qui l'avait stupéfiée. Elle s'était réveillée dans sa cellule, sans savoir combien de temps s'était écoulé depuis la fin de la bataille, et sans aucune possibilité de savoir ce qu'il était arrivé aux autres, et à Ron.
- et vous ? ajouta-t-elle pour briser le silence qui s'était installé entre eux.
- Nous sommes des nés-moldus, et nous avons été arrêtés à la frontière de l'Irlande. Nous voulions trouver une embarcation pour partir en France, mais des râfleurs patrouillaient sur la côte et nous ont découverts. On a été amenés ici.
- La fin de la guerre aurait eu lieu il y a deux mois donc ?
- Environ oui, répondit Charles.
Hermione se redressa malgré les conseils de son nouveau colocataire. Elle essaya de se lever, mais ses genoux se dérobèrent sous elle.
- Ils mettent quelque chose dans la nourriture, commenta Charles en voyant sa volonté de se lever. Demain vous pourrez vous lever.
- Comment ça « quelque chose » ?
- Une sorte de potion je suppose. Mais après avoir mangé, on retrouve très rapidement des forces.
-Et c'est sans risque ? s'inquiéta Hermione.
- Il semblerait. On mange depuis une semaine, et on n'a rien ressentit de particulier.
Des bruits de pas se firent entendre dans le couloir et la serrure de la porte grinça. Hermione se recroquevilla sur son matelas et à sa grande surprise, constatât que Charles et Sidney n'avaient pas bougé d'un pouce. Ils observaient la porte d'un air neutre, pas inquiets pour un sou, au contraire. Sidney se dirigea vers le panier qu'elle avait rependu au plafond, s'en saisit et s'approcha de la porte.
- Ne t'inquiète pas, chuchota Charles à Hermione en la tutoyant pour la première fois. Ils viennent nous apporter à manger.
A suivre...
