Cet os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "pression" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.


Suite de « dentelle » — « fanfreluche » — « belle » - « sceau » — « diamant »…


Il avait cru que voir Drago Malefoy suffirait à le guérir de son obsession de la lingerie en dentelle. Cependant, désormais, l'image de son rival de toujours, uniquement vêtu d'une culotte de dentelle noire, était imprimée dans son esprit.

Pire encore, ils s'étaient embrassés, avidement, avec passion. Sur le moment, ça avait semblé parfait. Logique. Inévitable même.

Mais ils avaient dû sortir de leur bulle et le retour à la réalité avait été dur pour Harry. La pression qu'il vivait au quotidien, à cause de son nom, de sa célébrité, de ce qu'il avait accompli pour le monde magique, était retombée sur ses épaules. De nouveau, il était le Sauveur et il devait faire face à l'admiration déplacée de beaucoup de ses camarades.
S'il devait être honnête, ce n'était pas le seul problème. Il y avait Hermione et Ginny également, qui semblaient décidées à le piéger avec la plus jeune Weasley. Heureusement, Ron était de son côté et tentait de faire barrage.

Harry se surprenait de plus en plus souvent à se perdre dans ses pensées, imaginant être avec Drago. Parfois, il imaginait qu'ils se battaient, comme avant, puis il empoignait le blond pour l'embrasser avec rage. Parfois, il revivait la scène qu'il avait vécue, dans la salle de bains des préfets, alors que Drago se déshabillait devant lui, pour lui.

Il se demandait s'il devenait fou. Ce fichu serpent s'était infiltré partout dans sa vie, allant jusqu'à envahir ses rêves les plus brûlants. Harry disait parfois qu'il n'avait pas pu penser à sa vie sentimentale à cause de la guerre, mais il lui semblait qu'il se rattrapait largement à cause d'un morceau de dentelle et d'un Serpentard à la peau trop pâle…

Il aurait pu jouer les Gryffondor et se précipiter vers Drago pour l'embrasser en public. Il se moquait bien de ce que les autres penseraient. Mais Drago n'aimerait pas ça. Il n'aimerait pas être amené sous les feux des projecteurs alors qu'il essayait de disparaître, à cause de la marque sur son bras. Sans compter que Harry ne voulait pas qu'il soit la cible de médisances à cause de lui.
À la place, il se contentait de le suivre du regard en permanence, de le frôler autant que possible et d'espérer que Drago accepte de lui donner un nouveau rendez-vous, avant qu'il ne finisse par exploser sous la pression…

Il pensait encore au Serpentard en déambulant seul dans la rue principale de Pré-au-Lard. Cette fois, pourtant, il se demandait ce qu'il pourrait lui offrir pour Noël. Les fêtes approchaient et il voulait montrer à son ancien rival que la guerre était derrière eux et qu'il voulait quelque chose avec lui. N'importe quoi.
Harry n'était pas capable de définir ses sentiments, il était encore un peu confus à ce sujet. Il voulait Drago près de lui, lui parler sans avoir à se cacher. Il voulait définitivement le revoir dans de la lingerie en dentelle, rien que pour lui. Il voulait aussi l'embrasser, parce qu'il avait aimé les baisers échangés, bien plus qu'il n'avait apprécié la misérable expérience avec Cho Chang. Enfin, il voulait le garder dans sa vie après Poudlard. Il refusait de le voir disparaître, l'idée même de ne plus pouvoir le croiser tous les jours l'empêchait presque de respirer.
Cependant, le fait que Drago soit un Serpentard, plus exactement son ancien rival et qu'il soit un garçon étaient des éléments à prendre en compte…

Il fut tiré de ses pensées par Hermione et Ginny, qui se précipitèrent vers lui. Ginny se pendit à son bras, mais il se dégagea aussitôt avec un grognement agacé.
Il ignora le regard noir d'Hermione et laissa Ginny babiller sans l'écouter. Il s'immobilisa brusquement au milieu de la rue et croisa les bras sur sa poitrine.
— Qu'est-ce que vous voulez ?
Ginny se tut et battit des cils, espérant visiblement le séduire. Hermione força un sourire, mais toute sa posture était agressive, comme si elle voulait l'avertir de ne pas refuser.
— Nous pensions que tu aimerais te promener avec nous. Enfin, avec Ginny puisque vous n'avez pas été seuls depuis un moment. Je comptais rejoindre Ron…

Harry soupira.
— Non.
Ginny agrippa son poignet, essayant de masquer son dépit de ce rejet brutal.
— Mais Harry, je croyais que tu… enfin que nos sentiments étaient… partagés.

Il y eut un lourd silence que Harry brisa après avoir secoué la tête.
— Il n'y a rien entre nous Ginny. Il n'y aura jamais rien. Je ne suis pas intéressé. Je t'apprécie comme une sœur, bien que ton insistance me donne envie de m'éloigner de toi en courant.

Ginny s'empourpra, les yeux brillants de larmes, et elle serra les dents avant de faire demi-tour pour partir à grands pas. Hermione, bouche bée, le dévisageait comme s'il était une créature inconnue. Finalement, elle souffla.
— Pourquoi être aussi cruel, Harry ? Tu nous as dit que Ginny te plaisait ! La guerre est terminée ! Bon sang, on ne veut que ton bien !
Il coupa son amie avec un grognement furieux et il dirigea sa colère sur elle.
— Pourquoi insister Hermione ? Pourquoi me mettre la pression encore et encore jusqu'à ce que je craque ? Depuis la fin de la guerre, j'ai expliqué que je ne pensais plus à Ginny de cette façon-là ! Pourquoi tu l'encourages à s'entêter ?
— Mais… c'est pour ton bien !

Harry eut un ricanement amer et il la fixa avec déception.
— Je suis capable de savoir ce qui est bien pour moi, tu ne penses pas ? J'ai arraché le droit de décider de ma vie, après avoir dû mourir pour que le monde magique vive. Pour que TU vives !

Le jeune homme lui tourna le dos en ignorant ses larmes, espérant que ça lui servirait de leçon et qu'elle comprendrait. En repartant en sens inverse, il avait perdu toute bonne humeur, mais il s'arrêta pourtant devant la vitrine d'un magasin.
Au début, il ne comprit pas vraiment ce qui l'avait attiré. C'était la devanture de Gaichiffon et même s'il savait qu'il devrait refaire sa garde-robe pour se débarrasser des haillons de son cousin, il n'était pas vraiment d'humeur.
Puis, il aperçut une chevelure claire, presque blanche et il comprit. Il s'approcha d'un pas, essayant de voir le Serpentard. Ce dernier examinait des vêtements, tranquillement, avec un léger sourire détendu.

Fasciné, Harry l'observa, résistant à la tentation d'entrer dans la boutique. Il ne voulait pas être repoussé par Drago, pas après s'être disputé avec ses amies. Il cligna des yeux quand le jeune homme leva la tête et leurs yeux s'accrochèrent.
Le blond étira ses lèvres en un sourire malicieux et le cœur de Harry rata un battement avant d'accélérer. Il approcha d'un nouveau pas, maintenant presque collé à la vitrine, se moquant bien de ce que les passants pourraient penser.

Drago ne sembla pas gêné de l'observation. Bien au contraire. Le Serpentard regarda autour de lui pour s'assurer que personne ne le regardait, puis il prit un vêtement dans le panier qu'il portait.
Il le leva pour que Harry puisse le voir, tout en lui adressant un clin d'œil malicieux.

En réaction, Harry eut l'impression de brûler. Il devait probablement être devenu écarlate parce que sa peau atteignait une température presque impossible…
Drago avait visiblement l'intention d'acheter une nouvelle culotte en dentelle. Une magnifique pièce de lingerie aux motifs entrelacés complexes, d'un rouge sombre parfait.

Alors que Harry essayait de reprendre son souffle et de calmer son cœur battant la chamade, il imaginait la dentelle rouge sang sur la peau pâle de Drago et il ne pouvait pas attendre de le voir.
Sans cacher son désir, son avidité presque, il hocha la tête doucement.

Avec un sourire fier, même si ses joues rosissaient légèrement, Drago laissa retomber la pièce de lingerie dans son panier et se dirigea tranquillement vers la caisse…