Cet os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "As" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.
— De toute façon, toi t'es plein aux as, tu peux pas comprendre !
Après les premières années d'amitié fusionnelle, le tournoi des trois sorciers avait marqué un tournant dans leur relation. Ron lui avait tourné le dos et même si Harry lui avait pardonné, tout n'était pas redevenu comme avant.
Harry venait de remporter le prix, il avait été déclaré gagnant puisque Cédric Diggory avait été tué. En cet instant, il se moquait bien de l'argent ou de sa fortune. Il ne pouvait pas oublier l'éclair vert qui avait fauché Cédric et la façon dont il avait dû lutter pour sa propre vie.
La première réaction de Ron lorsqu'ils s'étaient vus avait été de le féliciter pour ses gains, avec une pointe d'envie dans la voix. Épuisé, traumatisé, Harry l'avait rabroué, lui rappelant que l'argent ne ramènerait pas Cédric et ne changerait rien au retour de Voldemort.
Loin de paraître honteux, Ron avait boudé, lui lançant cette petite pique qui avait blessé Harry.
Peut-être qu'en temps normal il aurait juste ignoré Ron, il aurait ignoré cette phrase mesquine, et il aurait dévié la conversation sur un autre sujet. Mais il était vulnérable et il avait immédiatement pensé que l'amitié de Ron était finalement conditionnée au contenu de son coffre à Gringotts.
La réaction de Ron était d'autant plus injuste qu'il n'avait jamais vécu dans la richesse. Il avait grandi sans rien, sans argent, sans biens, sans amour. Ron n'avait manqué de rien, au moins… et Harry aurait pu donner l'intégralité de la fortune de ses parents pour avoir sa vie.
Depuis qu'il avait été plongé dans cette stupide compétition contre sa volonté, Harry n'avait pas une seule fois pensé à la récompense prévue pour le gagnant. Il avait juste fait de son mieux pour survivre.
Il ne voulait pas de cet argent tombé du ciel. Sur ce point, Ron avait raison, il n'en avait pas besoin. Cependant, si son ami si avide espérait en récupérer une partie, Harry allait vite le décevoir.
Il changea de sujet sans faire la moindre réflexion sur le manque de délicatesse de Ron et fit en sorte de ne pas y revenir, malgré les tentatives flagrantes de Ron. Apparemment, le jeune homme voulait savoir ce qu'il avait prévu d'en faire, lui, le riche héritier trop gâté.
Lorsque finalement Ron le laissa se reposer, Harry souffla et il se demanda quand aurait lieu la prochaine trahison de celui qu'il voyait comme son meilleur ami.
Lorsque deux silhouettes identiques se glissèrent dans l'infirmerie pour prendre de ses nouvelles, Harry ne put s'empêcher de sourire. Contrairement à leur frère, Fred et George ne s'arrêtaient pas à sa fortune. Ils l'avaient soutenu et cru et ils s'inquiétèrent de son état d'esprit plus que de son compte en banque.
Harry les laissa le réconforter, se surprenant à rire à leurs plaisanteries.
Il eut soudain d'avoir les idées claires, plus que jamais, et il les regarda gravement.
— Avec le retour de Voldemort, nous allons avoir besoin de vos blagues.
Les jumeaux ricanèrent en échangeant un coup d'œil complice, lui assurant qu'il pouvait compter sur eux.
Harry eut un sourire malicieux et prit la lourde bourse contenant ses gains.
— Vous aurez besoin de ça. Je crois que vous vouliez ouvrir votre magasin de farces et attrapes ? Le monde magique va en avoir besoin…
Pour la première fois depuis qu'il les connaissait, les deux garçons restèrent muets, les yeux écarquillés. Ils tentèrent de refuser, de le dissuader de leur confier une telle somme de cette façon, sur un coup de tête, mais Harry s'entêta. Il ne voulait pas de cet argent et Fred et George feraient en sorte qu'il soit convenablement utilisé.
Il insista.
— Je veux que vous l'utilisiez entièrement pour ça. Pour amener du rire. De la joie.
Les jumeaux échangèrent un long regard, avant de soupirer en regardant Harry, inhabituellement sérieux.
— Nous te rembourserons chaque mornille, Harry.
Harry secoua la tête et roula des yeux, avec un sourire triste.
— J'ai assez d'argent pour vivre toute une vie. Je n'ai pas besoin de cet argent, je n'en veux pas.
Fred murmura.
— Mais tu l'as gagné.
Harry grimaça.
— Non. Cédric aurait dû le gagner. Il est le réel vainqueur. C'est… C'était un piège qui m'était destiné, je n'ai aucun mérite. Je n'en veux pas. Mais je préfèrerais que… que sa mort ne soit pas vaine.
Les jumeaux échangèrent à nouveau un regard, un peu plus long que le précédent. George finit par hocher la tête et il s'approcha pour enlacer fermement Harry.
— Nous ne te décevrons pas.
Pour la première fois depuis des mois, Harry eut l'impression de pouvoir respirer plus librement. Le cœur libéré d'un poids, il répondit tranquillement.
— Je sais.
