Cet os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "veille" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.
En cette veille de Noël, la première depuis la mort de Voldemort, Harry Potter était seul, retranché chez lui square Grimmaurd.
Il avait été invité au Terrier, comme chaque année, mais il avait poliment décliné. Malgré l'insistance de Molly et de ses amis, il s'était entêté, prétextant avoir des projets.
Pour être honnête, ses projets se résumaient à ne pas fêter Noël parmi les Weasley, et ce pour une raison qui lui paraissait excellente : il se sentait coupable de la mort de Fred.
Il y avait eu tellement de morts, tellement de familles déchirées que Harry ne se sentait pas capable de faire la fête et de sourire. La seule exception qu'il avait concédée était pour Teddy : Andromeda devait le lui amener le lendemain dans la journée, pour qu'il puisse ouvrir ses cadeaux et jouer un peu avec son parrain.
Cette idée emplissait Harry de joie à l'idée de revoir le petit garçon auquel il était particulièrement attaché, tout en le terrifiant parce qu'il se rendait responsable de la mort de ses parents. Il imaginait que le regard du bambin serait accusateur, lui reprochant son statut d'orphelin…
Lorsque quelqu'un frappa à la porte de square Grimmaurd, Harry se maudit de ne pas avoir placé un nouveau fidelitas après la disparition de l'ancien à la mort de Dumbledore. D'un geste brusque, il métamorphosa le jogging informe qu'il portait en une tenue habillée, prêt à prétexter qu'il comptait sortir si c'était Hermione et Ron à sa porte, espérant le rapatrier au Terrier.
Il ouvrit la porte brusquement, mais il se figea aussitôt, interdit.
Devant lui, droite et fière, Narcissa Malefoy attendait calmement.
Elle était vêtue de noir et ses cheveux blonds étaient tirés en un chignon sévère qui la vieillissait légèrement.
Elle resta silencieuse, le temps que Harry la détaille, puis elle hocha doucement la tête.
– Monsieur Potter. J'aurais souhaité vous entretenir d'une affaire privée, si vous le voulez bien.
Harry n'hésita même pas. Il était bien trop surpris par sa présence pour la repousser et la renvoyer chez elle sans savoir ce qu'elle voulait.
Il s'écarta en silence de devant la porte et il la laissa entrer.
Narcissa regarda autour d'elle avec un petit sourire nostalgique et elle murmura, avec un soupir.
— Je venais ici régulièrement quand j'étais enfant.
Harry hocha juste la tête, ne sachant pas quoi répondre. Narcissa passa devant le tableau de Wallburga et elle lui adressa un petit sourire. Pour la première fois depuis que Harry connaissait cet endroit, l'affreux tableau n'émit pas le moindre cri.
Il passa devant la mère de Malefoy et la guida dans le salon, où une confortable flambée chauffait la pièce.
Lorsque Narcissa eut pris place dans un fauteuil, Harry lui proposa du thé et elle accepta poliment.
Elle n'attendit pas pour entrer dans le vif du sujet.
— Vous devez vous demander pour quelle raison je suis venue vous rendre visite ce jour, en cette veille de Noël.
Harry hocha la tête, toujours muet, ne sachant pas ce qu'il devait dire. Narcissa ne sembla pas en prendre ombrage puisqu'elle lui offrit un sourire rassurant et elle reprit.
— Le monde magique vous doit beaucoup, monsieur Potter. Ma famille également. Je vous serais éternellement reconnaissante d'avoir sauvé la vie de mon fils, malgré votre rivalité de toujours.
Harry cligna des yeux, avant de hausser les épaules, un peu surpris de ses paroles. Il se sentait totalement idiot, mais avant qu'il ne puisse trouver une réponse appropriée, Narcissa continuait son monologue.
— Le fait est que j'attache une importance capitale à ma famille. Depuis que mes parents m'ont privée d'une sœur lorsque j'étais enfant, je me suis juré de ne plus jamais perdre quelqu'un aussi brutalement.
Cette fois, Harry réagit aussitôt, sans la moindre hésitation.
— Vous voulez rencontrer Andromeda et son petit fils ?
Narcissa sembla surprise. Elle ouvrit la bouche, puis la referma, émue, avant de hocher lentement la tête.
— Je… Ce n'était pas l'objet de ma visite, monsieur Potter, mais si c'est possible, je vous serais redevable une fois encore.
Harry hocha la tête.
— Andromeda doit venir demain, vous êtes la bienvenue si vous le souhaitez.
Narcissa sortit un mouchoir brodé de son minuscule sac à main et elle se tamponna les yeux, avant de reprendre.
— J'aurais aimé pouvoir calmer la soif de sang de ma seconde sœur, mais Azkaban avait définitivement brisé son esprit. J'espère qu'elle est en paix désormais…
Harry se tendit légèrement à la mention de Bellatrix, mal à l'aise. Narcissa continua, sans faire la moindre réflexion à sa réaction.
— Ma sœur a commis bien des atrocités et j'aurais aimé pouvoir réparer… tous ses actes.
Le jeune homme murmura un « Sirius » brisé, les yeux soudain pleins de larmes.
Narcissa se pencha pour poser la main sur le bras de Harry.
— Il était mon cousin également et lorsque j'ai découvert ce qui s'était produit, j'ai commencé à chercher des informations sur cette arche maudite. Malgré son séjour en prison, mon époux avait suffisamment de contacts pour me permettre de poser des questions et d'obtenir des réponses. Lorsque je me suis lancée dans cette quête, j'espérais au moins rapatrier le corps de Sirius pour lui offrir une sépulture décente.
Harry déglutit et il dut s'y reprendre à deux fois avant de parler, la gorge sèche.
— Avez-vous réussi ?
Narcissa lui sourit gentiment.
— Au-delà de mes espérances, monsieur Potter. Je viens ce soir parce que malgré mes efforts, la disgrâce dans laquelle nous a entraînés Lucius a fermé beaucoup de portes et a restreint mes possibilités d'action. J'ai profité des festivités de Noël pour… et bien pénétrer illégalement dans le ministère et j'en suis sortie avec mon cousin.
Harry haleta, les larmes roulant sur ses joues sans qu'il s'en rende compte.
— Sirius ? Il est vivant ?
Narcissa laissa échapper un léger rire.
— Oui ! Il est encore inconscient, mais il est actuellement chez moi. Je sais à quel point il est important à vos yeux, monsieur Potter, et je pense que le retour de votre parrain pourrait solder une partie de la dette immense que j'ai envers vous.
Harry déglutit.
— Comment va-t-il ?
Narcissa soupira.
— Il est mal en point je ne le cache pas. Cependant, ses jours ne sont plus en danger. Il a besoin de reprendre du poids et des forces. Ses muscles ont fondu et il lui faudra probablement des exercices de rééducation pour lui permettre de se déplacer normalement. J'espère que son esprit n'est pas brisé, mais j'ai bon espoir puisqu'il a pu survivre à Azkaban déjà. Je pense que votre présence près de lui l'aiderait également à revenir dans la réalité.
Sans réfléchir à ce qu'il faisait, Harry se laissa tomber dans les bras de Narcissa en pleurant.
— C'est moi qui ai une dette envers vous, madame Malefoy. Je ne pourrais jamais… vous remercier assez.
Un peu mal à l'aise, Narcissa lui tapota le dos, puis elle le fit se lever.
— Venez avec moi au manoir. Vous passerez cette veille de Noël avec Sirius. J'ai déjà sermonné mon fils, il se montrera totalement courtois envers vous si vous acceptez.
Harry hocha la tête, les joues un peu rouges, honteux de s'être laissé aller dans les bras de Narcissa. Il se détourna, le temps d'essuyer ses joues.
— Avant de vous suivre, je vais proposer à Andromeda de vous rencontrer.
Narcissa hocha la tête, alors que ses yeux brillaient. Confiant, Harry la suivit ensuite à l'extérieur, n'arrivant pas à croire qu'il allait passer Noël avec son parrain bien aimé…
Harry avait le sentiment qu'un miracle de Noël venait de se produire et qu'il ne serait plus jamais seul.
