13 juin… Poste obligatoire ! Je suis exacte au rendez vous
.
Mumuse a mis les nerfs de ses lectrices à l'épreuve, espérons qu'elle va s'améliorer ?
Merci à celles qui me lisent et laissent un petit commentaire
.
Bonne lecture !
.
.
Le bruit d'un chariot dans le couloir tira Finch de son sommeil. Il chercha un instant ses repères mais la réalité le rattrapa très vite. Il bougea doucement. Il se sentait raide et ankylosé mais la migraine avait quasiment disparue. Il se redressa et se leva pour aller reprendre place dans le fauteuil. Rien n'avait changé. John n'avait pas bougé et ne semblait pas souffrir
Deux aides soignantes passèrent distribuer le repas. Beth arriva en même temps et lui remit un petit gobelet avec son traitement
-« Avez-vous besoin d'autre chose M Wren ? »
-« Non merci Beth » Le comprimé du docteur lui avait fait du bien, il se sentait plus calme et l'esprit un peu plus clair
-« Alors bon appétit M Wren. Je vous précise tout de suite que j'ai reçu des ordres de Mégan pour surveiller votre alimentation »
-« C'est un complot ? » murmura Finch sans pouvoir retenir un mince sourire
-« En quelque sorte » L'informaticien hocha la tête et rapprocha le plateau. Il n'était pas spécialement appétissant mais il réalisa qu'il avait faim n'ayant rien avalé depuis le petit déjeuner du matin. Il se rapprocha de la vitre pour se donner l'illusion de le partager avec son compagnon
Beth revint comme il terminait le repas
-« C'est bien M Wren » le félicita t-elle « Mégan dit que vous pouvez retourner auprès de John mais pas plus d'un quart d'heure »
-« Merci » répondit l'informaticien en se levant immédiatement pour se rendre dans la chambre voisine. Comme il l'avait fait un peu plus tôt il prit la main de son compagnon dans l'une des siennes et lui caressa doucement les cheveux de l'autre y mettant toute sa tendresse, cherchant à l'atteindre au fond de sa nuit pour lui rappeler qu'il était là pour lui et qu'il l'aimait et surtout qu'il n'était pas seul. Il s'efforçait de lui parler aussi mais c'était plus compliqué, l'absence de réponse le bloquait. John répliquait toujours, souvent d'une taquinerie. Alors c'était comme si ce silence forcé le rendait encore plus absent et Finch ne supportait pas qu'il s'éloigne encore plus. Alors il préférait les gestes plutôt que les mots mais c'était aussi un langage qu'ils utilisaient souvent entre eux. ..
Mégan entra sans faire de bruit et les observa un instant. Elle sentait un lien presque palpable entre ces deux êtres, que rien ne semblait pouvoir briser, même pas ce silence pesant dans la chambre. Cela ne pourrait qu'aider son patient à guérir. Elle avança et Finch tourna la tête vers elle
-« C'est l'heure ? » demanda t-il, tendu. Elle fit un geste apaisant de la main
-« Vous pouvez rester encore un peu » Elle se pencha pour rectifier l'appareillage nasal de John
-« Est-ce de l'oxygène ? » interrogea l'informaticien
-« Non. C'est une sonde pour évacuer les secrétions de l'estomac et éviter les vomissements. Nous la retirerons demain matin »
-« Si vite ? »
-« Oui. Il n'est pas nécessaire de la laisser plus longtemps » La médecin tira légèrement sur le drap dévoilant les drains sur le ventre « Il les gardera quelques jours. Il s'agit d'éviter toute accumulation dans l'abdomen »
-« D'accord » murmura Finch qui avait un peu pali
-« Seul celui là restera plus longtemps » précisa la jeune femme en désignant un drain plus fin « Il nous permettra de vérifier que le foie produit à nouveau correctement. Dans quelques jours nous le boucherons et nous appliquerons un pansement protecteur. Il sera retiré dans un mois ou deux. Connaissant John ce sera surement un mois » ajouta t-elle d'un ton taquin, pour alléger l'atmosphère
-« Oui certainement » approuva Finch jouant le jeu
-« Il aura un traitement. Peut être quelques restrictions alimentaires. Je compte sur vous pour jouer les infirmiers modèles » ajouta Mégan avec un clin d'œil
-« Bien sur docteur » murmura l'informaticien que ces paroles d'avenir réconfortaient
-« Maintenant nous allons le laisser se reposer » ajouta la médecin
-« D'accord » Finch hésita puis posa un baiser sur le front de son compagnon et retourna dans le bureau suivi par Mégan
-« Vous avez pris votre traitement Harold ? »
-« Beth a bien fait son travail » La jeune femme sourit
-« Besoin d'autre chose ? »
-« Non docteur » répondit Finch avec un regard vers la vitre
-« Pour lui il faudra attendre un peu mais cela viendra » affirma la médecin qui avait suivi son regard
Finch sourit en rougissant un peu
-« Je sais » murmura t-il « Je vous dois des remerciements et… »
-« Est-ce bien nécessaire Harold ? » l'interrompit Mégan « D'abord car je n'ai fait que mon travail et, avant tout, parce que je ne fais qu'aider mes amis. Les deux sont parfaitement naturels ! »
-« Merci » Murmura Finch « Merci de le faire si bien »
-« Vous savez où je serais aujourd'hui sans John ? Sans vous ? Alors on peut dire que nous sommes au delà des remerciements Harold »
-« J'ai compris » murmura l'informaticien
-« Bien. Appelez-moi en cas de besoin » ajouta la jeune femme en posant un instant la main sur son épaule. Elle quitta la pièce pour reprendre son travail et Finch prit place dans son fauteuil pour recommencer à veiller sur son partenaire. Il finit par se lever pour aller chercher une boisson. De retour dans le bureau il songea qu'il ferait aussi bien de s'allonger de nouveau. Il avait besoin de se ménager s'il voulait pouvoir veiller pleinement sur son partenaire. Il fouilla le sac apporté par Fusco et trouva des vêtements de nuit. L'inspecteur avait même pensé à la trousse de toilette mais il avait oublié la brosse à dent. Il hésita un instant puis se décida à descendre. La boutique de l'hôpital ne devait pas encore être fermée. Il se promit de faire vite pour ne pas laisser John seul trop longtemps.
Il se pressa dans les couloirs et entra vivement dans la petite boutique. Alors qu'il examinait le rayon, cherchant une brosse à dent convenable, il eut l'impression d'être observé. Il se tourna mais ne vit personne. Il reprit ses recherches mais la sensation persistait. Il leva la tête et scruta du regard l'intérieur de la boutique. Il était seul dans ce lieu hormis un homme qui examinait les journaux dans le présentoir et le vendeur qui rangeait des sachets de friandises devant sa caisse. Il examina l'extérieur à travers les vitrines qui formaient trois des murs de la boutique. Quelques personnes déambulaient dans l'allée centrale. Aucune n'attira particulièrement son attention « C'est la fatigue » estima t-il « Vous êtes trop paranoïaque Harold » Cru t-il entendre. John n'aurait pas manqué une telle occasion de lui faire cette remarque ! John… Il réalisa qu'il perdait du temps dans cette boutique. Saisissant l'un des modèles de brosse il se dirigea ensuite vers la caisse, régla et se pressa de retourner au quatrième étage.
En entrant il remarqua un sac en papier posé dans un coin. Il l'ouvrit prudemment et compris qu'il s'agissait des effets personnels de son compagnon. Vêtements, chaussure. La chemise et le maillot étaient emballés dans un sachet à part. Il savait qu'il n'aurait pas du mais il ne résista pas à l'envie de l'ouvrir. Le tissu était encore vaguement humide et en le dépliant il se retrouva face à cette tache rouge qui maculait la majeure partie de la chemise. Un flash lui revint : John avançant lentement vers lui en trébuchant, une large tache rouge s'épanouissant comme une fleur vénéneuse sur sa chemise immaculée. Toujours les images de ce cauchemar qu'il avait fait lors de leur dernier week end à la villa. Il se rappela la carafe d'eau brisée en mille éclats et cette sensation de froid… L'eau c'était la piscine où l'agresseur avait poussé John après l'avoir abattu. Ce froid c'était celui qui l'enveloppait depuis qu'il le savait blessé. En y repensant un peu plus tard il s'était étonné de l'absence de Bear dans son rêve mais cela aussi c'était un indice, le malinois n'était pas à ses côtés présentement. Il souffla plusieurs fois pour chasser l'angoisse qui montait en lui. S'il avait su que son rêve était prémonitoire il aurait pu…Qu'aurait-il pu faire au juste ? Demander à John d'être encore plus vigilant ? Il le faisait déjà au quotidien et il savait que son compagnon l'était, ne serait ce que pour lui faire plaisir. Le John d'autrefois qui aurait volontiers laissé la mort le rattraper faute d'avoir un but pour s'accrocher à la vie, n'était plus, depuis le jour où il l'avait embauché et surtout depuis qu'ils s'étaient trouvés. Non. La vérité était juste que John, malgré son talent, n'était pas infaillible, et cette fois il n'avait pas anticipé le danger. A moins qu'il n'ait pas été assez concentré pour cela. Les errements qu'avaient connus leur couple ces derniers jours l'avait sans doute perturbé. Sans compter l'inévitable culpabilité qu'il devait ressentir ! Finch soupira. Il était inévitable que leur relation ait une influence sur leur travail, c'était un risque dont il avait toujours eu conscience et s'il l'avait fait hésiter au début il avait fini par accepter de vivre avec. Car s'il ne l'avait pas fait il aurait du renoncer à John et ça ce n'était pas envisageable….
.
OoooooooooO
.
Fusco pénétra dans son appartement avec un soupir. La journée lui avait semblée tellement longue ! Pourtant, avisant la veste de Lee au porte manteau, il songea qu'elle n'était pas terminée
-« Lee ? Tu es là ? » Appela t-il
-« Oui papa »
-« Tu peux venir une minute ? Il faut que je te parle fiston » Fusco se laissa choir dans le canapé, Lee apparu presque aussitôt, son chat sur les talons
-« Qu'est ce qu'il y a papa ? »
-« Viens, assis toi » répondit celui-ci en tapotant le coussin à côté de lui. Le garçon s'installa, perplexe « Tu étais chez Sean ? »
-« Ouais. Ses parents sont venus me chercher et m'ont ramené comme convenu »
-« Bien » approuva Fusco qui cherchait comment aborder le sujet qui le préoccupait
-« Tu fais une drôle de tête. Y'a un truc qui ne va pas ? » Interrogea Lee, intuitif. Isatis se frotta contre leurs jambes
-« J'ai eu quelques soucis … » commença Lionel
-« C'est Harold et John ? » l'interrompit son fils « Ils sont toujours fâchés ? » demanda le garçon, lui facilitant la tache sans le savoir
-« Non. Ils se sont réconciliés »
-« Alors ? Qu'est ce qui ne va pas ? C'est ton boulot ? » Lee fronça les sourcils « C'est pas Mégan ? Elle n'a pas répondu à mon dernier sms »
-« Lee, ce matin on a arrêté Agnès, la coupable de l'enquête que menaient John et Harold. On lui avait tendu un piège qui a très bien marché au début » Fusco chercha ses mots « Seulement, pendant que je l'emmenais quelqu'un a… A agressé John » Il vit son fils écarquiller les yeux « Il a été blessé… »
-« C'est grave ? » le coupa Lee
-« Un peu, c'est vrai, mais il ne faut pas que tu t'inquiètes, Mégan le soigne et tu sais comme elle est douée ? » Lee fixait son père, indécis
-« Est-ce que John… Est-ce qu'il va mourir papa ? » Demanda t-il finalement
-« Bien sur que non ! » protesta Fusco « Il a été opéré et c'était une grosse intervention mais ça va aller Lee. Il va juste mettre un peu de temps pour guérir »
-« T'es sur ? »
-« Pourquoi je te mentirais ? »
-« D'accord » concéda le garçon « Harold doit être tellement malheureux » ajouta t-il perturbé. Isatis, qui percevait la tension, sauta sur le canapé et donna de vigoureux coups de tête à son jeune maître
-« Il va le soigner »
-« Et Bear aussi » murmura Lee en caressant son chat « Je vais leur envoyer plein de messages ! » lança t-il. Levant les yeux il vit alors la gêne de son père et s'alarma « Papa ? » celui-ci se lança rapidement :
-« Bear était avec John, Lee, et il est blessé lui aussi mais ne … »
-« Ah non papa pas lui! » s'exclama le garçon en se jetant dans les bras de son père. Fusco le serra contre lui
-« C'est rien, il va bien » affirma t-il en passant la main dans son dos d'un geste rassurant « Sa véto a dit que tout irait bien. Il va juste lui falloir des soins pendant quelques jours »
-« T'es sur ? » répéta le gamin en reniflant
-« Certain. D'ailleurs demain je vais aller le chercher. Je te le ramène et tu seras son infirmier. Qu'est ce que tu en dis ? Tu acceptes la mission ? »
-« On va bien le soigner »déclara Lee en accordant une caresse à son chat qui ne cessait de se frotter contre lui avec insistance, multipliant les roulades « Mais Harold est tout seul alors ? »
-« Je sais. Mais il y a Mégan. Et de toute façon les chiens sont interdits dans les hôpitaux »
-« C'est des conneries » grogna le gamin
-« Lee Fusco surveillez votre langage ! » gronda l'inspecteur. Le garçon fit la grimace. « C'est ainsi et même leur doc ne pourra rien y changer » insista Lionel faisant soupirer son fils
-« Bear arrive quand ? » demanda t-il
-« J'irai à la clinique vers 17H. Tu devais aller chez Charly ? »
-« J'irais pas. Je vais dire à mes copains qu'ils viennent moi je reste avec Bear »
-« D'accord » accorda Fusco, sans pouvoir s'empêcher d'être amusé de sa réaction
-« Je pourrais aller t'attendre à la clinique ? C'est pas loin » L'inspecteur pinça les lèvres
-« Je n'ai que 20 minutes à pieds papa et je serais prudent »
-« On verra »
-« Et la semaine prochaine ? » enchaina Lee qui changea de sujet mais avec l'intention d'y revenir au bon moment pour faire plier son père
-« Tu dois aller chez ta mère. Et ce n'est pas négociable ! » Précisa Fusco devançant ses protestations « Bear ira chez Léon »
-« Tu crois qu'il saura s'en occuper ? »
-« Mais oui. Il a l'habitude et il l'aime bien »
-« On pourrait repousser ? C'est un cas d'urgence ! »
-« Non Lee. Tu dois y aller, tu sais les ennuis qu'elle nous fait quand tu es en retard » Le garçon fit une mine boudeuse
-« Et si j'ai pas envie de la voir ? » Lionel savait que c'était une réalité, même avant la perspective de s'occuper de Bear
-« Il ne faut pas faire de vague. Sinon le juge pourrait changer d'avis »
-« Mais c'est elle qui nous a largué ! » protesta Lee « Et ça ne l'a pas dérangé de rester des années sans nouvelles ! »
-« Les choses ont changé » soupira son père
-« Pas pour moi !»
-« Lee je sais ce que tu penses et je suis d'accord. Mais il y a la Loi, tu le sais » Le garçon se renfrogna. Fusco se contenta de le garder contre lui en lui caressant les cheveux. Il savait que Lee nourrissait un certain ressentiment envers sa mère qui les avait laissés tomber du jour au lendemain quand elle en avait eu assez du métier de son mari si stressant et surtout si mal payé. Ils étaient restés sans nouvelle pendant des mois après le divorce, la mère ne se souciant guère de son fils. Puis elle avait réapparu au bras d'un nouvel époux, riche celui là, et qui avait secoué son instinct maternel. Elle avait obtenu un droit de visite, restreint au vue des circonstances. Fusco aurait préféré l'envoyer paitre mais il avait vite compris qu'il avait intérêt à faire preuve de souplesse car l'adversaire semblait décidé à obtenir toujours plus et il ne voulait pas risquer d'être privé de son fils. Après quelques minutes la voix de Lee s'éleva :
-« Je peux quand même envoyer des messages ? »
-« Bien sur. Cela lui fera plaisir, mais il ne te répondra peut être pas ce soir »
-« Pas grave, tant qu'il les reçoit ! » déclara le gamin en bondissant du canapé, bousculant Isatis qui émit un miaulement de protestation mais suivit aussitôt son maître dans sa chambre. Celui-ci revint un instant sur le seuil « Papa tu as arrêté celui qui les a blessé ? »
-« Pas encore » Lee fronça les sourcils « Mais je l'aurais je te le promets ! »
-« Bon. J'espère qu'il passera toute sa vie en prison ! » Lança le garçon et il alla s'installer sur son lit pour envoyer ses messages
-« J'y compte bien » murmura Fusco. Il se laissa aller dans le canapé, cela ne s'était pas si mal passé. Il avait redouté d'annoncer la nouvelle à son fils sachant son attachement pour le trio. Maintenant il ne lui restait plus qu'à tenir sa promesse !
.
OoooooooooO
.
La nuit sembla interminable à l'informaticien. Il ne dormit que quelques heures par courtes périodes et chaque fois son esprit surchauffé ne cessait de lui envoyer des images perturbantes, des cauchemars qui lui rappelait d'autres moments si semblables à celui qu'il vivait actuellement. Une fois il se cru à nouveau dans les couloirs de la morgue. C'était si réaliste qu'il lui semblait réellement s'y trouver, poussant le chariot où reposait Reese aussi vite qu'il le pouvait pour sauver la vie de celui qui n'était encore pour lui qu'un simple agent. Pourtant déjà l'angoisse qui le tenaillait révélait autre chose dont il n'avait pas pris conscience à l'époque. Mais dans son cauchemar le couloir n'avait pas d'issue et il paniquait en sentant la vie quitter son partenaire sans pouvoir rien y faire. Il se réveilla en sursaut, le cœur fou, et il se leva précipitamment pour s'assurer que tout était normal. La vision de John immobile dans le petit lit blanc lui fit toujours aussi mal mais le rassura tout de même. Le bip régulier des moniteurs le réconforta. Pas autant toutefois que l'aurais réconforté un sourire de son compagnon, ce sourire unique, lumineux, surtout lorsqu'il lui était destiné. Dieu qu'il lui manquait en cet instant précis ! Il posa les mains contre la vitre, une larme roula sur sa joue. Il resta là jusqu'à ce que la douleur dans sa hanche se réveille et le force à retourner s'étendre. Ce n'était pas le moment qu'il lâche prise pour John, pour Bear. Il songea que son partenaire l'aurait déjà forcé à se recoucher depuis longtemps, mécontent. Et cette pensée le convainquit plus surement que tout autre d'être raisonnable.
.
OoooooooooO
.
Au matin, ce fut une autre sensation qui éveilla Finch. La sensation que quelque chose d'anormal se produisait. Il leva les yeux vers la vitre et il lui sembla apercevoir une ombre dans la chambre voisine. Se redressant en position assise il chercha ses lunettes. Le temps de les trouver et de les mettre, il regarda de nouveau et constata que la pièce était vide hormis le patient. Il réalisa alors ce qui le perturbait : le bruit du moniteur qui résonnait présentement n'avait rien du son régulier et rassurant qu'il émettait jusqu'alors ! Il se leva, inquiet, et vit alors la porte de la chambre s'ouvrir à la volée et Beth entrer précipitamment et consulter les écrans. La peur resserra à nouveau son poing de glace sur sa poitrine. Mégan surgit à son tour dans la chambre, tendue, et questionna l'infirmière. Celle-ci secoua la tête et désigna le moniteur de la main. Celui-ci avait repris son rythme régulier. La médecin vérifia à son tour. Finch vit son expression se détendre puis elle tourna la tête et croisa son regard. Un mince sourire étira les lèvres de la jeune femme pour le rassurer mais ne suffit pas vraiment à le convaincre. Elle se détourna et le rejoignit dans le bureau
-« Bonjour Harold »
-« Que s'est-il passé ? » interrogea celui-ci
-« Ce n'est rien. Le capteur avait bougé. L'appareil ne parvenait plus à saisir correctement les paramètres. Dans ce cas il se déclenche, par prudence »
-« Mais comment le capteur a-t-il pu bouger puisque John est immobile ? » rétorqua l'informaticien
-« Il a probablement glissé » suggéra Mégan. Elle posa la main sur son épaule « Tout va bien Harold »
-« Vous êtes déjà là ? » remarqua ce dernier, suspicieux. Il avisa sa blouse chiffonnée et sa coiffure un peu dérangée
-« J'ai un canapé confortable dans mon bureau et un patient auquel je tiens beaucoup dans mon service Harold. Mais cela ne veut pas dire qu'il est en danger. Juste que je veux veiller sur lui de plus près »
-« D'accord » concéda Finch après quelques secondes d'hésitation
-« Essayez de vous détendre. Vous êtes trop nerveux » affirma la médecin en passant la main dans son dos « Vos muscles sont trop contractés. Je vais vous préparer ce qu'il faut »
-« Ce n'est pas trop douloureux »
-« Je sais que vous êtes résistant mais vous ne devez pas dépasser vos limites Harold, ni pour vous ni pour lui ! » affirma Mégan « D'abord il vous faut une bonne douche. Préparez vos affaires je reviens vous chercher »
-« Mais… » Protesta Finch
-« Pas de mais sinon pas de visite ! » l'interrompit la médecin
-« C'est du chantage docteur ! »
-« Ca aide parfois »se moqua Mégan en le voyant chercher dans son sac. Elle l'emmena dans une chambre vide de l'autre côté du couloir « Fermez à clé derrière vous. Vous ne serez pas dérangé. Nous allons nous occuper des soins pendant ce temps, ensuite vous pourrez déjeuner puis aller voir John »
-« A vos ordres docteur »marmonna Finch. Mégan rit de sa mauvaise humeur et le laissa se préparer. Il observa la pièce, la douche individuelle serait assurément plus confortable que le petit point d'eau adjacent au bureau mais il n'aimait pas être éloigné de John, même pour peu de temps, même s'il n'était pas bien loin. La proximité le rassurait. En cas de besoin il pourrait intervenir, enfin autant que possible. Il se déshabilla lentement, le corps un peu douloureux de trop de tension, du manque de confort aussi. Il repensait à cette ombre. Sans doute un effet de son imagination, s'il y avait eu quelqu'un dans la chambre Beth ou Mégan l'aurait remarqué. Finch se glissa dans la cabine et ouvrit le robinet. Il ressentit aussitôt un soulagement lorsque l'eau chaude vint apaiser ses muscles endoloris. Il se savonna et son regard se posa sur les marques bleuies sur ses hanches. Il les parcourut du bout des doigts : les mains de John. Ces marques là étaient visibles mais tout son corps portait l'empreinte invisible de celui de John, de leur union parfaite. Il ferma les yeux. La tension accumulée ces derniers jours et plus encore ces dernières heures le submergea, ses nerfs lâchaient. Le front contre le carrelage froid il se laissa aller comme son compagnon quelques heures plus tôt songea t-il. Mais il était là pour John alors que lui était seul à cet instant précis ! Il laissa passer la crise et se sentit un peu plus calme ensuite. Il stoppa la douche et se sécha soigneusement. Il se vêtit avec le soin habituel parce que cette routine le réconfortait. Puis il quitta la chambre et retrouva le bureau avec soulagement. Mégan l'attendait assise sur le lit, commençant à trouver le temps long
-« Ca va Harold ? » s'inquiéta t-elle
-« Tout va bien » Elle désigna un plateau
-« Votre petit déjeuner et vos médicaments. Ensuite je vous accorde une demi heure »
-« Merci » approuva Finch en s'installant « Vous ne déjeunez pas ? » Elle lui sourit
-« J'ai mangé un croissant » elle se leva et se dirigea vers la porte « Le devoir m'appelle, je reviendrais tout à l'heure » Finch hocha la tête puis se concentra sur le plateau. Bien moins appétissant que ce à quoi l'avait habitué son compagnon mais il se pressa d'en avaler le contenu, puis, ayant le sentiment d'avoir rempli sa part du marché, il se rendit près de John. Il se sentit mieux dès qu'il retint sa main dans la sienne, même si John ne réagissait pas, sa présence lui suffisait. La médecin avait retiré la sonde comme prévu et il pouvait à nouveau contempler son visage sans entrave. Il lui parla doucement, murmurant ce qui lui passait par la tête, lui caressant la joue ou les cheveux. Les moniteurs étaient réguliers, tout était tranquille.
Au bout d'une demi-heure il quitta son compagnon à regret et retourna s'installer dans le bureau. Il consultât l'heure : à peine 8H. Un peu tôt pour appeler la clinique ou leur complice. Il prit son portable et vérifia son système. Il n'avait pas de numéro. Il se connecta alors à une chaine d'infos. L'arrestation d'Agnès ne passait pas inaperçue. Bien sur il n'y avait rien sur l'agression, l'inspecteur avait fait le nécessaire pour la passer sous silence et ne pas attirer l'attention sur eux. Il parcourut quelques sites, lança quelques recherches, s'il pouvait découvrir un indice quelconque, une piste… Tout en jetant des coups d'œil réguliers par la vitre, il se laissa absorber par ses investigations. Lorsqu'il releva la tête il vit que plus d'une heure s'était écoulée. Il saisit aussitôt son téléphone et sélectionna le numéro de la clinique, l'assistante le reconnu immédiatement :
-« Oh M Wren ! Bear va bien, il a passé une bonne nuit. Il pourra sortir en fin d'après midi comme prévu »
-« Très bien » approuva Finch, soulagé « C'est un ami qui passera le prendre, l'inspecteur Fusco »
-« Je note qu'il a votre autorisation »
-« Je vais vous envoyer un mail de confirmation et pour votre facture… »
-« Nous vous l'enverrons à la fin des soins»
-« Entendu merci Mademoiselle »
-« De rien. Je veille ne vous inquiétez pas M Wren » Finch remercia et salua. Il raccrocha et envoya aussitôt le mail de confirmation. C'était au moins une bonne nouvelle. Il appela ensuite leur complice
-« Salut Finch » lança Lionel en décrochant
-«Bonjour inspecteur »
-« Comment va John ? »
-« Aussi bien que possible »
-« Heureux d'entendre cela »
-« Et je vais répondre aux messages de Lee. C'est gentil de sa part de nous soutenir. Je regrette de ne pas avoir répondu hier soir… »
-«Vous aviez autre chose en tête. Hum. J'espère qu'il n'a pas trop exagéré ? » L'informaticien ne put retenir un mince sourire : 19 sms et 6 photos de son chat, devait-il trouver cela excessif ?
-« Non » dit-il finalement « C'est juste un garçon expressif » commenta t-il « Bear est sortant après 17H. J'ai envoyé une autorisation à la clinique »
-« Ok j'y serais. On va bien le soigner »
-« Je vous fais confiance » affirma Finch « Avez-vous du nouveau ? » demanda t-il ensuite, hésitant
-« Je vais commencer les interrogatoires. Je compte bien résoudre l'enquête rapidement et neutraliser ce salaud ! »
-« Je vais essayer de vous aider… »
-« Veillez sur John, c'est la priorité. Mais je sais que je peux vous appeler en renfort »
-« Merci » murmura l'informaticien « Mais je ne veux pas rester sans rien faire non plus inspecteur »
-« Je vous enverrais peut être deux trois noms pour avoir des comptes bancaires à votre façon » proposa Lionel pour la forme
-« Entendu »
-« Je vous rappelle ce soir. Prenez soin de vous Finch »
-« Bon courage inspecteur ». L'informaticien raccrocha et se leva pour s'installer devant la vitre, les minutes coulaient comme des heures et le temps lui semblait long mais au moins il était près de lui.
.
OoooooooooO
.
A midi, Mégan passa la tête à la porte de la pièce
-« C'est l'heure de la pause » affirma t-elle « Venez avec moi »
-« Ou m'emmenez vous ? » demanda Finch en la rejoignant
-« Pas bien loin, juste dans mon bureau » l'informaticien tourna la tête vers la vitre « Venez, il ne se passera rien » Il finit par la suivre un peu à reculons, ils traversèrent le couloir « Installez-vous » invita la jeune femme en montrant un fauteuil « Lionel est passé me déposer le déjeuner, il n'avait que cinq minutes » précisa t-elle en déballant le contenu d'un sac en papier
-« C'est très attentionné de sa part »
-«C'est toujours ainsi quand il a l'occasion de passer dans le coin. Mais aujourd'hui je crois qu'il voulait aussi vous éviter au moins une fois la cuisine de l'hôpital » Finch reconnu les emballages du restaurant de Stan et sentit son estomac se manifester. Il pensa inévitablement à John qui n'aurait pas manqué de le taquiner sur sa gourmandise. Il mangea en écoutant la jeune femme qui s'efforçait de le distraire. Son bipper finit par les interrompre après une demi-heure
-« Ca m'étonnait aussi que je puisse déjeuner tranquillement » se moqua Mégan
-« J'avais terminé » affirma Finch
-« Alors allez reprendre votre poste M Wren : je vous confie mon patient » Il sourit et retourna dans le bureau alors qu'elle prenait le chemin des urgences. Il fut soulagé en constatant que tout allait bien. Il savait qu'il devait se détendre mais il repensait sans cesse à son réveil du matin et cela le perturbait.
L'après midi s'écoula lentement. Il compilait des dossiers pour s'occuper l'esprit, cherchant machinalement des informations sur les anciens clients de l'agence, tout en répondant aux sms de Lee et en veillant sur son partenaire. Vers 16H une infirmière vint réaliser des soins. Finch sortit un instant pour aller jusqu'au distributeur. Au retour il aperçu Mégan qui entrait dans la chambre et approcha discrètement pour écouter.
-« Vous avez terminé les relevés ? »
-« Oui docteur. C'est correct » répondit l'infirmière « Pour l'instant »
-« Plait-il ? » interrogea Mégan
-« Vu l'opération qu'à subit cet homme et surtout… »
-« Vous êtes médecin Carole ? » interrompit la jeune femme d'une voix dure
-« Non docteur »
-« Alors qui vous autorise un diagnostic ? »
-« Désolée docteur »
-« Allez plutôt ranger la pharmacie. La nuit a été agité je crois »
-« Bien docteur » concéda l'infirmière
Finch s'écarta précipitamment. Il se tenait sur le seuil du bureau lorsque l'infirmière quitta la chambre. Mégan la suivait et l'aperçu
-« Un problème Mégan ? » demanda t-il
-« Non. Une petite mise au point »
-« Vraiment ? »
-« Je n'aime pas que l'on discute mes ordres lorsqu'on a pas les compétences pour le faire » déclara la médecin. L'informaticien brulait de lui demander ce que l'infirmière avait voulu sous entendre mais il s'abstint devant le regard décidé de Mégan et décida de lui faire confiance, retournant dans le bureau reprendre son observation attentive
.
OoooooooooO
.
Lee poussa la grande porte vitrée aux montants bleus d'un geste impatient. La salle d'attente était pleine comme d'habitude eut égard à la réputation de la clinique. Il se dirigea vers l'accueil
-« Jeune homme ? » interrogea l'assistante
-« Bonjour. Je viens voir Bear »
-« Bear ? »
-« Le chien de M Wren »
-« Tu le connais ? »
-« Oui. Et je vais le soigner cette semaine. Mon père va venir le chercher, moi je suis venu en avance »
-« J'ai bien une autorisation » concéda l'assistante « Mais pour un adulte »
-« Pour mon père, Lionel Fusco » Lee tira sa carte de bibliothèque de sa poche et la tendit à la jeune femme
-« D'accord » jugea t-elle en la lisant « Tu comprends que je dois vérifier »
-« Bien sur. Vous n'allez pas donner Bear à n'importe qui » affirma le garçon d'un ton sérieux
-« Exactement » approuva la jeune femme avec un sourire « Allez viens allons le voir » A peine Lee était-il entré dans la pièce que Bear s'agitait dans sa cage, la queue battant la mesure contre les barreaux pour manifester sa joie en voyant son ami. Le garçon ouvrit la porte de la cage et se pendit à son cou, le câlinant tandis que le malinois cherchait à lui lécher le visage « Et bien, il est content de te voir ! » commenta l'infirmière « Il va falloir qu'il reste calme ces prochains jours »
-« Je ferais attention » affirma t-il. L'assistante retourna à son poste et il continua de caresser le chien, prenant un selfie qu'il envoya aussitôt à Finch. Fusco ne tarda pas à apparaitre à son tour. Ils écoutèrent attentivement les recommandations de la vétérinaire puis Lionel porta Bear jusqu'à la voiture
-« T'es pas léger mon pote ! » grogna t-il
-« C'est du muscle papa » répliqua Lee en tenant la portière
-« Evidemment. Moi aussi d'ailleurs » commenta Lionel. Son fils gloussa mais ne fit pas de commentaire. Parvenu à l'appartement il constata que tout était prêt pour accueillir le malinois
-« T'es sur que le coussin c'était pour ta chambre ? » remarqua t-il
-« Bien sur ! Le salon c'est trop loin je ne l'entendrais pas bien »
-« Mouais » jugea Fusco pas dupe. Il installa le chien qui s'allongea avec un soupir et Isatis vint aussitôt se frotter à lui en ronronnant « Tu vas pouvoir rassurer Harold »
-« Déjà fait ! »
-« J'aurais du m'en douter. Bon, tu as tout ce qu'il faut ? »
-« Oui papa. Tu dois repartir ? »
-« J'ai encore quelques interrogatoires à mener »
-« Tu as une piste ? »
-« Pas encore » soupira Fusco
-« Tu vas trouver ! » affirma le gamin « Rentre pas trop tard quand même. Tu ne pourrais pas ramener un truc de chez Zhiang pour le dîner ? » Suggéra t-il
-« Un truc comme quoi ? » demanda Lionel « Un supplément de poulet par exemple ? » ironisa t-il
-« Ben c'est pas contre indiqué » plaida le garçon
-« Ok, j'y penserais » céda l'inspecteur et il fut récompensé par le sourire radieux de son fils « Mais on évitera le dire à Harold »
-« C'est top secret ! » lançant Lee avec un air de conspirateur. Il saisit un livre et s'assit à côté de Bear. Le malinois posa la tête sur son genou tandis qu'Isatis s'installait sur les jambes de son maître. Fusco sourit devant cet apaisant tableau et retourna à son poste l'esprit un peu plus léger.
.
OoooooooooO
.
Fusco lisait le compte rendu des interrogatoires réalisés par ses collègues. Il poussa un soupir exaspéré. Il ne trouvait rien, pas le moindre indice, rien qui puisse le guider. Il avait obtenu les relevés de comptes d'Agnès et, grâce à Finch, il disposait aussi de ceux de son petit ami, mais il ne trouvait nulle trace d'un paiement qui pourrait passer pour le règlement d'un contrat. Elle avait pourtant bien dû payer si elle avait eu recours à un tueur ? Ces hommes là ne travaillent pas gratuitement, donc il devait y avoir une trace quelque part. Est-ce qu'elle aurait pu passer par un intermédiaire ? Une de ses complices ? Un autre détail le gênait : entre le moment où elle avait été prévenu de son arrestation imminente et celui où elle avait été physiquement arrêté il ne s'était écoulé que quelques heures, si elle avait contacté un homme de main elle avait été vraiment très rapide. Et à moins qu'elle n'ait recours régulièrement à ce genre de méthode, il fallait quand même un peu de temps pour recruter un exécuteur ! Alors était ce vraiment Agnès qui était à l'origine de l'agression ? Si seulement John pouvait se réveiller pour témoigner ! Mais d'après Mégan ce n'était pas pour tout de suite… Son portable vibra et il décrocha par réflexe
-« Fusco »
-« Bonsoir inspecteur. Je ne vous dérange pas ? »
-« Non Sven pas du tout »
-« Je voulais vous demander des nouvelles d'Alix »
-« Elle va bien. Elle est en sécurité »
-« Est-ce qu'elle a intégré le programme de protection des témoins ? »
-« Pas encore. Pour l'instant elle est toujours à la planque. Le juge l'interroge demain, ensuite elle sera prise en charge »
-« D'accord. Pourriez-vous lui dire que je pense à elle inspecteur ? »
-« Bien sur »
-« J'aurais préféré pouvoir l'aider davantage »
-« Elle a retrouvé sa liberté grâce à vous Sven c'est déjà beaucoup »
-« Oui je sais mais j'aurais aimé la soutenir maintenant. Toutefois je comprends qu'elle va avoir besoin de protection vu les relations de cette horrible femme »
-« C'est plus sur » approuva Fusco
-« Merci pour tout inspecteur »
-« Merci à vous Sven »
-« Oh inspecteur… Avez-vous des nouvelles de M Wren ? J'ai essayé de le joindre mais il ne répond pas et cela m'inquiète un peu. Savez-vous s'il a retrouvé John ? » Fusco pinça les lèvres. Il détestait vraiment annoncer les mauvaises nouvelles !
-« Oui il a retrouvé John et ça va bien entre eux » commença t-il
-« Mais il y a autre chose n'est ce pas ? »
« Intuitif ce petit gars » songea Fusco
-« John a tendu un piège à Agnès Marbery et nous avons réussi à la boucler mais pendant que je l'emmenais John a été agressé » Lionel entendit Sven hoqueter à l'autre bout du fil
-« Mon dieu ! Est-ce grave ? » S'inquiéta t-il
-« Il a été pris en charge à temps » précisa l'inspecteur « Mais il a subit une intervention assez lourde. Il est à l'hôpital général, c'est ma compagne qui le soigne, il est entre de bonnes mains »
-« Et M Wren ne quitte pas son chevet je suppose ? »
-« Exact »
-« C'est bien normal. Cela explique son silence »
-« John devrait s'en sortir. Il aura juste une longue convalescence. Et Bear a été blessé aussi mais il est hors de danger mon fils s'occupe de lui »
-« C'est terrible inspecteur ! » se désola Sven « Vous avez arrêté le coupable ? »
-« Pas encore mais j'y travaille »
-« Je m'en doute. Si je pouvais vous être utile… Hélas je ne suis pas policier » soupira t-il
-« Vous ne vous débrouillez pas trop mal quand même » commenta Fusco en faisant allusion à son intervention
-« J'ai plus de bonne volonté que de compétences mais elle vous est acquise » affirma Sven « Voulez vous être mon messager auprès de M Wren pour lui transmettre tout mon soutien ? »
-« Pas de problème. Je vous demande juste de garder la nouvelle pour vous. La discrétion est indispensable »
-« Je ne dirais rien inspecteur. Enfin…je crains » se reprit Sven
-« De vous trahir avec une certaine costumière ? »
-« Elle est redoutable mais elle sait se taire aussi lorsque c'est important » plaida le secrétaire
-« Je sais. Je crois qu'on peut faire une exception pour elle ou Terry mais pas plus ! »
-« Je vous le promets. Pourrais-je vous rappeler pour avoir des nouvelles ? Je ne veux pas déranger M Wren »
-« Bien sur. Mais je doute que cela le dérange lorsque la situation se sera un peu calmée »
-« D'accord » approuva le jeune homme. Il salua puis raccrocha avec un soupir
Fusco en fit autant et reprit ses dossiers. Encore une heure et il rentrerait, mais quant à passer une bonne soirée…
Sven reposa le téléphone sur son support et resta appuyé un instant à la table pour rassembler ses idées. Il avait craint que le silence d'Harold ne soit révélateur de quelques problèmes, peut être même d'une rupture entre lui et John ce qu'il aurait considéré comme une épouvantable erreur. Mais la réalité dépassait ses pires craintes et il était touché par la situation et son impuissance. Terry entra dans le salon à ce moment
-« Sven qu'est ce que tu fais ? On va être en retard et Bella… » Il stoppa net devant l'expression de son compagnon « Sven qu'est ce qui t'arrive ?! Tu es pâle comme un mort ! » S'inquiéta t-il en s'avançant rapidement. Le jeune homme se cala spontanément contre lui, cherchant du réconfort
-« Terry, il est arrivé un malheur »
-« Explique-toi ! » intima celui-ci. Sven lui répéta les propos de Fusco
-« C'est pas possible ! » grogna le gérant « C'est dangereux leur activité mais quand même ! Et aller jusqu'à tirer sur le chien c'était un malade ce mec ! »
-« Oui. M Wren doit être bouleversé »
-« Je suppose que je ne peux pas être jaloux là ? » demanda Wells
-« Terry ! »
-« Me renseigne ! » protesta celui ci
-« Tu exagères ! Dans un moment pareil » gronda le jeune homme. Terry ne répondit pas, se contentant d'observer son compagnon « D'accord. Tu le fais exprès c'est ça ? »
-« Possible » Le secrétaire secoua la tête
-« Tu es… » Il n'acheva pas sa phrase préférant l'embrasser « Merci » murmura t-il
-« Tu comptes raconter ça à Bella ? »
-« Je préférerais éviter mais…»
-« Tu n'échapperas pas à son radar »
-« Je me doute. Mais nous devrons garder cela pour nous ! »
-« Ca elle saura faire. En revanche il vaudrait mieux pour le coupable qu'elle ne croise jamais sa route »
-« Ca c'est certain » approuva Sven
-« Il faut vraiment qu'on y retourne là. Déjà qu'elle a du s'apercevoir de notre absence »
-« J'étais juste censé passer récupérer mon portable Terry, tu n'avais pas besoin de me suivre »
-« J'avais peur que tu te trompes de palier »
-« Hum. Je commence à connaitre l'appartement »
-« N'empêche que tu n'avais pas encore découvert le confort du canapé du bureau »
-« Non mais cela n'avait rien d'urgent »
-« C'est toi qui le dit Sven ! Moi je tiens à être un hôte parfait ! » Contra Terry en lui volant un baiser
-« Alors tu es sur la bonne voie » sourit Sven et il le laissa l'entrainer hors de l'appartement pour retourner au cabaret
.
OoooooooooO
.
Finch se prépara pour la nuit et se coucha. Il s'installa sur le côté pour voir encore son compagnon. Sa tendresse lui manquait cruellement, sentir ses bras autour de lui, se laisser aller contre son torse, enveloppé dans sa chaleur. L'absence de Bear se faisait sentir aussi, sa présence réconfortante. Il s'efforça de dormir mais la nuit fut longue.
Il se leva dès 5H, incapable de rester couché plus longtemps. Il fit rapidement sa toilette puis s'installa un instant près de la fenêtre pour observer le jour se lever. Finalement il reprit place dans son fauteuil et entama quelques recherches sur son ordinateur pour s'occuper. A 7H une infirmière vint réaliser les soins. Une demi-heure plus tard un petit déjeuner lui fut servi avec ses médicaments « selon les consignes du docteur Tillman » précisa l'aide soignante. Finch songea, perplexe, que la jeune médecin avait du faire la leçon à tout les employés du service ! Il se conforma aux soins et recommença à patienter, il ne lui restait plus qu'à attendre que Mégan passe voir John pour avoir les informations du jour. La journée promettait d'être semblable à celle de la veille et cette inaction relative mettait ses nerfs à rude épreuve.
Mégan apparut seulement vers 10H
-« Bonjour Harold. Reposé ? »
-« Bonjour Mégan. Autant que possible »
-« Je vais vous enlever John pour un contrôle et quand nous reviendrons vous pourrez aller le voir » Finch qui n'attendait que cela se tendit à l'annonce
-« Qu'allez vous lui faire ? »
-« Juste quelques examens pour vérifier l'activité hépatique. Il faut que je m'assure que son foie fonctionne correctement mais je vous rassure, rien ne permet de penser que ce n'est pas le cas »
-« C'est la "complication" que vous redoutez ? »
-« L'insuffisance hépatocellulaire est la principale complication à redouter. En générale elle survient dans les quarante huit heures qui suivent l'opération, parfois lors de la première semaine, ce qui justifie le maintien du patient au service des soins intensifs tant que le danger n'est pas totalement écarté » expliqua patiemment la médecin « Mais John n'en montre aucun signe, au contraire »
-« Pourvu que cela dure » murmura Finch
-« Il n'y a pas de raison que cela change. D'ailleurs s'il répond bien aux examens de ce matin nous pourrons envisager de le déplacer dans une autre chambre. Double bien entendu » ajouta Mégan avec un clin d'œil. Finch se sentit rougir
-« Mais vous aviez évoqué une semaine… n'est ce pas un peu tôt ? »
-« Tout dépend de ce qui a provoqué l'intervention et de la réaction du patient aux traitements. Je ne précipiterais pas les choses Harold »
-« J'ai entièrement confiance en votre jugement Mégan. Je suis juste inquiet d'une rechute »
-« C'est normal. Mais vous verrez, tout ira bien »
-« D'accord »
-« J'ai eu des nouvelles de Bear » ajouta la médecin en manipulant le lit « Il est apparemment aussi solide que son maitre et Lee est aux petits soins »
-« Cela ne m'étonne pas » murmura l'informaticien « J'aimerais qu'il soit là » affirma t-il spontanément
-« Je suis certaine qu'il le sait Harold » jugea Mégan. Un infirmier entra dans la chambre et elle lui fit signe à travers la vitre d'emmener le patient « Je vous l'emprunte, à tout à l'heure » lança t-elle en les suivant. Finch hocha la tête et les regarda partir. Si Bear avait été là il aurait multiplié les coups de museau dans ses jambes pour garder son attention. Il réalisa qu'à cet instant il était privé des deux piliers de son existence et sentit une bouffée de stress l'envahir. Il serra les dents et inspira profondément pour garder son calme. C'était presque comme après l'attentat, une remise à zéro de sa vie contre laquelle il était resté impuissant. Mais cette fois il était debout et il n'avait pas l'intention de laisser le compteur revenir à zéro !
.
OoooooooooO
.
Fusco repoussa la pile de dossier. Il avait l'impression d'avoir toujours plus de noms à étudier mais cela ne le faisait pas avancer. Les clients les plus anciens, ou ceux, assez rares, qui avaient trouvés leur moitié à l'agence n'avaient pas de raison d'intervenir pour Agnès. Les autres avaient plutôt des griefs envers la gérante ou ses complices. Aucun n'avait de raison de s'en prendre à John ou même de rendre service à cette femme. En résumé il avait collecté une foule d'indice et autres éléments à charge contre Agnès qui venaient étoffer le dossier d'accusation mais pas la moindre piste sur l'agression qui semblait pour lui bien plus importante que le reste ! Il rassembla quelques dossiers qu'il avait mis de côté, voulant vérifier l'emploi du temps de quelques personnes qu'il avait repéré, la plupart parce qu'elles avaient déjà eu des problèmes avec la justice. Mais c'était un travail de fourmi et il aurait eu bien besoin de renfort. Le plus efficace était momentanément déconnecté. Finch lui envoyait bien quelques informations mais il était loin de ses performances habituelles ce que Fusco comprenait parfaitement. Et dans une heure il devrait se mettre en route pour escorter Alix au tribunal. Il ouvrait un autre dossier lorsqu'il s'entendit interpeller :
-« Inspecteur Fusco ? » Il leva les yeux vers l'agent qui se tenait devant son bureau, tripotant sa casquette
-« Oui ? » demanda celui-ci puis il le reconnu « Agent Webster »
-« Excusez-moi inspecteur. Je voulais savoir si vous avez des nouvelles du chien. Vous savez l'intervention de dimanche… » Précisa t-il, embarrassé
-« Il va bien. Le vétérinaire a extrait la balle, il ne devrait pas avoir de séquelle »
-« Oh tant mieux ! » s'exclama le jeune agent « Il était tellement… » Fusco l'interrogea du regard « Il n'a pas essayé de me mordre pourtant il avait mal ça se voyait »
-« Bear n'est pas un chien comme les autres »
-« C'est ce que je pense » approuva Webster « Et le type dans la piscine, il était avec lui ? »
-« Oui c'était son maître» L'agent fronça les sourcils
-« Mais l'homme à la clinique ? »
-« Bear a deux maîtres »expliqua Fusco prudemment
-« Ah ? Et il s'en est sorti aussi ? Le premier ? »
-« C'est plus compliqué mais c'est en bonne voie »
-« Vous enquêtez là-dessus alors ? » demanda l'agent en torturant à nouveau sa casquette
-« Ouais » Lionel le fixa « Il se trouve que cet homme est un ami alors j'ai bien l'intention de coincer celui qui les a visé » ajouta t-il fermement
-« Je comprends. Si je peux…faire quelque chose » hasarda Webster
-« Merci » L'agent hocha la tête et fit demi-tour. Fusco l'observa. Il avait déjà repéré ce jeune agent. Il était intelligent et dévoué, à priori une bonne recrue. « Peut être… » Songea t-il « Agent Webster ! » Appela t-il. Le jeune homme se retourna
-« Oui ? »
-« Vous voulez vraiment aider ? »
-« Heu… oui. Je ne demanderais pas mieux »
-« Dans ce cas, j'ai besoin d'un assistant »
-« Qu'est ce que je dois faire ? » demanda le jeune homme
-« J'ai besoin de vérifier les alibis des suspects de ces dossiers » annonça Lionel en désignant une grosse pile devant lui. Il observa l'agent pour déceler un éventuel découragement mais Webster s'avança vers la pile l'air décidé
-« Je veux bien essayer »
-« Ok. Mais attention : les résultats à moi et seulement à moi ! »
-« Entendu inspecteur. Je n'en parlerais à personne d'autre »
-« Alors bon courage »
-« Merci inspecteur ! » lança l'agent en saisissant la pile. Il l'emporta et Fusco se dit qu'il avait peut être trouvé le renfort qui lui manquait.
.
OoooooooooO
.
Finch tournait en rond, incapable de se concentrer. Son dos lui faisait mal mais il ne s'en préoccupait pas. Il entendit enfin du bruit dans le couloir et la porte de la chambre s'ouvrit. Cela faisait presque une heure et demi que Mégan avait emmené John ! Il vit un infirmier réinstaller le lit et Beth s'occuper des branchements. La médecin surveillait les opérations. Il sentit l'étau qui lui enserrait la poitrine se desserrer un peu en la voyant sourire. Elle tourna la tête et il s'accentua. Elle se détourna et le rejoignit
-« Vous ne m'aviez pas dit que ce serait si long »lança t-il aussitôt. Mégan ne releva pas, elle se doutait que c'était l'inquiétude qui parlait
-« Tout va bien Harold. Les résultats sont convenables, il n'y a pas d'insuffisance » Finch soupira
-« Désolé » murmura t-il
-« Asseyez vous un peu, depuis combien de temps êtes vous debout ainsi ? » Finch ne put masquer totalement une certaine raideur lorsqu'il s'assit et Mégan fronça les sourcils « Vous n'allez pas l'aider en agissant de cette façon! » L'informaticien écarta les mains en signe d'impuissance
-« C'est ma façon de réagir au stress » remarqua t-il. La médecin secoua la tête
-« Je me doute que ce n'est pas évident mais vous rendre malade n'arrangera rien Harold. Sans parler du mécontentement de John à son réveil »
-« Il pourra dire que je ne vaux pas mieux que lui » murmura l'informaticien
-« Oh il me semble que vous faite la paire ! Je me souviens parfaitement combien il était intenable lors de votre hospitalisation après cette histoire avec un trafiquant »
-« Il était juste… inquiet»
-« Hum. C'est très expansif l'inquiétude chez lui Harold»
-« Sans doute. Les résultats des examens sont-ils à la hauteur de vos espérances ? » Demanda Finch
-« Tout à fait. C'est un bon élève » affirma la jeune femme « Je pense que vous pouvez prévoir un déménagement pour demain »
-« Bien » murmura l'informaticien
-« Ce sera plus confortable » estima Mégan « Et en attendant je vais aller vous chercher un comprimé et vous allez vous allonger un peu »
-« Docteur… »
-« Ok. Vous pouvez aller le voir d'abord…. » L'informaticien ne se le fit pas répéter deux fois et se rendit immédiatement dans la chambre « Mais il va falloir que nous revoyons le concept d'être raisonnable » termina Mégan même s'il ne l'écoutait plus
Finch trouva Reese moins détendu, les traits légèrement tirés
-« C'est la fatigue des examens M Wren » commenta Beth « Même maintenu en sommeil il perçoit beaucoup de chose, y compris les douleurs un peu trop fortes mais cela n'a pas duré » ayant terminé, l'infirmière s'éclipsa et Finch profita qu'ils étaient seuls pour poser un baiser sur les lèvres de son compagnon. Elles étaient sèches et à peine tièdes mais cela lui fit du bien
-« Je vous attends » chuchota t-il en serrant sa main un peu plus fort. Lorsqu'il revint dans le bureau il trouva Mégan qui l'attendait avec un plateau repas et un comprimé. Comme la veille il l'écouta distraitement. En partant elle lui répéta de se reposer et il finit par lui obéir. Sous l'effet de la fatigue et du médicament il s'endormit rapidement sans même s'en rendre compte et ne vit pas l'infime mouvement qui agita la main de John quelques instants
Finch s'éveilla vers 17H30 et mit un instant à se reconnaitre. Il soupira lorsque la réalité revint le frapper, mais ce sommeil lui avait fait du bien. Il se demanda si le docteur ne lui avait donné qu'un antalgique. John ne semblait pas avoir bougé. Il consultât son téléphone et lu les 14 sms de Lee avant d'écouter les deux messages de l'inspecteur qui lui relatait l'interrogatoire d'Alix. Celui-ci faisait indéniablement avancer l'enquête contre Agnès, Alix leur ayant précisément expliqué les rouages de l'organisation. Mais cela n'apportait rien de nouveau à la sienne. Il annonçait aussi sa visite pour le soir. L'informaticien se leva, fit quelques étirements et se rendit dans la petite salle d'eau pour se rafraichir. Il alla au distributeur prendre une boisson. Son thé habituel lui manquait cruellement mais pas au point d'en commander un sur l'appareil. Au retour il vérifia son ordinateur, toujours pas de numéro. La machine avait-elle pris en compte l'indisponibilité de son agent ? Elle avait évolué avec le temps et c'était une éventualité à retenir. En tout cas ce silence l'arrangeait bien.
.
OoooooooooO
.
La pendule indiquait 18H15. Fusco referma le dossier qu'il terminait de lire. Il devait passer à l'hôpital puis il rentrerait, tard encore une fois, mais c'était pour la bonne cause. Il saisissait son manteau lorsqu'il vit l'agent Webster entrer dans la salle et se diriger vers son bureau, ses dossiers dans les mains.
-« J'ai fini » annonça t-il avec un sourire satisfait, posant la pile au coin du bureau
-« Fini ? Vous avez parcouru tous ces dossiers ? »
-« J'ai interrogé les neuf couples inspecteur. Dix huit personnes. Enfin j'ai eu de la chance je les ai trouvé facilement, souvent ensemble » Fusco lui adressa un regard interloqué
-« Et vous avez pris des notes ? »
-« Quelques une mais ce n'est pas trop mon truc »
-« Et vous pensez vous rappeler de tout ? » ironisa Fusco un peu déçu
-« Oh non c'est trop ! En fait je préfère enregistrer » affirma le jeune homme en sortant un petit appareil enregistreur de sa poche « C'est mieux, on garde un témoignage plus fiable » précisa t-il tranquillement. Fusco n'en croyait pas ses oreilles mais il retrouva le sourire
-« Excellent ! Et vous avez trouvé quelque chose d'intéressant ? »
-« Pas vraiment inspecteur. Désolé, mais à priori tous ces gens ont un alibi solide sur l'horaire qu'on cherche »
-« Ca reste du bon boulot agent Webster et ça m'avance bien, merci »
-« Pas de quoi inspecteur » répondit le jeune homme visiblement fier du compliment « Je pourrais peut être continuer demain ? Si vous en avez d'autre ? »
-« Ce ne serait pas de refus » accepta Fusco « revenez demain à 9H »
-« Je viendrais »
-« Merci agent Webster… Vous avez un prénom ? »
-« Tony… Enfin, je m'appelle Antoine mais tout le monde m'appelle Tony »
-« Ok. A demain alors » Le jeune homme lui adressa un large sourire et quitta la salle satisfait. Fusco songea qu'il avait réellement trouvé un assistant et quitta le poste un peu rasséréné pour se rendre à l'hôpital
