Chalut tout le monde

En voiture pour la suite !

Et bonne lecture !

.

.

Les jours qui suivirent furent plus calme. Finch s'efforçait de laisser davantage de liberté à son compagnon et John s'appliquait à suivre toutes les consignes même si elles lui devenaient de jour en jour plus pesantes. C'était comme une sorte de trêve dont chacun respectait les règles.

Finch passait beaucoup de temps sur son ordinateur et au téléphone avec l'inspecteur Fusco qui, secondé par Webster, qu'il avait définitivement enrôlé comme renfort, s'efforçait de suivre le rythme entre les numéros et ses enquêtes. Même si cela rendait ses journées compliquées, voir épuisantes, il ne se plaignait jamais pour ne pas contrarier l'informaticien dont il savait qu'il se reprochait ce surcroit de travail. Et aussi pour ne pas créer un nouveau sujet de discorde entre ses amis, se doutant bien que le sujet était délicat.

Chaque matin, John se levait tôt pour aller nager surveillé par Bear. Finch commençait la journée par lire le mail quotidien de la petite Alina. La vie au centre semblait bien lui convenir mais la présence permanente de sa mère à ses côtés devait y être pour beaucoup. Depuis quelques jours une association d'aide aux devoirs avait noué un partenariat avec le centre et les bénévoles, tous d'anciens professeurs en retraite, venaient chaque jours apporter un soutien scolaire aux plus jeunes patients pour éviter que leur déscolarisation pendant les traitements leur soit trop préjudiciable. Le directeur du centre avait accepté la proposition de partenariat avec enthousiasme et l'association avait béni le généreux donateur qui leur avait suggéré cette action en échange d'un don qui leur avait permis de renouveler leur matériel. Depuis Finch commençait à déchiffrer plus aisément les mails de leur ex complice.

John préparait pratiquement tous leurs repas et s'essayait parfois à quelques changements dans la maison. Mais le plus souvent il allait se promener de longues heures avec son chien. Il supportait mal l'inactivité et son humeur s'en ressentait bien qu'il fit d'énormes efforts pour le cacher.

Finch en était bien conscient et s'inquiétait de cet isolement. Il mesurait chacune de ses paroles pour ne surtout pas évoquer de sujets tendancieux. A la longue cela devenait pénible et l'ambiance n'était jamais réellement détendue. L'informaticien ne pouvait s'empêcher de redouter les répercussions que cela pourrait avoir sur leur couple. A nouveau une certaine distance physique s'était instaurée, mais cette fois elle n'était pas de son fait. John était de moins en moins démonstratif et il se demandait si c'était à cause de ses problèmes physiques ou de ses pensées. En temps normal il aurait essayé d'en discuter avec lui mais en ces temps troublés il n'osait pas aborder le sujet. Il aurait préféré que l'initiative vienne de John. Mais le connaissant il risquait d'attendre longtemps…

.

OoooooooooO

.

Finch raccrocha, satisfait de la résolution rapide de leur dernière mission, à peine une matinée. Il décida de faire une pause avant qu'un autre numéro ne lui parvienne et d'aller vérifier que John allait bien. Il l'avait juste croisé au petit déjeuner et il l'entendait s'agiter dans la pièce voisine depuis un moment. Il pénétra dans la cuisine et s'approcha sans bruit de son partenaire. Il l'enlaça et posa la joue contre son dos.

-« On essaie de me surprendre M Finch ? » demanda l'ex agent avec un sourire taquin. Finch se sentit aussitôt rassuré par son apparente bonne humeur

-« Oh non ! Je sais très bien que tu as deviné ma présence dès que je suis entré ! »

-« Alors vous êtes venu m'espionner patron ? »

-« C'est une éventualité » suggéra Finch « Je t'entends découper depuis un moment et j'aimerais bien savoir ce qui te demande autant de travail ? »

-« Ah ça… c'est une surprise »

-« Hum hum » jugea l'informaticien « Il y a peut-être moyen de négocier ? »

-« Tu essaies de me corrompre ? »

-« Peut être. Ai-je une chance ? »

-« Peut être » répéta John « Tout dépend de tes arguments » Finch le relâcha et se glissa à ses côtés, Reese se tourna pour lui faire face

-« Alors ? » interrogea t-il

-« J'hésite » émit l'informaticien. John fronça les sourcils, intrigué. « Si je t'embrasse tu vas vouloir poser tes mains sur moi »

-« Et ? » demanda John, perplexe

-« Vu leur état ma chemise n'y survivra pas » répliqua Finch avec une moue dégoutée. Reese eut un instant de surprise puis rit franchement

-« Tu es maniaque ! » L'informaticien saisit une serviette et la lui tendit

-« Je ne peux tenter de corrompre qu'un agent avec des mains propres ! » affirma-t-il d'un ton sérieux

-« Est-ce que tu sais qu'un véritable espion ne s'arrête pas à ce genre de détail ? » Se moqua Reese en se lavant les mains

-« Je n'ai pas la prétention d'en être un »

-« Est-ce que cela convient à Monsieur ? » Ironisa l'ex agent en levant les mains

-« On va dire oui » jugea Finch en passant les bras autour de son cou pour mieux l'embrasser « Si tu pouvais penser au rasoir aussi » suggéra-t-il

-« Et ensuite ? Ce sera tout ou tu veux que j'enfile un smoking ? »

-« C'est une idée » approuva l'informaticien, jouant le jeu « Avec le nœud bien entendu »

-« Alors là je t'annonce l'échec de ta tentative de corruption ! » répliqua Reese. L'informaticien soupira, faisant semblant d'être déçu

-« Dommage ! » Il recommença néanmoins à l'embrasser, caressant sa nuque, jouant avec les courts cheveux bruns. Il sentait les mains de son agent glisser lentement sur lui, retrouvant les frissons délicieux que lui seul savait provoquer. Pourtant après quelques minutes John cessa ses caresses et s'écarta de lui

-« Vous êtes tout de même plutôt convaincant M Finch mais j'ai décidé de rester intègre »

-« Hum ? » marmonna Finch, frustré

-« Vous attendrez le déjeuner patron. D'ailleurs le travail vous attends » ajouta Reese tandis qu'une sonnerie se faisait entendre

-« Mais… » Protesta l'informaticien

-« Au travail ! « Insista John en lui donnant une petite tape sur les fesses

-« M Reese ! » s'insurgea Finch outré

-« Rendez-vous au déjeuner » gloussa l'ex agent

Harold le fixa un instant et ne put s'empêcher de lui trouver l'air soulagé de cette interruption, comme s'il fuyait tous rapprochements physiques. Il retint un soupir et retourna à son ordinateur un peu perturbé. Au moins Reese semblait détendu. De son côté John se remit à cuisiner d'un air tranquille, ignorant délibérément la légère douleur au côté engendrée par une station debout trop prolongée et repoussant la pensée désagréable de ses limites physiques actuelles qu'il ne voulait surtout pas laisser paraître.

.

OoooooooooO

.

L'incident se produisit dans l'après-midi. La mission en cours s'achevant, Finch décida de s'accorder quelques instants. Quittant le bureau, il se dirigea vers la cuisine pour se préparer une tasse de thé. Par la fenêtre il aperçut son compagnon jouant avec son chien. John lançait un bâton et Bear courrait pour le ramener. Parfois il sautait cherchant à l'intercepter. Finch sourit au spectacle du malinois si joyeux et de son partenaire si détendu avec lui. Il allait se détourner lorsqu'il vit John lancer à nouveau le bâton et Bear sauter pour le rattraper. Le chien s'élança et s'en saisit mais le mouvement le fit légèrement pivoter, il retomba lourdement et se réceptionna mal sur le côté de sa blessure, poussant un petit cri plaintif. Il resta allongé tandis que Reese se précipitait. Finch traversa rapidement la pièce et sortit sur le perron. Agenouillé sur le sable, John tenait son chien dans ses bras et le caressait. Bear se redressa et lui donna un coup de langue sur la joue. L'informaticien l'entendit alors le consoler

-« Ca va aller mon chien. Je suis désolé, c'est ma faute » affirma Reese « C'est à cause de moi que tu es blessé, pardonne moi »

Le cœur de l'informaticien se serra à ces mots lourds de culpabilité. Le malinois lécha la main de son maître puis se redressa, s'ébroua et fit quelques pas comme pour le rassurer. L'ex agent le caressa

-« Tu es un brave chien. Vient on va se reposer un peu » ajouta-t-il en se levant. Il revint vers la maison et vit son compagnon qui les observait.

-« Tout va bien ? » demanda Finch

-« Il faut qu'il se repose. Ce n'est pas tout à fait guéri »

-« John… »

-« Non ! » intervint l'ex agent « Ne dit pas que je ne suis pas responsable ! »

-« C'est pourtant le cas » rétorqua l'informaticien. Reese le fusilla du regard « Bear est un soldat, comme son maître. Il a été formé pour cela et tu ne pourras rien y changer »

-« Si ! Je le protègerai »

-« Tu le rendras malheureux si tu l'empêche de veiller sur nous ! »

-« Mais il sera sauf ! » s'entêta l'ex agent

-« John » Finch posa la main sur son bras en signe d'apaisement « Tu ne peux pas tout prévoir. Tu ne pourras pas sauver le monde ! »

-« Préserver ceux que j'aime me suffirait » jugea Reese « Et je n'en ai pas été capable… » ajouta t-il plus bas

-« Faut-il que je t'énumère le nombre de fois où tu m'as sauvé la vie ? » répliqua Finch en le retenant comme il cherchait à se dégager « Ta simple présence me sauve la vie » murmura t-il doucement. Reese leva la tête, plongeant son regard dans celui de son compagnon. Il soupira puis s'approcha pour le serrer contre lui. Harold se laissa faire, caressant doucement son dos cherchant à atténuer la tension. Bear les observa quelques minutes puis vint leur donner de petits coups de museau. L'informaticien lui tendit la main « Viens Bear tu as besoin d'une friandise, mais juste une ! » précisa-t-il

-« Une chacun » suggéra John

-« Bon d'accord mais pas plus ! »

-« Ce n'est pas un grand écart »

-« Non » concéda Finch « Mais n'y avait-il pas des beignets au petit déjeuner ce matin ? » John adressa un regard contrit à son chien

-« J'aurais essayé ! » Harold les attira à l'intérieur, surveillant son compagnon avec l'intuition que son intervention l'avait calmé mais que le sujet n'était pas clos pour autant. John passait sans cesse d'une humeur à l'autre mais toujours guidé par la même obsession et Finch se demanda une nouvelle fois comment dépasser cela et comment lui faire oublier cette agression contre Bear qui semblait le toucher bien plus que celle qu'il avait lui-même subit.

Reese resta soucieux toute la soirée. Il écourta la promenade du soir et s'installa longuement sur le perron assis face à l'océan. Finch aurait donné beaucoup pour pouvoir lire ses pensées et au besoin les réécrire. Il l'attendit patiemment et se blottit contre lui quand il vint enfin le rejoindre pour la nuit. Demain serait un autre jour…

.

OoooooooooO

.

-« Ralenti s'il te plait ! Je m'enfonce ! »

-« Je t'avais dit de mettre des sandales ! On ne porte pas de souliers de ville pour aller à la plage ! »

-« J'ai des baskets ! »

-« C'est idem ! Regarde moi, je n'ai pas de souci»

-« Ok ok » grogna l'homme « mais… »

-« Ah voilà le comité d'accueil ! » l'interrompit la femme « Salut mon chien ! Mais t'as l'air en forme ?! Allez conduis nous à tes maîtres ! »

Bear escorta le couple jusqu'au perron. Finch se leva pour les accueillir

-« Salut demi patron ! » clama joyeusement la nouvelle venue

-« Bonjour Bella, bonjour Luc »

-« Bonjour M Wren » répondit celui-ci en soufflant, heureux de sentir un plancher sous ses pieds.

-« J'ai décidé de vous rendre une petite visite et j'ai apporté le dessert ! » annonça la costumière en posant une boite rectangulaire sur la table. Elle parcourait les lieux du regard et se retint de froncer les sourcils « Et ben c'est pas très joyeux par ici » commenta t-elle

-« C'est l'heure de la sieste » remarqua Luc

-« Vous êtes les bienvenues Bella. Sven m'avait annoncé votre visite » affirma Finch en posant la main sur son épaule. La vieille dame lui sourit

Reese finit par se redresser dans son fauteuil

-« Bonjour Bella »

-« Alors le Musclé, on a pas l'air en grande forme ? »

-« Je vais bien Bella »

-« Ouais je vois ça » la vieille dame s'assied à côté de lui « C'est un petit paradis ici » estima t-elle avec un soupir heureux

-« Sauf le sable dans les chaussures » marmonna Luc

-« Essayez-vous Luc » suggéra Finch en désignant un fauteuil « Vous n'aimez pas la plage ? » demanda-t-il

-« Si M Wren… »

-« Mais il faut être équipé pour en profiter » affirma Bella d'un air taquin. Le concierge fit la moue

-« Et votre entorse ? » demanda l'informaticien

-« C'est guéri merci M Wren »

-« Je vous offre un rafraichissement ? » proposa Finch

-« Pour accompagner le gâteau ! » intervint Bella en se relevant « Une de mes spécialités, vous allez m'en dire des nouvelles ! »

-« C'est gentil Bella, il ne fallait pas vous donner tant de peine »

-« J'adore faire des plats de chez moi ! Et ne vous inquiétez pas j'ai vérifié la liste des ingrédients »

-« Merci Bella » Finch retourna dans la maison suivit par la costumière qui l'épiait

-« Un truc bien frais ça va faire du bien ! Il fait une chaleur ! On est pas gâté cette année ! Si au moins ça me faisait fondre un ou deux kilos ! »

-« Vous êtes très bien Bella » commenta l'informaticien

-« Flatteur ! » rétorqua la vieille dame «En vrai ça prouve juste que je profite des bonnes choses, vaut mieux faire envie que pitié » ajouta-t-elle avec bonne humeur

Finch prit des verres dans le placard et les posa sur le plateau.

-« Je dois avoir un plat quelque part… » murmura-t-il ouvrant une autre porte puis une seconde « Ah voilà ! J'espère que cela convient »

-« Merci c'est parfait» affirma Bella en prenant le plat. Elle ouvrit la boite et entreprit de déplacer le gâteau

-« C'est très appétissant » remarqua l'informaticien

-« Hé hé ! Vous n'allez pas résister » se réjouit Bella « Même le chien va craquer devant mes talents de pâtissière! »

-« Bella ! »

-« Ah vous n'allez pas me priver de public demi patron ! » elle se tourna vers lui et le fixa « Et sinon vous savez que vous avez une mine affreuse ? » affirma-t-elle en redevenant sérieuse « Avec des cernes pareilles je doute que vous ayez votre quota de sommeil ! » Finch s'attendait à pareille réflexion depuis son arrivée

-« Vous me connaissez Bella. J'ai parfois un peu de mal à….me détendre » émit-il en faisant mine de chasser une miette

-« C'est un euphémisme ! » marmonna la vieille dame « Vous auriez un grand couteau ? »

-« Dans l'un de ces tiroirs je pense » la costumière se mit à chercher « Je vais prendre des serviettes » ajouta l'informaticien

-« Il vous en fait voir de toutes les couleurs, avouez ! » relança Bella en fouillant un tiroir

-« John n'aime pas l'inactivité. Et cela influe sur son humeur » tempéra Finch

-« Et ça lui vient pas à l'idée de profiter de son repos forcé ? Dans ce paradis moi je ne me ferais pas prier ! »

-« C'est reposant c'est vrai »

-« Le soleil, la mer, le calme, un compagnon plutôt ….. » Finch fronça les sourcils « …charmant » tempéra la vieille dame retenant le commentaire qui lui était venu initialement

-« Ce n'est pas dans son caractère » trancha l'informaticien

-« Et vous le défendez » soupira la costumière

-« J'ai essayé de lui parler »

-« Vous n'avez pas été convaincant apparemment » grogna Bella « Ah j'ai trouvé ! » s'exclama t-elle en brandissant un long couteau. L'informaticien recula par prudence

-« Avec ça la découpe ne devrait pas être difficile » jugea t-il

-« Exactement ce qu'il me faut ! » la vieille dame observa le gâteau puis se mit à découper précautionneusement les parts « Et à part ça vous pensez à vous ? » insista-t-elle, têtue

-« A moi ? »

-« A votre santé ! »

-« Je vais bien Bella » tenta l'informaticien. Celle-ci se tourna brusquement vers lui

-« Vous êtes sérieux ? » gronda t-elle les poings sur les hanches « Vous avez un teint de navet, des cernes immenses et tout dans votre maintient trahi la fatigue ! »

-« D'accord. Je veux bien admettre un peu de fatigue… »

-« Hum ? »

-« De la fatigue » corrigea l'informaticien « Mais c'est inévitable…. »

-« Bien sur puisque vous ne vous ménagez pas ! Et surtout qu'il ne vous ménage pas! Sven l'a remarqué aussi. Il m'avait avertit mais ça dépasse mes prévisions ! »

-« Il fait de son mieux Bella. La situation n'est pas facile mais avec du temps tout s'arrangera »

-« Et bien moi je ne suis pas aussi optimiste ! A trop tirer sur la corde…»

-« Bella » l'interrompit Finch en lui prenant la main « Faites moi confiance, tout ira bien. Il a juste besoin de temps. Et je vous promets de vous solliciter comme infirmière si cela ne va pas » ajouta-t-il en tentant un sourire

-« Ah ben vous ne feriez pas une affaire ! »

-« Luc ne semble pas se plaindre » taquina l'informaticien

-« C'est pas le même genre de patient ! » maugréa la vieille dame. Bear entra et vient solliciter son maitre « Oh toi tu veux du dessert ! » jugea Bella. Finch saisit l'occasion de détourner la conversation

-« Allons, ne faisons pas attendre ce délicieux gâteau » affirma-t-il avec un clin d'œil discret à son chien. Il saisit le plateau avec les verres et la carafe et la costumière le suivit avec le plat, vaguement contrariée de ne pouvoir poursuivre leur discussion.

-« Je fais le service » lança Luc en saisissant les serviettes. Il fit la distribution et réserva sa première bouchée pour Bear qui ne demandait pas mieux

-« C'est excellent » affirma Finch

-« Bella est trop douée pour les gâteaux » confirma Luc avec un soupir d'aise. Bear approuva. La costumière jeta un regard en coin à son voisin de fauteuil

-« C'est très bon » commenta Reese

-« Ca va vous remplumer un peu les abdos ! » rétorqua la vieille dame en donnant une petite tape sur la poitrine de l'ex agent « Ca flotte un peu »

-« Ca reviendra vite » jugea Luc « John est tellement sportif ! »

-« Vaudrait mieux ! Ce serait dommage de gâcher la vue ! » Jugea la costumière en se tournant vers Finch qui rougit et bu une gorgée pour faire passer sa bouchée de gâteau. Elle continua d'animer la conversation, donnant des nouvelles du cabaret et du futur spectacle que Terry créait pour la rentrée. Harold lui répondait, Luc commentait et Bear allait de l'un à l'autre, guettant un petit morceau. Seul John restait silencieux.

Finalement Bella se leva d'un air décidé

-« J'ai bien envie de faire le tour du propriétaire » déclara t-elle « John ? » interpella-t-elle. Celui-ci leva les yeux vers elle « Vous faites le guide ? »

A son expression elle craignit un instant qu'il ne lui réponde qu'elle n'en avait pas besoin ou une formule de ce genre pour se défiler, mais après un instant il se leva sans un mot et prit son bras

-« Là je ne risque pas de glisser c'est du solide ! »affirma la vieille dame d'un air satisfait. Bear s'élança joyeusement pour ouvrir la marche. Finch les regarda s'éloigner, inquiet. Il tressaillit en sentant une main sur son bras et tourna la tête. Luc lui sourit

-« Ca va aller » affirma t-il tranquillement

-« Je sais mais… »

-« Mais vous pensez que Bella risque de le secouer un peu ? » l'interrompit Luc « Vous avez raison, elle est surtout venue pour ça, mais rassurez-vous, elle va y mettre les formes ! »

-« Je doute un peu des capacités de Bella à mettre les formes Luc »

-« Mais parfois ça fait du bien d'être un peu secoué M Wren » remarqua le vieil homme avec un clin d'œil complice « Elle sait ce qu'elle fait » ajouta-t-il plus sérieusement « Elle ne veut que son bien ! »

Finch hésita puis songea que rien n'arrêtait jamais Bella lorsqu'elle avait une idée en tête. Et puis peut être pourrait-elle convaincre John de se laisser aller davantage ? Elle avait une bonne influence sur lui. Luc ne semblait pas en douter. Il lui semblait que la sérénité du vieil homme avait quelque chose de contagieux. Il se détendit un peu.

.

-« C'est vraiment sympa ici » remarqua Bella alors qu'ils cheminaient en silence « Et Bear est visiblement heureux d'être là »

-« Il apprécie cet environnement »

-« C'est un costaud » jugea Bella. Le silence retomba, agaçant la costumière. « Vous n'êtes pas bavard aujourd'hui » commenta-t-elle

-« Je ne le suis jamais vraiment Bella » remarqua l'ex agent

-« Là c'est pire ! » grogna celle ci. John haussa les épaules

-« J'attends votre sermon je suppose »

-« Mon sermon ? »

-« Je sais que vous êtes venue pour ça et je ne pense pas pouvoir y échapper »

-« Si vous le prenez comme ça » marmonna la costumière, vexée

-« Comment devrais-je le prendre ? »

-« Comme les paroles d'une amie qui s'inquiète ! » rétorqua Bella. Reese pinça les lèvres « Je ne suis pas là seulement pour critiquer votre conduite ou donner des consignes » précisa la vieille dame « Je viens avant tout voir comment vont mes amis ! »

-« Mais si je vous dis que je vais bien vous ne me croirez pas »

-« Non parce qu'il est évident que ce n'est pas le cas. Vous n'êtes pas le John que je connais »

-« Le John que vous connaissez est en pleine possession de ses moyens »

-«Allons, je vous ai déjà vu blessé et ça ne vous empêchait pas d'être attentif ! C'est juste un mauvais moment à passer ! »

-« C'est ce que tout le monde dit et je suis fatigué de l'entendre » répliqua l'ex agent

-« Parce que c'est la logique ! Ca prend du temps de guérir parfois. Pourquoi ne voulez-vous pas être patient ? »

-« Ce n'est pas dans ma nature Bella »

-« Je sais bien, mais si vous ne le faites pas pour vous faite le pour ceux qui vous aiment et qui souffrent de vous voir aussi… sombre »

-« C'est Harold qui vous a dit ça ? » réagit aussitôt l'ex agent, interrompant la marche

-« Non. Harold ne m'a rien dit. Il se ferait couper la langue plutôt que de se plaindre ou de vous critiquer. Les deux mêmes têtes de mule ! »Grogna Bella en continuant. Reese détourna les yeux « Qu'est-ce qui vous contrarie tellement John ? De quoi avez-vous peur ? » Insista-t-elle. L'ex agent hésita puis murmura :

-« Si je ne redeviens jamais comme avant… »

-« Vous serez autrement voilà tout » trancha la costumière

-« Je dois le protéger ! »

-« Et vous le ferez John ! Vous n'êtes pas invalide enfin ! »

-« Je suis… moins performant »

-« Et alors ? Ce qui compte c'est que vous soyez là. On est pas à la minute près »

-« Au contraire, parfois chaque secondes comptent » rétorqua Reese

-« Et moi je suis sure qu'il sera toujours parfaitement en sécurité avec vous ! » répliqua Bella avec entêtement « Tout comme je sais bien qu'Harold ne vous aime pas uniquement pour vos talents de garde du corps ! Il doit avoir tout un tas de bonnes raisons »

-« Je me demande souvent lesquelles » marmonna John. La vieille dame pinça les lèvres

-« Et bien posez lui la question ! Et en attendant vous pourriez faire un peu plus attention à lui ! »

-« Que voulez-vous dire ? »

-« Que cette ambiance, c'est sinistre ! »

-« Nous ne sommes pas en vacances Bella »

-« Et pourquoi pas ? Vous n'avez rien d'autre à faire que vous soigner et vous détendre, alors profitez-en !» Reese secoua la tête mais la vieille dame insista : « C'était quand vos dernières vacances avec Harold ? » John eut un geste pour éluder la question mais elle n'était pas décidée à lâcher prise « Alors ? »

-« Nous avons pris un week end… » Commença John

-« Je parle de vraies vacances » l'interrompit la vieille dame « Au moins une semaine »

-« Bella… »

-« Hum ? »

-« Ca n'est jamais arrivé. Vous savez bien qu'avec nos occupations c'est impossible » avoua Reese

-« Et ben voilà ! Ce n'est jamais arrivé et ce n'est pas au programme dans le futur, d'accord. Mais ce que vous avez en ce moment ça y ressemble, donc c'est une occasion en or ! »

-« Je ne peux pas Bella. J'ai trop conscience que pendant que je serais ici en " vacances " d'autres sont obligés de faire mon travail et ce n'est pas juste »

-« Mais ils le feront de toute façon, que vous profitiez ou pas ! »

-« Et cela ne devrait pas être »

-« Mais c'est ! Parce que vous n'êtes pas invincible et il faudra bien l'admettre » La vieille dame le stoppa et lui fit face « John, vous devez être un peu plus indulgent avec vous-même ! »

-« Je ne le mérite pas Bella »

-« C'est ce que vous pensez. Ce n'est pas la vérité »

-« Qu'en savez-vous ? »

-« Je vous connais. Et je pense que dans la vie le destin n'accorde de secondes chances qu'à ceux qui la mérite et c'est votre cas puisqu'il a mis Harold sur votre route » John lui lança un regard perplexe et reprit sa marche « C'est des croyances de chez moi et c'est ma façon de voir les choses. Alors maintenant que vous avez saisi cette deuxième chance en acceptant d'être avec Harold, il faut aller jusqu'au bout ! Et ça veut dire être heureux et le rendre heureux »

-« Et si je ne suis pas à la hauteur ? »

-« Ca, ça ne dépend que de vous ! » John resta silencieux puis demanda :

-« Luc c'était votre deuxième chance ? »

Bella lui lança un regard en coin, réfléchit, puis affirma :

-« Terry était ma deuxième chance. Je l'ai soutenu quand il était gamin et il est revenu vers moi au pire moment de mon existence et avec lui une nouvelle vie, un boulot que j'adore et la rencontre avec Luc. Et j'ai compris la leçon. Aujourd'hui je profite. Même si je râle et que j'ai souvent l'air terrible, je vais à l'essentiel ! Et vous devriez en faire autant ! » L'ex agent ne répondit pas et Bella soupira « Promettez moi au moins d'essayer ? »

-« D'accord » concéda John du bout des lèvres. La vieille dame douta de sa motivation mais sentit qu'elle n'obtiendrait rien de plus, elle avait l'impression de s'adresser à un mur. « Ça fait quand même du bien cette balade » remarqua t-elle après quelques minutes pour détendre l'atmosphère

-« Vous pourriez demander à Harold de vous prêter la villa un week end, il ne refusera pas »

-« C'est une idée. Avant j'achèterai des sandales à Luc. J'essaierai pas de lui dire de faire comme vous il ne voudra jamais » remarqua la costumière en observant les pieds nus de son comparse

-« Harold a eu un peu de mal à s'y faire au début mais il s'est adapté » ironisa John

-« On s'adapte à tout par amour » remarqua insidieusement Bella. Bear vint les solliciter avec un bâton et son maitre lui lança plusieurs fois puis la costumière décida de faire demi-tour

-« On ne peut pas rester trop tard, si je ne suis pas là pour l'avant-scène Terry va faire une crise »

-« Alors pas de vacances pour vous non plus ? « remarqua Reese

-« Bien sûr que si, quand je veux mon gars ! Et Terry devra s'adapter»

-« Parce que vous profitez ? »

-« Ouais ! Et il devrait en faire autant maintenant qu'il a régulièrement les petits et qu'il a Sven. Ah ben finalement il apprécie le transat » remarqua la costumière alors qu'ils approchaient de la villa. Reese avisa Luc confortablement calé dans la chaise longue, un verre dans une main et grignotant une troisième part de gâteau

-« Je crois que c'est la première fois que je vois Luc sans sa caisse à outils à porter de mains » remarqua John

-« C'est pas faux. Il trouve toujours un truc à bricoler »

-« Un peu comme Harold et ses ordinateurs »

-« Luc est un spécimen de geek avec une clé à molette » gloussa Bella. John ne put s'empêcher de rire à cette image. Finch, qui observait les promeneurs, capta ce mouvement joyeux qui le rassura quelque peu.

-« Ce soir ce sera une salade ou une soupe mon petit père » déclara Bella en examinant son compagnon

-« Peux pas résister à tes gâteaux » plaida celui-ci en finissant sa part d'un air contrit

-« Harold quand John sera guéri je vous chipe les clés et je viens me faire une cure d'iode »

-« Avec plaisir Bella »

-« Je pourrais même tenter une petite trempette si je trouve un maillot capable de contenir mes bourrelets ! » Luc gloussa et les deux hommes sourirent à la vieille dame

-« Je vous y encourage Bella, la natation est très bénéfique »

-« J'ai hâte de voir ça » approuva Luc avec un large sourire. Sa compagne le fusilla du regard

-« On verra ça quand vous serez rentrés ! En attendant on retourne au boulot, les filles vont se demander où je suis passée » déclara la costumière « Salut le musclé, soyez sage » lança-t-elle en le boxant. « Bear je te les confie » déclara-t-elle en caressant le malinois « Harold n'en faites pas trop » exigea-t-elle en donnant une accolade « Et appelez-moi au moindre coup de mou » lui chuchota-t-elle à l'oreille

-« Promis » répondit l'informaticien sur le même ton. Luc salua l'assemblée et le couple s'éloigna en direction de la route, le vieil homme se plaignant de nouveau de ses chaussures et Bella le houspillant pour la forme.

-« Pauvre Luc » remarqua Finch amusé

-« Je crois qu'il s'ennuierait si Bella cessait de le taquiner »

-« Un peu comme moi » jugea l'informaticien

-« Ah tu avoues que tu aimes quand je te taquine ? » demanda aussitôt l'ex agent

-« Pas du tout ! » répliqua Finch « J'ai dit que j'étais comme Luc pas que j'aimais ça ! » John s'avança et le pris dans ses bras

-« Tu peux avouer, je sais que c'est le cas ! » affirma t-il avant de l'embrasser doucement. L'informaticien s'accrocha à ses épaules et lui rendit ses baisers « Alors ? »

-« Non. Je n'avouerai pas ! » Reese fronça les sourcils

-« Je vais t'embrasser jusqu'à ce que tu cèdes ! » menaça l'ex agent

-« Ca va être très long » ironisa Finch

-« Tu te crois donc si résistant ? »

-« J'ai tout intérêt à l'être ! »estima l'informaticien

-« Vraiment ? »

-« Oui, puisque plus je résiste plus tu m'embrasses » constata Finch en rougissant

-« C'est un bon raisonnement » se moqua John. Il reprit ses baisers encore et encore comme s'il ne pouvait plus s'arrêter puis il redressa la tête et observa un instant son compagnon. Il posa son front contre le sien « Harold tu sais que je t'aime ? » murmura-t-il

-« Bien sûr que je le sais John » affirma l'informaticien surprit

-« Promet moi de ne pas en douter »

-« Je n'en doute pas et ça n'arrivera jamais » affirma Finch John l'entraina jusqu'à la balancelle

-« Peut-on s'installer un moment ? »

-« Si tu veux » Finch s'assied et Reese s'allongea la tête sur ses genoux comme il aimait le faire. Il ferma les yeux et l'informaticien lui caressa doucement les cheveux pour le détendre. John sembla alors apaisé, serein. Finch s'efforça d'en faire autant mais quelque chose le préoccupait dans l'attitude de son compagnon, il avait un étrange pressentiment dont il ne parvenait pas à se défaire.

.

OoooooooooO

.

Finch repoussa son clavier. Encore une enquête bouclée où ils avaient réussi à préserver leur numéro. L'inspecteur Fusco commençait à acquérir quelques automatismes et à s'adapter à ses méthodes un peu particulières. Il les connaissait déjà puisqu'il travaillait souvent avec John mais cette fois il était en première ligne. Finch savait qu'il était intelligent et qu'ils finiraient par réussir à travailler en harmonie. Il lui manquait juste un peu de la souplesse de John mais après quelques jours l'informaticien pouvait affirmer qu'il avait là un bon suppléant pendant la convalescence de son agent et il savait que l'inspecteur, même s'il faisait semblant de grogner parfois pour la forme, prenait réellement plaisir à mener l'enquête avec lui.

Il perçu le glissement de la porte fenêtre, le bruit des griffes de Baer sur le parquet, le frôlement presque imperceptible des pas de John. L'instant suivant il sentit un coup de museau sur son genou, deux bras glissant autour de ses épaules, un baiser léger comme une plume sur sa nuque. Il posa une main sur la petite tête rousse du malinois pour le caresser doucement et l'autre sur celles de son compagnon, se laissant aller en arrière, les yeux clos pour mieux profiter de la douceur de l'instant. John ramenait avec lui l'odeur des algues et la fraicheur de la brise. Il le laissa poser quelques baisers au hasard dans son cou puis pivota pour l'embrasser. John continua ses baisers au hasard sur son visage

-« Ce que j'aime quand tu délaisses tes cravates » chuchota John à son oreille

Finch leva la main pour la glisser dans les cheveux de son partenaire qui nicha son visage dans son cou. L'informaticien frissonna

-« Le soleil ne t'as pas réchauffé ce matin ? » murmura-t-il en sentant la fraicheur de sa peau

-« Non. Tu veux le remplacer ? » Finch rouvrit les yeux, croisa le regard de son compagnon, cette lueur qui y brillait. Il comprit que John avait envie de lui. Il y avait si longtemps qu'ils ne s'étaient pas aimés, depuis cette nuit d'orage qui semblait si loin au regard de l'épreuve qu'ils avaient traversés. Il laissa errer son regard. La chemise de soie noire, largement ouverte comme d'habitude, qui redessinait son torse. Les soins lui avaient fait perdre un peu de poids mais son pantalon noir épousait tout de même suffisamment ses courbes. Il sourit en constatant qu'il était encore pieds nus, comme si vivre près de la mer le dispensait de se chausser. Harold se leva et John se redressa, suivant le mouvement pour mieux le tenir contre lui lorsqu'il se cala dans ses bras

-« Crois-tu que je serais aussi doué que lui ? » demanda-t-il, passant les bras autour de son cou

-« Non tu seras mille fois mieux » chuchota Reese contre ses lèvres avant de l'embrasser longuement. Finch sentit ses mains glisser le long de son corps, puis empoigner ses fesses. Devinant son intention il agrippa ses épaules pour qu'il l'emporte jusqu'à leur lit où John l'allongea avec précaution avant de reprendre ses baisers tandis qu'il achevait de déboutonner sa chemise. Reese n'eut pas cette patience et tira sur la chemise de son compagnon, faisant sauter les boutons

-« John ! » protesta celui-ci d'un ton faussement fâché. L'ex agent lui adressa un regard charmeur

-« Ca ne pouvait pas attendre » chuchota-t-il

-« Tricheur » répliqua Finch avec un petit rire. John devina qu'il le taquinait et se vengea à sa manière en le faisant gémir de plaisir. L'informaticien passa les mains dans ses cheveux, les yeux clos, frissonnant sous ses caresses. C'était tellement bon de le retrouver. John se tenait au-dessus de lui et il sentait son souffle sur sa peau, ses mains qui le parcouraient cherchant les points sensibles qu'il ne retrouvait que trop bien. Un instant Finch le sentit se crisper sous ses doigts tandis qu'un léger gémissement lui échappait. Sa respiration lui parut plus hachée. Il rouvrit les yeux en le sentant s'écarter un peu

-« John ? » demanda-t-il, perturbé. Il vit l'expression tendue de son visage « Tout va bien ? »

-« Oui, ce n'est rien »

John le reprit contre lui et recommença à l'embrasser. Finch laissa glisser ses mains lui caressant doucement le dos. Il se laissait aller à nouveau lorsqu'il sentit brusquement John se raidir et s'écarter d'un geste bref. L'informaticien se redressa vivement. Allongé près de lui, John gardait une main crispée sur son côté, respirant plus vite, le visage fermé sur une visible douleur. Il s'inquiéta aussitôt

-« John tu as mal ? Qu'est ce qui se passe ?» demanda-t-il, se penchant vers lui, posant une main sur la sienne

-« Ca va passer » souffla Reese

-« Veux-tu que j'appelle… »

-« Non ! » l'interrompit son agent « Je vais bien »

-« Ce n'est pas vraiment l'impression que cela donne » remarqua Finch. John se redressa et s'assit au bord du lit lui tournant le dos. Pas découragé, il se rapprocha, posant prudemment une main sur son épaule. Il sentit une tension dans tout son corps et devinait que ce n'était pas uniquement à cause de la douleur « Parle-moi » demanda-t-il doucement « Explique-moi… »

-« Il n'y a rien. C'est juste… » John hésita puis concéda « Certains mouvements réveillent une douleur »

-« Veux-tu que je t'apporte un cachet ? »

-« Non ça va passer » s'entêta l'ex agent. Il se leva brusquement, nerveux « Et je peux bien aller le chercher moi-même ! » Il s'efforçait de reboutonner sa chemise mais sa nervosité rendait ses gestes malhabiles. L'informaticien quitta le lit et s'avança

-« John calme toi » murmura t-il, puis voyant qu'il continuait de s'acharner sur le même bouton il tendit les mains pour l'aider

-« Non ! » le mot claqua dans le silence, stoppant son geste « Je peux encore m'habiller seul ! Laisse-moi au moins ce que je peux faire ! Que je ne me sente pas complètement inutile ! »

-« John ! Tu n'es pas inutile ! »

-« Ah non ? » grinça celui-ci « Je ne suis plus bon à rien, je ne peux pas rester debout plus de dix minutes sans devoir bouger, je me sens toujours fatigué et je ne peux pas faire mon travail ! C'est un autre qui doit assumer les missions à ma place ! »

-« Arrête » intima Finch « Tu sais bien que c'est juste une question de temps. Laisse passer quelques jours… »

-« Tu as déjà dit cela et rien ne change ! » le coupa son agent

-« Parce qu'il en faut plus ! »

-« Combien ? Je n'en peux plus d'attendre sans rien faire ! »

-« Tu dois te reposer »

-« Et rester là sans rien dire ? Tu vois bien que je ne suis d'aucune utilité ainsi ! »

-« John je t'en prie, ne le prends pas comme ça ! » intima Finch

-« Et comment voudrais tu que je réagisse ? Je ne fais rien d'autre que promener Bear ! » S'emporta John « Je ne peux même plus faire l'amour à mon compagnon ! » Ajouta t-il d'un ton douloureux et Finch lut la souffrance dans ses yeux. Incapable de poursuivre, John fit demi-tour et sorti par derrière en claquant la porte, laissant son partenaire figé sur place, les mains tendues vers lui mais sans chercher à le retenir. Dans l'état d'esprit où il se trouvait cela ne servirait à rien, voir ne ferait que compliquer les choses. Il se rassit sur le lit avec un soupir. Bear se rapprocha aussitôt quémandant une caresse qu'il lui donna volontiers. Encore une fois le malinois savait être présent au bon moment pour le rassurer. Il était inquiet et pas seulement du comportement de son compagnon. Le connaissant il n'était pas vraiment surpris de sa réaction, John Reese n'était pas fait pour le repos et l'inactivité, il avait pu le constater chaque fois qu'il avait dû le soigner et l'y contraindre ou en tout cas essayer… Non ce qui l'inquiétait le plus c'était cette douleur qui semblait persister. Le docteur Tillman lui avait pourtant affirmé qu'il ne devrait plus souffrir de l'intervention grâce à son traitement, alors y avait-il autre chose ? Il pourrait toujours tenter de l'appeler mais elle demanderait sans doute à voir son patient ce que ce dernier m'apprécierait pas si ce n'était pas absolument indispensable. Perdu dans ses réflexions il ne réagit qu'une demi-heure plus tard lorsqu'un bip annonça l'arrivé d'un sms. Se levant, il saisit machinalement son téléphone. C'était un message de Fusco lui confirmant que leur suspect était neutralisé. Il lui répondit puis s'avança jusqu'à la fenêtre. Il aperçut John assit sur le vieux ponton, immobile, silhouette sombre sur le fond bleu de l'horizon

-« Viens Bear allons le rejoindre il doit être calmé et il a besoin de nous » dit-il en ouvrant la porte. Le malinois le précéda et alla docilement se coucher à côté de son maître, la tête sur les pattes, veillant du coin de l'œil. Finch s'installa de l'autre côté avec des gestes prudents et resta assit là, sans un mot, attentif. Après quelques minutes il sentit une main se poser timidement sur la sienne, il la serra et tourna la tête. Reese le fixait l'air incertain. Finch glissa pour se rapprocher et posa la tête contre son épaule. Il sentit aussitôt le bras de son compagnon s'enrouler autour de sa taille

-« Je suis désolé » souffla Reese

-« Je sais »

-« Tu m'en… » Finch le fit taire en posant un doigt sur sa bouche

-« N'oublie pas ce que je t'ai dit John. Je t'attends et je t'attendrais toujours, alors tu n'as pas besoin de te presser. N'essaie pas de forcer les choses » il lui caressa doucement la joue «Prends cette parenthèse comme un moment de répit et vivons la à deux, tranquillement »

-« Tu es plus sage que moi »

-« Non. Mais j'ai appris la patience » constata l'informaticien avec un geste vague vers sa hanche blessée. Reese soupira

-« Je suis… »

-« Chut ! » le coupa Harold « Tu es toi-même : impatient et têtu »

-« Tu me connais bien»

-«Oh oui ! » jugea Finch « Et maintenant reste tranquille que je puisse te réchauffer » affirma-t-il en reposant sa tête contre son épaule

-« Nous sommes en plein soleil Harold » s'amusa John

-« N'as-tu pas dit que j'étais mieux que lui ? » riposta l'informaticien pour le taquiner. John sourit

-« Mille fois »chuchota t-il avant de l'embrasser. Il le laissa se réinstaller et le serra contre lui. Bear qui les observait profita du calme revenu et posa sa tête sur le genou de son maître avec un soupir satisfait.

.

OoooooooooO

.

Finch réalisa les jours suivant que cet incident ne faisait que les éloigner davantage sur le plan physique. John ne cherchait plus à se rapprocher de lui, l'évitait presque, et il se doutait que cela avait un rapport avec ce moment. John manquait de confiance en lui depuis l'agression, peut-être même avant, sur certains points, et c'était le genre d'échec qui risquait de le conforter dans son jugement. Il devait faire quelque chose. Même s'il n'était pas lui-même très confiant en ses capacités lorsqu'il s'agissait de prendre des initiatives en ce domaine, il fallait qu'il agisse.

Une idée lui vint au petit matin le jour suivant. Il perçu le mouvement de son compagnon alors qu'il se levait sans bruit pour préserver son sommeil. Il savait qu'il irait d'abord ouvrir à Bear. Ils sortiraient ensemble et Reese irait sans doute nager quelques minutes. Puis il rentrerait et se rendrait à la salle de bains pour prendre une douche avant de retourner à la cuisine pour préparer le petit déjeuner et il lui vint l'envie de le rejoindre.

Finch guetta les bruits jusqu'à ce qu'il perçoive celui de la douche. Il se leva alors silencieusement, repoussa la robe de chambre qu'il avait saisi par reflexe, et se dirigea vers la salle de bains. Il eut tout de même un instant d'hésitation, prit une grande inspiration puis se décida à entrer. Il avança vers la cabine de douche et fit coulisser la porte d'une main ferme. Reese se tourna vers lui

-« Harold? » celui-ci ne put s'empêcher de le détailler un instant et se sentit rougir mais il resta parfaitement impassible

-« Ne te dérange pas pour moi : continu » intima-t-il

-« J'ai…. presque fini » affirma John en l'observant tandis qu'il déboutonnait sa veste et la laissait glisser au sol « Tu es donc si pressé ce matin » ajouta t-il d'un ton qui se voulait ironique mais masquait mal son trouble. Harold capta une lueur de désir dans ses yeux.

-« Non » constata t-il « Mais il se pourrait que j'ai envie de profiter de tes talents de masseur » précisa t-il en le fixant. Reese riva son regard au sien

-« Oh… dans ce cas, je veux bien me dévouer ». Finch acheva de se dévêtir et saisit la main que lui tendait son compagnon pour l'aider à entrer dans la cabine. John l'attira aussitôt contre lui

-« Je vais aussi t'aider à te détendre » proposa l'informaticien. Reese eut un petit rire

-« Généralement lorsque nous sommes tous les deux sous la douche ce n'est pas ce que je ressens en premier » se moqua t-il

-« Un peu de sérieux M Reese! » gronda Finch « Je requiert juste vos talents de masseur » En réponse John l'embrassa tendrement

-« Ca c'est pour la mise en condition »précisa t-il « et maintenant je peux travailler » Et il accomplit sa tâche avec un zèle tout particulier. Finch sentait ses mains glisser sur lui, d'abord hésitantes, puis plus assurées, plus caressantes que soignantes. Il agissait de même et certains soupirs qu'ils laissaient échapper n'étaient pas vraiment de ceux que l'on perçoit lors de simples soins, les baisers se succédaient, c'était pour les deux hommes la meilleure façon de se redécouvrir, de faire renaitre leur liens physiques. Ils profitèrent longuement de ce moment jusqu'à ce que l'eau devienne froide. Reese quitta la cabine, enfila un peignoir et aida son compagnon à enfiler le sien

-« Tu vois que finalement tu es détendu » taquina celui-ci

-« Tu as raison… pour cette fois! » jugea Reese « Mais ne t'y fie pas! »

-« Maintenant je vais aller m'allonger un peu en attendant que tu prépares le petit déjeuner! » affirma Finch en se dirigeant vers la chambre. John fronça les sourcils

-« Et si j'ai besoin de repos moi aussi? »

-« Tu vas donc me laisser mourir de faim? » protesta Finch depuis le seuil « Alors que je me suis bien occupé de toi? »

L'ex agent eut un petit rire

-« Tu as raison ce serait ingrat de ma part! » Il lui donna un baiser et se dirigea vers la cuisine où Bear l'attendait sagement. Vingt minutes plus tard il revint dans la chambre avec un plateau

-« Monsieur est servi » lança t-il joyeusement

Finch se redressa et sourit

-« Juste à temps! » Reese posa le plateau et s'installa près de lui. Il lui tendit aussitôt un croissant et John avala une bouchée

-« J'aurais préféré commencer par autre chose » commenta t-il

-« Ton café est là » rétorqua Finch pas dupe

-« Et sinon? »

-« Sinon tu ne voudrais pas que je remercie le chef avant d'avoir testé la qualité de ses croissants? »

-« Bear les a certifié »

-« Hum. Dans ce cas si un expert a donné sa bénédiction » il se pencha et embrassa son compagnon

-« Tu as plus confiance en Bear alors? » taquina Reese

-« Tu viens de dire que c'est un expert! » l'ex agent fit la moue pour faire semblant d'être vexé sans convaincre personne. Il tendit à son tour un croissant

-« Heureusement qu'il consent à en laisser un peu au moins! » jugea t-il alors que le malinois le fixait d'un regard doux pour l'apitoyer et obtenir un autre morceau

En le voyant aussi détendu, le regard clair et souriant, Finch eut l'impression de retrouver enfin son partenaire. Ils terminèrent le petit déjeuner et Reese se leva pour ramener le plateau mais Finch le retint par le bras

-« Si tu le posais sur le chevet ? » demanda-t-il. John s'exécuta, perplexe

-« Et maintenant ? »

-« Viens près de moi » intima l'informaticien. John obéit et il se blottit contre lui « Serre-moi s'il te plait » chuchota t-il. John l'enlaça doucement

-« Est-ce que ça va Harold ? » interrogea-t-il

-« J'ai juste envie de te sentir proche » Reese comprit le message implicite et resserra sa prise

-« Je serais toujours là » chuchota t-il. Finch ne dit rien, et craignant que cela ne dure guère, il profita au maximum de ces instants de grâce. Il faisait de son mieux pour préserver leur complicité et ce matin il se sentait satisfait d'y avoir réussi.

.

OoooooooooO

.

Les jours suivant s'écoulèrent, monotones, dans une routine tranquille. Finch s'efforçait de ménager des moments de tendresse entre eux pour ne surtout pas laisser John s'éloigner trop de lui. Mais malgré tous ses efforts l'humeur de Reese devenait plus sombre chaque matin, avec parfois quelques éclaircies, mais la tension entre eux était latente parce qu'il ne pouvait lui offrir ce qu'il désirait vraiment : une vie normale et l'activité qui allait avec….

De plus Finch avait relevé quelques détails qui le faisait s'inquiéter de sa santé physique, John semblait souvent mal à l'aise, comme gêné, mais il s'obstinait à lui répondre qu'il allait bien et qu'il n'avait aucune douleur. Seule l'infini patience dont faisait preuve l'informaticien permettait de limiter les dégâts, mais jusqu'à quand ?

.

Ce matin-là, Reese semblait encore plus morose qu'à l'accoutumée. Finch leva la tête en entendant les pas de son compagnon, juste un frôlement sur le plancher

-« John ? » l'interpella-t-il en se déconnectant un instant

-« Je vais faire un tour avec Bear »

-« Es tu sur… » Commença Harold, songeant que le matin même John avait ignoré le petit déjeuner prétextant qu'il n'avait pas d'appétit. Il avait remarqué son maintien rigide, une certaine retenue dans ses gestes mais l'ex agent s'était réfugié à son poste d'observation, sur le perron, avant qu'il ne trouve les mots pour l'interroger, signifiant par là son désir de solitude.

-« La marche n'est pas interdite » l'interrompit John

-« Non bien sûr mais n'en fait pas trop » murmura Finch « Tu manques d'entrainement » ajouta t-il sur un ton taquin mais la ruse ne fonctionna pas. John lui adressa un regard indifférent et quitta la salle, Bear sur les talons. Finch soupira. Il fut tenté de le suivre mais Reese l'aurait mal pris. La voix de l'inspecteur Fusco dans l'oreillette le ramena à la réalité

-« Oui inspecteur je suis toujours là » répondit-il machinalement « Je cherche l'information » précisa-t-il en reprenant son ordinateur

John resta un instant sur le seuil. Il entendit la voix de son partenaire. Instinctivement il serra les poings. Il se sentait tellement inutile. Il s'en voulait de laisser à Lionel la charge des missions alors qu'il avait déjà son propre travail. Et qu'adviendrait-il s'il leur parvenait une mission plus importante ? De celles qui nécessitent de s'infiltrer dans le milieu de leur numéro ? Il se passa nerveusement la main dans les cheveux puis descendit les quelques marches et s'avança sur la plage. Depuis la veille, une douleur diffuse irradiait son côté mais il l'ignora. Il marchait lentement, se dirigeant vers la petite crique. Il ramassa un bâton échoué sur le sable et le lança à son chien, une fois, deux fois. Mais il dû cesser le jeu. Se baisser augmentait la douleur. Il serra les dents. Il ne laisserait pas son corps avoir le dernier mot. Il en avait assez de subir ces douleurs continuelles, de cette fatigue qui le ralentissait, de se sentir impuissant, de cette inaction qui lui pesait. Et aussi de cette peur de ne pas redevenir celui qu'il était avant. S'il restait amoindri de cette blessure ? S'il ne pouvait plus assurer les missions aussi efficacement ? Et surtout s'il ne pouvait plus veiller sur lui ? Assurer sa sécurité avec autant de sureté ? La tension en lui ne se calmait pas. Il avança vers le fond de la crique et s'assit sur un rocher. Bear jouait avec les vagues. Il tenta de se relaxer mais le spectacle de la mer qui d'habitude l'apaisait semblait cette fois n'avoir aucun effet sur son esprit tourmenté.

Il se remémora une énième fois l'agression. Parfois des flashes lui revenaient. La douleur, l'angoisse, son impuissance devant la souffrance de Bear qui le frappait comme un coup de poignard, sa culpabilité aussi en pensant que c'était sa faute s'il avait été blessé. Il n'aurait pas dû l'emmener avec lui. Ou veiller à ce qu'il ne lui arrive rien. C'était pour avoir voulu le défendre qu'il avait été frappé. Oh bien sur Bear est un chien de défense, dressé pour ce genre de situation et il était facile de penser que sa réaction était normale, que c'était un risque auquel il pouvait être confronté. Mais cela ne le consolait pas. Son esprit troublé allait jusqu'à lui souffler que la mission était terminée lorsque l'agression avait eu lieu et que par conséquent tout cela n'aurait jamais dû se produire.

La douleur s'accentua. Il bougea, cherchant une position plus confortable. Bear s'approcha et vint lui donner un petit coup de museau. Il lui caressa la tête doucement pour le rassurer. Ses yeux se posèrent sur l'anneau à son doigt. Harold. Une fois de plus il sentit la culpabilité l'envahir à la pensée de toutes les angoisses qu'il lui avait fait subir ces derniers temps. C'était inévitable en se liant à quelqu'un comme lui. Il n'aurait pas dû le choisir. Il n'était pas fait pour lui et lui ne méritait pas quelqu'un d'aussi bien dans sa vie. Encore moins maintenant alors qu'il ne serait peut-être même plus capable de le protéger correctement. Un instant il repensa à cette femme. Ce fantôme qui avait failli tout remettre en cause. Il avait juré à Harold de l'aimer et un simple reflet avait failli tout gâcher ! Et il ne lui avait pas fait de reproche, il était prêt à tout accepter de lui, même ce genre de souffrance. Mais comment avait-il seulement pu la lui imposer ?

Reese ferma les yeux, s'adossant contre le rocher, le souffle court. La sueur perlait sur son front comme la douleur l'envahissait, prenait le dessus sur sa volonté. La main crispée sur son flanc il lutta pour se lever par reflexe mais il retomba lourdement. Bear gémit doucement

-« Juste une minute » murmura John en posant sa tête contre la roche, cherchant à reprendre son souffle. Mais la sensation de malaise était trop forte. Il s'affaissa doucement, sans connaissance. Bear posa une patte sur son genou en gémissant. Il lui donna quelques coups de langue sur le visage, s'appuya à deux pattes, insistant, puis comme son maître ne réagissait toujours pas il se détourna et s'élança vers la villa.

Finch refermait son ordinateur lorsqu'il vit un éclair roux surgir dans la pièce. Le malinois se jeta dans ses jambes en gémissant

-« Bear ? Mais que t'arrive t-il ? » Interrogea Finch surprit par sa brusquerie. Il se pencha pour le caresser. Le chien saisit délicatement son poignet et tira doucement « Je dois te suivre ? » Bear jappa, trépignant sur place « Mais John ? Oh mon dieu John ! » Murmura Finch comprenant qu'il avait dû se produire un accident. Il saisit sa veste et se précipita derrière le malinois. Bear courrait en avant, revenant sans cesse en arrière pour s'assurer que Finch le suivait bien. Il l'entraina jusqu'à la crique. Le cœur de l'informaticien manqua un battement en apercevant la silhouette de son partenaire affaissée contre le rocher

-« John » appela-t-il en se laissant tomber à genoux près de lui « John répond moi ! » il l'examina brièvement, ne remarquant aucune blessure. Le malaise devait venir d'ailleurs. Il posa la main sur son front moite, lui donna une tape sur la joue sans cesser de l'appeler pour le ramener à lui mais en vain « John je t'en prie » supplia-t-il. Sa respiration était irrégulière, ses traits déformés par une souffrance évidente. Finch saisit rapidement son téléphone dans la poche de sa veste pour appeler les secours, priant pour qu'ils arrivent rapidement. Puis il laissa un message à leur médecin. Il resta près de lui à attendre, sans se soucier de sa position inconfortable pour sa hanche, caressant son visage, l'appelant doucement, avec cette même inquiétude qu'il avait éprouvé juste après l'agression et cette peur de le perdre ancrée en lui. Bear veillant, allongé aux pieds de son maitre

L'ambulance ne tarda pas. Finch résuma brièvement la situation aux trois secouristes. Tandis que les deux premiers infirmiers emmenaient Reese le troisième l'aidait à se relever

-« Est-ce que ça va aller Monsieur ? » demanda-t-il en le voyant grimacer

-« Oui merci. J'ai prévenu son médecin. Je pense que le docteur Tillman l'attend »

-« Très bien »approuva l'homme en le soutenant « Nous l'emmenons au général alors je préviens les collègues. Vous voulez venir ? »

-« Je vais vous suivre en voiture »

-« D'accord » approuva l'ambulancier. Ils arrivaient à la villa. L'homme le quitta pour se précipiter vers le véhicule d'urgence où l'attendait ses collègues. Le claquement de la portière raisonna dans la tête de l'informaticien, agressif. Finch entra dans la maison et saisit son sac

-« Bear tu vas devoir attendre ici. Je reviendrais dès que possible » Le malinois vint se frotter contre lui comme pour l'encourager

Finch venait de s'installer derrière le volant lorsque son portable vibra. Il sursauta, craignant une mauvaise nouvelle, même si John ne devait pas encore être arrivé à l'hôpital

-« Oui ? »

-« Finch c'est bon je viens de coincer Lucas. Je deviens aussi doué que superman ! » Affirma joyeusement Fusco. « Heu… Finch ? » Interrogea-t-il devant le silence de son interlocuteur

-« Merci inspecteur. Vous avez fait du bon travail »

-« Mais ? »

-« Je suis en route pour l'hôpital »

-«Pour John ? Mais qu'est ce qui se passe ?» s'alarma Lionel

-« Je ne sais pas. Je l'ai trouvé sans connaissance alors qu'il était seulement sorti faire une balade »

-« Merde ! » grogna Fusco inquiet « Vous avez averti Meg ? »

-« Oui je lui ai laissé un message »

-« Tenez moi au courant, je gère tout le reste ! »

-« Bien sûr. Merci inspecteur »

-« Et Finch ! »

-« Oui ? »

-« N'oubliez pas que je suis là. Vous pouvez m'appeler »

-« Je sais, merci »

Finch raccrocha. Il était étonné du calme qu'il avait gardé pendant la conversation alors que c'était le chaos dans son esprit. Il arriva à l'hôpital quelques minutes plus tard. Il aperçut Beth dans l'entrée qui le guettait

-« M Wren ! » s'exclama l'infirmière en avançant vers lui « Mégan a bien eu votre message, John est avec elle en ce moment »

-« Merci Beth »

-« Venez avec moi. Je vous emmène dans un coin tranquille où vous pourrez patienter » Finch la suivit et se résigna à attendre dans la petite salle d'attente où elle l'installa. John était entre les mains de leur médecin, il ne pouvait rien faire de plus.