Cet os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "Parallèle" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.


— J'ai l'impression d'être dans un putain de monde parallèle !

En d'autres circonstances, Harry aurait ricané à la tirade rageuse. Cependant, sa situation ne prêtait pas à rire. Loin de là.

Une fois de plus, il avait bravé le couvre-feu. C'était toujours la même chose : il se sentait enfermé, prisonnier dans la tour Griffondor et il avait besoin d'espace. Il avait besoin d'être loin de ses camarades pour pouvoir se calmer.
Il ne s'était jamais plaint à personne de ces moments de panique et il se débrouillait pour le cacher à ses amis. Hermione en aurait fait tout un drame et l'aurait poussé à en parler à l'infirmière ou pire, à Dumbledore. Ron pour sa part, l'aurait surveillé d'un œil inquiet et aurait voulu l'accompagner dans ses errances nocturnes. Ou il en aurait parlé à sa mère, qui inévitablement aurait prévenu Dumbledore.
Il se débrouillait très bien tout seul, merci bien. Il se doutait que son comportement avait un rapport avec son enfance pourrie, il avait besoin d'espace pour se prouver qu'il n'était plus dans son placard exigu, enfermé et esclave de son oncle et de sa tante.

Habituellement, il parvenait à se promener sans se faire repérer. Il ne faisait rien de mal. Il parcourait juste les couloirs en silence, profitant de la fraicheur de la nuit et du calme presque surnaturel. Il évitait les professeurs et les fantômes, puis lorsque ses nerfs étaient apaisés, il rentrait sagement et se couchait pour tenter de dormir.

Cependant, depuis peu, il était moins prudent. Il ne regardait plus autant la carte du Maraudeur et même s'il avait la cape d'invisibilité de son père avec lui, il ne la portait pas en permanence. Sa distraction venait du fait qu'il était épuisé. Les cauchemars ne le laissaient pas en paix et réveillaient ses angoisses, alimentant son besoin de s'échapper. Il sortait presque quotidiennement, et marchait, espérant être assez épuisé en rentrant pour pouvoir grappiller quelques heures de sommeil.

S'il n'avait pas été aussi fatigué, il se serait rendu compte qu'il était suivi. Il aurait entendu l'écho des pas derrière lui, et la carte du Maraudeur l'aurait renseigné sur l'identité de celui qui le pistait.
S'il n'avait pas été au bord de l'épuisement, il aurait noté que Rusard arrivait dans leur direction et qu'ils s'exposaient à de sérieux ennuis.

Lorsque la main s'était brusquement posée sur son épaule, Harry avait violemment sursauté et il s'était retourné d'un bond, titubant et se rattrapant à la personne qui l'avait surpris ainsi.
Drago Malefoy.

Ça ne pouvait être que lui, ils se cherchaient mutuellement depuis leur première rencontre, lorsque Malefoy avait insulté Ron et que Harry l'avait repoussé sèchement.

Cette fois pourtant, il n'y eut pas de dispute, pas de cris. Malefoy l'avait surpris, mais lorsque Harry s'était retourné et accroché à lui pour ne pas tomber, le Serpentard s'était figé en le dévisageant avec attention, les sourcils froncés.
Ils étaient restés longuement silencieux et immobiles, s'observant mutuellement. Harry était trop fatigué pour s'inquiéter des conséquences d'avoir été surpris, mais Malefoy notait chaque signe d'épuisement sur le Gryffondor : ses cernes violacés, donnant l'impression d'hématomes sous ses yeux verts. Sa façon de vaciller comme s'il tenait debout par la seule force de sa volonté — c'était probablement le cas d'ailleurs, l'entêtement de Harry Potter était notoire. La pâleur de son teint, mais aussi sa perte de poids visible depuis la rentrée.

Pour une fois, Drago ne s'était pas moqué de lui et n'avait pas cherché à déclencher une bataille. C'était effectivement un putain de monde parallèle, dans lequel le Serpentard n'avait pas voulu frapper un rival déjà à terre…

Avant que le premier mot ne soit échangé entre eux, ils avaient entendu le pas lourd de Rusard et ses roucoulements à destination de son affreuse chatte qui le suivait partout. Ils avaient échangé un regard horrifié, car tous les deux risquaient gros à être surpris hors de leurs dortoirs. Ni l'un, ni l'autre ne voulait avoir à donner des explications sur leur présence dans les couloirs, pas plus qu'ils ne voulaient risquer d'être expulsés de l'école…

Harry avait réagi aussitôt en sortant sa cape d'invisibilité et en la déployant autour de ses épaules. Malefoy avait reculé d'un pas, cherchant un endroit où se cacher, mais Harry avait attrapé son poignet et l'avait attiré avec lui, sous le tissu arachnéen.
Tous les deux avaient reculé contre le mur, dans un renfoncement, collés l'un à l'autre, dissimulé sous l'artefact magique. Silencieux, ils écoutaient le pas de Rusard approcher et ils pouvaient même apercevoir la lueur jaunâtre de sa lampe.

Coincé contre Drago, Harry avait pris conscience que le Serpentard était désormais plus grand que lui et qu'il devait lever la tête pour le regarder dans les yeux. Le moment était étrange, la proximité entre eux était inédite.
Pourtant, Harry ne se sentait pas vraiment mal à l'aise. Lui qui n'aimait pas les contacts trop appuyés se surprenait à se laisser aller contre Malefoy. Plus surprenant encore, ce dernier ne faisait rien pour le repousser, le tenant fermement par les épaules, les yeux braqués sur lui.

Ça aurait dû être un moment éphémère, qui aurait pris fin au moment exact où Rusard se serait éloigné et se serait retrouvé hors de portée. Cependant, le concierge marmonnait en approchant d'eux et après quelques pas, il ouvrit une porte, attrapa une chaise et la posa en plein milieu du couloir, avant de s'y laisser tomber, leur coupant toute retraite.
C'était un hasard monstrueux que Rusard ait choisi précisément ce couloir pour tendre une embuscade à Peeves. Les deux garçons ne pouvaient pas bouger sans se faire remarquer. Ils étaient trop grands tous les deux pour pouvoir marcher sous la cape d'invisibilité en étant totalement cachés, ce qui les forçait à rester dans leur coin, pressés l'un contre l'autre.
Ils pouvaient murmurer, à condition de ne pas élever la voix.

Après le commentaire de Drago, Harry avait levé les yeux vers lui. Il oublia ce qu'il avait l'intention de dire en croisant le regard de Drago Malefoy, qui le fixait en retour.

Le Serpentard leva la main et passa son doigt sur ses cernes, avec douceur, faisant frissonner Harry. C'était probablement le moment le plus étrange de sa vie, mais ça lui semblait en même temps terriblement logique. Comme si toutes leurs disputes d'autrefois devaient aboutir à ce moment précis, à ce contact inhabituel.
Harry resta immobile, ne cherchant pas à se dégager. Il fixait toujours Malefoy, essayant de comprendre ses gestes. Finalement, le Serpentard soupira.
— Tu devrais dormir, Potter.

Habituellement, ce genre de remarque mettait Harry en colère. Son manque de sommeil n'était pas volontaire, il se battait contre les cauchemars et faisait de son mieux. Cette fois, pourtant, il haussa juste les épaules et marmonna, d'un ton presque boudeur.
— Cauchemars.

Un éclair de compréhension passa dans les yeux gris et Malefoy le tira contre lui, le prenant dans ses bras sans la moindre hésitation. Avant que Harry n'ait le temps de poser une question, il se justifia.
— Je te tiens. Tu peux somnoler un peu si tu veux, en attendant que ce foutu cracmol dégage.

Harry hocha lentement la tête, sans rompre le contact visuel. C'était étrange et il se persuada qu'il était en train de rêver. Rien de tout ceci n'était réel, il avait fini par tomber d'épuisement et il faisait le rêve le plus étrange qui soit.
Il sourit, les yeux brillants et se hissa sur la pointe des pieds, posant ses lèvres sur celle de Drago Malefoy, juste pour voir l'effet que ça lui ferait. Le Serpentard se raidit et ne bougea pas, alors Harry recommença, curieux.
Cette fois, Malefoy lui rendit son baiser, agrippant ses cheveux d'une poigne serrée pour prendre le contrôle. Lorsqu'ils se séparèrent, Harry se laissa aller contre sa poitrine et ferma les yeux en s'agrippant à lui.
— Univers parallèle ou rêve, c'est vraiment génial.