Cet os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "maigre" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.


Charlie ne s'était pas trompé : à peine rentré chez lui, avant même qu'il ne puisse prendre une douche, son chef l'appela par cheminette pour lui passer un savon, au sujet des risques qu'il prenait.
Le jeune homme endura les reproches stoïquement, jurant qu'il avait été aussi prudent que possible, mais qu'il ne pouvait pas ignorer un dragon blessé.

Il dut promettre de se montrer plus prudent à l'avenir sous peine d'être immédiatement viré avant d'être enfin libéré. Il se précipita sous la douche avec un soupir, appréciant l'eau chaude qui coulait sur son corps, toutes ses pensées tournées vers le dragon mal en point dehors.

Il séchait encore ses cheveux longs lorsque quelqu'un frappa à la porte. Vêtu d'un short uniquement, il ouvrit et il se trouva nez à nez avec un inconnu.

Un inconnu très effrayé et très nu.

Le jeune homme — il semblait à peine majeur — était replié sur lui-même et tremblait. Ses cheveux noirs retombaient en désordre sur son visage, mais ne parvenaient pas à cacher ses yeux d'un bleu foncé surprenant. Il était maigre à faire peur, Charlie pouvait compter chacune de ses côtes, et il peinait à tenir debout, visiblement épuisé.

Charlie réagit aussitôt, attrapant un plaid sur le fauteuil pour entourer le garçon devant lui, avant de le tirer à l'intérieur avec douceur, mais fermeté. Une main posée dans le dos du jeune homme, il le guida jusqu'au sofa qu'il savait confortable et il l'aida à s'installer.
Puis, il s'agenouilla devant lui, le fixant gentiment.
— Bien, petit dragon. Si tu me disais comment tu t'appelles ? Ensuite, tu pourras manger une bonne soupe et te reposer.

Face à l'air choqué du jeune homme devant lui, Charlie eut un rire amusé, les yeux brillants. Il lui adressa un clin d'œil complice.
— J'ai rarement la visite de charmants visiteurs totalement nus dans ce coin totalement perdu. Sans compter que je n'avais jamais vu de dragons avec des cicatrices… des cicatrices identiques à celles que j'ai senties dans ton dos.

Le jeune homme resta silencieux, recroquevillé sur lui même, son regard empli de craintes. Charlie n'insista pas et il le laissa quelques instants pour lui trouver quelque chose à manger.
Il lui prépara une soupe bien chaude pour le réchauffer et il lui tendit le bol. Après avoir longuement hésité, le jeune homme s'en empara et but la soupe bien trop vite, au risque de se brûler.

Charlie soupira et il récupéra le bol vide qu'il posa près de lui. Puis, il lui passa une main dans les cheveux, espérant l'apaiser. La première réaction du garçon fut de se ramasser sur lui-même, comme s'il s'attendait à recevoir un coup. Cette réaction tordit le cœur de Charlie, détestant immédiatement tous ceux qui avaient fait du mal à ce garçon à l'air si innocent.

Lentement, le dragonnier prit place à ses côtés, pour ne pas l'effrayer. Puis, il l'attira contre lui et reprit ses caresses dans ses cheveux noirs, avant de murmurer.
— Je ne vais pas te faire de mal, d'accord ? Tu es en sécurité, ici.

Charlie se tut ensuite, continuant de câliner le jeune homme. Il ressentait le besoin de s'occuper de lui, conscient qu'il n'avait pas eu une vie heureuse jusqu'à présent.
Il sentait le corps du jeune homme se relaxer lentement, mais il ne bougeait pas et il restait silencieux, le laissant diriger l'interaction entre eux. Comme pour un dragon, qu'il laissait venir à lui pour l'apprivoiser.

Charlie somnolait presque lorsque le garçon murmura, d'une voix rauque.
— Théo.

Le dragonnier sourit sans cesser de passer sa main calleuse dans ses cheveux et il répondit doucement, pour ne pas l'effrayer.
— Je suis Charlie. Tu as une sacrée forme animagus, Théo. Un noir des Hébrides, ce n'est pas vraiment courant.

Ils retombèrent dans un silence agréable et Charlie passa la main dans le dos de Théo, masquant une grimace en sentant chacune de ses côtes. Ce garçon était beaucoup trop maigre…
Décidé à s'occuper de lui convenablement, Charlie murmura, gardant toujours sa voix douce, craignant de l'effaroucher.
— Si tu veux, tu peux prendre une bonne douche chaude. Je devrais pouvoir te trouver des vêtements et ensuite, tu pourrais dormir ? Je te laisse mon lit. Ou si tu as encore faim, je peux te trouver quelque chose de plus consistant qu'une soupe ?

Théo se redressa brusquement et le fixa, les yeux écarquillés. Charlie put lire de l'espoir mêlé à de la confusion dans son regard et le garçon finit par poser la question qui lui brûlait les lèvres.
— Pourquoi ?

Charlie haussa les épaules, le fixant avec sincérité, puis il eut un léger sourire.
— Et bien, mon métier est de prendre soin des dragons. Tu es en en partie un, n'est-ce pas ? Et je ne vais pas laisser un jeune homme en détresse sur le pas de ma porte.

Le garçon aux cheveux noirs cligna des yeux, hébété. Charlie reprit avec douceur.
— J'aimerais également jeter un œil sur ta blessure. Normalement, elle était guérie et ton retour sous forme humaine n'a rien changé, mais c'était une sacrée entaille et…

Théo se mordit la lèvre et baissa la couverture pour exposer son torse maigre et son ventre. Le regard bleu de Charlie se durcit en examinant la cicatrice rosée qui barrait son ventre en diagonale. Il la retraça du doigt et il grogna presque.
— Qui t'a fait ça, Théo ?

Le jeune homme frissonna et sembla mal à l'aise. Charlie se calma immédiatement et il l'aida à se relever.
— Viens prendre une douche, petit dragon. Ça te fera du bien.

Le dragonnier l'aida à aller jusqu'à la salle de bains et une fois certain qu'il ne risquait pas de se blesser, il le laissa pour aller lui chercher des vêtements propres. Il fouilla ses placards jusqu'à trouver un short trop petit que son frère Ron avait oublié chez lui et un tee-shirt qu'il portait lorsqu'il était encore étudiant à Poudlard.

Il attendit que Théo eût terminé, puis il le rejoignit pour lui tendre les vêtements. Il sourit en voyant à quel point le frêle jeune homme nageait dedans alors qu'il avait pour forme animagus l'un des animaux les plus grands de la création.

Il conduisit Théo dans sa chambre et il l'installa dans son lit, lui passant une fois encore la main dans les cheveux.
— Tu peux te reposer, Théo. Tu es en sécurité d'accord ?

Le jeune homme cligna des yeux, puis il souffla, de sa voix étrangement rauque.
— Merci. Merci pour tout.

Charlie lui sourit brièvement, avant de reprendre son sérieux.
— Qui t'a blessé ? Je sais que tu ne veux pas forcément répondre, mais j'ai besoin de le savoir pour veiller sur toi.

Théo se recroquevilla en lui lançant un regard presque désespéré. Après un long moment, il souffla, dans un murmure.
— C'est mon père. Il… est mangemort et… il n'a pas supporté que son maître soit tué.

Charlie eut une brève hésitation. Il frissonna alors que les souvenirs de la bataille qu'il avait menée aux côtés de sa famille lui revenaient et il se demanda si Théo avait été présent à Poudlard et s'il avait dû se battre.

Il soupira et fixa le jeune homme, pleinement sincère.
— Je te protégerai.