L'univers de League of Legend ne m'appartient pas.

Il s'agit ici d'une Fanfiction se basant sur la série Arcane, diffusée sur Netflix.

Zakuro Ruby Kagame
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Si elle l'avait retenue

Mes souvenirs s'évadaient avant de revenir s'entrechoquer dans tous les sens au rythme de l'eau ruisselant sur mon corps, contactant mes muscles un à un à défaut de les détendre. Ma contrariété était palpable, incendiait ma tête comme l'humidité serpentant sur ma peau. La vapeur qui se soulevait était tel le brouillard opaque qui rendait toute réflexion impossible, vaine et futile. Mes pensées déstructurées s'évaporaient avant même de pouvoir se former dans ma tête.

Quand je fermai les yeux je ne pouvais m'empêcher de la revoir. Son regard avait beau s'être dérobé au mien il n'en était pas resté moins pénible. Froid, sévère, reflet d'une déception amère que l'on ne pouvait nommer. La pluie avait enveloppé mon corps et recouvert ma peau comme si elle s'était changée en fine couche de givre, s'écrasant au sol au rythme de battements désagréables mais rien d'aussi douloureux que l'avaient alors été ses mots. Des maux encore gravés. L'eau et l'huile ne se mélangeaient pas, qu'elles se découvrent timidement ou au contraire, lors d'une violente tempête.

Cette femme, huile, ou eau, peu importait. Depuis que je l'avais sortie de cette ténébreuse prison elle occupait toutes mes pensées.

Je la revis se détourner de moi, me laissant là, incertaine et blessée sous la pluie sombre et glaciale. Par-dessus tout je m'étais sentie effrayée. Elle avait alors enfoncée sa chevelure rose sous sa capuche et ses traits tirés et fatigués avaient disparu. Elle m'avait soufflé de me rendre service : de l'oublier. Chose dont j'étais incapable. Puis elle était partie, me plantant là, comme si je n'avais jamais compté ni existé même. Elle m'avait simplement abandonnée. Une idée que je me refusais encore d'accepter tant les souvenirs étaient vifs. C'était peut-être à moi, de la retenir.

Je sentis mes mains se fermer et mes mâchoires se contracter tandis que l'eau dévorait mes pensées, brûlait ma peau. L'incendiait, mais rien de suffisant cependant pour faire taire ces regrets.

—Vi… j'ai lourdement lâché.

Je n'étais restée que quelques heures en sa compagnie. Quelques heures que l'on avait passé à mutuellement se sauver la vie. Quelques heures intenses qui fatalement m'avaient liée à elle bien plus que je ne l'aurais souhaité ou même voulu. Mais les faits étaient là et aujourd'hui je ne pouvais plus me passer d'elle. Son regard luisant accompagné de son petit sourire fier étirant sa lèvre découpée, son arrogance et son expression conquérante. Sa persévérance et son refus d'abandonner. Elle m'avait pourtant bien plantée là.

Alors, que représentais-je à ses yeux quand devant les miens, ne cessait d'apparaitre, ouverts ou bien fermés ?

—Alors, Cupcake, tu serais pas encore en train de rêvasser en pensant à moi ?

Je sentis une chaleur plus incendiaire que l'eau qui ruisselait glisser sur ma taille puis ses bras parfaitement sculptés m'entourèrent. Elle ne portait plus ses bandages et mon regard détailla l'encre gravant sa peau pour y conter une histoire. Histoire que j'ignorai. Mes doigts s'égarèrent pour redessiner les lignes noires, rouages et petits mécanismes enchevêtrés. J'imaginai qu'ils représentaient bien plus pour elle que ses lèvres n'allaient certainement jamais me révéler. Une part d'elle, de son passé, un silence que je respectais.

—Arrête de m'appeler comme ça, Vi.

—Mais ta peau est si douce… Et ton odeur…

Je sentis son visage se nicher dans le creux de mon cou aussitôt ses mots envolés et entendis sa respiration chuchoter à même ma peau. Sa présence m'enivrait plus qu'un quelconque parfum que j'aurais pu porter. Une caresse brûlante alimentée par le ton suave de sa voix.

—Caitlyn…

Elle murmurait si rarement mon prénom que j'avais presque l'impression de le redécouvrir à chaque fois pour ensuite l'oublier à nouveau. Vi… Le sien était reflet de mes maux.

Ses lèvres glissèrent sur mon épaule et je lâchai un soupire lorsqu'elle les referma. Ses bras m'enlacèrent davantage et sa présence derrière moi devint telles des braises incandescentes et prêtes à faire fondre le fer. Force était de reconnaitre que même mon cœur pliait sous ce brasier ardent qu'elle nourrissait alors. Son corps était comparable à de puissantes flammes qui dansaient contre le mien bien qu'elle ne soit qu'une femme, me dévorant de toute part, ravageant chaque parcelle de mon épiderme devenue cendres.

Je ne m'étais pas doutée qu'aller la libérer afin de recevoir de l'aide ferait alors d'elle, l'objet de chacune de mes pensées. Carbonisées.

Je me retournai finalement avant de sentir ses mains remonter dans mon dos. Avant de coller un peu plus son corps au mien. Son regard céruléen était d'une violente intensité, énième brûlure à tout ce que je ressentais déjà. Que pouvait-elle donc enfouir dans cette profondeur, immensité, dont l'éclat luisait comme si j'étais la dernière chose sur terre ?

Ma paume se posa sur sa joue que j'enveloppai avec douceur, puis mes doigts remontèrent jusqu'à sa crinière imbibée à laquelle je m'accrochai lorsque ses lèvres se présentèrent à moi. Elle se passa d'une quelconque permission, mon regard posé sur sa bouche entrouverte était un accord tacite que nous avions déjà passé. Sa langue s'engouffra alors d'une sensuelle caresse qui me fit autant frémir que mes jambes tremblaient.

La vapeur d'eau chaude me sembla plus lourde ou bien était-ce mon poids que je ne supportais plus tandis que ses lèvres se pressaient aux miennes sans s'arrêter. Elles m'effleuraient, murmuraient tout un tas d'émotions pour autant jamais prononcées avec seulement des mots. Les soupirs qui nous enveloppaient tel un voile de silence étaient plus éloquents que nous ne l'avions jamais été elle et moi. Notre attirance évidente n'avait cependant jamais été mise sous clef. Son regard, ses lèvres, sa langue, ses gestes… Tout son corps m'invitait à danser sur des notes qui mettaient en ébullition chaque pas qui suivrait.

Elle me laissa enfin respirer lorsque son souffle s'égara sur mon cou où je la sentis marquer ma peau encore vierge. La pointe de ses canines était à peine douloureuse mais davantage ivresse qui m'apporta un long frisson de plus. Mes mains s'agrippèrent plus franchement à sa courte chevelure quand elle les referma un peu plus. M'accrocher à elle ainsi était tel le dernier rempart dressé entre raison et folie.

Son regard suave se déroba ensuite lorsque sa bouche glissa de mon cou jusqu'à ma clavicule qu'elle embrassait déjà. Je tremblais de toute part mais sa course continua puisqu'elle déposait maintenant de fiévreux baisers en une ligne imaginaire – sillon de lave – tracée jusqu'à mon bas ventre. Ses mains prirent la même tangente et pléthore de frissons me parcoururent quand ses doigts redessinèrent l'arrondi de mes seins, offerts à elle.

—V- Vi… je murmurai. Qu'est-ce que tu fais…

—Chut… Laisse-toi aller, Caitlyn.

Encore mon nom, et cette part de moi, désireuse mais trop fière, qui refusait d'abdiquer. Elle ne m'en laissa guère le choix plus longtemps. Puis, m'embrassa.

Ses mains dévalèrent sur mes hanches jusqu'à mes cuisses qu'elles enlacèrent tandis que sa langue m'arracha un énième mais aussi le plus puissant des soupirs. Je n'osais plus la regarder, désirs et sentiments se dévoilaient sur mon corps à deux doigts de lâcher sous ses furieux baisers. Elle me faisait sienne sans me le demander mais ignorait que si elle découvrait mon corps, mon cœur lui appartenait déjà et ce depuis notre premier regard échangé.

Les tendres et langoureuses caresses me firent bien vite perdre la tête et de nouveau, mes pensées m'échappèrent. Je ne sus d'où elles provenaient, probablement de nulle part et partout à la fois pour se trouver ailleurs, mais si une chose était certaine, c'était que toutes se dirigeaient vers Vi sur le rythme de mon cœur qui frappait. J'eus l'impression de sentir ma poitrine soudain étroite imploser un peu plus sur chacune des notes composant les soupirs qu'elle me dérobait fièrement.

Elle avait passé sa vie à se battre pour les autres sans se douter une seule seconde que mon cœur battait désormais pour elle. J'étais un combat qu'elle n'avait à mener. J'avais déjà perdu, elle avait triomphé. Il ne fallut qu'un seul regard. Un regard dans lequel les teintes céruléennes et azurées s'étaient mêlée pour ne faire qu'une. Un seul regard dans lequel je n'avais hésité à plonger même si la noyade m'attendait. J'aurais sombré mille fois pour me tenir à ses côtés. Et plus encore.

Comment en étais-je arrivée là ? Les frissons demeurèrent mais sa présence s'évanouie lorsqu'enfin je rouvris les yeux. Cœur douloureux. Regrets et amertume, sentiments mitigés, toutefois, intimement s'enlaçaient.

Si seulement. Si seulement j'avais pu la retenir. Mais je le n'avais pas fait, et elle s'en était juste allée.

Je me jurai alors de retourner la chercher.