Cet os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "citron" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.


Aux yeux d'Hermione Granger, Harry Potter était comme son frère. Elle l'aimait tendrement et voulait par-dessus tout le protéger.

Savoir qu'il était la cible des Mangemorts en général et plus particulièrement de Voldemort la rendait dingue, et elle passait des heures dans la bibliothèque à chercher comment l'aider sur son temps libre.

Elle ne lui en avait jamais parlé, parce que Harry minimiserait le danger comme toujours. Et il serait gêné qu'elle passe autant de temps pour lui, ou une stupidité du genre. Il la rassurerait et tenterait de lui faire croire que les choses n'étaient pas aussi dramatiques qu'elle l'imaginait.

Elle préférait donc chercher par elle-même et lui présenter une solution lorsqu'elle serait sûre d'elle.

Certains jours, Hermione était épuisée nerveusement et proche de céder au découragement. La magie pouvait faire de grandes choses, mais jusqu'à présent elle n'avait rien trouvé qui puisse sauver son frère de cœur. Ce garçon exceptionnel qu'elle avait rencontré à son arrivée à Poudlard et qui était devenu ami avec elle à cause d'un troll.

Après tout, elle n'avait jamais eu d'amis avant. Harry la traitait en égale et lui offrait sa confiance, Harry l'écoutait et ne la laissait jamais seule. Il y avait Ron aussi, mais tout était différent avec Ron.

La première idée sérieuse qu'elle eut lui vint de Slughorn. Elle n'aimait pas le professeur, trop brouillon pour une discipline aussi sérieuse que les potions. Il avait trop l'habitude de se vanter ou de penser à son carnet d'adresses. Au moins, Rogue était un professeur terriblement sévère et injuste, mais il était un génie en potions.

Lorsque Slughorn évoqua le Felix Felicis, elle n'eut pas immédiatement le déclic. Ce ne fut que bien plus tard, au cœur de la nuit, qu'elle se souvint des mots de l'homme.

Elle se redressa brusquement dans son lit, la bouche ouverte de stupéfaction, prête à se traiter d'idiote. Si Harry prenait du Felix Felicis au bon moment, tout ce qu'il entreprendrait réussirait… comme défaire Voldemort ! C'était d'une simplicité enfantine, si simple qu'elle se résolut d'approfondir ses recherches.

Après une semaine, Hermione était pratiquement convaincue que la potion de chance liquide était la solution. Elle avait miraculeusement réussi à en trouver, achetée à prix d'or sur le chemin de traverse.

Bien sûr, il n'y avait que quelques gouttes dans le minuscule flacon, mais ce serait de quoi aider Harry au moment décisif.

Cependant, il était hors de question qu'elle fasse boire à Harry une potion sans être certaine qu'elle était parfaite. Or, il y avait à Poudlard le plus jeune maître potionniste de l'histoire, qui se trouvait être également le pire professeur de l'école…

Elle rassembla son courage pour aller voir Rogue, en sortant d'un cours de Défense contre les forces du mal. L'homme la dévisagea avec une grimace, mais au moins, il la laissa approcher sans lui aboyer de quitter les lieux.

Elle tenait la petite fiole dans son poing, hésitante. Elle devait se rappeler que Severus Rogue protégeait Harry depuis sa première année et que Dumbledore avait toute confiance en lui…

Silencieuse, elle posa la petite fiole sur le bureau de l'homme, puis attendit, se tortillant sous son regard noir.

Il leva la fiole pour en observer le contenu à la lumière puis pinça les lèvres.

— Et que suis-je en train de regarder, Miss Granger ?

Hermione se mordilla la lèvre puis elle commença à s'expliquer, bien plus hésitante qu'à son habitude.

— Je… cherchais une solution pour aider Harry, pour qu'il soit en sécurité et… j'ai pensé… Enfin, je veux dire, avec du Felix Felicis, il ne pourrait rien lui arriver ? Il aurait la chance de… de réussir à vaincre… à ne pas être blessé peut-être ?

Rogue la dévisagea longuement, en silence, jusqu'à ce qu'elle se tortille de gêne. Puis il leva les yeux au ciel et reposa le petit flacon sur le bureau.

— Ridicule.

Le commentaire de l'homme la rendit furieuse et elle oublia toute prudence, répondant immédiatement.

— Mais s'il y a une chance que ça soit utile…

Il leva la main et elle se tut immédiatement, réprimant un petit couinement effrayé.

— En premier lieu, vous ne donnerez pas cette chose à votre ami à moins que vous ne vouliez l'empoisonner. Je vous rappelle que le Felix Felicis doit avoir la couleur de l'or fondu et non pas cette teinte d'un jaune citron des plus suspects.

Hermione écarquilla les yeux et se maudit pour sa stupidité. Elle avait longuement détaillé le flacon, mais elle n'avait même pas remarqué que la potion n'avait pas la bonne teinte… Les larmes lui brûlèrent les yeux et elle serra les poings pour cacher que le commentaire acerbe l'avait blessée.

Elle s'apprêta à proposer d'en trouver d'une meilleure qualité, mais Rogue leva la main une seconde fois pour poursuivre.

— Ensuite… Cette potion de chance a des effets pour le moins imprévisible. Elle pourrait protéger votre ami certes, mais au détriment de nombreuses autres vies. Ou Potter se retrouverait à rejoindre les Mangemorts pour sa survie.

— Harry ne ferait jamais…

Severus grogna.

— Miss Granger. Il ne s'agit pas du caractère détestable de votre ami, mais de ce que la potion entraîne comme conséquences. La chance peut-être provoquée, mais à quel prix ?

— Je ne comprends pas, monsieur.

— Imaginons que vous ayez besoin d'argent. Vous prenez un peu de cette potion, espérant trouver une solution. Et là, d'un coup, quelqu'un de votre famille décède et vous lègue son héritage.

Hermione écarquilla les yeux, horrifiée. Elle baissa la tête, masquant son trouble.

— D'accord, je vois. Merci, monsieur.

Elle quitta la salle de classe, les épaules basses, sous le regard noir de l'homme. Cependant, elle était déterminée à continuer de chercher et elle était certaine que la prochaine fois serait la bonne.