Cet os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "Souris" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.


Lorsque la porte claqua violemment, la jeune fille sursauta violemment, effrayée. Elle baissa aussitôt la tête, cachant son visage ingrat derrière le rideau de ses cheveux noirs.

Essayant d'oublier les rires gras et les plaisanteries avinées de son père et de son frère, elle continua de cuisiner, aussi silencieuse que possible.

La jeune fille avait cessé de se lamenter sur sa vie. Depuis qu'elle était née, elle était malheureuse. Les choses n'avaient pas changé avec le temps : à bientôt dix-huit ans, elle n'avait jamais connu le moindre bonheur.

Sa mère était morte tôt et elle ne se souvenait pas d'elle. Elle avait été aussi effacée et discrète qu'elle, écrasée par la personnalité brutale de son père. Depuis, elle avait dû prendre le relais.

Malheureusement pour elle, Merope Gaunt n'était ni belle ni puissante. De trop nombreuses unions consanguines dans sa famille l'avaient fait naître presque cracmolle, à peine capable d'atteindre les buses… D'ailleurs, son père, Marvolo, n'avait pas pris la peine de la renvoyer terminer le cycle d'études jusqu'aux Aspics. Son seul don était de pouvoir brasser des potions, mais elle avait caché soigneusement ce talent à sa famille. Ils auraient été capables d'exiger d'elle des poisons pour s'en prendre aux moldus ou aux nés-moldus qu'ils haïssaient.

Mérope ne souriait jamais. Jusqu'à ce qu'elle croise le regard du moldu riche qui vivait dans leur village, à Little Hangleton. L'homme était beau. Royal même. Il passait chaque jour devant leur maison, chevauchant un étalon noir comme la nuit, fier et décidé.

La jeune fille l'épiait discrètement, petite ombre grise, le visage tuméfié caché derrière ses cheveux. Jour après jour, elle rêvait qu'un homme aussi beau vienne un jour pour elle, pour lui tendre la main et la sortir de cette famille ignoble qu'elle exécrait.

Un jour, Mérope trébucha, épuisée d'avoir dû porter de lourds seaux d'eau du puits à leur cabane. Elle entendait déjà les rires moqueurs de leurs voisins, qui haïssaient les Gaunt, lorsqu'une main se présenta dans son champ de vision.

Stupéfaite, elle leva la tête pour croiser le regard de Thomas Jedusor. Il la regardait, elle, petite souris effrayée. Il lui souriait gentiment et il lui tendait la main pour l'aider.

Tremblante, elle saisit la main chaude en rougissant et se releva, baissant aussitôt les yeux.

L'homme cependant, lui fit lever le visage en douceur, en posant les doigts sous son menton, pour observer sa joue tuméfiée. Elle répondit à ses questions d'une petite voix timide, en se tordant les mains, avouant que son père et son frère la frappaient et qu'elle rêvait d'une vie heureuse et simple.

Thomas Jedusor lui pressa l'épaule doucement et il promit d'en parler à son père, le seigneur de ces terres. Gentiment, il lui demanda de garder espoir, et Mérope sourit, pour la toute première fois depuis bien longtemps.

Le soir même, son frère Morfin surprit le regard rêveur et le petit sourire de sa sœur. Aussitôt, il comprit en voyant le regard de la jeune fille s'attarder sur le cavalier qui passait sur la route.

Sans ménagement, il agrippa sa sœur par les cheveux et la traîna devant leur père.

— Regarde-moi c'te souris. En train d'baver sur l'moldu riche ! Déjà qu'l'est cracmolle…

Son père la gifla, sous le regard satisfait de son frère. Puis, il commença à la frapper, serrant sa gorge. Mérope se débattait, paniquée, consciente qu'il allait la tuer. Elle criait, la flamme d'espoir allumée par le beau seigneur brûlant dans sa poitrine.

La porte fut brutalement enfoncée et un groupe d'hommes entra. Des Aurors, envoyés par le Ministère.

Ils vinrent au secours de Mérope et envoyèrent les deux hommes Gaunt à Azkaban.

Une fois seule, Mérope, tremblante, décida d'agir. Elle savait qu'ils seraient de retour rapidement, qu'ils n'auraient qu'un ou deux jours de détention. Elle savait aussi qu'à leur retour, ils la feraient payer leur emprisonnement et qu'il n'y aurait pas toujours quelqu'un pour venir à son secours.

Cependant, pauvre et seule, elle était démunie… jusqu'à ce que son regard tombe sur le chaudron rangé sur la plus haute étagère de la cuisine.

Aussitôt, elle le sortit et commença à brasser une potion, ne dormant pas de la nuit, priant pour avoir assez de temps.

Au petit matin, elle était devant la porte de la cabane, un verre empli d'un liquide translucide entre les mains. En voyant Thomas Jedusor, elle avança timidement et osa lever les yeux vers lui. Elle lui tendit le verre avec un petit sourire.

— Pour vous, seigneur. La journée va être chaude et j'ai pensé que vous auriez soif.

L'homme sourit et accepta l'offrande scellant leurs destins.

Mérope avait brassé un philtre d'amour, aussi puissant que possible. Une fois le verre bu, Thomas descendit de sa monture pour l'attirer dans ses bras.

— Un seul mot de vous, ma douce, et je vous suivrais au bout du monde…

Mérope n'hésita pas. Sa gorge était encore douloureuse de l'agression qu'elle avait subie et des hématomes marbraient sa peau. Alors, elle déposa un tendre baiser sur la joue de l'homme et elle osa.

— J'aimerais fuir avec vous, le plus loin possible, messire. J'aimerais une vie heureuse à vos côtés.

Dans les brumes provoquées par le philtre d'amour, Thomas déposa un léger baiser sur les lèvres de la jeune femme, puis il hocha la tête.

— Tenez-vous prête, ma douce. D'ici une heure, je viens vous chercher. Laissez-moi juste le temps de réunir quelques affaires et notre vie ensemble pourra commencer.

Mérope eut l'impression que le poids qui pesait sur elle depuis sa naissance presque disparaissait enfin alors que Thomas sautait en selle d'un geste souple et faisait demi-tour pour rentrer chez lui, rassembler ses affaires.

La jeune fille n'eut qu'à se baisser pour ramasser son pauvre baluchon, prêt depuis qu'elle avait eu l'idée de ce plan fou. Le regard fixé sur le chemin, le cœur battant, elle espérait un avenir souriant. Peut-être même qu'elle aurait la famille dont elle avait rêvé toute sa vie…