Cet os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "velours" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.


Harry Potter leva son courrier en bâillant, épuisé après une longue journée de travail.

Il avait quitté le monde magique juste après la mort de Voldemort. Il aimait toujours la magie, bien sûr, mais être acclamé pour la mort d'un homme n'avait fait que renforcer son mal-être.

Hermione et Ron vivaient dans leur bulle de bonheur et Harry se noyait dans ses cauchemars, incapable de reprendre pied.

Il n'avait pas vraiment eu l'intention de changer de vie aussi brutalement, mais alors qu'il se promenait dans le monde moldu, il avait fait une crise de panique. Un adolescent avait lancé une fusée de feu d'artifice à proximité de lui et Harry avait cru que c'était un sort.

Son esprit avait perdu les pédales et il s'était effondré, le souffle court, le cœur battant et les yeux fous.

Avant qu'il ne comprenne ce qui se passe, il avait été conduit à l'hôpital, puis pris en charge par un médecin. Le diagnostic était tombé rapidement : Syndrome de stress post-traumatique.

Le médecin l'avait observé avec les sourcils froncés, ne comprenant pas comment un garçon si jeune pouvait traîner un si lourd bagage, puisque son comportement lui rappelait les militaires vétérans ayant vu la mort de trop près. Harry — qui avait donné le nom de jeune fille de sa mère — avait accepté d'être aidé et il avait entamé une nouvelle vie, refusant de regarder en arrière.

Il calmait sa culpabilité en se disant qu'il reviendrait vers ses amis une fois guéri, qu'il avait besoin de cette distance pour se remettre. Pour être honnête, il devait avouer qu'il était soulagé d'être loin de la célébrité et des félicitations. Il soignait ses blessures psychiques, il apprenait à être heureux, tout doucement.

Il avait trouvé un travail comme vendeur dans un petit commerce et la seule responsabilité qu'il avait était de ne pas se tromper en rendant la monnaie aux clients. C'était reposant en quelques sortes de pouvoir être un peu insouciant, de rentrer chez lui et de découvrir que le choix le plus grave qui lui restait était de décider du repas qu'il aurait…

Le jeune homme continuait de voir le médecin et il parlait beaucoup avec lui, sans pour autant entrer dans les détails. Cependant, il se sentait mieux, beaucoup mieux.

Il claqua la porte de son appartement, sans regarder autour de lui. C'était petit, mais c'était son chez-lui. Il claqua la porte en triant les publicités et fronça les sourcils en trouvant une enveloppe inhabituelle. Son adresse était écrite à la main et un timbre fantaisie était collé dessus, indiquant un courrier personnel. Or, il n'avait personne de suffisamment proche pour lui envoyer ce genre de lettre. Il était seul la plupart du temps, encore trop brisé pour pouvoir se lier à de nouvelles personnes.

Sa curiosité définitivement attirée, il ouvrit l'enveloppe et en tira une photo. Il n'y avait rien d'autre. Juste une photo d'un cerf majestueux.

Harry fronça les sourcils en regardant de plus près, le cœur battant. Il était le seul à savoir dans cette nouvelle vie ce que représentait cet animal à ses yeux et il l'examina de près.

Le cerf devait être encore jeune, le velours de ses bois était encore visible. L'animal était à l'orée d'une forêt — une forêt qui aurait pu être n'importe où — et semblait fixer le photographe.

C'était une photo magnifique, surtout parce que le cerf semblait poser et Harry fronça les sourcils, empli d'incompréhension.

Il retourna le cliché et son cœur se serra alors qu'il se mettait à haleter. De la même écriture que sur l'enveloppe, quelqu'un avait noté « 1979 ».

Fébrile, Harry regarda la photo de nouveau, essayant de trouver n'importe quel signe distinctif sur l'animal pouvant indiquer qu'il s'agissait de James Potter sous sa forme animagus.

Le jeune homme finit par abandonner et il rangea la photo avec soin, le cœur battant, se demandant si quelqu'un voulait lui envoyer un message. Était-ce pour le faire revenir dans le monde magique ou au contraire pour lui rappeler tout ce qu'il avait perdu ? Était-ce un message amical ou une subtile menace ?

Harry repoussa toutes ces pensées, mais il ne pouvait s'empêcher de laisser son regard se porter vers l'enveloppe contenant la photo. Il mangea rapidement, sans même sentir le goût de la nourriture et il tourna en rond jusqu'à l'heure de se coucher.

Finalement, il s'installa dans son lit, avec un soupir résigné. Il savait déjà, avant même de fermer les yeux, que ce serait une de ces nuits emplies de cauchemars et de souvenirs du passé…