Cet os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "Premier - Première" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.


Lorsque l'Avada frappa Harry de plein fouet, il ne s'attendait certainement pas à ouvrir les yeux dans le hall de Poudlard.

Les lieux étaient déserts et immaculés. Il n'y avait aucune trace des combats qui s'étaient tenus à cet endroit plus tôt, il n'y avait plus aucun combattant.

Harry tourna sur lui-même, perplexe, essayant de comprendre ce qui se passait. Le jeune homme fit quelques pas en direction de la Grande Salle, avant de s'immobiliser en voyant une silhouette devant lui.

Il lui fallut quelques secondes seulement pour reconnaître le jeune homme devant lui et il hoqueta, incrédule.

Devant lui, la silhouette se retourna et ils se firent face. Après un moment, Harry soupira.

— Tom Jedusor.

L'adolescent devant lui, bien loin du monstre hideux qu'il deviendrait un jour, sourit.

— Harry Potter. Quelle étrange façon de se retrouver…

Harry haussa les épaules et eut un sourire triste.

— Je ne suis pas surpris d'être ici alors que je suis mort, après tout il y a eu beaucoup de premières fois pour moi à Poudlard… Mais toi… pourquoi es-tu ici ?

Tom fronça les sourcils en se penchant légèrement vers Harry, ignorant sa question.

— Vraiment ? Quelles premières fois ?

Même s'il avait envie de rabrouer celui qui l'avait tué — ou celui qui le tuerait un jour — Harry préféra répondre tranquillement, fatigué de devoir se battre encore et encore.

— Mes premiers amis, mon premier vrai lit, mes premières affaires m'appartenant vraiment, mon premier Noël et mes premiers cadeaux notamment. Toutes mes premières découvertes au sujet de la magie, ainsi qu'au sujet de mes parents. Les premières fois où j'ai risqué ma vie. Je suppose que la liste est encore longue, je suppose que je peux juste dire que Poudlard a été ma première vraie maison. Celle dont je me souviens.

Tom Jedusor resta silencieux quelques instants, pensif. Puis, il soupira.

— J'ai connu ces premières fois à Poudlard également. En dehors des amis. Je n'en ai jamais eu.

Harry fronça les sourcils.

— Pourquoi ? Tu te pensais supérieur aux autres ?

Une lueur de tristesse passa dans les yeux sombres de Tom et il haussa les épaules, prenant un air indifférent.

— J'étais un orphelin sang-mêlé terriblement pauvre. À mon époque, la maison Serpentard comptait essentiellement des sangs purs dotés d'une certaine fortune. Même mes excellentes notes ne me rendaient pas fréquentable à leurs yeux.

Harry croisa les bras sur sa poitrine, avant de lancer d'un ton provocant.

— Et bien peut-être aurais-tu dû chercher des amis dans une autre maison moins sectaire ? Tu étais un bon élève, donc tu aurais pu être un Serdaigle peut-être ?

Tom ricana.

— Quel besoin d'avoir des amis ? J'ai excellé jusqu'à mes Aspics, puis j'ai réussi à réunir ceux qui m'avaient snobé durant nos études et à les faire plier devant moi. Leurs enfants et même petits-enfants se sont prosternés devant moi en m'appelant Maître !

Harry laissa échapper un ricanement moqueur.

— Et pourtant, tu es seul, Tom. Toujours seul. Ils t'obéissent et te craignent, mais ils peuvent te trahir à la moindre occasion. À l'instant où l'un d'entre eux pensera pouvoir te détrôner, il te poignardera dans le dos sans un regret.

Tom resta silencieux quelques secondes, puis il secoua la tête.

— Je ne connais rien d'autre. À l'orphelinat, nous étions des charges pour les employées. Nous n'avions aucun lien avec personne. À Poudlard… je n'étais pas vraiment comme les autres enfants. Eux parlaient de leurs familles, de leurs maisons… moi…

Il se tut pour faire quelques pas dans la Grande Salle et se poster devant la table des professeurs. Harry le suivit, l'observant attentivement, perplexe. Finalement, il le tira de ses pensées en posant la question qui lui brûlait les lèvres.

— Qui es-tu, Tom ?

Tom leva un sourcil moqueur, sans répondre et Harry roula des yeux.

— Tu vois parfaitement ce que je veux dire, n'est-ce pas ? Tu m'as jeté l'Avada. Je suis mort. Alors… pourquoi es-tu ici ?

Tom se tourna vers lui et écarta les bras, avec un rictus moqueur.

— Tu n'as pas une petite idée ?

Harry fronça les sourcils, perplexe. Il se rappela soudain des souvenirs offerts par Rogue, juste avant son décès. Il écarquilla les yeux et murmura, incrédule.

— L'horcruxe. Tu es l'horcruxe. Celui qui était dans ma tête.

Tom sourit.

— L'horcruxe. Une part de mon âme qui s'est logée dans celui qui devait me tuer… Si j'avais eu connaissance de ce détail plus tôt… je pense que je n'aurais pas cherché à t'éliminer toutes ces années.

Harry grogna.

— Tu crois que ça aurait changé quelque chose pour moi ? Tu as tué mes parents, tu as provoqué la mort de mon parrain et de beaucoup de personnes qui m'étaient chères. Tu penses que je n'aurais pas cherché à t'arrêter ?

Tom sourit, un sourire qui transforma son visage, lui donnant un air angélique.

— Nous aurions pu trouver un terrain d'entente. J'aurais pu laisser tes proches de côté, les laisser vivre.

Le cœur de Harry rata un battement, puis il soupira.

— Ça ne devait pas se passer de cette façon.

Tom haussa les épaules.

— Ensemble, nous aurions pu… prendre la tête du monde magique, tu ne penses pas ? Changer les choses. Nous aurions pu protéger les enfants comme nous, ceux qui sont malmenés par ces animaux de moldus.

Harry ricana.

— Il est trop tard pour me mentir et essayer de me convaincre, Tom. Je suis mort, tu te souviens ? Tu as gagné. Si tu voulais protéger les enfants, tu n'aurais pas mené ta guerre dans une école !

Tom lui jeta un bref coup d'œil en coin.

— Est-ce si compliqué à croire que je veuille protéger les enfants ? Ils avaient le temps de quitter l'école, à mon arrivée.

Harry sembla confus un instant et Tom s'empressa d'ajouter.

— En quittant Poudlard, je voulais être professeur. Apprendre aux jeunes ce qu'était réellement la magie. La vraie magie, qu'elle soit blanche ou noire.

Cette fois, Harry fronça le nez.

— Qu'est-ce qui t'en a empêché ?

Tom cracha immédiatement, avec rage.

— Dumbledore ! Ce vieux fou qui hurlait à l'hérésie dès que nous parlions de magie noire ! Cet idiot qui pensait que les moldus étaient des enfants qui devaient être guidés par les sorciers !

Harry hoqueta, incrédule.

— Quoi ?

Tom ricana, fier de son effet.

— Tu ne l'as jamais entendu prêcher pour son plus grand bien ? C'était son projet initial, lorsque j'étais adolescent. Révéler le monde magique aux moldus et leur offrir notre… aide. Ce foutu idiot ne voyait pas à quel point ils étaient tordus et mauvais.

Harry resta un moment pensif, puis il soupira.

— Je n'avais jamais su pourquoi ma vie avait été bousillée.

Le sourire de Tom vacilla et il dévisagea Harry longuement. Il murmura, un peu hésitant.

— Je n'imaginais pas que les choses tourneraient de cette façon.

Harry se détourna, cachant sa tristesse soudaine.

— Peu importe. Tu as gagné Tom. Si je peux te demander quelque chose, j'aimerais que tu laisses mes amis libres.

Il y eut un long silence et Harry ferma les yeux, une larme roulant sur sa joue. Alors qu'il allait s'éloigner, un murmure le stoppa.

— Je suis désolé.

Harry se retourna d'un bloc, les yeux écarquillés.

— Quoi ?

Tom hocha la tête, avec un soupir.

— Je… j'ai été une partie de toi pendant des années. Je suppose que ça change quelque chose finalement. Je suis réellement désolé. Je suppose que si j'avais connu quelqu'un comme toi quand j'étais à Poudlard, peut-être que j'aurais eu un ami, finalement. Je t'ai vu grandir toutes ces années et…

Harry cligna des yeux.

— Merci. Je suppose. C'est… étrange.

Tom sourit.

— Et bien, nous sommes seuls ici, probablement dans ton esprit. Alors je peux me montrer honnête, non ? Aucune preuve, aucun témoin…

Harry ne put s'empêcher de rire doucement, amusé malgré lui. Il soupira.

— Et bien, je suppose que tu n'es pas si terrible lorsque tu n'essaies pas de me tuer.

Ils échangèrent un sourire presque amical, et restèrent en silence quelques instants, en se fixant. Soudain, Harry fronça les sourcils, un peu perplexe.

— Tom ? Tu deviens transparent, je crois. Est-ce que tu t'en vas ?

Tom Jedusor, tout du moins l'horcruxe qui avait vécu dans l'esprit de Harry Potter depuis le jour fatidique où il s'était attaqué au petit garçon, eut un sourire tranquille.

— Je ne vais nulle part, Harry. Mon temps est terminé. Toi, par contre, tu vas pouvoir vivre à nouveau.

Harry hoqueta.

— Quoi ? C'est une plaisanterie ?

Tom continua, avec calme.

— Sais-tu comment défaire un horcruxe ?

Harry souffla, incrédule.

— Un repentir sincère.

Tom hocha lentement la tête.

— Exactement. Ce n'est pas dans ma nature, mais je partage ton… humanité depuis trop longtemps pour ne pas être… contaminé.

Harry souffla, n'osant pas y croire.

— Que va-t-il se passer maintenant ?

Tom eut un rire amusé, alors que sa présence était de moins en moins tangible. Désormais, Harry pouvait voir la grande salle à travers lui.

— Tu vas retrouver ton corps et j'espère que… tu ne seras pas tué par le reste de mon âme. Désormais, tu seras seul dans ta tête, Harry.

Harry cligna des yeux, puis il avança et prit la silhouette désormais transparente de Tom dans ses bras dans une brève étreinte.

— Merci. Je suppose que j'ai toujours su que tu étais là en fait, parce que j'avais l'impression de ne jamais être seul. Tu m'as soutenu lorsque je perdais espoir, n'est-ce pas ? C'était toi la petite voix qui me disait de me battre encore ? De ne jamais baisser les bras ?

Tom sourit une dernière fois, presque invisible.

— Qui sait, Harry ?

Harry frissonna lorsque ses bras ne rencontrèrent plus que du vide et il sentit son cœur se serrer. C'était stupide d'avoir du chagrin pour un fragment de Voldemort, mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Si Tom disait qu'il avait reçu un peu de son humanité, Harry avait probablement pris quelque chose aussi… Peut-être son insistance à survivre encore et encore venait elle de Tom, celui qui craignait la mort par-dessus tout, jusqu'à vouloir déchirer son âme pour s'assurer l'immortalité.

Le jeune homme ferma les yeux un instant et lorsqu'il les rouvrit, il était sur le sol froid de la forêt interdite, entouré de Mangemorts, aux pieds de Voldemort.

Le cœur battant, Harry referma aussitôt les paupières, prêt à se battre pour survivre encore une fois.