Cet os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "java" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.
Harry était en train de boucler ses valises, dans la chambre de Ron au Terrier.
Après la bataille de Poudlard, Harry, épuisé, s'était laissé entraîner par son meilleur ami et Molly. La mère de Ron était brisée par la mort de Fred, et elle avait englouti Harry dans une solide étreinte, déterminée à veiller sur ce garçon qu'elle considérait comme un fils adoptif.
Molly l'avait entouré d'affection, lui avait longuement parlé, l'obligeant à oublier sa culpabilité de ne pas avoir pu sauver tout le monde.
Il s'était laissé materner pour la toute première fois de sa vie, soulagé de pouvoir oublier ses responsabilités et le poids qui pesait sur ses épaules.
Si Molly lui avait laissé tout le temps du monde pour aller mieux, n'exigeant rien de lui, ça n'avait pas été le cas de Ginny.
Ginny s'impatientait. Ginny attendait qu'il revienne vers elle, qu'il lui déclare son amour éternel probablement.
Elle avait commencé par des petits commentaires visant à rappeler qu'elle avait attendu Harry patiemment, que la guerre était terminée et qu'ils étaient libres de reprendre là où ils en étaient restés.
Puisque Harry faisait la sourde oreille, elle avait insisté progressivement, jusqu'à ce que chaque échange avec Harry ressemble à un affrontement. Molly avait tenté de calmer sa fille, mais Ginny avait toujours été une fille décidée et caractérielle… L'atmosphère au Terrier devenait de plus en plus pesante au fil des jours.
Finalement, Ginny avait semblé se lasser de ce petit jeu et elle l'avait confronté, visiblement furieuse.
Harry ne pouvait pas être certain de ce qu'il voulait. Il ne voulait pas avoir à prendre de décisions pour l'instant, il avait besoin de penser un peu à lui-même, d'être égoïste pour une fois dans sa vie.
Déjà agacé par le harcèlement constant de la jeune fille, sa tentative de lui forcer la main avait été la goutte de trop et il l'avait brutalement repoussé.
Il y avait eu un lourd silence après le rejet de Harry, puisque Ginny avait choisi le moment du repas pour affronter le jeune homme. Molly avait semblé déchirée entre soutenir sa fille au cœur brisé ou préserver Harry qu'elle aimait sincèrement et ce fut à cet instant précis que le jeune homme avait compris qu'il n'avait pas sa place au Terrier. Il n'était qu'un invité, même s'il était attaché aux Weasley. Il s'était bercé d'illusions en imaginant appartenir à la famille, mais il ne pouvait pas les regarder se disputer à cause de lui.
Ainsi, il s'était levé tranquillement, et avait annoncé qu'il rentrait chez lui.
Il n'avait jamais vraiment eu de chez lui et ils le savaient tous autour de la table. Mais il avait un air déterminé et personne n'osa le contredire.
Ron avait ajouté qu'il suivrait Harry et ce dernier avait masqué une grimace agacée. Il adorait Ron, véritablement. Mais Ron était bruyant et exubérant, soulagé de la fin de la guerre et essayant d'oublier la mort de Fred à sa façon. Ron voudrait le pousser dans les bras de Ginny, pour être certain que son meilleur ami ne s'éloignerait pas de lui. Dans son esprit, maintenant que la guerre était terminée, il pouvait réaliser tous ses rêves : avoir Hermione près de lui, avoir Harry près de lui, garder sa famille près de lui…
Harry n'avait rien dit, mais il comptait bien empêcher Ron de le suivre square Grimmaud. C'était le seul endroit qui lui restait, qui lui appartenait, même s'il se sentait angoissé à l'idée de s'y retrouver seul… maintenant que Sirius était mort.
Il s'était précipité à l'étage pour faire sa malle, et il avait d'abord entendu Molly sermonner gentiment Ginny au sujet de son manque de tact et de son empressement. La jeune fille avait geint interminablement, se plaignant de l'éloignement de Harry alors qu'elle l'attendait depuis si longtemps.
Molly n'avait pas insisté, bien sûr. Harry savait qu'elle espérait cette union, elle aussi. Sauf qu'il n'était plus vraiment sûr de vouloir une relation avec Ginny. Pas alors que la moindre chose à son sujet l'irritait, pas alors qu'il cherchait à l'éviter au maximum même en vivant sous le même toit.
Puis, Ron annonça son départ d'un ton enjoué et Molly se mit immédiatement à protester. La matrone n'était pas vraiment discrète et sa voix portait, aussi, Harry assista à la conversation depuis l'étage.
— Je suis majeur, M'man. Je vais aller avec Harry.
— Hors de question Ron ! Tu vas rester ici.
— Mais…
— Je te connais ! Tu ne penses qu'à faire la java !
Ron marmonna puis sa voix s'éleva de nouveau, boudeuse.
— Et alors ? La guerre est terminée. Poudlard aussi, non ? Qu'est-ce qui m'empêche de vivre maintenant ?
Il y eut un lourd silence, puis Molly grogna, agacée.
— Ronald Bilius Weasley ! Tu n'iras nulle part ! Je me moque bien de savoir que la guerre sera terminée, mais tu pourras partir de cette maison que lorsque tu seras apte à te gérer toi-même !
— Je suis capable…
Molly l'interrompit, visiblement au bord de la rupture, prête à entrer en éruption.
— Tu gagnes ta vie, jeune homme ? Crois-tu que nous allons t'entretenir sans broncher pendant que tu t'amuses ?
— Harry est riche.
À ces mots, Harry détesta son ami de toutes ses forces. Il laissa tomber le couvercle de sa malle bruyamment et lui lança un sort pour la réduire et l'empocher. En sortant de la chambre, il tomba sur George, les yeux rouges, cerné et amaigri.
Ils se fixèrent un long moment, puis George eut un bref sourire.
— Tu n'y pouvais rien, Harry. Fred n'aimerait pas que tu te sentes coupable. Et Ron est un idiot. Il pense que… faire la java, comme dit maman, lui fera oublier ses cauchemars.
Harry hocha la tête, les larmes aux yeux.
— Je…
— Si tu as besoin de parler, je… Je vais rouvrir le magasin. Je pensais que je ne pouvais pas, mais… Mais je suis obligé. Pour… Pour Fred. C'était notre rêve, tu sais ? Depuis tout petit. Il serait furieux que je laisse tomber. Comme j'aurais été furieux s'il avait baissé les bras, dans la situation inverse.
Une larme roula sur la joue de Harry et il se jeta dans les bras de George, le serrant de toutes ses forces, essayant de le réconforter, de le guérir de sa douleur en quelques sortes, et de lui faire comprendre que tout irait bien. Un jour.
Puis, Harry força un sourire sur ses lèvres.
— Laisse Ron faire la java tant qu'il le veut… à son retour, Hermione s'occupera de le ramener dans le droit chemin.
Les yeux de George brillèrent un instant et il laissa échapper un bref rire amusé, pour la première fois depuis la mort de son jumeau. Il pressa l'épaule de Harry et il lui adressa un clin d'œil.
— File. Je dirais à maman que tu avais besoin d'être un peu seul.
Après un dernier sourire empli de reconnaissance, Harry quitta le terrier.
