Cet os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "Sable" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.
Le sable roulait sur ses pieds et coulait entre ses orteils, agréablement chaud en ce début d'après-midi. Depuis qu'il avait découvert la mer, il ne se lassait pas de marcher sur la plage.
Il n'y avait rien de mieux pour se vider l'esprit que de se promener ainsi, sans le moindre but, juste avancer en ligne droite aussi loin qu'il le pouvait et revenir lentement.
C'était sa routine depuis la fin de la guerre. C'était une façon d'échapper au quotidien, aux soucis, à tout ce qui n'allait pas.
Mettre fin à la vie de Voldemort n'avait pas changé les choses du jour au lendemain. Alors, il était parti.
C'était une fuite en avant qui l'avait conduit sur ce bout de plage, un endroit miraculeusement épargné par le tourisme. Il s'était installé dans une petite maison à proximité, abandonnée depuis longtemps.
Harry arriva à l'endroit où il faisait en général demi-tour et il marqua une pause, massant sa hanche douloureuse. Un sort perdu l'avait touché et si la blessure avait correctement cicatrisé, il persistait une douleur permanente qui le faisait boiter.
Il soupira et se tourna, repérant immédiatement le toit de la maison où il vivait. Il repartit d'un pas lent, notant distraitement que le sable refroidissait vite.
Même si chaque pas était douloureux, il ne ralentissait pas, marchant au même rythme. Parfois, il pensait que cette douleur lui permettait de se souvenir qu'il avait survécu, une fois de plus.
Il n'avait pas encore vingt ans et il avait l'impression d'être brisé. Sa gorge se serra en pensant à toutes les victimes que la guerre avait faites, à tous les sacrifices qu'il avait dû faire.
Il lui fallut plus de temps qu'à l'aller pour revenir sur ses pas et lorsqu'il poussa la porte de la maison, il était essoufflé. Il marqua une pause sur le seuil, laissant ses yeux s'adapter à la semi-obscurité. Les volets de bois étaient tirés pour préserver un peu de fraîcheur, même s'il ne faisait jamais très chaud à l'extérieur. C'était aussi une façon de cacher les murs défraîchis et les meubles fatigués.
Lorsque Harry avança, il boitait un peu plus, ses muscles ayant déjà eu le temps de refroidir.
— Tu as été trop loin.
Le commentaire venant d'un fauteuil au fond de la pièce le fit sourire, mais il répondit calmement.
— Je vais bien.
Il y eut un reniflement agacé et son sourire s'élargit.
— Potter. Je peux entendre à quel point tu boites.
Il secoua la tête et pensa qu'il n'aurait jamais imaginé un jour vivre avec Drago Malefoy. Il l'avait emmené avec lui sur un coup de tête, après avoir découvert qu'il était blessé et que les médicomages de Sainte Mangouste n'avaient pas l'intention de s'occuper de lui.
Quel que soit le sort que Malefoy avait reçu, il était désormais aveugle. Le Serpentard était longtemps resté muet, indifférent à tout ce qui l'entourait, se nourrissant à peine. Puis, un jour, il avait retrouvé tout son mordant, semblant accepter sa cécité et la présence de Harry.
Sans répondre, il le rejoignit et se pencha pour fixer les yeux gris, espérant noter une amélioration. Malefoy tendit la main et attrapa son épaule, avec un grognement agacé.
— Ne fais pas ça, Potter.
Harry ricana, sans bouger.
— Faire quoi ? Te regarder ? M'approcher ?
L'ancien Serpentard ne répondit pas, étirant brièvement les lèvres en un demi-sourire. Puis, il soupira.
— Tu as des nouvelles ?
Harry pinça les lèvres et ses yeux s'assombrirent. Il savait exactement ce que Malefoy voulait savoir, c'était toujours la même question. Savoir s'il avait des nouvelles du monde magique et plus précisément du moment où il serait jugé pour ses erreurs.
Jusqu'à maintenant, Harry avait éludé la question, mais il décida qu'il était temps de lui dire qu'il ne comptait pas le livrer au Ministère. Plus exactement, il ne laisserait personne s'en prendre à lui.
Son silence dut durer trop longtemps puisque Malefoy fronça les sourcils.
— Potter ?
Harry se pencha un peu plus, son nez touchant presque celui de Malefoy.
— Tout va bien, Malefoy. Cesse de t'inquiéter.
La confusion sur le visage du jeune homme était évidente et Harry ne put s'empêcher de sourire en secouant la tête. Puis, avant qu'il ne comprenne et ne se mette à protester, il changea de sujet.
— Tu devrais venir marcher sur le sable avec moi demain. Ça te ferait du bien.
La confusion disparut pour laisser place à l'agacement. Ils avaient eu plusieurs fois cette conversation, après tout.
— Bien sûr. Un aveugle guidé par un boiteux. Ça ressemble au début d'une très mauvaise blague.
Harry hésita un bref instant, puis il se pencha et embrassa la joue pâle, presque à la commissure des lèvres.
— S'il te plaît ? Tu as besoin de prendre l'air. Il n'y a que du sable et la mer. Aucun obstacle. Rien de dangereux.
Malefoy s'était figé au baiser et il cligna lentement des yeux, affichant sa perplexité. Il hésita longuement, puis il chuchota, incertain.
— Peut-être. Nous verrons.
Harry décida que c'était mieux que rien et il hocha la tête, satisfait, avant de murmurer qu'il allait préparer le dîner.
