Il fait nuit noire, tout est sombre, et tu ne peux voir qu'un seul toit illuminé par les projecteurs. Tu t'y orientes naturellement, même si tu sais que tu ne devrais pas. Sur le chemin, tu croises quelques personnes. Elles n'ont pas de visages, mais tu peux les entendre chuchoter des choses telles que '' Il va mourir. '' Ton pouls s'accélère, au même rythme tes jambes qui se mettent à courir. Une fois dans le bâtiment, tu te diriges automatiquement vers les escaliers afin d'arriver plus vite à l'endroit de tes angoisses. Au bout du quatrième étage, tu utilises tes dernières forces pour pousser la porte qui mène au toit.

Mais la vision te glace le sang. Le Papillon a son bâton planté dans le ventre ensanglanté de Chat Noir et Mayura est à deux doigts de voler le miraculous du blessé, incapable de bouger. Tu connais ces images...et comme tu le pensais, Ladybug l'arrête à temps. Tandis qu'elle combat Mayura, Chat Noir récupère comme il peut tout en tenant le Papillon. Au bout d'une dizaine de minutes, le Mayura est vaincue, laissant finalement apparaître la silhouette d'une femme, qui finalement n'a pas pu être très bien filmée. Le Papillon réussit à s'enfuir, déboussolé, prenant sa partenaire avec lui aussi rapidement que possible. Tu tournes ta tête à la recherche de Chat Noir, un sourire victorieux aux lèvres, tout comme Ladybug. Filmé par Alya, tout le monde avait assisté à l'une des premières vraies défaites du Papillon. Il ne faudrait plus longtemps pour remonter à la source. Alors pourquoi...une larme solitaire coule sur la joue du héros ?

Tu te réveilles en sursaut, ton visage aussi trempé que les draps par la sueur. Tu rabats tes jambes vers ta poitrine, t'aidant à te calmer en chuchotant quelque chose d'incompréhensible.

Au bout de quelques minutes, tes iris se dirigent naturellement vers le réveil. 8h45. Il te restait une bonne heure avant que celui-ci ne sonne...raison de plus pour prendre une bonne douche bien méritée. Tu t'extirpes de ton lit afin d'aller chercher quelques habilles. Enfin...de fouiller dans le carton de fringues. Un jean, des chaussettes courtes, un t-shirt couleur pastel et une paire de sous-vêtements. Tu fonces ensuite à la salle de bain, posant tes affaires sur le premier meuble à proximité et allumant rapidement le chauffage. Tu jettes ton pyjama dans le panier à linge préalablement ouvert et rentre sous la douche. L'eau glacée te fait pousser un cri aigu et quelques râlements, mais ils sont vites éteints quand l'eau devient pile à la bonne température.

Tu poses tes mains contre la paroi, laissant le fluide parcourir ton corps à sa guise. Ton rêve...n'en était pas un. Ces évènements se sont bien produits, il y a quelques années. Tout avait été filmé par une caméra amateur. Mais si au début tu étais heureuse que ce soit le début de la fin, tu n'oublierais jamais ce sentiment d'angoisse derrière ton écran. Depuis que la caméra s'était braquée sur Chat Noir et son costume teinté de rouge. Tu priais pour qu'on arrête de filmer le corps de cette femme que tu ne risquais pas de connaître. Ou qu'on arrête de filmer le visage victorieux de Ladybug, bien qu'on pût ressentir que cette personne l'avait atteinte. Tu connaissais par cœur tes héros favoris. Mais... Chat Noir, qui aurait dû sourire, fier de sa partenaire et de la victoire...pleurait. Enfin, bien que sa seule larme fût furtive, tu n'avais pas pu oublier cette vision. Pourquoi était-il dans cet état ? Tu avais été si rassuré de le voir en bonne santé la dernière fois. Enfin, outre le fait que tu as dû le raccommoder. C'est à ce moment que ses apparitions se sont faites plus rares. Et les choses ne se sont pas arrangés, tu ne l'as plus jamais revu après leur dernière interview à deux. Même quand le Papillon est revenu plus déterminé que jamais ; seule Ladybug tenait le public informé.

La sonnerie de ton réveil retentie, te sortant de tes pensées. Tu soupires, tu sais très bien que mouiller comme tu es, tu ne vas pas aller l'éteindre maintenant et qu'il va sonner jusqu'à ce qu'on lui dise d'arrêter. Tu finis rapidement ta douche et de t'apprêter un minimum pour finalement l'éteindre quinze minutes après. Un nouveau soupire s'échappe de tes lèvres. Tu as rendez-vous avec Adrien cet après-midi pour établir les plans du tournage...mais tu es plutôt démoralisée. Sans compter que tu as affreusement mal dormis. Finalement, tu décides de t'occuper -enfin- des cartons ! Une petite pause rapide une fois que midi sonne, histoire de te remplir l'estomac. Un sandwich industriel fera l'affaire, tu as encore plein de cartons. Las, après ton micro-repas, tu continues ton épopée dans tes propres affaires, rangeant chaque chose à sa nouvelle place.

Il est maintenant 14h26, et ton appartement est parfait. Chaque livre empilé par ordre de préférence sur la bibliothèque, le moindre couvert proprement rangé dans les meubles et ta panoplie de couettes chaudes enfoncées dans l'armoire pour tout faire tenir. Tu pries intérieurement ta mère pour qu'elle n'ouvre jamais cette porte. Mais une micro-pensée revient te hanter.

Tu recommences à soupirer, et tu n'as fait que ça jusqu'au moment de fermer la porte d'entrer à clé, te rendant compte que tu avais déjà tes chaussures, ton sac et ton manteau. Un automatisme terrifiant. En route.

Arrivée en bas de la tour Eiffel, tu zieutes aux alentours à la moindre vue d'une tête blonde. Bon...et d'une carrure athlétique. Là, tu te rends compte de deux choses ; il n'y en a pas des masses, et Adrien n'est pas là. Non pas que tu sois arrivée vingt minutes avant et qu'il soit 14h50 au lieu de 15h10. Pour une fois que tu viens VRAIMENT en avance, tu vas vraiment devoir poireauter...en même temps, qui donnes rendez-vous à quelqu'un à 15h10 ? C'est bizarre comme heure. Tu finis par te poser sur le premier banc que tu vois, croisant tes jambes et fouillant dans ton sac. Malheur ! Tu as oublié tes écouteurs. Il fallait que tu oublies quelque chose ! Et en plus tu n'as pas le numéro d'Adrien pour lui dire de se dépêcher. Bon...vous n'êtes même pas proche pour que tu puisses le dire de toute façon. Tu soupires bruyamment.

— Vous vous ennuyez, jeune demoiselle ?

Un frisson te parcourt l'échine. En plus de connaître cette voix, elle venait de te susurrer à l'oreille d'une voix suave. Tu t'avances instinctivement en avant, tournant la tête vers une touffe blonde.

— A-Adrien ? Faut vraiment que tu arrêtes de faire ça...

— Hein ? Pourquoi ? Ta tête est marrante.

Adrien fait le tour pour venir s'installer à côté de toi. Tes joues deviennent roses.

— Parle pour toi...tout le monde est comme ça à Paris ? Genre, l'espace vitale, vous connaissez ?

Le jeune homme se met à rire doucement, tandis que tu sembles bouder.

— C'est juste parce que tes réactions me font rire.

— Oui bah, arrête s'il te plaît. Je veux dire, il va y avoir des rumeurs bizarres après. Comme quoi on est proches ou quoi...tu imagines tes groupies ? Tu veux me voir morte ?

— C'est normal d'être proches, on est dans le même groupe tu sais.

— O-Oui mais...

Il ne comprend rien ou quoi ? Proche genre...raaah, laissons tomber. Tu remarques qu'il recommence à te fixer comme il le faisait hier. Mais avant de pouvoir en parler, il t'interrompt.

— En vrai, il est pas mal ce banc, non ?

— Hein ?

— Pour le plan.

— Ah, oui !

S'ensuit alors d'une longue balade afin de trouver les plus beaux plans. L'un des plus magiques reste celui en face de la seine, plutôt tranquille, un banc en face et l'escalier à côté. Alors que tu allais le proposer, Adrien attrape ta main enthousiaste, tout ça pour te montrer un autre plan sur l'un des ponts où les gens mettaient des cadenas. Nettement moins beau, mais pour tu ne sais quelle raison, il n'aimait pas l'autre plan. Tu ne dis donc rien, et tu pointes une autre direction du doigt car, on ne va pas se mentir, ce pont n'est pas vraiment ouf. Votre balade continue comme ça pendant plus d'une heure et demie, pour finalement revenir au point de départ. Tu t'assoies sur le banc du début avec Adrien, à vos places respectives, avant de t'étirer.

— Quelle balade ! J'ai visité plein de coins chouettes. Faudrait se refaire ç-

Tu t'étais joyeusement retourné vers le blond qui te regardait tout sourire. Ton interruption le fait se questionner.

— Enfin je veux dire, on a trouvé des plans cool.

— On pourra se refaire ça pendant les heures d'ateliers, vu que je n'ai pas beaucoup de temps libre en dehors.

— Oh, euh, ouais ce serait cool.

Tu souris gaiement, même si tu essayes de le cacher. Tu es si contente d'en découvrir plus sur cette ville ! Sans être seule. Et ce n'est pas ta mère qui va t'accompagner dans tes recherches. Tu entends Adrien rigoler avant de l'entendre se lever. Tu tournes la tête vers lui.

— Bon, je dois y aller.

Déjà ? Tu te claques mentalement pour oser avoir demandé '' déjà '' avant d'avoir regardé l'heure sur ton portable. Vous aviez déjà dépassé l'heure d'une bonne dizaine de minutes.

— Oh, ouais, pardon, à demain !

Tu lui fais un signe de main, qu'il te rend.

— A demain.

Le blond se dirige ensuite vers une grosse voiture un peu plus loin, où il se fait ouvrir la porte par son garde du corps. Tu aurais sans doute vu le dernier regard qu'il t'a lancé avant de s'engouffrer dans sa voiture...si tu ne t'étais pas assoupie.

Encore ce rêve. Mais cette fois, tu te fais réveillée par une présence extérieure, avant de voir à nouveau le visage de-

— Chat noir...

— Hein ?

Helluuuuw ça fait longtemps !

Pour la peine, voici un chapitre plus long. c: Je n'ai pas grand-chose à dire à part que, si j'ai la foi, je publierais la suite avant noël...d'ici là, prenez soin de vous !