Cet os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "Recueillir" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.


— Je ne veux pas d'une protection rapprochée, merci bien ! Je n'ai jamais eu besoin d'avoir un baby-sitter en permanence.

Harry Potter, les bras croisés et le regard orageux, fixait Kingsley Shakelbolt d'un air agacé. Ce dernier l'ignorait totalement, continuant d'étudier le dossier ouvert sur son bureau.
Harry grogna une fois de plus, excédé.

— Survivre à Voldemort avant d'être majeur prouve que je suis parfaitement apte à me débrouiller, non ?

Kingsley se laissa aller dans son siège avec un soupir, levant les yeux sur le jeune homme toujours aussi borné.
— Harry. Il y aura un Auror détaché à ta protection que tu le veuilles ou non. C'est comme ça.
— Pour quelle raison exactement ? Des menaces ?

Kingsley roula des yeux.
— Tu sais très bien pourquoi. Depuis que tu as recueilli assez de voix pour être éligible au poste de ministre, tu es une cible. Il reste un mois avant le second tour qui décidera qui sera placé à la tête de l'Angleterre magique… un mois pendant lequel tu seras protégé pour éviter tout incident.

Harry fronça les sourcils.
— Merci bien, mais c'est hors de question. J'ai une vie privée que je compte garder privée. Personne ne me suivra, protection ou non, je suis parfaitement capable de me débrouiller.

Kingsley souffla en levant les yeux au ciel.
— Ce n'était pas une proposition, Harry. C'était une information. Un Auror sera détaché pour te suivre, que tu sois d'accord ou non avec ça. Plus tu feras des difficultés, plus ce sera pénible et intrusif pour toi, tu sais. Laisse ce pauvre gars faire son boulot et tu ne verras même pas qu'il est là.

Le jeune homme laissa échapper une volée de jurons, ses yeux verts s'assombrissant soudain. Kingsley ricana, pas vraiment impressionné. Il connaissait Harry depuis quelques années, après tout…
— Quel langage pour un futur ministre !
Harry lui lança un regard noir et grogna, furieux.
— Je me demande encore comment j'ai pu accepter de faire ça. De toute façon, je ne suis pas encore élu. Donc, je veux pouvoir vivre ma vie en paix.

Il tourna les talons et quitta la pièce, claquant furieusement la porte derrière lui. Kingsley leva les yeux au ciel et rédigea un parchemin à l'intention du chef des Aurors, Gawain Robards. Il lui demanda de prévoir son meilleur pisteur pour la protection de Harry Potter, puisque ce dernier ne comptait pas coopérer.
Après une seconde de réflexion, il ajouta qu'il vaudrait mieux prévoir plusieurs Aurors pour filer Harry, puisqu'assurément, il tenterait de semer ses protecteurs.

Avec un sourire rusé, il lança un sort sur le parchemin, qui se plia en avion et qui s'envola en direction du bureau des Aurors.

Harry sortit du ministère d'un pas rapide. Il nota rapidement qu'il était suivi et il devina que cette fameuse protection dont il ne voulait pas avait déjà été mise en place…
Agacé, il flâna un long moment sur le chemin de Traverse, observant l'Auror chargé de le garder dans les vitrines lorsqu'il s'arrêtait.

Le jeune homme devait avouer qu'il était plutôt discret. Il restait à distance et personne ne se douterait qu'il suivait Harry au premier coup d'œil.
Harry secoua la tête. Il avait ses raisons de ne pas vouloir de protection et il ne comptait pas changer d'avis. Il reprit son chemin, commençant à entrer et sortir des boutiques pour en saluer les commerçants, s'assurant que l'Auror n'entrait jamais à sa suite.
Puis, avec un sourire satisfait, il entra dans la boutique des Weasley et avec un clin d'œil à George qui tenait la caisse, il emprunta la sortie à l'arrière pour disparaître et échapper au pauvre bougre qui devait veiller sur lui…

Après son procès, Drago Malefoy avait vite compris qu'il serait toujours mal vu dans le monde magique. Les regards des sorciers autour de lui montraient qu'il n'était pas le bienvenu et il avait décidé d'agir.
Plutôt que de quitter le pays ou de se cacher, il s'était inscrit à l'école d'Auror. Les débuts avaient été chaotiques et il avait dû se battre pour y parvenir, mais il avait fait ses preuves et il avait gagné sa plaque officielle.

Lorsque Robards le convoqua, il ne s'en inquiéta pas. Il savait qu'il était l'un de ses meilleurs Aurors. Il savait se faufiler partout et s'il avait retenu une chose de ses années de Mangemort, c'était bien où trouver les criminels…
En découvrant qu'il était affecté à la surveillance de Harry Potter, il jura et maugréa. Il devait surveiller Potter en plus de l'un de ses collègues, en restant totalement invisible. Apparemment, le chéri du monde magique ne voulait pas de protection.

Drago soupira et haussa les épaules en pensant que ce serait amusant finalement de découvrir les petits secrets de Potter.

Dès les premiers pas de Potter sur le chemin de Traverse, Drago comprit qu'il avait repéré l'autre Auror. Il connaissait assez le Gryffondor pour savoir qu'il allait lui jouer un petit tour à sa façon…
Drago avait cependant une longueur d'avance, il connaissait l'adresse personnelle de Potter. Il buvait un verre au chaudron baveur, quelques semaines plus tôt, lorsque Potter était arrivé et s'était installé à une table proche de la sienne. Il n'avait pas reconnu Drago, qui avait caché ses cheveux clairs sous un bonnet, et lorsque Finnegan était venu prendre sa commande — l'irlandais avait racheté le chaudron baveur au vieux Tom après sa sortie de Poudlard — Potter l'avait invité à prendre un verre. Il avait murmuré son adresse pour que Finnegan puisse la noter, mais Drago l'avait entendue.

Plutôt que de s'épuiser à courir après un Potter déterminé à semer ses poursuivants, Drago quitta le chemin de Traverse et transplana dans le quartier où vivait Potter. C'était calme et par chance, une des maisons à proximité était abandonnée. Un sort régla le problème et Drago y pénétra, avant de s'installer tranquillement.

Moins de dix minutes plus tard, Drago eut un sourire satisfait : Potter venait de transplaner, pour rentrer au nid. Il pensait probablement qu'il était tranquille puisqu'il tenait secrète son adresse personnelle, avec un soin maniaque.

Puisqu'il était chez lui et que l'après-midi touchait à sa fin, Drago décida que Potter ne sortirait pas de sa maison. Il lança un sort de surveillance, qui l'alerterait si quelqu'un franchissait le portail de sa cible, puis transplana. Il avait besoin de quelques vêtements de rechange et de nourriture, pour garder un œil sur Potter.

En revenant dans la maison abandonnée, un revelio indiqua à Drago que Potter était toujours chez lui et qu'il était seul. Il hocha la tête, satisfait, puis il s'installa confortablement.

Il était près de minuit quand Drago crut voir la porte d'entrée de Potter s'ouvrir et se fermer. Il fronça les sourcils et quitta le lit sommaire qu'il avait installé pour enfiler un jean noir et un pull.
Il quitta la maison abandonnée en silence pour s'approcher de la maison de Potter, franchissant le portail du petit jardin sans la moindre hésitation.

Devant la porte d'entrée, il hésita longuement. Tout était silencieux et il était possible que ses yeux lui aient fait défaut. Il somnolait après tout et il avait pu imaginer un danger inexistant.

S'il faisait irruption dans la maison de Potter sans raison valable, ce dernier serait furieux… Cependant, s'il neutralisait un potentiel agresseur, l'ancien Gryffondor serait forcé d'accepter une protection.

Drago se figea en entendant un bruit de verre brisé. Quelque chose était tombé et s'était brisé. C'était peut-être la maladresse légendaire de Potter… ou c'était le bruit d'une bataille acharnée.

Avec un grognement excédé, Drago lança un revelio une fois de plus et il hoqueta. Deux personnes étaient désormais dans la maison, dans la même pièce. Proches l'un de l'autre.
Il jura et lança un alohomora silencieux et entra chez Potter.

Il nota un vase brisé sur le sol dans le couloir et il évita soigneusement les morceaux, la baguette à la main, persuadé que ce foutu Potter était en danger.
Le salon était plongé dans le noir, éclairé uniquement par quelques braises dans la cheminée. Une tasse de thé était abandonnée sur la table basse.

Drago s'approcha en silence et toucha la tasse. Le liquide était encore tiède, preuve que Potter l'avait abandonné peu de temps auparavant.
Il progressa dans la maison, découvrant une cuisine parfaitement rangée et déserte. La pièce suivante était un bureau, mais il n'eut pas le temps d'entrer, puisqu'un gémissement provint du fond de la maison, au bout du couloir.

Il y avait une porte entrouverte avec un rai de lumière.

Drago avança lentement, réprimant l'envie de se précipiter. Si Potter était réellement en danger, il serait bien plus utile en profitant de l'effet de surprise plutôt qu'en chargeant sans réfléchir.

Un autre gémissement le fit se figer et il imagina son ancien rival étendu dans une flaque de sang. Devant la porte, il lança un lumos — le plus puissant possible — tout en poussant la porte violemment du plat de la main.

Il se figea, les yeux écarquillés.
— Bordel de merde.

Le premier constat qu'il fit était que Potter n'était pas agressé. Pas du tout. Ou alors, si c'était une agression, elle était totalement consentie.
Le sauveur du monde magique était à demi nu, ne portant qu'un boxer. Mieux encore, le sauveur était collé à un homme aussi peu vêtu que lui, et lorsque Drago était entré, ils s'embrassaient furieusement.

En découvrant qui était le compagnon secret de Potter, Drago hoqueta et secoua la tête.
— Bonjour Théo.

Ce dernier eut un gloussement amusé et il enlaça Harry Potter comme si c'était naturel. Loin de le repousser, l'ancien Gryffondor se laissa aller contre lui, malgré ses sourcils froncés et sa grimace agacée.

Drago soupira et se détendit, avant de baisser sa baguette. Potter n'était pas du tout en danger. Cependant, ils allaient devoir mettre les choses au point et il comptait bien se servir de son ancienne amitié avec Théodore Nott pour faire entrer du plomb dans la cervelle de ce foutu futur ministre.
Il s'appuya contre le chambranle de la porte avec un sourire moqueur.
— Nous devons discuter, mais si vous pouviez… vous couvrir tous les deux, je préfèrerais.

Théo lui jeta un long regard, comme pour tenter de deviner ses intentions, puis il attira Harry près de lui en s'asseyant sur le bord du lit, avant de tirer le drap sur eux.
Potter émit un grognement agacé.
— Qu'est-ce que tu fais ici, Malefoy ? Bon sang, comment est-ce que tu connais cet endroit ?

Drago gloussa, amusé. Énerver Potter était toujours aussi amusant.
— Je suis chargé de ta protection, Potter. Tu as semé mon collègue trop visible alors j'ai fait en sorte de ne pas me faire voir. Et je connais l'adresse puisque tu l'as donnée à Finegan pour qu'il vienne te voir alors que j'étais à la table derrière toi.

Potter sembla écoeuré et il secoua la tête.
— Je suppose que tout le bureau des Aurors sait où j'habite ?

Drago examina tranquillement ses ongles, puis il haussa les épaules.
— Non. Je l'ai gardé pour moi. J'ai compris que tu ne voulais pas voir arriver n'importe qui chez toi.

Théo déposa un baiser sur la tempe de Harry en lui murmurant quelques mots à l'oreille. Drago ne fit pas la moindre réflexion, mais il observait chacun de leurs mouvements.

Il avait pensé au début qu'il s'agissait d'une liaison récente et que c'était la raison pour laquelle Potter se cachait. Visiblement, ces deux-là étaient plus proches qu'il l'avait pensé au premier abord.

Potter s'était détendu à ses mots et il attendait la suite, tenant la main de Théo.
Drago les désigna tous les deux du doigt.
— Je suppose que c'est la raison pour laquelle tu refuses une protection ?
Harry soupira.
— Personne ne sait, pour notre relation.
Théo haussa les épaules, justifiant les mots de Harry.
— Je refuse de porter préjudice à Harry. Mon père était un Mangemort et ses actes…
Harry continua tranquillement, d'une voix douce.
— Ses actes n'ont rien à voir avec toi, Théo.

Drago renifla, avec un rictus moqueur.
— Depuis quand tu t'occupes de l'avis des autres, Potter ? Je ne te voyais pas garder une liaison comme un sale petit secret…

Potter s'empourpra immédiatement, prêt à bondir. Théo le retint et fixa Drago d'un regard dur.
— C'est ma décision, Drago. Harry n'a pas besoin d'avoir à justifier… la raison pour laquelle il… peu importe.

Potter renifla et fixa Drago d'un regard mauvais, prêt à se battre.
— Je n'ai pas honte d'être avec Théo. On se dévoilera quand il sera prêt.

Drago soupira.
— Parfait. Potter, tu dois être protégé que tu le veuilles ou non. Tu as deux possibilités : tu continues d'essayer d'échapper aux Aurors et tu vas finir dans une résidence protégée où tu ne pourras pas voir Théo. Ou alors tu me laisses assurer ta protection et je ne dis rien de ce que j'ai vu ce soir.

En voyant le regard de Potter, Drago sut qu'il avait gagné. Sa mission de surveillance jusqu'à l'élection serait bien plus simple — presque des vacances — ce qui lui ferait gagner des points en plus auprès de son chef. Que des bénéfices.
Il se redressa, prêt à laisser le couple terminer sa petite soirée, mais il marqua une pause avant de s'éloigner de la chambre.
— Au passage, Théo, tu es un idiot. Tu devrais accepter ce qu'il t'offre maintenant, parce qu'une fois qu'il sera ministre, tu ne pourras plus l'approcher discrètement. Et crois-moi, cet imbécile heureux va recueillir un maximum de voix.