Cet os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "Colonel" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.
Harry jure en trébuchant sur le chat et il envoie un regard noir à l'animal. Ce dernier le dévisage avec un air fier en se toilettant tranquillement, comme toujours.
Le jeune homme marmonne, agacé, en rejoignant la cuisine pour s'y préparer un café.
— Ce putain de chat a des gènes de Serpentard c'est pas possible !
Ce matin, il n'y a que le silence pour lui répondre et son cœur se serre. Il a tellement l'habitude de son rire moqueur, voire d'une réplique assassine que l'absence est comme un poignard en pleine poitrine.
Il chasse ses pensées pour allumer la cafetière et après une brève hésitation, il remplit la gamelle du chat de croquettes. Colonel. Un nom stupide pour un chat. Mais qui, au final, lui va à merveille…
Le félin a en permanence cette attitude supérieure, regardant tout le monde de haut. Il s'attend à être servi, à toute heure du jour ou de la nuit. Il se promène dans la maison avec des airs de propriétaire, ignorant les autres habitants…
Avec une grimace, Harry pose la gamelle au sol, un peu brutalement, et se détourne, pour appuyer ses mains sur le comptoir, tête basse. Habituellement, ce n'est pas lui qui nourrit Colonel.
Agacé, le jeune homme repousse ses pensées pour se servir un café, avant de presque s'ébouillanter en renversant le liquide brûlant à côté quand le chat se frotte contre ses jambes. Harry baisse le regard vers Colonel et ce dernier miaule tranquillement, cherchant des câlins.
Jamais ce foutu chat n'a agi comme ça avant. Depuis qu'il est entré dans sa vie, il est une nuisance. Une épine constante dans son pied. Mais il était compris dans le package « bonheur conjugal » et il s'en accommodait, se contentant de râler et de l'insulter.
Harry le fixe longuement, sans même penser à essuyer sa main brûlée, dont la peau rougit. Puis, quelque chose dans le regard du chat le touche en plein cœur et il se laisse tomber près de l'animal. Un premier sanglot lui déchire la gorge alors qu'il essaie de se reprendre. Finalement, il se laisse aller et pleure, évacuant toutes ses peurs.
Colonel ronronne, fort. Il se frotte contre lui, comme pour le réconforter. Harry craque et enfouit les mains dans la fourrure douce, puis le visage. Le chat se laisse faire, pétrissant les cuisses de Harry de ses pattes et ils restent un long moment au sol, emmêlés dans un moment câlin inhabituel.
Finalement, Harry se reprend. Les sanglots s'estompent, les larmes se tarissent. Colonel ne bouge pas, attendant patiemment qu'il soit calme.
Harry le caresse puis murmure, la voix brisée.
— Il va revenir. Ton maître va vite revenir. Le médecin a dit que c'était pas grave. Juste une petite opération et quelques jours de repos…
La voix de Harry se brise et le chat le fixe, le laissant parler. Il continue, conscient qu'il a besoin d'avouer ses peurs.
— Il est fort, tu sais. Une vraie tête de mule, comme toi. Il va les rendre dingues, dès qu'il ira mieux. Cet idiot avait besoin de prendre des risques aussi !
Le chat émit un miaulement indigné, comme s'il rejoignait l'avis de Harry et ce dernier ricana, en essuyant de la manche ses yeux encore humides.
— Comme tu dis, Colonel. Aller grimper à un arbre pour aller chercher un putain de chaton… Bien sûr qu'il allait tomber !
Harry ferma les yeux, sans cesser de caresser Colonel, alors qu'il se souvenait de l'accident. Il rentrait du ministère quand il avait vu son compagnon grimper dans un arbre. Visiblement, il était déterminé à secourir un chaton qui miaulait de toutes ses forces. Au début, Harry avait gloussé, amusé. C'était tellement… loin de son caractère après tout. Puis, il avait basculé. Il était tombé de l'arbre et s'était écrasé au sol, où il était resté inerte.
Harry avait eu l'impression que son cœur s'arrêtait. Ou que l'organe lui était arraché. En proie à la panique, il s'était jeté en avant, le rejoignant en courant, n'osant pas le toucher.
Il avait cru le perdre, stupidement. Ils avaient survécu à leur scolarité, à une guerre, à leur mise en couple… ce n'était pas pour être séparés à cause d'un chaton et d'un arbre !
Lorsqu'il était arrivé à Sainte-Mangouste, Harry était au bord de la rupture. Sa magie s'échappait de lui en vagues furieuses et il hurlait pour trouver un guérisseur. Heureusement, les employés de l'hôpital sorcier en avaient vu d'autres, et ils avaient été pris en charge. Harry avait reçu une potion calmante et son compagnon avait été conduit dans une pièce. Il devait être opéré, une histoire d'hémorragie interne.
Il avait été renvoyé chez lui sans qu'il ne puisse le voir, le serrer dans ses bras. Et depuis, il tournait en rond, il tournait comme une âme en peine, suivi par Colonel.
Harry soupira et secoua la tête.
— Allez Colonel. Viens avec moi. On va s'allonger un peu, et quand cet idiot reviendra on pourra recommencer à se détester, ça te va ?
Le chat miaula tranquillement et donna un coup de tête à Harry avant de s'écarter pour le laisser se relever. Harry gloussa en lançant un regard complice au chat. Finalement, Colonel n'était pas aussi pénible qu'il le prétendait. Mais, comme il venait de le lui dire, dès qu'il reviendrait, ils reprendraient leur lutte constante pour l'amour du même homme. Hors de question de donner raison à Drago Malefoy, après tout, qui avait affirmé à son petit-ami qu'il allait adorer son chat très vite…
