Cet os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "glorifier" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.
— Il n'y a pas à se glorifier de ce que tu as fait…
Harry se réveilla en sursaut, haletant, regardant autour de lui un peu perdu. La guerre était terminée, il avait réussi à mettre fin au règne de Voldemort une fois pour toutes. Après quelques jours entre les mains expertes de madame Pomfresh, il avait eu l'autorisation d'aller où bon lui semblait.
Molly l'avait immédiatement invité au Terrier, lui assurant qu'il serait toujours le bienvenu. Mais Harry avait refusé. Il se sentait coupable de la mort de Fred et il avait besoin d'être seul.
Il s'était retranché Square Grimmaud, promettant à tous qu'il allait bien.
En soi, il n'avait pas menti. Physiquement, il se portait bien. Mais, la guerre avait laissé des séquelles, plus qu'il ne l'avait imaginé.
D'abord la culpabilité, de ne pas avoir pu sauver tous ceux qui étaient tombés. Outre les inconnus, il se reprochait la mort de Fred, de Rémus, de Tonks, de Sirius. S'il avait été plus fort, plus rapide, plus… héroïque peut-être.
Ensuite, il se sentait vide. Terriblement vide. Depuis ses onze ans, il vivait avec un but. Celui de venger la mort de ses parents et de mettre fin à la guerre qui secouait le monde magique. Chaque année, il s'accrochait à ce but, et maintenant qu'il avait réussi, il était perdu. Il avait l'impression de ne rien savoir faire d'autre que de se battre.
Il faisait beaucoup de cauchemars, surtout de la dernière bataille. Tous ces morts, toute cette violence… il se réveillait parfois en sueur, persuadé qu'il était encore là-bas. Mais il se réveillait dans la chambre de Sirius, et il fondait en larmes. Il avait le sentiment d'être brisé et il n'osait pas en parler. Il ne voulait pas paraître faible, ou bizarre. Il avait gagné le droit à un peu de normalité dans sa vie après tout et la liberté de passer des nuits paisibles.
Cependant, être réveillé par une voix étrangère qui disait tout haut ce qu'il pensait au fond de lui était inédit. Il frémit en regardant autour de lui — bien évidemment, la chambre était déserte — et se convainquit qu'il avait probablement rêvé.
Après tout, entendre des voix n'était pas un signe encourageant quant à sa santé mentale et il était certain qu'il n'y avait pas de Basilic dans les murs de cette baraque en ruines.
Désormais réveillé, Harry repoussa les couvertures et frissonna en se levant. Il quitta la chambre pour se rendre à la cuisine et se préparer une infusion. Il n'aimait pas vraiment ça, mais Hermione lui avait assuré que c'était un remède moldu pour aider à dormir, et depuis, il s'en gavait. À part se réveiller plusieurs fois par nuit la vessie pleine, il n'avait pas l'impression de mieux se reposer.
— Tu te penses si puissant…
Cette fois, Harry sursauta violemment et laissa tomber la tasse qu'il tenait. Il contempla les éclats de porcelaine au sol, effrayé, conscient qu'il avait réellement entendu quelqu'un parler bien qu'il soit seul dans la grande maison sinistre.
Fébrile, il fouilla les tiroirs de la cuisine, se moquant bien de répandre leur contenu à terre. Finalement, il mit la main sur la boîte qu'il cherchait.
La dernière fois qu'elle était venue, Hermione avait des somnifères. Elle en avait eu besoin quelques semaines, parce qu'elle dormait mal après ce qui lui était arrivé au Manoir Malefoy. Elle avait oublié le reste des comprimés en partant — visiblement se mettre en couple avec Ron lui avait permis de combattre ses démons — et Harry venait de s'en souvenir. Il savait que ce n'était pas la solution idéale, mais pour cette nuit, ce serait suffisant pour quelques heures de repos.
Il prit un comprimé, puis avec une légère hésitation, un second. Il les avala avec une grimace et quitta la pièce — il rangerait tout plus tard. Il pensait rejoindre sa chambre, mais il tituba jusqu'au salon où il s'effondra dans le sofa devant la cheminée. Il eut juste la force de tirer le plaid en boule sur son corps qu'il s'endormait d'un sommeil artificiel.
Le lendemain, ce fut des coups à la porte qui le firent se réveiller. Il cligna des yeux, perdu, avant de se lever. Il se sentait lourd et épuisé, il avait l'impression que ses mouvements étaient malhabiles.
L'esprit vide, il alla ouvrir la porte d'entrée, sans se méfier.
Son visiteur le bouscula en entrant, les sourcils froncés.
— Potter ! Mais qu'est-ce que tu as ?
Il se frotta le visage en essayant de reprendre pied dans la réalité, puis il gloussa doucement.
— J'ai pris des pilules moldues pour dormir… Pourquoi tu es là ? Comment… tu savais où me trouver ?
Drago Malefoy roula des yeux et haussa les épaules.
— Granger m'a donné ton adresse. Je… venais te remercier, mais je vois pourquoi elle avait l'air inquiète en fait. Tu as une tête affreuse.
Harry avait l'impression qu'il aurait dû s'énerver, mais il haussa juste les épaules.
— OK. Tu voulais quoi ?
Le blond sembla sur le point de lui hurler dessus, ou de le bousculer. Mais finalement, il souffla, les sourcils froncés, l'air inquiet.
— Tu ne peux pas rester tout seul sans te mettre en danger, hein ? Bon sang, Potter… Mais pourquoi tu as fait ça ?
Harry poussa la porte de la cuisine, suivi de près par Drago. Ce dernier jura en voyant le désordre et Harry se passa la main dans les cheveux, un peu gêné.
— C'est juste à cause de la voix, je… voulais…
Il s'interrompit soudain, en se rendant compte de ce qu'il disait. Visiblement, les médicaments d'Hermione lui embrouillaient l'esprit au point de le faire avouer ses secrets. Heureusement, c'était Malefoy face à lui, et pas l'un de ses amis. Ce dernier ne l'avait jamais couvert de louanges, il n'avait jamais cherché à le glorifier. Loin de s'affoler, Drago le fixa, les yeux plissés.
— Explique-toi, Potter.
Probablement parce qu'il était vulnérable, ou parce qu'il était encore embrumé par les somnifères, Harry avoua sans se faire prier.
— J'entends une voix. Je croyais que c'était un cauchemar, mais… Elle me reproche mes erreurs, à quel point j'ai échoué.
Il y eut un lourd silence, puis le blond murmura, incrédule.
— Mais de quoi tu parles ?
— Tous ces morts…
Drago l'attrapa par le poignet et le tira à lui pour le fixer longuement dans les yeux. Il recula brusquement, choqué.
— Tu as reçu un foutu maléfice Potter ! C'est censé te faire culpabiliser encore et encore jusqu'à ce que ton esprit… craque.
Harry cligna juste des yeux, comme si ça n'avait pas la moindre importance. Il sourit avec hésitation à son ancien rival.
— Et tu peux l'enlever ?
Drago eut un mouvement de recul, les yeux écarquillés.
— Tu me fais confiance ?
Plutôt que de s'empresser de répondre, Harry le dévisagea tranquillement. Puis, il sourit.
— Bien sûr. Après tout, si tu me voulais du mal, tu avais juste à faire comme si tu n'avais rien vu et personne n'aurait pu te reprocher quoi que ce soit. Et puis je sais que tu seras honnête avec moi, que tu ne chercheras pas à me rassurer.
