Cet os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "Vengeance" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.


Azkaban était froid et sale. Déprimant. Oppressant.

Les Détraqueurs en avaient peut-être été chassés, mais il restait entre ces pierres centenaires un écho des souffrances du passé.

Drago Malefoy y avait été jeté après la bataille de Poudlard. Il avait vu Potter vaincre et il avait été soulagé que tout se termine de cette façon.

Il se doutait qu'il aurait à répondre de ses crimes, aussi il ne protesta même pas quand il fut arrêté et envoyé en prison.

Il était seul, désespérément seul. Il n'était pas sorti une seule fois de son cachot et il se demandait régulièrement comment allaient ses parents.

Le premier gardien à qui il avait voulu parler l'avait frappé pour le faire taire, alors il avait appris à se faire tout petit et le plus silencieux possible.

Il avait maigri. Les repas n'étaient pas vraiment nourrissants et les cauchemars qui le hantaient ne l'aidaient pas à aller bien. Jour après jour, il perdait toute envie de se battre…

Au début, il s'était juré de survivre, de plaider qu'il n'était pas entièrement responsable, qu'il n'avait agi que pour sauver ses parents. Désormais, il voulait juste qu'on le laisse en paix,

Lorsque la porte de sa cellule s'ouvrit, il se ratatina dans le coin de sa cellule, effrayé. Lorsque les gardes venaient en dehors des heures des repas, ce n'était jamais bon pour lui. Certains estimaient mériter une vengeance pour avoir perdu des proches durant la guerre et se faisaient un plaisir de frapper les anciens Mangemorts déchus. En tant qu'héritier d'une puissante famille sang-pur, il était une cible de choix, et des hématomes coloraient souvent sa peau pâle.

Durant ces moments, il ne pouvait pas se révolter sous peine d'aggraver les choses. Il pouvait juste fermer les yeux, se rouler en boule pour protéger son visage et son ventre, et prier pour que ça se termine vite.

Ce jour-là, cependant, il était épuisé. Il avait déjà eu droit à une correction la veille et son corps entier était douloureux. Il avait passé la nuit à subir des cauchemars, et il avait vomi tout ce qu'il avait mangé. Il n'était plus que l'ombre de lui-même, de ce qu'il avait été quelques mois plus tôt à peine.

Il se sentait fiévreux — probablement parce qu'il avait des vêtements déchirés qui ne le protégeaient pas du vent glacial — et il aspirait juste à dormir et à oublier tout ça.

Une silhouette se découpa à contre-jour et Drago frissonna, alors que son cœur se serrait. Cependant, il garda la tête haute, attendant les coups qui ne tarderaient pas à pleuvoir, résigné.

Une unique larme coula sur sa joue, mais il resta silencieux.

Il y eut un grognement colérique et Drago haleta, le cœur battant sous la peur. Il pouvait sentir la colère de l'homme face à lui et il se recroquevilla en levant les mains devant sa tête, par pur automatisme.

La porte du cachot claqua en se renfermant, le faisant sursauter, mais avant qu'il ne puisse se détendre, une vive lueur était apparue, l'aveuglant.

Il écarquilla les yeux, figé, terrifié.

Un nouveau grognement lui tira un gémissement et il se sentit lamentable. Il n'avait jamais été bien courageux, mais en cet instant, il était prêt à accepter toutes les humiliations pourvu qu'on le laisse tranquille.

Puis, la lumière s'adoucit alors que la baguette brandie dans sa direction s'abaissait et il put distinguer son visiteur.

Durant une seconde, il crut s'être trompé. La personne à laquelle il pensait n'était pas du genre à chercher à humilier quelqu'un déjà à terre… Puis, il se rappela son propre comportement.

Il soupira, presque avec de la résignation.

— Venu chercher vengeance toi aussi, Potter ?

Mais Potter resta silencieux, le fixant juste. Avec une grimace douloureuse, Drago essaya de se redresser, de relever la tête. Il ne pouvait pas s'en empêcher, ça avait toujours été ainsi entre eux.

Lorsque le jeune homme face à lui avança brusquement et saisit son menton, Drago ne put s'empêcher de couiner et de se ratatiner, craignant d'être frappé.

La prise de Potter se resserra sur son visage et il sentit sa rage. Perdu, incapable de comprendre ce qui se passait, Drago leva des yeux pleins de larmes vers lui, comme pour le supplier de ne pas le blesser plus.

Il croisa le regard vert et se perdit dedans, comme toujours.

Malgré lui, il se détendit. Il connaissait Potter, il le connaissait assez pour savoir qu'il n'était pas en colère contre lui. Il ne comprenait pas ses actions, mais c'était Harry Potter. Celui qui l'avait blessé avec un sort mortel avant de s'effondrer sur lui en pleurant et en le suppliant de vivre. Celui qui avait plongé au cœur d'un feudeymon pour le sauver, celui qui avait fait demi-tour pour lui.

La voix de Potter était rauque quand il parla, comme s'il se retenait de hurler, comme s'il avait du mal à retenir ses émotions.

— Qui a fait ça ?

Drago cilla et lui lança un regard perplexe.

— Je… Quoi ?

Il répéta, patiemment.

— Qui t'a frappé ?

Drago tenta de détourner la tête, de se soustraire à son regard, mais la prise de Potter était implacable. Vaincu, Drago haussa les épaules avant de murmurer.

— Les gardiens… Ils… Ils se vengent de ce que j'ai fait.

Le Sauveur du monde magique pinça les lèvres et une vague de fureur fit frissonner Drago. Il sentait ses émotions et sa puissance, et c'était presque grisant.

Sa main se fit plus douce sur son visage, retraçant les marques qui bleuissaient. Puis, il secoua la tête.

— Tu as besoin d'un bain, Malefoy.

Drago laissa échapper un ricanement amer.

— L'hygiène n'est pas la priorité ici. Désolé de t'incommoder…

Cette fois, Potter eut un sourire comme s'il appréciait sa combativité malgré tout. Puis, il recula d'un pas et lui tendit la main.

— Allez, viens.

Incrédule, Drago fixa la main tendue, comme s'il s'attendait à un piège cruel. Comme si c'était une monstrueuse plaisanterie.

Mais Potter ne bougea pas, attendant patiemment, son visage dans l'ombre ne lui donnant pas le moindre indice sur ses intentions.

Drago croassa, perturbé.

— Quoi ?

— Viens avec moi. Je t'emmène. Hors de question que tu restes une seconde de plus ici, Malefoy.

Drago secoua la tête.

— Je… Si… C'est Azkaban. Je suis… prisonnier, Potter.

Son ancien camarade laissa échapper un rire amer.

— Je sais où nous sommes. Ne t'en fais pas, tu ne risques rien. Je t'emmène et personne n'a rien à redire.

Drago cligna des yeux, incrédule. Alors, Harry se pencha vers lui et un sourire malicieux éclaira ses traits.

— Tu as peur, Malefoy ?

Sans pouvoir s'en empêcher, Drago fronça les sourcils et répondit sèchement.

— Tu aimerais bien !

Il saisit la main tendue avec un regard plein de défi et tituba, soulagé de sentir Harry Potter le soutenir et l'enlacer pour l'aider à marcher. Pas après pas, il le conduisit hors de sa cellule, vers la liberté.