Cet os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "érosion" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.
Suite de « dentelle » — « fanfreluche » — « belle » - « sceau » — « diamant » - « pression » — « gant » — « confus » — « grimace »…
Harry avait deviné que la journée s'annonçait pénible. La veille, il avait une fois de plus repoussé Ginny, récoltant des hurlements qu'il avait ignorés de son mieux. Plutôt que de passer la soirée dans la salle commune, il avait préféré se retrancher dans son dortoir pour lire, la carte du Maraudeur déployée près de lui, surveillant d'un œil distrait l'étiquette mentionnant Drago.
À son réveil, Ron l'avait prévenu que le petit déjeuner risquait d'être animé. Seamus s'était mêlé de la conversation, rapportant les paroles de Hermione. Cette dernière affirmait que seule la culpabilité de Harry l'empêchait d'avoir une relation avec Ginny et elle essayait de convaincre leur cercle d'amis de le pousser à enfin « avouer son amour ».
Ron avait laissé échapper un gloussement nerveux, tandis que Harry levait les yeux au ciel, sa patience s'effritant rapidement.
Bien évidemment, les choses ne s'étaient pas améliorées dans la Grande Salle, loin de là. Ginny avait tenté de se coller à Harry, grimpant presque sur ses genoux, mais il l'avait repoussée avec brutalité, perdant toute envie de se montrer gentil ou même poli. Immédiatement, Hermione avait commencé à le sermonner comme s'il était un enfant irresponsable et Harry avait préféré garder le silence, le regard fixé dans son assiette, agrippant sa fourchette comme s'il voulait poignarder quelqu'un avec.
Ron avait pris sa défense immédiatement, reprochant à Hermione son aveuglement et son entêtement, et leur dispute prenait des proportions… épiques.
Harry avait levé à plusieurs reprises la tête vers la table des vert et argent, mais Drago gardait la tête obstinément baissée, l'air inconfortable.
Tous ces éléments étaient suffisants pour l'amener au bord de l'explosion et Ron dut le sentir puisqu'il lui jetait de temps à autre des regards inquiets.
Lorsque Drago leva enfin la tête vers lui et que leurs regards se croisèrent, la colère de Harry disparut pour être remplacée par une vive inquiétude. Le jeune homme semblait au bord de la panique, ses yeux gris trop brillant et les mains tremblantes. Avant que Harry ne puisse comprendre ce qui se passait à l'autre bout de la Grande Salle, Drago s'était levé et quittait la pièce d'un pas vif, sous le regard curieux de ses camarades de maison.
Harry se tendit, incertain. Il voulait suivre Drago et s'assurer qu'il allait bien, mais il ne savait pas si son initiative serait bien accueillie.
Ce truc entre eux qui avait commencé avec de la dentelle avait provoqué l'érosion de toutes les défenses de Harry et il voulait Drago près de lui. Il voulait le protéger et ôter la culpabilité qu'il portait sur ses épaules.
Ron lui donna un coup de coude discret et lui fit un signe de tête vers la porte de la Grande Salle avec un léger clin d'œil. Harry hoqueta, comprenant que Ron avait découvert son secret — au moins en partie — et qu'il l'acceptait pleinement. C'était bien plus qu'il n'avait osé l'espérer et il se pencha pour prendre rapidement son meilleur ami dans ses bras, le serrant brièvement contre lui en lui chuchotant un « merci » étranglé, avant de se lever et de partir aussi rapidement qu'il l'osait, sans se soucier des réprimandes véhémentes de Hermione et des glapissements de Ginny à sa soudaine désertion.
Il nota que les camarades de maison de Drago l'observaient avec curiosité, mais il les ignora, se moquant bien de ce qu'ils pouvaient penser. Harry était juste certain qu'il ne les laisserait pas s'en prendre à Drago, pas sans réagir.
Il parcourut les couloirs rapidement, sortant la carte du Maraudeur pour localiser rapidement le jeune homme.
Il était seul dans un couloir désert, immobile.
Harry accéléra, courant presque, pour le rejoindre et finit par le retrouver. Il s'immobilisa, l'observant un instant.
Recroquevillé sur lui-même, la tête entre les bras, Drago ne l'avait pas entendu arriver. Il semblait désespéré et Harry s'avança prudemment, avant de s'installer près de lui.
Lorsque Harry le prit dans ses bras, Drago se raidit un bref instant avant de se laisser aller et le Gryffondor le garda contre lui, caressant son dos avec douceur.
Après un long moment, Drago murmura avec une expression incertaine que Harry n'avait jamais vu auparavant sur son visage.
– Je suis désolé.
Perplexe, Harry fronça les sourcils, ne comprenant pas de quoi s'excusait Drago.
— À quel sujet ?
Le Serpentard chercha à se dégager, mais Harry le maintenait contre lui, refusant de le lâcher. Il devinait confusément que s'il lui permettait de s'écarter et de penser que les choses entre eux n'étaient pas si sérieuses que ça, il ne pourrait jamais combler l'espace qui s'installerait entre eux.
Drago se tendit et cracha, les poings serrés.
— Théo a découvert… ce qui se passe. Entre toi et moi.
Harry ne bougea pas, regardant calmement Drago avec un léger sourire. Après un long silence, il leva un sourcil amusé.
— Et ?
Drago cligna des yeux, déstabilisé. Il ne s'attendait visiblement pas à une telle réaction et il secoua lentement la tête, perdu.
— Ça ne te gêne pas ?
Harry soupira et il leva la main pour dégager une mèche de cheveux du front de Drago. Il effleura sa joue au passage, puis il murmura, pleinement sincère.
— Dès le début, j'étais intrigué par toi. Je te l'ai dit, cette merveilleuse culotte de dentelle a attiré mon attention, mais c'était toi en premier. Ça a toujours été toi en premier, Drago. Tu peux parler de notre… relation comme tu le veux, je ne te demande pas de garder le secret. Je voulais juste… te laisser du temps. Moi, je sais ce que je veux, pour une fois.
Drago ouvrit la bouche, puis il la referma brusquement, incrédule. Il fixait Harry comme s'il le redécouvrait, essayant d'assimiler les mots qu'il venait de prononcer.
Après un long moment, il chuchota, mal à l'aise.
— Mais… j'avais la marque. J'ai… fait des choses… mauvaises…
Harry le fit taire d'un baiser, juste une pression tendre de ses lèvres, puis il secoua la tête.
— Tu as survécu, Drago. Nous avons tous survécu. Tu m'as sauvé des rafleurs, tu te souviens ? Tout ça, c'est derrière nous.
Comme pour appuyer ses paroles, Harry l'embrassa une fois encore, picorant ses lèvres jusqu'à ce que Drago se laisse aller contre lui et réponde à ses baisers.
