Cet os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "vase" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.
Le vase explosa une fois de plus contre le mur, tombant en petits fragments sur le sol.
Severus ferma les yeux, essayant de se calmer.
Depuis qu'il l'avait, ce vase avait vu toutes ses colères. Au fil du temps, il l'avait brisé tant de fois… puis réparé d'un geste rageur.
La première fois, il l'avait brisé en apprenant la mort de sa mère, en larmes.
Furieux contre lui-même de n'avoir pas pu la sauver, il avait pris ce vase, son bien le plus précieux et l'avait jeté de toutes ses forces contre le mur.
Quelques instants plus tard, il était à genoux, sanglotant, et lançait un reparo pour le reconstituer…
Ce vase avait une grande valeur pour lui. Il avait appartenu à sa mère, d'abord.
Mais surtout, c'était Lily Evans, sa Lily, qui l'avait offert à Eileen un jour où elle leur avait rendu visite.
Craignant que son père ne s'en débarrasse, Severus l'avait dérobé à sa mère — qui de toute façon était trop perdue dans son monde de violence et de tristesse pour s'en rendre compte. Il l'avait dissimulé dans ses affaires, comme s'il était fait du cristal le plus précieux alors que ce n'était qu'un peu de verroterie bon marché.
Pourtant, à ses yeux, il valait plus que n'importe quel autre objet en sa possession.
Ce vase, pourtant, était toujours la cible de ses colères.
Il l'avait brisé quand il s'était disputé avec Lily, la traitant de sang-de-bourbe. Il l'avait encore une fois réparé très vite, puis il l'avait dissimulé dans ses affaires pour ne plus le voir.
Il n'avait pas résisté longtemps avant de le ressortir. Le vase avait explosé contre le mur lorsqu'il avait pris la marque, puis lorsqu'il avait tué son père.
Chaque drame de sa vie s'était répercuté sur le pauvre objet innocent. Parfois, Severus le regardait et se demandait si la magie avait des limites. Si un jour, le reparo ne fonctionnerait plus… si le vase gardait en mémoire le nombre de fois où il avait été cassé.
Lorsqu'il l'avait brisé en apprenant que la prophétie désignait Lily, après s'être copieusement enivré, il avait pensé dans son délire éthylique que le vase était son cœur. Et il avait su qu'un jour, il ne pourrait plus le réparer, parce qu'il y aurait trop de fissures et de cassures invisibles.
Il l'avait brisé un nombre incalculable de fois depuis que Harry Potter était arrivé à l'école. Il ressemblait trop à son père, il était trop… prompt à se mettre en danger ou à le défier. Parfois, lorsqu'il insultait le petit garçon puis l'adolescent, une petite voix lui soufflait qu'il ressemblait terriblement à Lily lorsqu'il lui tenait tête. Elle aussi avait eu cette façon de ne pas céder, en le fixant de ses yeux trop verts.
Il avait hurlé de rage en le brisant lorsqu'il avait appris le retour de Voldemort, puis il l'avait réparé en tremblant, en songeant que c'était un enfant qui avait assisté à cette ignominie.
Il l'avait brisé en apprenant qu'il devrait tuer Dumbledore, puis lorsqu'il l'avait tué.
Il l'avait brisé à chaque fois qu'un élève était torturé par les Carrow, et qu'il devait réparer ces pauvres gosses en se faisant passer pour un méchant.
Il l'avait brisé au retour de Harry Potter à Poudlard, jurant contre ce stupide gosse incapable de rester loin du danger.
Et puis… Et puis le moment de la bataille était arrivé.
Il avait brisé le vase une dernière fois, alors qu'il partait annoncer au fils de Lily qu'il devait mourir. Que seul son sacrifice pourrait mettre fin à cette guerre.
Cette fois pourtant, il ne l'avait pas réparé. Il avait contemplé les morceaux à terre et une larme avait coulé sur sa joue en songeant qu'il avait échoué. Il ne pouvait pas tenir la promesse faite à Lily, celle de toujours veiller sur son fils.
Harry Potter allait mourir et lui ne pouvait rien faire pour le sauver.
Il quitta ses appartements, son refuge, en laissant son vase si précieux brisé, aussi brisé que l'était son cœur.
Il avait prévu de ne pas survivre, préférant mourir plutôt que de vivre dans un monde où plus rien de Lily n'existait.
Comme il l'avait prévu, il ne revint pas, il ne revit jamais son vase. Cependant, il n'aurait jamais pu imaginer qu'un jeune homme tout juste majeur, aux impossibles yeux verts, entrerait dans ses appartements en pleurant lorsque tout serait terminé.
Et que ce jeune homme, en voyant les morceaux de vase, lancerait un reparo, avant d'emmener l'objet dans ses bras, comme s'il était fait de cristal…
