Cet os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "Ultimatum" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.
Nymphadora Tonks déboula comme un boulet de canon dans l'entrée du 12, Square Grimmaud, bousculant tout sur son passage, renversant le vieux porte-parapluie en fer forgé et jurant comme un charretier.
Lorsqu'elle leva la tête, ses cheveux virèrent immédiatement au rouge vif, tout comme ses joues, en découvrant qu'elle n'était pas seule.
Severus Rogue, son ancien professeur l'observait avec un demi-sourire narquois, les bras croisés, visiblement prêt à commenter sa performance avec son sarcasme habituel.
Habituellement, la jeune métamorphomage restait silencieuse face à l'homme. Elle le voyait toujours comme le professeur de potion sévère et bien qu'elle soit diplômée, elle n'osait pas le défier.
Elle avait été une élève moyenne, mais appliquée et elle ne gardait pas de mauvais souvenirs de l'homme. Simplement, il était terriblement impressionnant et elle se sentait toujours encore plus gauche et maladroite.
Cette fois, elle fronça les sourcils et croisa les bras sur sa poitrine, prête à se chamailler avec lui et lui rendre coup pour coup. Rogue dût lire sa détermination sur son visage puisqu'il haussa un sourcil surpris et que son sourire s'élargit un bref instant avant de disparaître.
— Miss Tonks… Que nous vaut cette arrivée… tonitruante ?
Tonks renifla, agacée.
— Tout le monde ne peut pas se déplacer comme un foutu fantôme comme vous, professeur.
Rogue haussa un sourcil sans sembler vexé ou agacé.
— Et que nous vaut cette humeur délicieuse ?
Les cheveux de Tonks virèrent au bleu électrique et elle avança à grands pas vers son ancien professeur, dans l'intention de le bousculer sèchement. Cependant, face à l'homme, elle eut une hésitation et ses cheveux prirent une couleur rose délavé, loin des couleurs flamboyantes habituelles. Elle ouvrit la bouche puis elle s'effondra en sanglots sur la poitrine de Rogue s'agrippant à lui avec désespoir.
L'homme hésita. Il écarquilla les yeux, mal à l'aise, avant d'enlacer la jeune femme et de tapoter avec hésitation son dos.
— Allons, Miss. Ça ne peut pas être si grave que vous le pensez…
Tonks renifla d'un air misérable et elle haussa les épaules.
— Je croyais qu'il m'aimait. Mais il se moque bien de moi en fait…
Severus masqua une grimace, mais il ne put réprimer totalement un reniflement agacé.
— Vous parlez du loup miteux, je suppose…
Tonks gloussa nerveusement entre deux sanglots puis hocha la tête.
— Rémus avait l'air de… m'apprécier. Mais il fuyait tant que je lui ai lancé un ultimatum.
— Et il vous a repoussé, n'est-ce pas ?
La jeune femme serra un peu plus son ancien professeur contre elle, le nez enfoui dans sa poitrine, se laissant consoler par cet homme austère que tout le monde semblait haïr.
Elle murmura d'une voix brisée.
— Vous devez me trouver idiote, non ?
Severus soupira. Il baissa les yeux sur les cheveux devenus ternes de son ancienne élève et il la serra un peu plus fort contre lui en sentant ses sanglots qu'elle tentait de réprimer.
— Honnêtement, miss, ce n'est pas vous que je trouve idiote. C'est cet imbécile de boule de poils moisie.
Tonks leva des yeux écarquillés et encore pleins de larmes vers Severus, surprise.
— Vraiment ?
Doucement, Severus leva une main et essuya les joues de Tonks, puis il hocha la tête sérieusement, ses traits moins durs qu'habituellement.
— Évidemment ! Malgré son âge et sa condition, il a la chance de trouver une jeune femme brillante et forte qui semble l'aimer sincèrement et il se permet le luxe de la repousser.
La jeune femme le dévisagea longuement, puis elle hocha lentement la tête. Severus reprit doucement.
— Quel était cet ultimatum ?
Une larme roula sur la joue veloutée de Tonks et elle grimaça.
— Soit il se décidait à accepter de… construire quelque chose avec moi, soit je l'oubliais définitivement.
Severus secoua la tête puis attrapa les joues de Tonks entre ses mains et il la fixa longuement dans les yeux, la faisant frissonner sous le poids de ce regard sombre, entièrement concentré sur elle. Sans la lâcher, il murmura, avec un soupir.
— Stupide Poufsouffle trop sentimentale…
Tonks ricana tristement.
— Ne dites pas de mal de ma maison, professeur.
— Qu'avez-vous fait ?
La métamorphomage plissa le nez.
— Je vous l'ai dit, j'ai fait en sorte de l'oublier.
Le maître des potions cilla légèrement et objecta.
— Ce n'est pas si simple, Miss.
— Un simple oubliette, professeur. Je me souviens de ce que j'espérais, je suis furieuse d'avoir été repoussée, mais… je n'irais certainement pas m'humilier à lui courir après. Je n'ai plus le moindre intérêt pour sa personne.
Severus leva un sourcil surpris, puis afficha un sourire moqueur.
— Vraiment ? Ou essayez-vous de vous en convaincre ?
Les cheveux de Tonks flamboyèrent, d'un pourpre brillant et elle se haussa sur la pointe des pieds. Décidée, elle posa ses lèvres sur celles de Severus et l'embrassa brusquement.
Au début, l'homme resta de marbre, la tenant toujours. Puis, il commença à répondre au baiser et Tonks gémit, en ayant l'impression que les mains de Severus lui brûlaient les joues.
Lorsque le baisser cessa, les yeux de Tonks brillaient et elle eut un sourire amusé. Elle ne tenta pas de s'écarter de Severus, restant accrochée à ses épaules.
Son ancien professeur semblait déstabilisé, les joues rouges et le souffle court.
Tonks leva un sourcil moqueur.
— Convaincu, professeur ? Ou dois-je vous faire une nouvelle démonstration ?
Severus ouvrit la bouche et la referma. Puis, il murmura, hésitant.
— Ne faites rien de stupide, miss. Vous pourriez regretter…
Elle le coupa tranquillement.
— Il n'y a rien à regretter ici.
Une lueur de doute passa dans le regard sombre et Tonks en profita. Elle s'avança une fois encore pour embrasser Severus, se laissant aller contre lui, s'émerveillant de la douceur de cet homme et de sa force.
Une vague image de Rémus passa dans son esprit, une réminiscence de ce que le sort d'Oubliettes n'avait pu ôter, mais elle la repoussa fermement, décidée à se concentrer sur l'avenir.
Severus lâcha ses joues pour agripper sa taille et la presser contre lui, intensifiant le baiser.
Avec un soupir, Tonks se laissa aller contre lui, se demandant pourquoi personne n'avait pris conscience de la valeur de cet homme. Elle ne sut jamais que Rémus Lupin était passé dans l'entrée et qu'il s'était figé face à cette scène, le cœur douloureux. Elle ne sut jamais que le loup-garou regrettait déjà de l'avoir repoussé et qu'il était venu s'excuser.
Severus n'aurait jamais pensé que quelqu'un s'intéresserait à lui de cette façon. Même si le souvenir de Lily était ancré en lui, il céda à la douceur offerte par Tonks. Il ne l'aimait peut-être pas d'un amour inconditionnel, mais alors qu'il l'embrassait avec ferveur, il se jura de toujours la protéger.
