Cet os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "aboyer" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.
Préquelle de « Ensanglanter » et « Orchidoclaste »
Harry masqua à grand-peine un soupir agacé alors que le ministre de la Magie aboyait sur quelqu'un dans son bureau.
Il faisait des allées et retours dans le couloir, la bouche pincée, agacé.
Ron avait finalement annoncé qu'il quittait le service des Aurors. Harry n'avait pas vraiment été étonné. Initialement, Ron l'avait suivi dans cette voie, plus pour qu'ils restent ensemble que par véritable passion.
Ron était un bon Auror, évidemment. Il faisait le travail correctement, de la même façon qu'il avait travaillé dur pour obtenir son diplôme.
Cependant, si Harry adorait le petit frisson d'excitation lorsqu'il était en danger, ce n'était définitivement pas le cas de Ron.
Son ami semblait hésiter à l'abandonner, prévoyant de quitter le service, mais n'osant pas vraiment le faire de crainte que Harry lui en veuille. Bien évidemment, Harry lui avait assuré que ce n'était pas un problème. Qu'il devait faire ce qu'il voulait.
Finalement, l'appel au secours de George pour sa boutique avait été le déclencheur permettant à Ron de prendre une décision.
Ron avait été fébrile durant quelques jours avant de lui annoncer sa décision. Avec prudence, il avait murmuré qu'il comptait fonder une famille avec Hermione et qu'il ne pouvait pas continuellement se mettre en danger. Puis, il avait parlé de George, qui ne se remettait toujours pas de la disparition de son jumeau, et qui avait besoin d'un co-gérant pour le magasin.
Harry avait juste hoché la tête, avec un sourire complice, et Ron avait craqué, avouant qu'il détestait être Auror, mais qu'il ne voulait pas l'abandonner. Il savait à quel point Harry était doué pour s'attirer des ennuis et il craignait qu'il soit sérieusement blessé sans un coéquipier pour le modérer.
Harry l'avait rassuré de son mieux et il l'avait félicité pour sa décision. Il avait aidé Ron à faire ses cartons et à libérer son minuscule bureau qu'il partageait avec Harry. Ils avaient été boire un verre au chaudron baveur avec le reste de l'équipe.
Cependant, maintenant, il était un Auror sans équipier. Il s'en accommodait très bien, mais le chef des Aurors avait décidé qu'il serait affecté à la paperasse tant qu'il serait seul.
C'était la raison pour laquelle Harry allait et venait devant le bureau de Shakelbolt, attendant qu'il ait terminé de passer ses nerfs sur son visiteur.
Il comptait bien faire valoir son statut de Survivant et toutes ces conneries pour échapper à la corvée désagréable de supporter un coéquipier. Avec Ron, les choses avaient semblé naturelles. Ils étaient amis et ils se faisaient confiance depuis toujours. Harry savait comment Ron réagissait, il savait comment il se battait.
Cependant, il n'était pas capable d'accorder la même confiance à un inconnu. Il ne pourrait pas laisser quelqu'un qu'il n'avait jamais vu assurer ses arrières, ce qui était légèrement problématique dans son métier.
Il était déterminé à arracher la promesse à Kingsley qu'il pourrait travailler seul sur le terrain. Ses faits de guerre pourraient servir de preuve qu'il était apte à se débrouiller après tout. Il se moquait bien du fait que tout ça sonnait comme un caprice ou comme une exigence stupide, mais il ne voulait pas avoir à supporter un inconnu qui le regarderait avec les yeux écarquillés. Il avait eu suffisamment de collègues qui faisaient une fixation sur sa cicatrice ou qui ne pouvaient pas s'empêcher de lui demander des détails sur son combat final contre Voldemort…
La porte du bureau ministériel s'ouvrit brutalement et Kingsley aboya son nom, d'un ton plutôt furieux.
— Potter !
Harry se tendit et serra les poings. Visiblement, Kingsley n'était pas dans un bon jour. Si l'homme imposant l'avait impressionné lorsqu'il l'avait rencontré, alors qu'il n'était qu'un enfant, ce n'était plus le cas. Harry n'hésitait plus à faire valoir son opinion depuis qu'il avait compris que le monde magique lui devait beaucoup. Il n'aimait pas jouer de sa célébrité, mais ses actes passés lui donnaient le droit de mener sa vie comme il l'entendait.
Il entra d'un pas décidé, les sourcils froncés, prêt à débattre. Kingsley leva un sourcil presque moqueur en le regardant arriver, avant de lui adresser un rictus carnassier.
Le jeune homme ferma la porte derrière lui et s'y adossa, croisant les bras sur sa poitrine.
— Bonjour Kingsley.
Le ministre lui lança un regard agacé et il secoua la tête, avant de souffler.
— Je sais pourquoi tu es venu, Harry. Tu peux remballer ton petit discours ou ce que tu avais pensé utiliser pour me faire plier. Le règlement est clair, aucun Auror ne peut être sur le terrain seul. C'est une question de sécurité et je ne compte pas créer un dangereux précédent en t'accordant une faveur stupide.
Harry gronda.
— Une faveur stupide ? Il me semble que je peux me débrouiller seul, non ?
Kingsley roula des yeux.
— Nous ne sommes plus en temps de guerre, Harry, et je ne vais certainement pas accepter de te laisser te mettre en danger. Tu sais parfaitement que c'est tout sauf raisonnable.
Harry leva un sourcil moqueur.
— Alors quoi ? Je vais être affecté à la paperasse indéfiniment ? Parce que je refuse de laisser n'importe qui me suivre…
Kingsley ricana et il se laissa aller dans son siège. Il haussa les épaules. Harry reprit, en le fixant d'un air provocateur.
— Je peux aussi démissionner.
Le ministre leva un sourcil en le dévisageant.
— Harry. Tu es un excellent Auror. Vraiment. Ce serait une grande perte pour nous si tu partais, mais ma décision est définitive. La sécurité avant tout. Pas d'exception. C'est pourtant ce que tu voulais quand tu nous as rejoints ? Tu voulais passer les épreuves de sélection comme les autres.
Harry passa une main nerveuse dans ses cheveux, les ébouriffant encore plus, puis il souffla, conscient de sa défaite. Il secoua la tête, amer.
— Alors quoi, Kings ? Bon sang, tu sais que la moitié de l'équipe sera plus une gêne qu'autre chose. Le reste me considère soit comme un danger soit ils n'osent pas m'adresser la parole.
Kingsley eut un sourire carnassier et il se pencha légèrement en avant, croisant les mains sur son bureau.
— J'ai justement une bonne nouvelle. J'ai une nouvelle recrue à te présenter, il a été formé avec le Macusa, mais il souhaitait revenir en Angleterre.
Harry plissa les yeux, soudain suspicieux.
— Où est le piège ? Tu sembles bien trop content de toi pour que ce soit… si parfait que tu le sous-entends.
Kingsley eut un geste vers le fauteuil à haut dossier devant lui, et Harry se rendit compte qu'ils avaient eu un spectateur à leur petite conversation. Il se tendit, mais il oublia tout lorsqu'une haute silhouette se déplia lentement.
Il n'avait pas besoin d'en voir plus pour savoir qui était exactement la nouvelle recrue de Kingsley…
Il secoua lentement la tête, assailli de souvenirs et de sentiments mitigés. Finalement, il soupira en fixant le fantôme du passé devant lui.
— Malefoy.
Harry aurait pu refuser immédiatement, mais il savait que Malefoy pourrait convenir en tant qu'équipier. Malefoy ne serait jamais impressionné par sa célébrité et il n'hésiterait jamais à lui dire lorsqu'il n'était pas d'accord. Il savait comment se battait Malefoy et l'ancien Serpentard refuserait qu'il soit blessé en sa compagnie.
Il lança un regard agacé en direction de Kingsley, avant de sourire lentement, songeant que le ministre pourrait bien rapidement regretter sa décision. Les choses allaient vite devenir intéressantes.
