Cet os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "Queue" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.
Charlie Weasley sauta souplement par-dessus la barrière de l'enclos, ses cheveux roux ardent noués en un chignon brouillon sur son crâne. Il portait un pantalon en cuir et un débardeur noir, dévoilant ses bras pâles et parsemés de taches de rousseur et de tatouages. Des bottes noires et des gants en peau de dragon complétaient sa tenue.
Il avança sans la moindre peur vers l'animal allongé au milieu d'un cercle d'herbe calcinée.
Il plissa les yeux en approchant lentement, identifiant sans peine l'espèce du dragon qui le fixait de son regard violet. Un noir des Hébrides, un mâle d'après sa taille. Il avait eu l'occasion d'en voir plusieurs, depuis qu'il avait pris son poste dans cette réserve de dragons en Angleterre, après avoir quitté la Roumanie après la guerre.
Charlie fit quelques pas lents, les mains tendues devant lui pour montrer qu'il n'avait pas d'intentions agressives. Sa baguette était coincée dans la ceinture de son pantalon, à portée de main, mais il espérait ne pas avoir à s'en servir. Il n'aimait pas avoir à lancer un sort de conjonctivite sur les dragons contrairement à ses collègues. Lui préférait la méthode douce, les approcher lentement et gagner leur confiance.
L'animal gronda, sa queue terminée d'une flèche effilée battant l'air près de lui, mais Charlie resta calme, murmurant une suite de mots sans signification, les mains toujours tendues.
Il ne quittait pas l'appendice du dragon du regard, conscient du danger. Il avait suffisamment de cicatrices dues à un manque d'attention de sa part et il avait retenu la leçon.
Il avança un peu plus, notant la maigreur de l'animal et des cicatrices parsemant son cuir épais. Charlie fronça les sourcils, perplexe. Il savait que le cuir de dragon était l'un des matériaux les plus résistants du monde magique, ce qui expliquait la grande résistance de ces animaux.
Beaucoup de sorciers avaient tenté de s'en prendre à eux, pour récolter tout ce qu'il y avait de précieux — cuir, cœur, foie, griffe, sang, venin, œil, viande ou écaille — et le revendre. Cependant, beaucoup de ces braconniers y perdaient la vie.
Les dragons étaient mortellement dangereux. Leur taille était déjà impressionnante, mais il fallait également compter sur leurs appendices tranchants.
Charlie fronça les sourcils, tout en continuant sa mélopée de mots, réfléchissant furieusement. Depuis qu'il était dragonnier, il n'avait jamais vu un seul dragon avec des cicatrices de ce type.
Il avait soigné des dragons blessés, pattes brisées, ailes déchirées, mais dans son souvenir, jamais leur cuir n'avait pu être entaillé. Pas de cette façon en tout cas.
Il croisa le regard du dragon et il prit le risque de le fixer, essayant de lui montrer qu'il voulait juste l'aider. Il murmura en se stoppant près de l'animal, à portée de crocs.
— Je veux juste te soigner d'accord ? Laisse-moi juste approcher pour regarder ce qui ne va pas, je te jure que je ne te ferais pas de mal.
Charlie retint son souffle, conscient que le dragon pourrait juste le faire brûler vif s'il le décidait ou l'éventrer d'un coup de griffe. L'animal finit par cligner des yeux et il avança le museau vers sa main, le reniflant prudemment, avant de se détendre et de se laisser aller, comme s'il lui donnait l'autorisation d'approcher.
Sans réfléchir plus longtemps, Charlie s'approcha, caressant doucement la tête de l'animal jusqu'aux premières pointes effilées de son échine. Il vérifia ses pattes avant, les palpant avec douceur, puis remonta jusqu'au flanc.
Lorsqu'il effleura les cicatrices, la respiration de l'animal s'accéléra, mais il resta immobile, les yeux toujours clos. Charlie marqua une pause, puis reprit son inspection, retraçant chaque marque, le malaise grandissant en lui.
Il avait déjà vu ce genre de marques. Pas sur un dragon, mais sur un abraxan, lorsqu'il avait brièvement travaillé dans une organisation protégeant les créatures magiques.
Le cheval ailé avait eu les mêmes cicatrices et à l'époque, ils avaient immédiatement retiré l'animal à son propriétaire pour cause de maltraitance, puisque c'étaient des coups de fouet.
Sauf que Charlie savait qu'un dragon ne pouvait pas recevoir de coups de fouet. Et l'homme assez stupide pour tenter de fouetter un tel animal, s'il survivait, ne parviendrait jamais à laisser des marques.
Charlie continua son inspection et il caressa le flanc creusé de l'animal. Il murmura, toujours avec la même douceur et le même calme.
— Tu n'arrives pas à te nourrir ? Il y a beaucoup de gibier par ici pourtant… Tu n'aimes pas chasser ?
Il sentit l'animal frémir et se crisper, mais ses caresses apaisantes réussirent à le calmer de nouveau. Charlie inspecta les pattes arrière sans rien trouver de suspect et termina par la queue, intacte jusqu'à sa flèche.
Charlie soupira et revint au niveau de la tête du dragon caressant son museau.
— Si tu es blessé quelque part, mon garçon, tu vas devoir me le montrer.
Il ne s'attendait pas vraiment à une réponse, aussi il recula en trébuchant quand l'animal se laissa tomber sur le flanc dans un geste maladroit. Il avait déplié ses ailes sombres, semblables à celles d'une chauve-souris, comme pour cacher les actes de Charlie aux regards curieux de ses collègues, loin derrière la barrière de l'enclos.
Charlie fronça les sourcils et avança prudemment, fixant le regard violet. Il avait l'impression de pouvoir lire de la douleur dans les yeux immenses, ce qui semblait impossible. Ses collègues lui disaient qu'il était doué avec les animaux, mais il n'était jamais arrivé à une telle communication.
Il perdit toute prudence en voyant la blessure de l'animal. Il écarquilla les yeux et il se précipita, tombant à genoux, tendant les mains vers le ventre exposé de la créature.
Le dragon émit un léger grognement, mais Charlie n'y prêta pas attention.
— Oh merde. Qui t'a fait ça ? Bordel…
Charlie voyait l'entaille qui barrait l'endroit le plus vulnérable d'un animal, le ventre. Large et déchiquetée, elle saignait beaucoup.
Le jeune homme attrapa sa baguette, les mains tremblantes. La colère familière qu'il ressentait chaque fois qu'un humain s'en prenait à un animal le submergea, et il dut fermer un instant les yeux pour se calmer.
Puis, il palpa l'abdomen prudemment, ignorant le regard perçant de l'animal. Il n'avait qu'une idée en tête : sauver cette magnifique créature.
Une fois certain qu'il n'y avait aucun corps étranger dans la plaie, Charlie tendit sa baguette et lança un episkey, se penchant pour être certain que le dragon cicatriserait correctement. Il était entre les pattes de l'animal et même s'il savait que son chef lui hurlerait dessus pour les risques qu'il avait pris, il s'en moquait.
Il lui fallut un long moment pour réussir à refermer la plaie, le laissant épuisé.
Le dragon le fixait toujours et Charlie secoua la tête.
— Toi, mon garçon, tu as un secret. Je suis certain que tu n'es pas un dragon comme les autres… J'habite le bungalow près des enclos, alors quand tu seras prêt à te montrer, il y aura de quoi manger pour toi chez moi.
Le noir des Hébrides le fixait toujours, comme captivé par cet homme roux qui n'avait pas peur de lui et qui avait pris soin de lui. Charlie lui sourit et caressa de nouveau son museau.
Après un long moment, Charlie le salua, lui adressant un clin d'œil, et lui tourna le dos sans la moindre crainte. Puis, il repartit lentement vers les limites de l'enclos, marchant tranquillement.
Le dragon ne le quitta pas des yeux, jusqu'à ce qu'il disparaisse dans le petit bungalow qu'il avait désigné plus tôt. Puis, la créature se roula en boule, la tête tournée vers l'endroit où avait disparu ce drôle d'humain.
