Qui veut une petite suite ?
Il nous faut des nouvelles de nos patients
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Ninja je te dédie de chapitre pour ta fête ! (même un petit peu en retard : )
Merci à celles qui me lisent et laissent un petit commentaire toujours apprécié
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Bonne lecture !
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Fusco frappa un coup bref et entra sans bruit dans le bureau. Finch était assit devant la vitre de séparation. Il tourna la tête pour identifier le visiteur et l'inspecteur vit sa lassitude à la façon dont il se tourna légèrement, presque prudemment, pour l'accueillir. Le moindre de ses gestes trahissait sa fatigue, ses inquiétudes aussi et il y avait son regard, si différent de celui si serein qu'il arborait d'ordinaire lorsque John était tout près. Un bref coup d'œil l'avertit que rien n'avait changé pour leur complice, mais il le savait, Mégan le tenant informé régulièrement.
-« Salut Finch, vous étiez dans vos pensées ? »
-« Un peu inspecteur. C'est une… forme d'évasion »
-« Il est en bonne voie » affirma Lionel en prenant place
-« Je sais. Mais je ne serais vraiment rassuré que lorsque Mégan le déclarera officiellement hors de danger »
-« C'est normal »
-« Du nouveau inspecteur ? » Fusco soupira
-« Rien. Enfin rien sur l'agression. Pour le reste je crois qu'Agnès va être bien surprise du résultat. Il ne va pas lui rester beaucoup d'alliés »
-« Il reste à voir selon l'identité de ceux qui lui resteront »
-« Ouais. Les plus connus devraient la fuir pour sauver leur réputation non ? » Supposa l'inspecteur. « Je vais aller l'interroger demain » Ajouta Lionel après un silence
-« Vous pensez qu'elle vous donnera des informations ? » Fusco grimaça
-« Pas vraiment » Finch hocha la tête
-« Elle ne vous dira rien. Cela fait partie de sa vengeance »
-« Qu'elle parle ou pas ça ne m'empêchera pas de coincer le salaud qui a fait ça à John » Affirma Fusco d'un ton ferme. Harold ne répondit pas. Détournant la tête, il fixa son compagnon d'un regard absent « Finch ? Ca ne va pas ? » S'inquiéta son vis à vis
-« Ca va inspecteur »
-« Qu'est ce qu'il y a Harold ? » insista ce dernier
-« C'est juste que… Je me sens un peu responsable de tout ceci » murmura l'informaticien
-« Pourquoi vous dites ça ! » s'insurgea Fusco
-« C'est à cause de moi que John a mené cette mission. N'oubliez pas que je reste son employeur » Finch soupira « Je l'ai engagé pour mener des missions périlleuses qui mettent sa vie en danger. Alors s'il est blessé ne suis-je pas finalement aussi coupable que le tireur ? »
-« Vous oubliez une chose Finch : John est parfaitement consentant ! Il connait les risques depuis le premier jour et il les accepte. Vous croyez qu'il refuserait pas le boulot s'il en avait assez ? » Protesta Fusco « Au début peut être, parce qu'il n'avait rien alors il s'en foutait de s'exposer, mais aujourd'hui qu'il a une vie qu'il aime, une famille, des amis, il continu parce qu'il apprécie ce boulot, l'enjeu. Sauvez des gens c'est ça qui le motive, vous ne le forcez pas ! »
-« Je n'en suis pas sur… »
-« C'est la fatigue qui parle, ça vous file des idées noires Finch ! » l'interrompit Fusco « Mais vous devez vous reprendre parce que vous n'allez pas l'aider en pensant comme ça ! Et Bear non plus ! » Assena t-il « Si vous continuez je vous envoie Bella ! » Menaça t-il finalement. A ce prénom Finch se tourna vers lui, interloqué
-« Pardon ? »
-« Sven m'a appelé pour avoir des nouvelles. J'ai jugé que je devais lui dire la vérité et il a promis de se taire enfin sauf pour Bella. Sinon il n'avait plus qu'à émigrer à l'autre bout du pays jusqu'à la guérison de John parce qu'elle aurait forcement soupçonné un truc et forcement réussi à le faire parler ! » Ironisa Fusco « Ne vous en faites pas, ça ne s'ébruitera pas davantage, mais si vous déprimez je peux aller la chercher »
-« Non merci, je vais déjà mieux ! » affirma l'informaticien
-« Je préfère » se moqua Fusco « C'est demain qu'on le change de chambre, ça aussi ça vous fera du bien, l'environnement sera mieux »
-« En effet » Finch posa la main sur celle de son ami « Merci Lionel » murmura t-il. L'inspecteur écarquilla les yeux de surprise
-« Pas de quoi » bredouilla t-il
-« Je ne vous demande pas de nouvelles de Lee et de Bear. J'en ai très très régulièrement » Fusco fronça les sourcils
-« Il exagère c'est ça ? »
-« Laissez le faire, cela me rassure. Au moins je n'ai pas de souci à me faire pour Bear je sais qu'il est bien entouré. Au pire je le retrouverais avec un ou deux petits kilos de plus ? » Suggéra Finch
-« Hum. Ce sont… les inconvénients de la convalescence ? »
-« Disons cela »
-« Bon si tout va bien. Je vais y aller. En cas de besoin, vous me bipper Finch ? »
-« Entendu. N'hésitez pas à m'envoyer quelques recherches cela me distrait »
-« OK. Vous laissez pas démoraliser. Il n'aimerait pas »
-« Promis » murmura l'informaticien. Il observa la porte se refermer sur leur complice. Il avait raison bien sur, ce n'était pas le moment de se laisser envahir par cette culpabilité qui ne le quittait jamais vraiment tout à fait. Surtout depuis qu'ils étaient en couple. Mais sachant l'importance de leur travail pour John il avait appris à la garder enfouie dans un coin de son esprit. Simplement il faisait attention à leur ménager un peu plus de moments de repos, de détente, des moments pour se retrouver, pour profiter de leur vie, de l'autre. Il resta un moment assit dans son fauteuil laissant ses pensées dériver vers le passé ou le futur…
L'entrée de l'aide soignante avec le plateau repas l'interrompit. Il se reconnecta à la réalité pour se plier aux ordres de Mégan. Puis il s'accorda dix minutes près de son compagnon avant de se préparer pour une nouvelle nuit solitaire.
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Fusco pénétra dans la petite pièce aux murs gris seulement meublée d'une table et de deux chaises. Agnès Marbery attendait, assise très droite sur son siège, l'air impassible, engoncée dans la tenue orange des prisonnières, visiblement une taille trop grande pour elle. Elle le suivit des yeux comme il prenait place devant elle.
-« Bonjour Miss Marbery. Inspecteur Fusco » annonça t-il en s'installant. La femme esquissa un sourire moqueur
-« Inutile de vous présenter inspecteur, je n'oublie jamais le nom de mes ennemis »
« Le ton est donné » songea Lionel « Moi non plus » rétorqua t-il
-« Si vous êtes venu m'interroger sur mes affaires ou mes clients vous auriez pu vous épargner le trajet. Vos collègues m'ont déjà interrogé et je n'ai rien dit. Je ne compte pas faire d'exception pour vous »
-« Je ne m'attend pas à ce que vous m'accordiez un traitement de faveur. Avec les témoignages de vos complices ou ex complices nous en savons bien assez »
-« Elles ne connaissent pas la moitié de mes affaires » affirma la jeune femme, méprisante
-« On se contentera bien des 50% » ricana Fusco. Agnès se pencha vers lui
-« Encore faudra t-il que vous conserviez vos témoins » persifla t-elle
-« Ne vous inquiétez pas : ils sont en sécurité » répliqua Fusco sans se démonter
-« Nous verrons inspecteur » jugea la femme en se réinstallant contre le dossier de sa chaise
-« Et si nous perdons quelques témoins il nous restera nos écrits, voir les votre. Nous savons que vous teniez un registre»
-« Je l'ai détruit avant que vous ne m'arrêtiez »
-« C'est ce que vous avez voulu nous faire croire »
-« N'avez-vous pas retrouvé les cendres chez moi ? »
-« Rien ne dit que c'était celles de ce carnet »
-« Rien ne dit le contraire »
-« En admettant que ce soit le cas, une de vos complices nous a dit que vous déteniez une copie »
-« Vraiment ? »Demanda Agnès « Elle était bien renseignée » ricana t-elle
-« Elle n'a pas vraiment de raison de mentir » remarqua Fusco « Au contraire »
-« Vous n'avez rien » constata la femme
-« Nous trouverons »
-« Bonne chance » se moqua Agnès
-« Vous feriez mieux de coopérer. Si vous nous donniez cette copie le juge pourrait alléger votre peine »
-« Ou l'aggraver » rétorqua Agnès « Il est fort possible que le contenu ne lui plaise pas »
-« Vous bluffez » estima Fusco
-« A vous de juger inspecteur »
-« En ce qui me concerne je préfère que vous restiez sur vos positions, la sentence n'en sera que plus lourde » déclara tranquillement celui-ci. La femme le fusilla du regard, furieuse. « Peu importe » trancha alors Lionel « Je ne suis pas là pour ça » Agnès lui jeta un regard en coin, perplexe. « Votre affaire est bouclée je laisse mes collègues gérer la suite, moi c'est une autre que je veux résoudre » Cette fois l'ex gérante fronça les sourcils, Fusco planta son regard dans le sien « Je veux le type que vous avez engagé pour vous venger de John Rooney »
Agnès plissa les yeux. Un instant elle parut désarçonnée par l'affirmation mais elle se reprit rapidement
-« Je n'ai rien à vous dire à ce sujet »
-« Je sais que vous avez engagé un tueur, sans doute pour le cas où vous ne pourriez agir vous-même. A moins que vous n'ayez déjà donné vos instructions avant parce que John vous gênait ? » Agnès tourna la tête et resta muette. « Je retrouverais ce type, c'est une question de temps. Mais si vous acceptiez de parler cela pourrait vous valoir une certaine indulgence ? » Suggéra l'inspecteur. La femme eut un petit rire
-« Encore ? Vous êtes décidément bien généreux »
-« Par intérêt » remarqua Lionel.
-« Avez-vous seulement un élément pour me relier à cette agression ? »
-« Nous trouverons bien »
Agnès se redressa, énervée
-« Vous me prenez pour une imbécile inspecteur ? Vu le nombre d'inculpation qui planent sur moi, pensez vous que j'en souhaite une de plus ? Et je doute qu'un juge se montre clément envers une tentative de meurtre. Je préfère compter sur mes relations»
-« Etes vous sure qu'elles vous soutiendront ? »
-« Dans tout les cas ça ne changera pas grand-chose » remarqua Agnès avec un haussement d'épaules.
-« Comme vous voudrez » affirma Fusco contrarié. La jeune femme releva la tête et le fixa
-« Si vous voulez un nom, il me faudra une véritable compensation » lança t-elle
-« Mais encore ? »
-« Je veux un droit de visite »
-« Pour votre petit ami ? »
-« Non. Pour mon chien »
-« Le chien ? » répéta Fusco surpris
-« Je veux voir mon chien. Qu'on me l'amène une fois par semaine »
-« Aucun juge n'acceptera ça »
-« Vous voulez un nom, je veux mon chien » s'entêta la femme
-« Je ne crois pas que nous allons faire affaire »
-« Alors cette discussion est close inspecteur » répliqua Agnès en se réinstallant sur son siège, croisant les bras dans une attitude hostile indiquant bien son refus de continuer la conversation
-« Si vous changez d'avis faite le moi savoir » jugea Fusco en se levant. La jeune femme ne répondit pas se contentant de lui adresser un regard glacial tandis qu'un gardien venait la chercher pour la reconduire dans sa cellule « On en tirera rien » grogna Lionel exaspéré. Il devait pourtant bien exister un moyen de piéger cette femme ? Il quitta la prison agacé et frustré et retourna au poste continuer son enquête.
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Il était presque 13H lorsque l'aide soignante entra dans le bureau pour reprendre le plateau, retenant la porte pour Beth qui la suivait
-« Je viens vous prévenir M Wren, nous allons transférer M Randall dans quelques minutes. Voulez vous que je vous aide à rassembler vos affaires ? »
-« Merci. Je n'ai pas grand-chose »
-« Je vais porter votre sac ce n'est pas très loin, vous serez dans le service de Mégan deux étages en dessous »
-« Il est spécialisé ? » interrogea Finch tout en rassemblant ses affaires
-« Pas vraiment. Ses patients souffrent de pathologies parfois très différentes comme pour chaque médecin de cet établissement. Mais les spécialistes passent régulièrement à chaque étage » expliqua la jeune femme « M Wren ? »
-« Oui ? »
-« Mégan a du déclarer que vous étiez en soin vous aussi pour que vous puissiez rester »
-« Je ne la trahirais pas Beth, soyez sans inquiétude » l'infirmière sourit
-« Nous sommes doués pour les complots M Wren » affirma t-elle avec un clin d'œil complice. Elle prit le sac tandis que Finch rangeait sa trousse de toilette. Il laissa son regard parcourir le petit bureau. Ce lieu resterait pour lui associé à des heures parmi les plus sombres de son existence et il n'était pas fâché de le quitter. En même temps il s'était découvert de nombreux soutiens et ça c'était un bon souvenir
-« Suivez moi M Wren, nous allons prendre l'ascenseur » l'invita Beth. Il la suivit docilement. Dans le couloir ils croisèrent deux infirmiers qui venaient s'occuper du patient. L'ascenseur s'arrêta au bon étage et Beth le guida « A gauche, c'est la chambre du milieu » Beth poussa la porte qui s'ouvrit sur une pièce aux murs blancs sommairement meublé. Finch la détailla et fixa le lit, perplexe. « M Randall garde son lit d'examen » précisa la jeune femme comme si elle avait deviné ses pensées. Elle posa son sac sur le lit « Vous serez mieux installé ici et vous aurez une salle de bains »
-« J'apprécie » jugea l'informaticien. Que le confort fût sommaire ne le dérangeait pas, en revanche l'absence de salle de bains lui avait pesé. Des bruits dans le couloir les avertirent de l'arrivée des infirmiers. Ils entrèrent et placèrent le lit dans l'espace libre. Beth s'approcha pour réinstaller les perfusions alors qu'un infirmier vérifiait les branchements
-« Voilà ce sera beaucoup mieux » Beth se tourna vers Finch « Avez-vous besoin d'autre chose M Wren ? Vous avez pris votre traitement ? »
-« Oui Beth. Je suis un patient modèle » La jeune femme approuva d'un hochement de la tête « Je vous remercie tout va bien »
-« Dans ce cas je vous laisse mais je ne suis pas loin »
-« Entendu » Finch attendit qu'elle ait quitté la chambre pour se rapprocher de son compagnon, caressant ses cheveux d'un geste machinal, il lui parla doucement « Cette chambre est beaucoup plus accueillante, si l'on peut employer ce terme dans un hôpital » jugea t-il « Et plus rien ne nous sépare. Vous y serez mieux et moi aussi pour vous attendre » Il continua quelques minutes puis se décida à aller ranger ses affaires. Il alla déposer sa trousse de toilette dans la salle de bains, constatant que son flacon de gel douche était presque vide il songea qu'il irait peut être à la boutique un peu plus tard. En attendant il retourna dans la chambre, bougea le fauteuil pour le rapprocher du lit où reposait son partenaire et s'y installa avec son ordinateur. Assuré qu'il allait bien, il entreprit quelques recherches pour s'occuper, pas très concentré mais cela canalisait ses pensées.
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Bella fit irruption dans le bureau après avoir frappé un coup si bref qu'il en était inexistant. Terry faillit renverser son café sur son journal et Sven en lâcha son stylo.
-« Alors ? Des nouvelles ? »
-« Non Bella, pour la troisième fois non»
-« Quatrième » corrigea Wells, se faisant fusiller du regard par sa costumière
-« Et tu restes comme ça sans rien faire ? »
-« Bella, je t'ai dis que je préfère appeler l'inspecteur Fusco le soir, il aura plus d'informations, et il n'est que 16H » expliqua calmement Sven
-« Et il ne peut pas te renseigner dans la journée ?! »
-« Il n'est pas en permanence avec eux »
-« Alors envoi un message à Harold ! »
-« Je ne veux pas le déranger tant que John est en soins intensifs. Ensuite ça ira beaucoup mieux » Sven bénit le reflexe qu'il avait eu de faire jurer à sa collègue qu'elle ne harcèlerait pas Finch, avant de lui résumer la situation
-« Quand ? » insista celle-ci énervée
-« Bientôt. L'inspecteur a dit qu'il ne tarderait plus à être transféré dans une chambre normale »
-« Et on pourra le voir ? »
-« Oui quand il sera dans un autre service il pourra recevoir des visites » La costumière soupira
-« C'est trop long ! »
-« Allons Bella ça ne sert à rien de t'énerver » tempéra le secrétaire
-« Mais enfin comment veux tu que je reste calme ?! » explosa la vieille dame « Tu m'annonces qu'un salaud a à moitié assassiné John et le chien et qu'Harold se retrouve seul, c'est une catastrophe, et tu veux que je reste calme ! »
-« Je t'ai dit aussi qu'ils sont bien soignés, que M Wren est entouré et que l'inspecteur Fusco nous tiendra au courant. Et il le fera je lui fais confiance »
-« Ouais une fois l'an » grogna la costumière de mauvaise foi
-« Bella ! Qu'est ce que tu fais ? »S'alarma Sven comme elle s'emparait de son portable qu'il avait laissé sur le bureau
-« Je récupère le numéro de pied tendre. Je vais le secouer moi »
-« Si tu ne le laisse pas enquêter il ne trouvera jamais le coupable » objecta Terry
-« Mais on ne peut pas laisser les gens sans nouvelle » murmura Bella, s'efforçant de rester impassible, mais sa voie faiblissante la trahissait. Sven devinait ses inquiétudes et sa peine. Il se leva et la prit dans ses bras
-« D'accord, je te donne le numéro, mais promet moi de ne pas harceler l'inspecteur et de ne pas t'énerver s'il tarde à te répondre » Bella pinça les lèvres mais accepta
-« D'accord »
-« Je t'envoi son numéro par SMS »
-« Je vais tout de suite lui écrire il faut que je sache ! » affirma la costumière et elle fit demi tour pour retourner dans sa loge de son allure de tempête
-« Je t'avais dit qu'elle serait intenable » commenta Terry
-« Je sais. Mais on ne pouvait pas lui cacher la nouvelle »
-« Oh non ! On avait pas une chance ! Encore heureux que tu lui as fait promettre de ne pas appeler »
-« Je connais son côté un peu…excessif »
-« Un peu beaucoup » marmonna Wells en reprenant son journal
Dix minutes s'écoulèrent puis Célia fit irruption dans le bureau, paniquée
-« Terry ! Sven ! Qu'est ce qui est arrivé à M Wren et M Randall ? » S'exclama t-elle. Les deux hommes échangèrent un regard désespéré
-« Bella avait promis de garder le secret ! » se plaignit le secrétaire
-« Elle ne m'a rien dit. Je l'ai entendu se disputer avec Luc. Il n'arrive plus à la suivre depuis ce matin. Et Luc lui a dit que stresser autant n'aiderait pas John à guérir et Harold à aller bien ! Alors ? »
-« Je me doutais qu'il ne fallait pas compter sur Luc il n'a aucune autorité sur elle » soupira Sven
-« Parce que tu connais quelqu'un qui a de l'autorité sur Bella ? » commenta Terry
-« Bien. Célia je vais t'expliquer mais secret absolu pour tout les autres ! » Exigea Sven. La jeune femme leva la main comme pour jurer. Cinq minutes plus tard elle quittait le bureau, décidée à être le soutien de Bella
-« Ce n'est peut être pas une mauvaise chose que Celia soit au courant » émit Wells
-« Il est vrai qu'elle a une certaine influence sur Bella » admit son compagnon
-« Bon. Est-ce que je vais pouvoir lire mon journal tranquille ? »
-« Jamais deux sans trois » ironisa Sven
-« Je vais fermer la porte à clé si ça continue » marmonna le gérant
-« Tu dois rester disponible pour tes employés Terry » Ce dernier fit mine de réfléchir puis affirma d'un ton tranquille :
-« Mon employé préféré étant ici avec moi les autres je m'en fiche ! »
-« Ils seraient ravis d'entendre cela ! Et s'ils se mettent en grève tu as pensé au spectacle ? »
-« S'ils ne veulent plus danser je resterais chez moi et je saurais bien m'occuper » avec un sourire entendu
-« Lis ton journal au lieu de dire des bêtises » grogna Sven en reprenant son dossier mais Terry sourit car il n'était visiblement pas aussi fâché qu'il voulait le laisser croire.
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A l'autre bout du cabaret, Célia frappa un coup à la porte de la loge. Bella leva le nez de son téléphone
-« Ce maudit machin est encore bloqué » grogna t-elle « Il affiche des trucs bizarres et je ne peux pas écrire ! » la danseuse sourit
-« Tu vas trop vite pour les touches Bella je te l'ai déjà dit ! » Elle s'assit à côté de la costumière et lui prit doucement le portable des mains. La vieille dame la regarda manipuler l'appareil d'un œil méfiant
-« Voilà » affirma la jeune femme en lui rendant son appareil
-« Merci. Heureusement que tu connais tout les trucs ! » Celia lui prit la main
-« Sven m'a dit pour John et Harold… »
-« Quoi ?! » l'interrompit Bella « Il m'a obligé à jurer le secret ! » protesta t-elle « Et lui il en parle à tout le monde ! »
-« Pas à tout le monde, juste à moi » corrigea la danseuse « Il a estimé que ce serait une bonne idée, pour que je puisse t'aider »
-« J'ai pas besoin d'aide » marmonna Bella
-« Même pas un petit soutien moral ? »
-« Non ! Ou alors contre lui parce qu'il me laisse pas appeler comme je veux !» Celia devina que son amie était vexée, cela lui ressemblait bien. Elle se rapprocha et posa la tête sur l'épaule de la vieille dame « Ah ben voilà ! Il faut que je te console maintenant ! »
-« On pourrait se consoler mutuellement ? » suggéra Celia
-« Hum »
-« Bella, je sais combien tu es attachée à John et à Harold. Ce n'est pas la peine de te cacher » La costumière soupira
-« Un peu trop tu trouves ? »
-« Non pourquoi ? Pourquoi faudrait-il se limiter quand on aime ? C'est toi qui me l'a appris »
-« T'es pas obligé de retenir tout ce que je dis ! »
-« Non mais je le fais parce que tu es toujours de bons conseils. Et parce que je t'aime beaucoup » ajouta Célia en tournant la tête. Bella hésita puis finalement baissa sa garde
-« Moi aussi Célia, tu es une brave » affirma t-elle « Ils sont différents tu comprends ? Spéciaux… »
-« Oui je sais »
-« Je me rappelle quand John est arrivé pour jouer les gardes du corps. Aussi respectueux qu'insolent ! Ce qu'il m'agaçait au début ! »
-« John a toujours la bonne réplique au bon moment » s'amusa Célia
-« Ouais. Et il vise juste ! »
-« Heureusement que tu as changé d'avis ! »
-« Bah, j'ai toujours eu un faible pour les mauvais sujets !»
-« Tu trouves ? » taquina Célia «Moi je trouve qu'il émane de John une sorte de force tranquille… il est rassurant »
-« C'est vrai. Enfin en premier il est un peu froid, il faut gratter un peu. Et Harold est pareil »
-« Et toi aussi ! »
-« Mais ! » protesta la costumière en donnant une tape sur la main de la jeune femme qui gloussa
-« C'est bien qu'il soit gentil sinon j'étais démasquée avec les chatons » se rappela t-elle
-« Ah ça il est perspicace ! Mais John n'est pas gentil, il est bon c'est différent. Et Harold est comme lui. Chacun à sa façon mais c'est la même bonté au final. Faut être généreux pour sauver des gens comme ils font sans rien demander ! »
-« Je n'ai jamais très bien compris… » Commença Célia
-« Et faut pas chercher à comprendre ! » trancha Bella « C'est leur secret ! »
-« Tu as raison » approuva la jeune femme « C'est leur vie. Et ils vont bien ensemble ça c'est sur »
-« Oui. Je crois que chacun a été crée pour venir compléter l'autre » estima la costumière après un instant de réflexion
-« Ce sont des âmes sœurs »
-« Ca ne leur fait pas la vie facile pour autant mais leurs disputes ne peuvent pas durer »
-« Il y a une question de caractères aussi. Mais en cas de besoin tu aides à la réconciliation » suggéra Célia
-« Tu sais ça aussi toi ? » protesta Bella en fronçant les sourcils
-« Un peu ? »
-« Mouais. De toute façon c'est pour la bonne cause. Ils ne peuvent pas vivre séparément »
-« Non. Rien qu'à la façon dont ils se regardent on voit bien qu'entre eux c'est… »
-« Infini ! » coupa Bella « Alors comment tu veux que je reste calme avec ce qui est arrivé ? »
-« Parce que t'énerver ne servira à rien ? À part te faire monter la tension ? »
-« C'est ma nature » grogna la costumière
-« Je sais. Et Luc aussi » approuva la danseuse avec un petit rire
-« Hum. Je l'ai peut être un peu bousculé… » admit la vieille dame « Mais il est … trop raisonnable ! »
-« Et toi de mauvaise foi ! » répliqua Célia
-« Oh ! »
-« Par chance Luc est habitué mais je dirais que quelques mots d'excuses…. Enfin quand tu auras envoyé une demi douzaine de SMS à l'inspecteur ?»
-« Célia ! » gronda Bella
-« Parce que tu comptais n'en envoyer qu'un ? » demanda la jeune femme l'air innocent
-« Mais elle me cherche la meneuse de revue ! » s'énerva la costumière « Tu tournes mal ma fille ! »
-« Parce que j'ai raison ? » insista Celia pas impressionnée
-« C'est bon, je vais me modérer ! Mais toi il va falloir refaire ton éducation ! »
-« Mais bien sur professeur » se moqua Célia avant de claquer un baiser sonore sur la joue de son amie « Ca va mieux ? »
-« Ouais ça va » marmonna cette dernière « Va répéter plutôt ! »
-« A vos ordres professeur ! » affirma la danseuse en se levant vivement. Cette fois la réplique lui valut un coup de coussin qui la fit s'enfuir en riant
-« Je suis entourée de mauvais sujets ! » protesta Bella en s'efforçant de paraitre vexée. Reprenant son portable elle tapa un SMS pour Fusco et l'envoya rapidement. Puis elle compléta l'envoi une fois, deux fois… Après la troisième elle s'arrêta pour ne pas donner raison à sa danseuse. Puis en attendant la réponse elle décida d'aller voir son compagnon, saisissant au passage une boite de chocolat dans son placard en guise de calumet de la paix. Dissimulée dans un recoin, Célia la regarda passer, chocolats dans une main, téléphone dans l'autre, l'air décidé, et elle sourit, satisfaite d'avoir réussie sa mission.
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Les heures s'était écoulée lentement mais lorsque l'aide soignante entra lui déposer son repas Finch fut surpris qu'il soit déjà si tard. Il referma son ordinateur et mangea. Il prit ensuite le temps de répondre aux SMS de Lee puis se rappelant qu'il devait descendre à la boutique il se leva de son fauteuil, prenant soin de poser un baiser sur le front de son compagnon avant de quitter la chambre, déjà pressé d'y revenir…
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Lorsqu'il revint quelques minutes plus tard, Finch resta un instant sur le seuil de la chambre, interdit, en voyant une petite fille brune assise dans son fauteuil. Les mains jointes sur son ventre, l'air sérieux, elle semblait monter la garde. Au bruit de la porte elle tourna la tête vers lui et lui sourit
-« Bonjour » lança t-elle joyeusement. Puis elle se leva et avança vers lui d'une démarche un peu inégale « Je m'appelle Alina » ajouta t-elle en lui tendant la main. Finch la serra machinalement
-« Harold Wren »
-« Harold ? C'est mignon » commenta la petite « Je tenais compagnie à ce monsieur » précisa t'elle en désignant Reese « C'est votre ami ? »
-« Oui»
-« Je m'en doutais vous ne l'avez pratiquement pas quitté depuis qu'il est arrivé dans sa chambre »
-« Tu es observatrice »
-« Mégan dit que je suis un lutin des couloirs » gloussa la fillette « Comment s'appelle t-il ? »
-« Il s'appelle John »
-« Venez vous asseoir » affirma Alina en lui prenant la main d'autorité « Vous allez être fatigué »
-« Merci » répondit Finch en s'asseyant. La fillette se hissa au bout du lit libre « Tu es une patiente du docteur Tillman ?
-« Oui. C'est mon médecin préféré. Qu'est ce qui lui est arrivé à votre ami ? »
Finch hésita
-« Disons qu'il est un peu policier et il a été blessé pendant une enquête »
-« C'est un méchant qui lui a tiré dessus ? »
-« En quelque sorte »
-« C'est pas sympa. Mais Mégan va bien le soigner, c'est la meilleure»
-« Je sais »
-« Vous aussi un méchant vous a fait du mal ? » interrogea l'enfant
-« Non. Moi j'ai eu…un accident »
-« Ah. C'est triste »
-« Et toi tu es malade ? »
-« Avant quand j'étais petite oui. Maintenant je vais mieux »
-« Tu ne me sembles pas si grande » remarqua Finch amusé
-« Ah si quand même j'ai presque sept ans !» rétorqua la fillette
-« Hum tu as raison c'est un grand âge mais vu du mien c'est encore jeune »
-« Ah oui du votre…Mais vous n'avez pas l'air si vieux »
-« Merci » murmura l'informaticien « Et maintenant Mégan soigne tes jambes ? » demanda t-il en la voyant frotter sa jambe droite d'un geste machinal
-« Pour l'instant oui. Bientôt elle va m'envoyer dans un centre où ils vont me guérir complètement. Je n'ai pas très envie d'y aller parce qu'elle n'y sera pas mais c'est mieux »
-« Je vois. Et tu y vas bientôt ? »
-« Je sais pas. Il faut que le directeur dise oui »
-« Et il refuse ? »
-« Non. Mais Mégan dit qu'il a des oursons dans ses poches »
-« Des oursins » corrigea Finch sans pouvoir retenir un mince sourire
-« Ah ? Peut être » admit l'enfant perplexe « Je ne connais pas tout les mots » précisa t-elle « Est-ce que vous allez rester ici ? » demanda t-elle en désignant du doigt son sac posé sur le second lit
-« Oui, je dois veiller sur John »
-« Les infirmières sont gentilles vous savez… enfin sauf une. Mais si vous restez il guérira plus vite ! »
-« C'est ce que je pense » affirma Finch
-« C'est bien. C'est pas facile tout seul. C'est pour ça que je vais souvent voir mamie Hortense elle n'a pas de visite »
-« C'est triste pour elle. Heureusement que tu es là » suggéra Harold. La petite fille eut un large sourire
-« Mégan dit que je suis une bonne assistante » se rengorgea t-elle. Bougeant pour mieux s'installer, elle continua de bavarder et Finch de l'écouter. Cette visite lui faisait du bien, le distrayant momentanément de ses soucis. Puis la fillette consultât sa montre et affirma d'un ton sérieux :
-« Je dois y aller, c'est l'heure »
-« Tu as des soins ? »
-« Non. Je vais voir Mamie Sophie au fond du couloir. Elle est toute seule deux jours par semaine et ça lui fait plaisir quand je lui tiens compagnie » précisa la petite en se laissant glisser au sol avec précaution
-« A moi aussi » remarqua spontanément l'informaticien
-« Ah oui ? Alors je reviendrais demain ! Bonne nuit Harold ! Et bonne nuit John ! » Lança la fillette en quittant la chambre de son pas tranquille
-« Bonne nuit Alina »
Finch se leva et saisit la main de son compagnon
-« Un drôle de petit phénomène » murmura t-il tout en caressant ses cheveux de l'autre « Mais elle est gentille » jugea t-il « J'aimerais que vous soyez réveillé pour vous la présenter » soupira t-il
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OoooooooooO
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Et demain j'ai un anniversaire…
