Cet os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "Strict" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.


Lorsque quelqu'un frappa à la porte de son bureau, Severus Rogue leva la tête de la pile de parchemin qu'il était en train de corriger.

Les lèvres pincées, il émit un grognement sonore qui pouvait signifier aussi bien « entrez » que « dégagez »…

Habituellement, cette méthode d'accueil était suffisante pour se débarrasser de la majorité des élèves venant le déranger pour un prétexte futile. Cependant, la personne qui entra n'était pas un élève et n'était pas du genre à se laisser intimider.

Avec un soupir, Severus posa sa plume sur son bureau et ferma son encrier, avant de croiser les mains devant lui, fixant la directrice adjointe de Poudlard.

Il leva un sourcil surpris.

- Minerva. Que me vaut le plaisir de votre visite ?

Même s'il le cachait parfaitement, cette Écossaise sévère l'impressionnait encore, presque autant que lorsqu'il était un adolescent maladroit assistant à ses cours. Fort heureusement, il était capable de masquer ses pensées et émotions à la perfection, lui évitant ainsi de trahir ce qu'il pensait d'elle.

La directrice des Gryffondor se planta devant lui et croisa les bras sur sa poitrine, la pointe de son chapeau éternellement vissé sur sa tête tremblant presque d'indignation. Elle ne le salua même pas, attaquant immédiatement.

— Severus ! Ça ne peut plus continuer ainsi !

Il fronça les sourcils, essayant de se souvenir s'il avait retiré un grand nombre de points aux idiots de Gryffondor ou s'il avait attaqué l'un de ses précieux joueurs de Quidditch. Cependant, il était resté plutôt mesuré dans ses punitions. D'ailleurs, Potter n'avait même pas reçu de retenue, ce qui était plutôt inhabituel.

L'Écossaise renifla d'un air moqueur et se pencha vers lui en le pointant du doigt.

— Vous ne savez pas de quoi je parle, n'est-ce pas ?

Severus haussa les épaules tranquillement, sans ressentir la moindre culpabilité.

— Vous débarquez en vous plaignant de moi, mais sans préciser ce que j'ai fait. Bien évidemment que j'ignore quelle faute vous me reprochez.

La Gryffondor leva un sourcil.

— Vous êtes particulièrement injuste avec monsieur Potter ! Je sais ce que vous pensez de son père, mais ce garçon fait de son mieux compte tenu de la charge qui pèse sur ses épaules.

Severus se crispa immédiatement, puis il laissa échapper un claquement de langue agacé.

— Allons donc. Ce petit mécréant est allé se plaindre ?

Minerva ouvrit la bouche, l'air choqué, puis elle secoua la tête vivement, en se penchant vers Severus, furieuse.

— Bien sûr que non ! Il n'a pas dit un mot ! Mais j'ai lu les appréciations que vous avez notées et… c'est loin d'être flatteur pour ce garçon !

Severus haussa les épaules, refusant de se sentir coupable. Il plissa le nez en répondant d'un ton sec.

— Je suis peut-être un peu strict parfois, mais c'est pour la sécurité de la classe. Je ne vous apprends pas que l'art délicat des potions est bien plus complexe et dangereux qu'agiter une baguette pour changer un rat en verre à pied !

Les joues parcheminées de l'Écossaise prirent une teinte rouge et elle frappa du plat de la main sur le bureau de Severus, furieuse.

— Fichue tête de mule bornée ! Nous savons vous et moi que vous vous acharnez sur ce pauvre garçon, pour une stupide histoire qui date d'avant sa naissance ! Grandissez un peu Severus ! Quelle satisfaction retirez vous de le priver de l'avenir qu'il souhaite ?

Severus ricana.

— Vous êtes terriblement dramatique, Minerva. Quelques mauvaises appréciations ne vont pas changer le comportement des adorateurs de ce garçon.

Minerva se redressa, vexée, et répondit d'un ton glacial.

— Harry Potter a émis le souhait de devenir Auror à sa sortie de Poudlard. Or, vous le savez, pour intégrer la formation d'Auror, il faut suivre les cours de potions jusqu'aux Aspics. Cependant, vous avez décidé de refuser tout élève n'ayant pas obtenu Optimal dans votre matière ! Je pourrais comprendre votre mépris s'il avait eu un Troll, mais malgré votre comportement parfaitement partial, monsieur Potter a obtenu un effort exceptionnel !

Severus répliqua, acide.

— Vous n'étiez pas si passionnée à me défendre lorsque j'ai failli mourir mâchonné par les dents de lait de votre loup-garou préféré…

Minerva écarquilla les yeux et porta la main à sa poitrine, le souffle court. Finalement, elle murmura.

— Avez-vous gardé tant de rancœur au sujet de cet incident, Severus ? Ce garçon n'y était pour rien. Il n'existait même pas encore…

Severus ne répondit pas, reprenant sa plume en main pour signifier à Minerva qu'il ne comptait plus argumenter avec elle. L'Écossaise soupira et conclut, tristement.

— J'imagine que vous avez entendu Albus vanter encore et encore la ressemblance entre Harry et son défunt père. Cependant, cher ami, lorsque ce garçon est dans ma classe, ce n'est pas James Potter que je vois dans sa façon d'être et ses réactions.

Severus se tendit et il lui jeta un regard noir.

— Il serait donc comme Lily ?

Minerva eut un rire sans joie.

— Il a ses yeux, mais pas son caractère. Non, c'est vous que je revois face à moi. Sa façon de toujours vouloir se débrouiller seul, de ne jamais demander d'aide. Sa curiosité insatiable, sa détermination à faire ses preuves, à montrer qu'il a sa place dans le monde magique. Il y a également cette même douleur dans le regard et la façon dont il se renferme lorsqu'on l'interroge sur son enfance. Si vous voulez vous en prendre à ce garçon, Severus, observez-le réellement. Cessez de voir le fantôme de ses parents et découvrez qui il est réellement. Ensuite… vous ferez ce qui vous chante.

Elle n'attendit aucune réaction, puisqu'elle tourna immédiatement les talons et quitta la pièce, laissant Severus statufié, sa plume à la main, et un tourbillon de questions parasitant son esprit…