Hou hou… C'est bientôt Halloween… voilà une revenante : )

Bonne lecture !

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Finch finissait de débarrasser la table lorsqu'il sentit vibrer son téléphone. Il observa l'écran mais ne reconnut pas le numéro. Il décrocha, méfiant

-« Oui ? »

-« Monsieur Wren ? » demanda une voix féminine

-« Tu peux dire Harold maman ! » entendit-il alors. Il comprit l'identité de l'appelant, fit signe à son partenaire d'approcher et enclencha le haut parleur . John s'approcha et s'assied au bord de la table

-« Madame Nelson ? »

-« Oui. Je suis la maman d'Alina. M Wren, je voulais vous remercier, vous et Monsieur … »

-« Randall » chuchota la fillette

-« Monsieur Randall. Vous avez tellement fait pour mon enfant ! »

-« Autant qu'elle a fait pour nous Madame Nelson »

-« Oh non ! C'est… je ne pourrais jamais vous remercier assez ! C'est… le séjour et…et le travail » la voix de la femme se brisa

-« Oh maman ! » protesta Alina. Elle dut s'approprier le téléphone car ce fut sa voix qui résonna « Harold ? John ? »

-« Nous sommes là Alina »

-« Merci ! Vous êtes génial…géniaux ? Enfin vous êtes super tous les deux !» affirma l'enfant « Maman dit merci aussi pour tout mais elle pleure tout le temps depuis ce matin elle est terrible ! »

-« Elle est sensible Alina » jugea Finch

-« Tu veux bien aller au centre maintenant ? » interrogea Reese

-« Ah oui ! je n'ai plus peur, pas de dortoir, je verrais maman tout le temps et je vais devenir une championne ! »

-« Je n'en doute pas »

-« Moi non plus approuva l'ex agent

-« Merci Harold, Merci John »

-« Merci à toi petite squaw »répondit ce dernier

-« Il y a juste Megan qui va me manquer mais elle a dit que je pouvais lui écrire. Et j'ai les numéros de mamie Hortense et mamie Carole»

-« Tu pourras les rassurer et leur donner des nouvelles »

-« J'espère qu'ils auront aussi du chocolat là bas !»

Les deux hommes échangèrent un sourire. Si Alina en était à ce genre de détails c'est qu'elle n'était plus vraiment inquiète de son départ

-«Je suppose qu'ils ont aussi des distributeurs » suggéra Finch

-«Et tu trouveras bien quelqu'un avec qui partager » remarqua Reese «Quelqu'un qui ne soit pas déjà pris » chuchota t-il à l'oreille de son compagnon. Celui ci fronça les sourcils faussement fâché

-«On verra bien » constata la petite « Tu vois maman c'était facile ! » ajouta t-elle d'un ton joyeux

-« Je suis désolée » murmura la femme en reniflant

-« Ne t'inquiète pas, ils ont reçu le message ! »

-« Oui Alina, dit à ta maman que nous sommes heureux pour vous deux et c'est ce qui compte »

-« D'accord ! Je vous envoie des mails pour tout vous raconter. A bientôt Harold, sois sage John ! Et bonjour au chien ! »

-« Entendu Alina ». La communication cessa « Je crois que Miss Nelson n'était pas encore prête à appeler » affirma l'informaticien en se tournant vers son compagnon. John hocha la tête

-« Tu lui as donné beaucoup trop d'émotion Harold »

-« Et c'est de ta faute »rétorqua Finch

-« Moi ? »

-« C'est toi qui m'a demandé ce que je comptais faire pour elle »

-« Pour le traitement. Je n'avais pas parlé du travail »

-« C'était une option sous entendu »

-« Et ainsi c'est ma faute… »

-« Exactement ! »

-« Tu aurais eu l'idée tout seul de toute façon »

-« Mais tu l'as eu avant »

-« Ce n'est pas certain, te connaissant tu devais déjà y penser » jugea John

-« Ca tu ne le saura jamais ! » taquina Finch

-« Ah oui tu crois ça ? » Reese se leva et le prit dans ses bras « Moi je suis persuadé du contraire ! »

-« Non ! Tu n'auras pas d'aveu de ma part ! »

-« Peut-être pas tout de suite mais attends un peu que je sois au mieux de ma forme… » Menaça l'ex agent avant de le faire taire à sa façon

-« Si tu agis comme ça tu ne sauras vraiment rien » persista l'informaticien

-« Je relève le défi ! » répliqua John en reprenant ses baisers « et j'aurais le dernier mot cette fois ! »

-« Nous verrons M Reese, nous verrons ! »

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Le reste de la journée s'écoula tranquillement et Reese profitait de cette semi liberté retrouvée tout en se montrant plutôt raisonnable. Finch veillait sur ses patients et surveillait les messages. Messages singulièrement rares d'ailleurs et l'informaticien s'étonnait que la machine se montre aussi silencieuse. Mais ce n'était pas la première fois, elle semblait s'adapter d'elle-même aux situations d'indisponibilité de son agent. Tout se passa bien jusqu'à l'heure du coucher.

Finch vérifia le lit, tirant sur la couverture pour l'ouvrir

-« Tu peux te coucher quand tu veux » affirma t-il à son compagnon qui rentrait à cet instant. Reese fixa un instant le lit puis lui adressa un regard perplexe

-« Ici ? Tu veux que je dorme ici ? »

-« C'est ce qui est prévu » affirma Finch « Prescription du médecin. Sinon je n'aurais pas installé ce lit au milieu du salon »

-« Je pensais que c'était seulement une éventualité, en cas de problème »

-« Mégan a recommandé de l'utiliser la première semaine. Ce ne sera pas long » Jugea l'informaticien. John se rapprocha de lui et l'enlaça

-« Je me sens parfaitement bien Finch. Je serais aussi bien dans notre lit. Voir mieux, puisque je pourrais te tenir contre moi » Harold posa ses mains sur les siennes pour se dégager

-« John tu as promis d'être raisonnable et de suivre les prescriptions »

-« C'est ce que je fais mais là c'est ridicule »

-« Si le docteur Tillman l'a recommandé il y a une bonne raison John ! Pas question de t'y soustraire » répliqua fermement l'informaticien

-« Harold ! »

-« Non John ! Tu as promis ! »

-« Et bien j'aurais dû réfléchir avant de promettre ! » lança John agacé. Faisant demi tour il retourna sur le perron en claquant la porte. Finch soupira. Il craignait ce genre de réaction depuis la sortie de l'hôpital et elle n'avait pas tardé à se produire. Il décida d'aller se préparer en espérant que ce mouvement d'humeur ne serait que passager. Lorsqu'il sortit de la salle de bains dix minutes plus tard, il trouva John assied au bord du lit.

-« Je suis désolé » murmura t-il

-« Ce n'est rien »

-« Je continu de penser que cette mesure est stupide mais puisque tu y tiens » ajouta Reese avec un mouvement d'épaules fataliste

-« L'ordre ne vient pas de moi » corrigea Finch

-« Mais tu aurais pu l'adapter » rétorqua l'ex agent en prenant le verre d'eau et les gélules que lui tendait son partenaire. Celui-ci préféra ne pas répondre pour ne pas envenimer les choses et s'efforça de lui démontrer sa tendresse dans le long baiser qu'il lui donna avant d'aller se coucher. John la ressentit mais cela ne l'apaisa pas pour autant. Il resta à ruminer durant un long moment puis finit par se relever, trop nerveux pour dormir. Il passa la tête à la porte de la chambre pour s'assurer que son compagnon était endormi. Son souffle régulier le conforta. Saisissant une couverture au passage, il sortit alors sans faire de bruit et se réinstalla dans son transat. Là, bercé par le bruit des vagues et éclairé par la lumière des étoiles, il trouva facilement le sommeil. Mais il se réveilla aux premières lueurs du jour et s'empressa de regagner son lit pour ne rien laisser paraître de son escapade nocturne.

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Au matin suivant, lorsque Finch alluma son ordinateur, il sourit en découvrant un mail d'Alina. Il l'ouvrit pour le lire, ou plus exactement le décrypter, l'enfant ayant une conception bien particulière de la syntaxe et de l'orthographe !

-« Qu'est ce qui t'amuses autant ? » interrogea Reese en posant les mains sur ses épaules pour mieux se pencher vers l'écran

-« Les nouvelles du jour »

-« Hum je vois. La journaliste n'aurait-elle pas quelques soucis avec l'orthographe ? » S'amusa l'ex agent

-« Avec un peu d'entrainement c'est lisible. Mais peut-être faudra-t-il envisager quelques cours particuliers ? »

-« S'il n'y a pas de professeur employé au centre de rééducation je suis persuadé que cela changera vite »

-« Tu crois ? »

-« Il y aura bien un volontaire pour se promener du côté de leur studio. Au besoin tu lui donnera l'adresse » précisa Reese en lui adressant un clin d'œil complice.

-« C'est une incitation ? »

-« Peut être. Pour que tu puisses dire ensuite que c'est de ma faute ? » taquina l'ex agent

Finch lui adressa un sourire complice et entreprit de répondre à la petite fille.

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La machine se manifesta dès le début de la matinée. Finch s'installa sur une petite table casée dans un coin de la chambre pour improviser un petit bureau, collecta les informations et contacta l'inspecteur Fusco. John était resté près de lui le temps qu'il identifie le numéro puis il était sorti s'installer sur le perron avec son chien se sentant inutile. Il n'avait rien dit, se contentant d'observer mais Finch pouvait sentir sa frustration. Lui-même s'était senti mal à l'aise tant qu'il était resté près de lui, ne sachant pas trop quoi dire pour ne pas le vexer. Le sujet était des plus sensibles. Les autres fois, ce n'était pas si compliqué parce que la convalescence ne s'annonçait pas aussi longue. Il ne le revit pas de la matinée, mais Reese apparu dès qu'il l'appela pour le déjeuner.

-« Tout va bien ? » demanda t-il timidement

-« Oui. Et ta mission ? »

-« C'est en bonne voie » John se contenta de hocher la tête. « J'ai choisi un plat au hasard » éluda Finch « Si tu as envie de quelque chose de précis… »

-« C'est très bien » trancha l'ex agent

L'ambiance n'était pas détendue et le repas trop silencieux la rendit pesante. Finch ne tenta aucune réflexion, sentant que la moindre remarque ferait déraper la conversation. Le déjeuner terminé, John se leva et vint enlacer son compagnon sans un mot. Celui-ci se laissa faire, passant doucement la main dans son dos, cherchant à atténuer les tensions, mais après quelques secondes son portable vibra. Il hésita

-« Juste une seconde » affirme-t-il en se dégageant. Il se retira dans la chambre et abrégea la conversation autant que possible mais lorsqu'il revint dans la pièce John était retourné à son poste d'observation avec Bear. Il décida de reprendre ses recherches et perdit quelque peu la notion du temps. Lorsque John vint le rejoindre un peu plus tard il le trouva en plein travail. Finch s'interrompit pour lui accorder un baiser et l'écouta mais John se sentit de trop et préféra ne pas s'éterniser.

La mission se termina vers le milieu de l'après midi et Finch alla retrouver son compagnon. Il le trouva absorbé dans la contemplation des vagues, un journal abandonné sur ses genoux, Bear couché à ses pieds, entortillé dans la couverture

-« Le plaid n'est pas perdu pour tout le monde » ironisa Finch, moqueur. Reese baissa les yeux et sourit en voyant l'attitude de son chien. Il se redressa légèrement pour recueillir un baiser… qui ne vint pas. L'informaticien s'assied dans le transat voisin sans même paraître remarquer son geste.

-« Je t'ai apporté un thé glacé »

-« Merci » murmura Reese d'un ton neutre

-« Il fait chaud ici » remarqua l'informaticien « Je me demande comment Bear supporte cette couverture »

-« C'est plus pour l'odeur » jugea John « Il se rassure » Le silence retomba. Il ne fut pas étonné de voir son compagnon d'endormir au bout d'un quart d'heure. La chaleur ne lui réussissait pas vraiment. Sauf que d'habitude c'était sur son épaule… Il se força à bloquer ses pensées négatives et reprit sa contemplation. Vers 18H il se leva et le mouvement réveilla son compagnon qui ouvrit des yeux vagues, un peu perdu

-« Bien dormi M Marmotte ? »

-« Oh » soupira l'informaticien

-« On dirait que toi aussi tu as du sommeil en retard ? » se moqua Reese. Finch s'étira prudemment « Nous allons marcher un peu. Tu veux venir ? »

-« Cela me fera du bien » approuva Harold. John lui tendit la main pour l'aider à se lever puis voulu la garder mais l'informaticien se dégagea sans prendre garde à son intention et se mit en marche à ses côtés en vérifiant que Bear les suivait. John se sentit frustré et se rapprocha pour le tenir par la taille. Finch se méprit sur son geste

-« Besoin de soutien ? » demanda t-il perplexe

« Besoin de te sentir contre moi » pensa Reese mais comme son compagnon ne semblait pas très réceptif ce soir, il se contenta de hocher la tête

-« On va dire ça » murmura t-il

Le soir venu la scène de la veille se répéta lorsque Finch prépara le lit, la surprise en moins

-« Je suppose que tu n'as pas changé d'avis ? » interrogea John d'un air neutre

-« John, je te l'ai dis, j'applique les consignes »

-« Elles ne semblent pas te peser beaucoup » rétorqua celui-ci, amer

-« Au contraire » contra Finch en se rapprochant « Si nous étions en hiver je serais mort de froid tout seul dans ce grand lit » tenta t-il. Mais sa tentative d'humour tomba à plat. John le laissa l'embrasser, lui rendit son baiser, mais ne chercha pas plus, voulant vérifier ses impressions. L'informaticien ne tarda pas à se détacher de lui

-« Bonne nuit ? » murmura-t-il

-« Bonne nuit Harold » John le suivi des yeux jusqu'à la porte puis se coucha mais seulement jusqu'à ce que le bruit de la respiration de son compagnon lui indique qu'il s'était endormi. Alors, comme la veille, il se releva et sorti dormir à la belle étoile.

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La journée suivante parut une copie de la précédente. La machine se manifesta assez tôt et Finch géra la mission avec Fusco et son "assistant". Reese restait ostensiblement à l'écart et il s'en accommodait, craignant la frustration de son agent, tellement obnubilé à l'idée de le ménager qu'il ne se rendait pas compte qu'un certain éloignement se créait entre eux. John se sentait mis de côté et ses pensées s'en ressentaient.

La mission se termina plus tard ce jour-là et lorsqu'il rejoignit son partenaire sur le perron, Finch le trouva prêt à partir faire sa promenade, Bear trépignant à ses pieds

-« Tu m'accompagnes ? » lança Reese qui avait attendu toute la journée qu'il soit enfin un peu disponible pour lui. Mais Finch déclina l'invitation

-« Je passe mon tour, je préfère me reposer un peu »

-« D'accord » murmura l'ex agent, masquant sa déception. Lorsqu'il revint une heure plus tard Finch somnolait dans son fauteuil. Intimant à Bear de ne pas le réveiller, il entra sans bruit dans la cuisine et décida de préparer le dîner. Il chercha un instant dans les placards. Retrouver ces gestes familiers lui rendit un peu de sa bonne humeur. Il sentit une légère douleur irradier son côté mais l'ignora délibérément, tout à ses préparations. Il en terminait quand Finch pénétra dans la cuisine

-« John ! Mais qu'est-ce que tu fais ! » Protesta celui-ci

-« Je prépare le dîner »

-« Mais tu n'es pas censé rester debout à piétiner aussi longtemps ! »

-« Je me sens parfaitement bien » mentit l'ex agent

-« Tu exagères ! Tu … » Commença l'informaticien

-« J'ai besoin de m'occuper un peu ! » le coupa Reese brusquement. Finch pinça les lèvres. Le ton nerveux de son compagnon stoppa net ses récriminations. Il soupira et se rapprocha de lui

-« Très bien. Mais je te demande d'être prudent » affirma t-il en passant doucement la main sur le pansement qu'il sentait sous le tee shirt

-« Je le suis » affirma l'ex agent

-« D'accord » L'informaticien voulu s'écarter mais Reese le retint par le poignet

-« Il n'y a que cela qui t'intéresse ou puis- je espérer autre chose ? » demanda-t-il en désignant sa main

-« Qu'est ce que tu racontes ? » murmura Harold. Il se dégagea et passa les bras autour de son cou

-« Que l'infirmier prime sur le compagnon » affirma John

-« Pas du tout ! Je m'inquiète pour toi, c'est tout »

-« Alors j'aimerai que tu t'inquiètes un peu moins » Finch l'embrassa

-« C'est mieux ? »

-« Pas mal »

-« Si je continu ton dîner va bruler »

-« Sans doute. Mais dans ce cas ce n'est que partie remise »

-« Promis » affirma Finch « Je vais te laisser œuvrer tranquillement et mettre le couvert ! ». Reese continua sa préparation puis alla porter le plat sur la table que l'informaticien avait dressé. Il s'assied avec soulagement. La douleur devenait un peu trop présente, mais il s'appliqua à la dissimuler et Finch, occupé à examiner le plat avec gourmandise, ne se douta de rien

-« Heureux de retrouver ton chef ? » s'amusa John

-« Enchanté ! Surtout qu'il a toujours autant de talent ! » Se réjouit l'informaticien. Reese sourit et se força à manger. Pour cette fois il prit sans discuter son comprimé d'anti douleur.

Arriva le moment du coucher que Finch appréhendait un peu, mais ce soir là John se coucha sans discuter et il pensa qu'il s'était résigné à la situation, ce qui le tranquillisa. Tandis que de son côté Reese attendait qu'il soit endormi pour rejoindre son transat

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Le jour suivant, la machine se manifesta avant même le petit déjeuner. Finch s'empressa de noter le numéro alors que Reese mettait la table et l'attendait. L'informaticien ne le fit pas trop attendre mais il le sentit pressé de retourner à son ordinateur. Il mangea rapidement, lui accorda un bref baiser et retourna dans la chambre. John alla s'installer sur le perron avec Bear et ne le vit pas de la matinée.

Finalement il réapparut vers midi visiblement satisfait. Il jeta un coup d'oeil vers la cuisine mais apparemment John n'avait pas rejoint son domaine «Peut être fatigué? » songea t-il

-« C'est terminé » annonça-t-il en s'avançant sur la terrasse

-« Ce fut rapide »

-« En effet » approuva Harold « Que veux-tu pour le déjeuner ? »

-« Ce que tu voudras » répondit distraitement l'ex agent

Finch retourna dans la cuisine pour voir ce qu'il pouvait lui proposer. Reese le suivit, s'approcha et l'enlaça, l'attirant contre sa poitrine et nichant son visage dans son cou. Il le sentit se raidir et saisir ses mains

-« John, je dois préparer le déjeuner »

-« Nous ne sommes pas à quelques minutes près »

-« Non » concéda l'informaticien. Il se tourna pour lui faire face « Mais j'aime autant ne pas trop tarder pour ton traitement » Voyant le visage de John se fermer, il ajouta aussi naturellement que possible « Et j'ai faim ! » l'ex agent paru se détendre un peu

-« Je ne suis pourtant pas aux fourneaux »

-« Malheureusement ! Il me faudra me contenter des plats du traiteur » se lamenta Finch. John lui donna un baiser et le relâcha. Il alla s'asseoir à la table et Bear vint lui réclamer une caresse. Il observa son partenaire choisir un plat et le mettre à réchauffer. Il le sentait tendu, sur la défensive. La sonnerie annonça la fin de la cuisson et Finch fit le service. Le repas commença dans un silence inhabituel. Reese avait l'impression qu'il se méfiait de lui et l'informaticien, de son côté, ne savait quoi dire, de peur de voir dériver la conversation sur un sujet délicat.

-« Tu disais que tu avais faim » remarqua finalement l'ex agent en le voyant chipoter dans son assiette. Sous son regard inquisiteur, Finch se senti rougir, comme pris en faute.

-« C'était le cas » affirma-t-il « Mais ce plat n'est pas aussi bon que lorsque c'est toi qui le cuisine »

-« C'est flatteur pour moi » jugea John sans le quitter des yeux

-« Tu sais toujours exactement comme assaisonner tes plats » justifia Harold

-« C'est la muscade. Il y en a trop »

-« C'est possible » émit Finch, incertain

-« Tu as encore besoin d'un ou deux cours sur le goût des aliments et la façon de les assaisonner » ironisa l'ex agent

-« Un ou deux seulement tu crois ? » demanda l'informaticien avec une moue dépitée. La boutade eut le don de détendre l'atmosphère. John se leva et se rapprocha de lui

-« On prépare autre chose ? » Finch leva la tête

-« Pourquoi pas ? » risqua-t-il

-« Alors debout M Finch, le cours commence ! »

-« Niveau néophyte j'espère ? » demanda celui-ci en le suivant

-« Niveau débutant, un néophyte ne saurait même pas me préparer une omelette » rectifia John. L'informaticien hocha la tête

-« J'admets »

-« Il y a du pain de mie. Veux-tu des croque-monsieur avec une salade ? »

-« Je pense savoir de quoi cela se compose »

-« C'est un bon début » jugea l'ex agent « Il y a même de quoi faire un croque-madame » Finch lui adressa un regard perplexe

-« Vous vous moquez chef Reese ? »

-« Ca existe Finch » s'amusa John. L'informaticien resta interdit « Niveau grand débutant finalement » se moqua l'ex agent. Il rassembla les ingrédients et le guida. La recette n'avait rien de compliqué et l'accompagnement pas davantage et cette séance en cuisine les rapprocha. Reese taxait toujours à sa façon la moindre demande de son compagnon et celui-ci ne rechignait à payer que pour la forme. Ils se retrouvèrent à nouveau attablé et cette fois l'informaticien semblait avoir un bien meilleur appétit

-« Même Bear approuve » remarqua John, taquin

-« Et pas pour la salade je suppose ? » demanda Harold

-« Pas exactement »

La parole leur revint naturellement et, même si Finch contrôlait ses propos, au moins discutaient-ils. Ils eurent le temps de ranger la cuisine avant que la machine ne se manifeste. L'informaticien retourna à son bureau et Reese à son poste d'observation avec son journal et son chien.

L'informaticien les rejoignit vers 17H, satisfait. Il tendit un verre à son compagnon

-« Déjà fini ? » interrogea Reese en le prenant

-« Oui. Rien de compliqué » répondit l'informaticien en s'asseyant « L'inspecteur Fusco a tout juste eu le temps d'arriver sur les lieux pour empêcher notre client d'occire sa belle-mère »

-« Hum. C'est fréquent… »

-« Un problème récurrent je crois » s'amusa Finch

-« Nous n'aurons jamais ce problème l'un et l'autre » remarqua John

-« Je suis sûr que mes parents t'aurais apprécié » le rassura Harold

-« Même mon côté masculin ? »

-« Je pense que mon bonheur aurait été plus important à leurs yeux que les préjugés » répondit Finch après un instant de réflexion

-« Je ne sais pas ce qu'aurait pensé les miens. J'aimerais croire "la même chose". Enfin il aurait déjà fallu qu'ils admettent ma "carrière" »

-« Sauf que s'ils avaient vécus tu n'aurais probablement pas eu cette "carrière" John. Mais je t'aurais bien vu suivre l'exemple de ton père, pour aider les autres au quotidien »

-« On ne peut pas savoir » émit John, perdu dans ses pensées. Finch l'observa un instant puis se leva, déterminé à détourner le cours de ses idées qui ne lui plaisait qu'à moitié. Décidément l'inactivité ne lui valait rien si elle ne lui permettait que ces introspections qui lui donnaient de sinistres pensées. Finch avait parfois l'impression que Reese ne voyait que ses mauvaises actions et oubliait toutes les bonnes. Il en avait pourtant beaucoup à se remémorer. Au besoin il comptait bien les lui rappeler.

-« C'est l'heure de la promenade non ? » Bear se redressa aussitôt et jappa, impatient.

-« Allons-y » approuva John en se levant à son tour. Ils descendirent sur la plage et John s'empara de la main de son compagnon. Il le sentit réagir par réflexe puis la lui abandonner et il retint un soupir.

Bear revenait avec un bâton et les deux hommes lui lancèrent à tour de rôle jusqu'à ce qu'il se lasse. Au retour ils échangèrent un sourire en voyant le chien se laissait tomber sur son coussin, épuisé, mais visiblement heureux de sa balade.

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Le matin suivant déroula la même routine, le petit déjeuner, l'appel de la machine, les heures qui s'écoulent, productives pour Finch, interminables pour Reese. Vers 10H il revint s'installer dans la cuisine avec une idée bien précise en tête, il avait vérifié le contenu des placards et savait qu'il y avait de quoi réaliser l'une des recettes préférées de son partenaire. Cela demanderait juste un peu de préparation. Prenant un plat dans le placard du haut il grimaça en voyant l'intérieur.

-« J'ai l'impression que le ménage n'a pas été fait depuis un moment dans certains coins de cette cuisine » jugea t-il. Bear jappa pour approuver. Reese termina sa préparation et la mit au frais. Puis, s'armant du nécessaire, il débarrassa le placard et entreprit de le nettoyer. Entrainé par son élan, il continua avec les autres. Cela lui fournissait une occupation et pour une fois il ne vit pas le temps passer. Il fut brusquement interrompu par l'irruption de son partenaire

-« John ! » s'exclama celui-ci devant le spectacle de la vaisselle répartie sur la table et de son compagnon l'éponge à la main « Mais enfin qu'est-ce que tu fais ! »

-« Juste un peu de nettoyage. Ce placard en avait vraiment besoin Finch »

-« La cuisine, je veux bien, mais le ménage ! » protesta celui-ci « Nous avons déjà quelqu'un pour cela »

-« Qui n'est pas passé depuis longtemps on dirait »

-« Ce n'est pas une raison… »

-« Je ne peux pas cuisiner avec de la vaisselle sale » plaida John

-« Mais tu peux attendre qu'elle soit nettoyée ! »

-« Faire le ménage est donc mauvais pour ma convalescence ?» ironisa l'ex agent

-« Tu sais très bien ce que je veux dire ! » s'énerva l'informaticien

-« Oh oui ! Et je ne serais jamais d'accord avec toi » Reese se détourna pour taire son agacement « J'ai terminé de toute façon, il ne reste qu'à ranger »

Finch se rapprocha sans un mot pour l'aider en lui avançant les objets. L'ex agent le laissa faire, tout aussi silencieux. Ce fut rapidement terminé, John referma le placard puis se dirigea vers la porte

-« Je retourne m'allonger avant de tomber d'épuisement » grinça-t-il « Le déjeuner est dans le réfrigérateur » ajouta-t-il en sortant « inutile de m'attendre ! ». L'informaticien compris qu'il n'avait pas l'intention de rentrer le partager avec lui. Il soupira de ce nouvel accrochage. Et si Reese ne déjeunait pas il ne prendrait pas son traitement. Mais Finch songea que c'était vraiment la dernière chose à lui reprocher à cet instant. Il laissa passer une heure puis revint dans la cuisine et s'empara d'un plateau. Il pinça les lèvres en voyant ce que John avait préparé. Il garnit deux assiettes puis sorti sur le perron et posa prudemment le plateau sur la table

-« Je n'ai pas envie de manger seul » remarqua-t-il « Surtout l'un de mes plats préférés » Reese ne répondit pas, impassible. Alors Finch se cala dans son fauteuil et attendit. Après un quart d'heure, John fini pas remuer

-« Ça se mange frais » remarqua-t-il

-« Je sais. A toi l'honneur » répliqua Harold

-« Je n'ai pas faim »

-« Alors moi non plus » Reese se mordit les lèvres, contrarié « Je regrette d'avoir été trop directif » ajouta Finch « Peut être que jeuner devant l'un de mes plats préférés sera une juste punition ? » L'ex agent garda le silence

-« Je regrette d'avoir réagi aussi brusquement alors je partagerai ta punition » déclara-t-il finalement

-« C'est regrettable pour le plat que nous soyons tous deux si têtu » constata Finch. John soupira

-« J'ai juste besoin d'un peu plus de liberté » affirma t-il

-« J'aimerai être moins stressé mais je doute que cela soit envisageable » l'informaticien se tourna vers son partenaire « Toutefois je peux essayer de faire un effort… »

-« Pour éviter de répéter la même dispute tous les deux jours ? » suggéra John

-« Par exemple »

-« A ce rythme la convalescence risque de paraître encore plus longue » remarqua John. Finch soupira à son tour

-« Je reconnais que je suis trop stricte mais admet que cette fois ta blessure était loin d'être anodine ! » plaida t-il

-« Je sais »

-« Et puis je te connais, tu ne sais pas t'arrêter. Quand ton corps dit stop tu le forces à continuer » poursuivit l'informaticien

-« Tu n'es pas très bien placé pour me le reprocher »

-« Je suppose que non puisqu'il m'arrive d'en faire autant » concéda Harold

-« Et cela t'arrive souvent » insista l'ex agent

-« Et tu es là pour me rappeler à l'ordre comme je le fais aujourd'hui » rétorqua Finch « Nous sommes tous deux trop excessif, nous n'en sortirons pas »

-« Laisse-moi juste un peu plus de liberté » répéta John. L'informaticien ne répondit pas tout de suite puis concéda :

-« Dans ce cas il faudra que tu me promettes de ne pas en faire trop ! »

-« Tu ne me fais pas confiance ? »

-« Si… bien sur »

-« On ne dirait pas » ironisa Reese

-« Je ne veux que ton bien John »

-« Alors laisse-moi faire ce qui me fait du bien ! »

-« D'accord »murmura Harold

-« Et si tu pouvais tenir plus de deux jours… » cette fois Finch pinça les lèvres, contrarié. John se pencha et lui avança son assiette « Et il faut que tu manges pour prendre tes médicaments comme je vais prendre les miens »

-« D'accord » répéta Finch. Reese le fixa un instant. Il le sentait perturbé et il n'aimait pas cela

-« De toute façon je n'aurais pas admis que tu gâches ce repas-là » risqua-t-il d'un ton plus léger pour détendre l'atmosphère

-« Tu abuses de mes faiblesses » marmonna l'informaticien avec un haussement d'épaules. Il prit une bouchée de son assiette et ferma les yeux pour mieux la savourer

-« Visiblement je n'ai pas perdu la main » remarqua l'ex agent

-« Oh non ! »

-« Voilà au moins une chose pour laquelle nous sommes d'accord » L'informaticien ne releva pas et continua son repas en silence. Reese fit de même. Bear, qui avait observé l'échange, s'installa entre eux mais il n'était pas aussi joyeux que d'habitude. Lui aussi sentait la tension latente entre ses maîtres et cela le perturbait. Il s'allongea, morose, attendant des jours meilleurs.

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Reese capta le bruit des pas sur l'allée de bois. Il baissa les yeux vers Bear. Celui-ci s'était redressé mais son attitude n'était pas hostile. Il finit par se lever pour se diriger vers le côté de la villa en trottinant, oreilles dressées et queue battant l'air joyeusement. John attendit qu'il ramène le visiteur. En voyant Sven passer la tête au coin de la maison il eut confirmation qu'il avait raison de se fier au flair de son chien.

-« Bonjour M Randall »

-« Bonjour Sven »

-« Je ne vous dérange pas ? »

-« Non » Reese le vit tourner la tête, cherchant du regard

-« Asseyez-vous, Bear va le prévenir » affirme-t-il

-« Bear joue les majordomes ? » s'amusa Sven

-« En quelque sorte. Les gardes malades aussi. Il est polyvalent » affirma l'ex agent d'un ton neutre. Il se cala dans son fauteuil, observant l'horizon

-« Comment allez-vous M Randall ? »

-« Beaucoup mieux merci »

-« La convalescence ici doit être plutôt agréable » tenta le jeune homme un peu mal à l'aise. Il eut un soupir soulagé à l'apparition de Finch

-« John ? Tu… » Commença celui-ci avant de s'apercevoir que son compagnon n'était pas seul « Oh Sven vous êtes là ? »

-« Bonjour Monsieur Wren. Je passais prendre des nouvelles… John m'a dit que Bear était son messager » ajouta t-il en voyant le malinois campé près de son maître

-« En effet » confirma Finch « C'est le gardien »

-« L'inspecteur Fusco m'a dit que je pouvais passer… » Émit Sven avec un regard hésitant vers John qui restait distant

-« Il a eu raison » affirma l'informaticien « J'ai eu Bella au téléphone hier soir » précisa t-il « Je m'attends à recevoir sa visite »

-« C'est dans ses intentions, mais pour l'instant elle doit aider Luc qui s'est fait une entorse au poignet »

-« Elle ne m'en a rien dit »

-« c'est arrivé ce matin en bricolant »

-« Luc est un excellent bricoleur mais il est souvent maladroit » jugea Finch

-« Oui il est distrait. Et cette chaleur… Je n'ai pas le souvenir d'un mois de mai aussi chaud »

-« C'est un peu pénible » concéda Harold « Mais avec la proximité de l'océan c'est plus supportable qu'en ville »

-« Et Bear s'amuse bien ici » approuva Sven voyant le chien courser une vague

-« Je vais aller nous chercher des rafraichissements » affirma l'informaticien

-« J'y vais » annonça Reese en se levant brusquement. Finch leva les yeux vers lui, étonné de sa rapidité

-« D'accord » approuva t-il après une hésitation qui parut irriter son compagnon

-« Tu crois que ce sera trop fatiguant pour moi ? » le défia-t-il

-« Non, je…» bredouilla Finch « Je réfléchissais juste à ce que nous avons dans les placards, j'ai peur que Bear n'ait déjà disposé des biscuits »

-« Oh ce n'est rien M Wren » affirma aussitôt Sven « Ne vous dérangez pas pour moi »

-« Je vais vérifier » lança Reese en entrant

Sven observa la porte qui se refermait puis tourna la tête, son regard croisa celui de l'informaticien et ils restèrent un instant silencieux. Finch sentait que le jeune homme le comprenait sans avoir besoin d'explications

-« Je suis désolé… c'est… »

-« Ne vous excusez pas M Wren. Après tout ce qui s'est passé M Randall a besoin de retrouver ses repères. Et je pense que l'inactivité doit lui peser »

-« La situation est difficile. Etre dépendant ou diminué est une épreuve pour John » murmura Finch « Il est ainsi »

-« Ca va aller mieux en guérissant M Wren » encouragea Sven

-« Sans doute. J'aimerai qu'il s'exprime davantage mais ça non plus ce n'est pas vraiment évident pour lui»

-« Mais… » Sven Hésita « Mais tout va bien entre vous ? » risqua t-il timidement

-« Oui, oui ça va » affirma l'informaticien. Le jeune homme lui adressa un regard perplexe « En vérité je pense que pour cela aussi nous devrons un jour avoir une bonne discussion » soupira Finch « Toutefois John est convalescent, cela ne fait que quelques jours qu'il a quitté l'hôpital, le moment n'est pas très opportun pour une telle conversation »

-« C'est évident » approuva Sven « Mais lorsque le moment sera venu je suis persuadé que tout ira Bien Monsieur Wren, il vous aime bien trop » Finch ne put s'empêcher de sourire

-« Sans doute » approuva t-il, bien conscient au fond de lui que l'accumulation de non-dit entre eux allait finir par devenir dangereuse. Il changea de sujet en demandant des nouvelles du cabaret et lorsque John revint quelques minutes plus tard ils discutaient du programme à finaliser pour la rentrée. John fit le service, se réinstalla et se contenta de les écouter, n'intervenant que très peu lorsque l'un ou l'autre des deux hommes le sollicitait. Sven les quitta au bout d'une heure avec la consigne de rassurer Bella et quelques souhaits pour Luc.

Le jeune homme rentra chez lui insatisfait. Il pensait trouver ses amis heureux de se retrouver après cette épreuve, installés dans une ambiance sereine en attendant que John soit totalement guéri, mais il n'avait perçu que cette tension qu'il avait senti planer comme une menace. Quelque chose n'allait pas et les paroles de Finch, même optimistes, ne l'avait pas vraiment rassuré. Il se promit d'appeler plus souvent au cas où Harold aurait besoin de soutien.

Finch réuni les verres sur le plateau, perdu dans ses pensées. Il le souleva pour l'emporter mais Reese le lui prit des mains

-« Je vais le ranger »

-« D'accord »

-« Tu devrais retourner à ton bureau, tu dois être attendu »

-« Il n'y a rien d'urgent » éluda Harold « l'enquête était presque terminée »

John se dirigea vers la cuisine sans répondre et Finch le suivi pour retourner à son bureau d'appoint presque à reculons mais Reese resta silencieux. Dix minutes plus tard, il sorti et l'informaticien l'entendit appeler Bear pour la promenade. Il réalisa alors qu'il avait cessé de respirer normalement depuis qu'ils étaient rentrés, stressé à l'idée d'une remarque, d'une nouvelle réflexion. Et ce n'était bien sûr pas normal… Il décida qu'il devrait provoquer une petite discussion à ce sujet dès que l'occasion se présenterai sans imaginer qu'elle ne tarderait pas…

Comme la veille, Reese ne fit aucune difficulté à se coucher et Finch s'endormi sans méfiance. Toutefois il se réveilla vers minuit, perturbé. Son dos le faisait souffrir et il avait besoin de se soigner avant que la douleur ne s'aggrave ou ne dégénère en migraine. Il se leva et se glissa sans bruit dans la salle de bains. Puis avant de se recoucher il passa la tête à la porte de la chambre pour vérifier qu'il n'avait pas réveillé son compagnon, ce qui ne l'aurait pas surpris vu son habituelle vigilance ! Il resta un instant interdit en découvrant le lit vide. Il parcourut la pièce du regard, inquiet, puis aperçu Bear qui entrait et s'avançait vers lui

-« Bear ? Ou est-il ? » Chuchota t-il. Le chien fit demi-tour et retourna à la porte. Finch le suivit et fit lentement glisser le battant. Il vit alors son compagnon profondément endormi dans son transat. Il éprouva à la fois un vif soulagement et un sentiment de colère mais il préféra retourner se coucher sans rien faire pour préserver son sommeil, réservant l'explication pour le réveil.

Lorsque Reese pénétra dans la maison au petit matin il aperçut la silhouette de son compagnon se dessinant en contrejour dans la pièce. Finch l'attendait, assit sur le lit déserté, les bras croisés et l'air impassible. Mais John devinait la colère qui couvait, c'était évident. Il se redressa et le fixa, attendant qu'il lance les hostilités, ce qui ne tarda guère

-« Depuis quand ? » interrogea l'informaticien d'un ton sec. Reese détourna les yeux un instant puis revint fixer son regard dans celui de son partenaire

-« Depuis le premier soir » répondit-il fermement. Finch pinça les lèvres, exaspéré par la réponse et plus encore par l'attitude de défi de son compagnon

-« Je vois » marmonna-t-il «Et tu voulais que je te fasse confiance ? Tu avais promis de respecter les consignes ! »

-« Et je les respecte ! » rétorqua l'ex agent

-« A ta façon je suppose ? » ironisa l'informaticien « John, tu … » commença-t-il mais celui-ci lui coupa la parole

-« Je quoi ? » lança-t-il, nerveux « Je te mens ? Je triche ? Que vas-tu me reprocher ? » Finch resta un instant désarçonné par l'attaque, John en profita « Je n'ai rien fait de mal » affirma-t-il « Je prends mon traitement sans jamais essayer de m'y soustraire, je suis le régime alimentaire sans le moindre écart, je respecte les siestes, les restrictions, les consignes d'exercice physique, tout… Je ne vois pas ce que je pourrais faire de plus ! » Harold tenta de reprendre la parole mais il continua sur sa lancée « Quant à ça » ajouta t-il en désignant le lit « Ca n'a jamais fait partie de la prescription c'était seulement une précaution ! » Il fixa son partenaire « Megan a recommandé de choisir ce qui serait le mieux pour me détendre et ce n'est pas ce genre d'installation qui va me convenir ! Alors j'ai appliqué ses consignes à ma façon. Et puisque tu ne voulais pas de moi dans ton lit je me suis arrangé autrement ! » Asséna t-il

-« John ! » protesta vivement l'informaticien en se levant « Je ne t'ai jamais…dit cela ! »

-« Dit peut être pas, fait sentir par contre… »

-« Certainement pas ! » répliqua Finch

-« Ah non ? Alors pourquoi es-tu si distant depuis que nous sommes arrivés ici ? »

-« Mais… je ne suis pas distant ! » objecta Finch en se sentant soudain un peu mal à l'aise

-« Non Harold : tu me tiens à l'écart, tu t'écartes de moi chaque fois que je veux t'embrasser ou simplement te tenir » L'informaticien détourna la tête, perturbé « Lorsque tu acceptes d'aller marcher avec moi tu ne prends plus appui sur mon bras comme tu le fais d'habitude » continua John plus doucement. Il se rapprocha et posa la main sur sa joue pour lui faire lever la tête « Et lorsque par hasard ta main s'égare sous mon tee shirt ce n'est pas ma peau qu'elle frôle, ce sont mes pansements ! »

Finch se mordait les lèvres sous l'avalanche de reproches. Il aurait voulu nier mais au fur et à mesure que John évoquait son comportement il réalisait qu'il ne pouvait guère contester ses accusations car tout ce qu'il disait été vrai … Consciemment ou pas il avait davantage agit en infirmier qu'en compagnon ces derniers jours. Il leva les yeux vers lui, gêné. Reese le fixait mais il y avait plus de dépit que de colère dans ses yeux

-« Je voulais… je voulais seulement te préserver » plaida t-il. John fronça les sourcils Je ne veux pas risquer de te faire du mal par accident »

-« Tu es obsédé par cette idée ! Ce n'est pourtant pas ma première blessure ! »

-« Les autres n'étaient pas aussi graves, enfin, pas à ce point… » S'embrouilla l'informaticien

-« Je ne suis pas si fragile Finch ! » rétorqua John, agacé

-« Je sais mais… Je t'ai vu si vulnérable après l'opération ! » Reese fut touché par l'expression de détresse qui apparut fugitivement sur le visage de son compagnon. Il savait que cette blessure, les heures difficiles qui avaient suivies, l'avait ébranlé. Mais peut-être n'avait-il pas mesuré à quel point. Pour lui non plus d'ailleurs. Il chassa rapidement cette dernière pensée pour se concentrer sur son partenaire

-« Je l'étais mais je ne le suis plus. Tu sais ce qu'il en est d'être blessé, de souffrir physiquement. Mais cela n'empêche pas d'être proche »Jugea John. Il ouvrit les bras et Harold se cala spontanément contre lui avec un soupir. «Harold, je ne veux pas d'un infirmier je veux mon compagnon »

-« Je suis désolé. Peut-être ai-je pris mon rôle trop au sérieux »

-« Pas peut être » corrigea Reese. Il posa un baiser sur son front, respirant l'odeur de ses cheveux bruns en désordre « Harold, j'ai besoin de toi. Si tu me laisses je ne tiendrais pas » chuchota t-il. Finch tressaillit à cet aveu, il le serra contre lui par reflexe

-« Je n'ai pas l'intention de te laisser ! Je suis juste maladroit John. Je vais faire plus attention » Reese posa son front contre le sien

-« Il y a tellement de chose dans ma tête » murmura t-il

-« Que veux-tu dire ? » demanda Finch , levant la tête pour capter son regard. John hésita puis affirma

-« J'aimerai juste que tout soit comme avant. Comme au début »

-« Ca viendra » le réconforta Finch « Tant que nous sommes ensemble tout ira bien »Posant une main sur sa joue il lui sourit « Vient, il est tôt, j'ai encore besoin de sommeil » affirma t-il en se levant. Reese le laissa l'entrainer dans la chambre et s'installa de son côté. Finch se blottit contre lui

-« Est-ce mieux ? » demanda t-il. Reese eut un mince sourire

-« Oui bien mieux »approuva t-il. Finch lui donna un baiser et il le regarda se rendormir dans ses bras. La crise était passée. En s'expliquant tout allait mieux « Même si cela ne guérit pas tout » songea t-il