Cet os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "souvent" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.


Suite de « dentelle » — « fanfreluche » — « belle » - « sceau » — « diamant » — « pression » — « gant » — « confus » — « grimace » — « Erosion » — « Puzzle » — « cailler »…


— Tu viens souvent ici ?

Drago sursauta au murmure hésitant, avant de se retourner d'un bond, baguette en main.

En découvrant Harry en face de lui, il cligna des yeux et vacilla légèrement. Cette situation lui rappelait un souvenir amer, lorsqu'il se noyait dans le désespoir et que Harry Potter était le seul à l'avoir vu…

Harry leva les mains doucement, ne prenant même pas sa baguette, comme s'il savait qu'il ne le blesserait pas. Aussitôt, Drago baissa sa baguette, les mains tremblantes et il recula d'un pas pour s'appuyer contre le lavabo derrière lui.

Drago prit une inspiration brusque, alors que son cœur battait la chamade, mais malgré le brouillard qui entourait son esprit, il nota l'air terriblement inquiet de Harry.

Ce dernier était crispé, tendu vers lui, sans oser approcher.

Harry fit un pas vers lui, un minuscule pas, sans le quitter des yeux. Drago aurait aimé pouvoir se jeter dans ses bras et demander un réconfort qu'il ne méritait pas, mais il était littéralement paralysé, le souffle court.

— Drago ?

Les yeux pleins de larmes, il hocha la tête, en essayant de grimacer un sourire. Harry soupira et fit un pas de plus, s'arrêtant encore bien trop loin de lui.

— Je n'ai pas eu le courage de… m'excuser vraiment de ce qui s'est passé ici. Je… je ne voulais pas te blesser. Pas autant. Ça me rendait juste dingue que tu aies accepté de devenir l'esclave de ce monstre…

Drago cligna des yeux frénétiquement, incrédule. Il secoua la tête avant de murmurer d'une voix rauque.

— Il n'y a rien à pardonner.

Harry soupira et tendit légèrement la main, assez pour effleurer son bras.

— J'ai failli te tuer. Si Rogue n'était pas arrivé…

Drago ferma les yeux un instant, alors qu'il laissait les souvenirs l'envahir. Étrangement, l'intervention de Rogue était floue dans son esprit. Il se souvenait de leur bagarre, du sort jeté par Harry qui l'avait frappé de plein fouet.

Il se souvenait de son sang qui s'écoulait, puis de Harry qui se précipitait sur lui, en larmes, lui demandant de ne pas mourir. Il l'avait entendu essayer de le sauver et la panique dans sa voix avait stupidement réchauffé le cœur de Drago. Personne ne s'était jamais inquiété pour lui de cette façon… même pas sa mère qui pourtant l'aimait. Sa mère était restée de marbre lorsqu'il avait été marqué, elle n'avait pas dit un mot lorsqu'il avait reçu des doloris de Voldemort.

Drago n'avait jamais oublié que Harry ne l'avait pas un instant quitté des yeux jusqu'à ce que Rogue l'emmène à l'infirmerie…

Plus calme, il haussa doucement les épaules.

— Je ne t'en ai jamais voulu. Je t'ai attaqué en premier, tu te souviens ?

Harry laissa échapper un léger rire.

— Tu veux parler du nez cassé dans le train ?

Drago baissa la tête sans répondre. Il se souvenait également avoir été furieux contre Harry le jour de la rentrée. Furieux au point de le frapper jusqu'à lui briser le nez alors qu'il était immobilisé d'un sort. Furieux pour le cacher sous sa cape d'invisibilité en espérant qu'il ne puisse pas faire son année à Poudlard. Tout ça parce que son père était à Azkaban et parce qu'il avait dû le remplacer auprès de Voldemort.

Harry le tira de ses pensées sombres en l'attirant contre lui.

— Ne fais pas ça.

Le Serpentard fronça les sourcils, avant de grogner, agacé.

— Faire quoi ?

Harry soupira et hésita un bref instant avant de répondre dans un murmure.

— Te sentir coupable.

Drago laissa échapper un ricanement amer.

— Mais je suis coupable ! Je suis celui qui t'a cassé le nez, qui a pris cette foutue marque et qui a permis aux Mangemorts d'entrer dans Poudlard ! Je suis celui qui a envoyé Bell à Sainte-Mangouste et qui a failli tuer ton pote à cause de ce foutu hydromel empoisonné !

Harry le serra un peu plus fort, ignorant son raidissement soudain et ses paroles acerbes. Il reprit, sur le même ton tranquille, comme si Drago ne l'avait jamais interrompu.

— En début d'année, il y a eu une altercation dans notre salle commune. Plusieurs Gryffondor m'ont reproché d'avoir… témoigné pour toi, de t'avoir aidé. Lorsque j'ai répondu que j'étais prêt à faire le nécessaire pour que tu n'ailles pas à Azkaban, le ton est monté.

Drago hoqueta, mais il resta silencieux, incrédule, attendant la suite. Harry laissa échapper un petit rire amusé.

— Tu me connais, tu sais que je ne suis pas vraiment doué pour les explications. Je fonce tête baissée et… bref. C'est Neville qui a trouvé les mots. Ce n'est pas souvent qu'il prend la parole devant tout le monde, mais quand il le fait… Tout le monde l'écoute.

Harry marqua une pause encore une fois et Drago hocha légèrement la tête, sans s'éloigner, se souvenant de la verve soudaine du plus maladroit et du plus timide des Gryffondor face au seigneur des ténèbres, le jour de la bataille de Poudlard.

— Neville leur a demandé de se souvenir de l'année où Poudlard était dirigée par des Mangemorts. Il leur a demandé d'imaginer avoir les Carrow dans sa maison, menaçant leurs parents. Ensuite, il leur a demandé combien auraient pu leur tenir tête en sachant que la punition ne serait pas des doloris, mais la vie de leurs proches.

Drago chuchota, la voix éraillée.

— Longdubas est celui qui a reçu le plus de Doloris durant cette année maudite. Il n'a jamais hésité, jamais reculé, jamais cédé.

Harry laissa échapper un léger rire.

— Je m'en doute. Tout le monde a douté de lui, mais il est bien plus courageux que l'ensemble des Gryffondor réunis. Il est plus courageux que moi, même.

Cette fois, Drago s'écarta pour dévisager Harry, stupéfait.

— Tu plaisantes ? Tu as sauvé le monde magique à toi seul ! Ma mère m'a raconté comment tu… t'es sacrifié. Comment tu as reçu l'Avada, sans broncher, sans même fermer les yeux !

Harry grimaça, avant de hausser les épaules.

— Peu importe. Parce que tout le monde a reconnu que tu n'avais pas d'autre choix.

Soudain las, Drago soupira et frotta son visage, évitant le regard de Harry.

— Tout le monde ne pense pas comme toi. Je suis… je serais toujours le criminel qui a causé la mort de Dumbledore. Tu devrais retourner dans ton dortoir, Harry. Il est tard.

Un ricanement moqueur lui répondit.

— Je n'ai pas l'intention de te laisser. Je ne sais pas ce qui s'est passé avec tes camarades, mais je refuse de partir sans toi.

— Ils imaginent que tu me fais chanter ! Que je dois… que je suis obligé de t'obéir pour m'éviter Azkaban ! Bon sang, j'ignore où ils ont été chercher ça, mais ces idiots…

Cette fois, Harry se mit à rire.

— Je suppose qu'on devra souvent faire face à des réactions étranges, pour expliquer notre nouvelle… relation ?

Drago se figea, incrédule. Il n'avait pas manqué le ton d'espoir dans la phrase de Harry et il avait du mal à le comprendre. Il hocha juste la tête en silence et se laissa enlacer sans résister, incapable de repousser Harry Potter.