Disclaimer : L'univers des X-Men ne m'appartient pas, je ne gagne aucun argent à publier cette histoire. Laquelle m'appartient, par contre, c'est ma création, ainsi que le personnage de Sandra, et quelques autres sur le chemin. Je mélange allègrement comics (que je n'ai qu'à peine lus), films (depuis les premiers jusqu'aux derniers), le dessin animé « X-Men Evolution », et même la série animée qui l'a précédé, ne cherchez donc aucune fidélité à une référence particulière. Je prends l'univers global, les personnages, la perception que j'en ai en tous cas, et j'en fais un peu ce que je veux, ce qui est aussi le but des fanfictions. Bref, j'assume. Vous aimez, tant mieux. Vous n'aimez pas, tant pis pour vous, merci quand même d'avoir tenté l'aventure !
Attention, en fonction des chapitres, il peut y avoir des mentions de violences sur mineur, ou de la description de violences, pas forcément très prononcées, mais le rating n'est pas anodin. Vous voilà prévenus :)
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La journée de cours s'est déroulée sans encombre, hormis le fait que Andrew ait de nouveau cherché à me séduire. Apparemment, il n'a pas oublié qu'il avait une sorte de béguin pour moi. Seule sa prévenance accrue montre que la façon dont je l'ai éconduit reste fraîche à sa mémoire. Je parviens tout de même à m'en défaire et arrive à l'heure en banlieue, où habitait mon père.
L'huissier est déjà là, « pas depuis longtemps » m'assure-t-il. Je le laisse me précéder dans l'escalier, me préparant psychologiquement à monter jusqu'au cinquième étage sans ascenseur, mais aussi et surtout à me retrouver dans l'appartement où je vécus de nombreuses années sans joies jusqu'à ce que j'y devinsse infirme. L'adjudicateur, un certain Callaway, m'attend à chaque palier, discutant de sujets d'une banalité à faire peur. Je dresse cependant l'oreille quand il se met à parler de l'accident survenu trois jours plus tôt.
- Vous êtes cette femme qui a été auprès de la conductrice, sur la vidéo amateur qu'ils ont diffusée au journal télévisé ! Je ne sais pas ce que vous lui avez fait ou dit, à cette femme, mais ça l'a marquée !
- Vraiment ? lui demandé-je, intéressée feignant de ne pas l'être. On a pu l'interviewer ?
- Oh oui ! s'exclame-t-il. Avec un impact d'une telle force, c'est un miracle qu'elle s'en soit sorti aussi bien, avec si peu de blessures ! Lorsqu'on a pu lui poser des questions, le lendemain de l'accident, ses souvenirs étaient assez vagues -en même temps, ce n'est pas surprenant, vu la violence du choc- mais elle se rappelle très nettement une présence féminine à ses côtés, avant que l'ambulance n'arrive. Elle dit que cette femme lui a été d'un grand secours, même si elle ne sait pas trop comment. Vous l'avez apaisée au-delà de toute expression, disait-elle dans le reportage. Elle est persuadée que vous lui avez sauvé la vie, conclut-il avec un sourire alors que nous arrivons au cinquième palier.
- Je n'ai fait que lui parler, réponds-je évasivement pendant qu'il ouvre la porte. Mes amis me disent souvent que j'ai un don pour trouver les mots qui réconfortent quand ils ont un coup de blues.
Il lâche une onomatopée, et nous entrons.
J'ai à peine franchi le seuil que je sens mon cœur et mon souffle s'emballer. Je me cramponne davantage à ma canne, essayant vainement de me calmer avant d'aller plus loin. La vue vaguement brouillée pour avoir fermé trop fort mes paupières, j'avance dans le couloir qui mène au salon.
Aucun meuble n'a changé d'emplacement. Un peu de poussière. Même la carpette -tachée malgré tous les lavages- est à sa place. Moi qui avait espéré qu'il l'ait jetée... Quel rappel macabre.
Je reste plantée là un petit moment, incapable de quoi que ce soit, ayant renoncé à lutter contre les événements passés.
L'huissier, qui a bien entendu remarqué mon trouble, se tient discrètement dans un coin, craignant probablement d'aggraver la situation en intervenant.
Je fais quelques pas dans la pièce, au rythme des souvenirs qui reviennent me hanter.
Je note au passage l'absence de quelques objets depuis ma dernière venue.
Uniquement les quelques photos encadrées que nous avions.
Il a dû les brûler.
Je vérifie dans les placards où nous rangions les albums.
Vides. M'étonne pas.
Je me dirige ensuite vers ce qui fut ma chambre, les babioles traînant dans le salon n'éveillant rien de suffisamment fort en moi.
Je m'arrête sur le seuil, les nerfs à fleur de peau.
Des flashes. Noirs. Blancs. Les miens.
Ils cessent assez rapidement.
J'entre. Avance peu. Regarde tout autour de moi. Respire vite.
Le bureau. Le tabouret. L'armoire. Le lit de fer. Le lino gris. Les murs nus.
Ici aussi rien n'a été touché. Pas même pour faire le ménage. Je n'ouvre pas mes tiroirs. Je me souviens très bien du maigre contenu de chacun d'entre eux.
Je récupère sur une étagère au-dessus de mon bureau un petit casse-tête en bois verni et un yo-yo en aluminium que je m'étais achetés, un jour où la vieille dame m'avait donné un peu plus d'argent que d'habitude.
Callaway, resté sur le seuil, en prend note. Lorsqu'il rebouche son stylo, je fourre ces deux objets dans mes poches.
Un dernier regard à cette pièce que, contrairement à bien d'autres enfants, je n'ai jamais été autorisée à considérer comme un refuge.
Je passe sans m'y arrêter devant la salle de bain.
Je m'arrête devant la porte de sa chambre.
Lève la main pour l'ouvrir.
Peux pas. Trop dur. Me souviens trop des rares fois où j'y ai pénétré.
De nouveau les flashes. Plus nombreux.
Me mets soudainement à chialer. Merde. M'étais promis de ne pas craquer.
Callaway s'inquiète. « C'est rien, c'est les nerfs », fais-je en guise d'explication. Il s'en contente.
Me ressaisis un peu. Réussis à ouvrir cette porte.
Mais pas à y entrer.
Jusqu'à ce que j'aperçoive, dans la pénombre, une petite sculpture en verre. La rose ciselée que je lui avais offerte pour une fête des Pères. Il aimait beaucoup les roses. J'avais économisé des mois entiers pour pouvoir l'acheter. Ça doit bien être le seul de mes cadeaux qu'il ait gardé.
Aller la chercher ou pas ? Cette pièce, plus que toutes les autres, me terrifie.
Quelques dizaines de secondes s'écoulent.
Un regard parcourant la chambre.
Une dernière hésitation.
J'entre. Vais directement à la rose de verre. Me plante devant. Doute encore. Autre coup d'œil aux alentours.
La prendre, pas la prendre ?
Il a menacé tellement de fois de la briser, sachant que j'y tenais bien plus que lui.
Je tends la main. M'arrête à mi-chemin.
Oh et puis flûte.
Cette rose, c'est tout ce qu'il n'a pas réussi à briser en moi.
Alors je la prends. Et sors fissa.
Callaway me rejoint quelques secondes plus tard sur le palier. Il ferme la porte. S'approche doucement de moi. Je sens son inquiétude.
Le cœur au bord des lèvres, plus retournée que je ne prévoyais l'être en prenant ce rendez-vous, j'entends à peine son « ça va mademoiselle ? ».
Je me force à prendre plusieurs profondes inspirations. Me sens un tout petit peu mieux.
Au moins ne vais-je pas rendre tripes et boyaux en sa présence.
Je hoche la tête avec un vague « ça va aller, merci ».
Il s'enquiert ensuite de la manière dont je vais rentrer. Je le rassure de quelques mots, le prie de ne pas se retarder plus longtemps pour moi, je saurais retourner chez moi sans problème.
Compréhensif, il s'en va après avoir précisé qu'il m'enverrait dans les jours à venir les certificats comme quoi je suis légalement propriétaire de ce que j'ai récupéré. Merci monsieur, mais là, j'aurais plus besoin d'être seule, en fait, s'il vous plaît.
Quelques minutes plus tard, je prends mon courage à deux mains et entreprends la descente.
Parvenue à l'extérieur, je me dirige vers une ruelle adjacente, et régurgite le contenu entier de mon estomac dans un coin.
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Je ne sais pas comment j'ai fait pour rentrer à l'école Xavier. Toujours est-il que j'y suis. Au premier étage. À un couloir de ma chambre. En mode « radar ». Je croise Ororo. Mince. J'aurais voulu être un peu tranquille. Mais non. Forcément elle remarque ma sale mine et s'inquiète.
- J'ai dû choper un mauvais virus, avec tous ces changements de température, lui assuré-je en essayant de rendre ma voix assez ferme pour être convaincante.
- Pour ce qui est de la météo, je plaide non-coupable, plaisante-t-elle. Tu es sûre que ça va aller ? poursuit-elle, de nouveau soucieuse.
J'esquisse un petit rire, aussitôt interrompu par une forte nausée.
- Oui. Un peu de repos, et il n'y paraîtra plus.
Elle insiste pour m'accompagner jusqu'à ma chambre. J'ai un peu de mal à me défaire d'elle, mais y parviens finalement. Pourvu qu'elle ne fasse pas un rapport au professeur Xavier, ou j'aurais droit à un interrogatoire dans les règles.
Je patiente jusqu'au dîner allongée sur mon lit sans penser à rien. Je vais à table avec mes camarades, sans pouvoir avaler quoi que ce soit. Quelques élèves sont aussi un peu grippés, me faisant passer inaperçue.
Après l'extinction des feux, je mets un long moment avant de m'endormir.
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L'accident. Sa mort, à elle. Son changement, à lui. Les claques. Les gifles. Puis les coups en général et généralisés.
Mais cet espoir, cette conviction.
Le sang. Les blessures. La peur. Ces quelques jours de vacances de Noël chez Grand-Maman. Dernier membre de notre famille qui mourra dans les six mois à venir.
Le coup de sang. Le coup de tisonnier dont il laissait toujours l'embout dans les flammes.
Mais cet espoir, cette conviction.
Puis la terreur. L'évolution de ses traitements. Plus terribles encore. Plus humiliants. Laissent moins de traces. Sauf dans mon esprit. Sans pour autant laisser les anciens de côté. Avilissement. Anéantissement. Désespoir proche de la folie.
Mais cet espoir, cette conviction.
Dans l'appartement. Cinq coups de feu. Un finit dans le mur derrière moi.
Touchée par les quatre autres. Chute en arrière. Surplombée par lui. Déverse sa haine.
Tire un sixième et dernier coup. Dans sa tête. Tombe sur moi. Inconscient. Percluse de douleur. Trempée de sang. Secours. Inconscience.
ET CET ESPOIR ? ET CETTE CONVICTION ?
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Je me réveille en hurlant. À bout de souffle. Tremblante. Le cœur battant la chamade. Trempée d'une sueur désagréable. Dans la pénombre de ma chambre.
Ce n'était qu'un cauchemar. En voilà un qui ne m'avait pas visitée depuis des lustres.
Quelqu'un ouvre brusquement ma porte. Je sursaute. Jean.
Elle vient s'asseoir sur mon lit. Pose une main sur mon front brûlant en comparaison. Me parle. Je l'entends à peine. La fraîcheur de sa main me colle une violente nausée. Je ne contiens qu'à grand-peine une remontée amère.
Le fait qu'elle la retire permet un infime recul de cet élan. Elle continue à parler. Je me force à respirer profondément. Ça va un peu mieux. Je commence à avoir du son. Des élèves sont attroupés à ma porte, n'osant la franchir. Mes draps sont sens dessus dessous.
Je mets quelques secondes avant de comprendre que Jean m'invite à me lever. Alors que je cherche automatiquement ma canne au chevet de mon lit, je me rue presque instinctivement sur la corbeille à papier près de mon bureau.
Juste à temps pour y déverser une bonne dose de bile.
Franchement répugnant.
Lorsque je suis sûre d'avoir fini mon œuvre, je me redresse et suis Jean hors de ma chambre, malgré son air des plus inquiets (à Jean, pas à la pièce).
Je devrais me forcer à manger et/ou boire quelque chose à tendance sucrée, mais je n'ai rien sous la main, pas envie de demander, donc ça attendra.
Ma camarade télékinésiste marche à ma gauche. Elle a posé sa main sur mon épaule, et je crois qu'elle me parle. Mais comme une migraine pointe tambourine contre mes tempes alors que je suis dans les vapes, je ne saisis pas le moindre mot. Par contre, je perçois le ton de sa voix : une explication sur fond de bonne grosse inquiétude de derrière les fagots.
Alors que nous passons devant un miroir dans un couloir, je comprends son anxiété : je suis blanche à en faire pâlir d'envie un squelette. Quelques mèches collées sur mon front par la sueur sont du plus bel effet.
Cependant notre périple s'avère court, et elle me fait entrer dans la petite bibliothèque, située à cet étage.
Le professeur Xavier y est déjà, en robe de chambre.
En le voyant, j'ai un sursaut de panique. Il va vouloir fouiller dans mes pensées, et donc découvrir tout ce que je veux garder secret ! Et, accessoirement, nous exposer tous les deux à un historique de souffrances que j'espérais avoir enterré avec mon père !
Je le fixe, immobile, terrorisée mais déterminée. Il va galérer quelque chose de bien pour me faire accepter ça.
Je l'entends demander à Jean de bien vouloir nous laisser seuls, et de veiller à ce que nous ne soyons dérangés en aucun cas. Génial, il est décidé à obtenir ce qu'il veut.
Elle grimace, mais obtempère sans broncher. Docile, la fille aux cheveux de feu.
Lorsque nous sommes plus que tous les deux, il m'invite à m'asseoir. Je reste debout. Vais pas me faire avoir comme ça. Il a un accès plus aisé à l'esprit des autres quand il a un contact physique, genre mains sur les tempes de la personne. Mais, même boiteuse, même à deux doigts de m'effondrer, je peux me tenir sur mes deux jambes. Pas lui.
Voyant mon refus silencieux, il soupire, comme s'il se préparait à affronter un problème qu'il aurait préféré éviter. Tu parles Charles ! (sans offense ni mauvais jeu de mots) Moi aussi j'aurais bien aimé qu'on n'en arrive pas là ! Il commence une phrase…
- Sandra…
… mais je le coupe avant qu'il ne puisse en dire plus.
- Avec tout le respect que je vous dois, professeur, je ne veux pas parler de cette histoire. Je ne... VEUX PAS ! Alors, s'il vous plaît, n'insistez pas.
J'ai beau caresser le bois de ma canne, c'est inutile, il ne va pas lâcher le morceau comme ça. Ça serait trop facile. Il laisse s'écouler un temps infime avant de répondre.
- Sandra, ne crois-tu pas que je sais ce que j'encoure ? Laisse-moi parler ! s'exclame-t-il alors que je veux lui balancer une réponse négative bien sentie. L'autre jour, lorsque tu m'as expliqué pourquoi tu ne voulais pas que je t'aide à te régénérer, tes raisons m'ont suffit. Rappelle-toi cependant que je t'ai signalé le fait que cette expérience n'avait été qu'une broutille pour moi…
- Mais vous ne savez pas ce que c'est en comparaison du reste ! ne puis-je m'empêcher de l'interrompre, à la fois en colère et implorante.
- Et toi, qu'en sais-tu ? m'apostrophe-t-il. Comment peux-tu mesurer ce que j'ai enduré sans contact mental ultérieur ? Tu n'étais pas en état de le savoir sur le moment, et hormis à ce moment-là, notre seule rencontre psychique a eu lieu il y a presque un an, lorsque nous nous sommes croisés pour la première fois, au lycée ! Alors, comment peux-tu savoir ce que j'ai subi ? répète-t-il.
Il marque un point, là. Partagée entre la raison me disant de céder à ces arguments et de tenter le coup, ne serait-ce que pour décharger mon cœur (il paraît que ça soulage), et mes principes principalement dictés par une extrême prudence aussi bien que par la peur d'avoir mal et surtout de faire du mal, je ne réponds rien. Jusqu'à ce que me vienne l'idée de retourner son argument contre lui.
- Et vous, comment savez-vous que vous tiendrez le choc ?
Ma voix tremble un peu, frayeur et exaspération mélangées.
- J'estime avoir eu une bonne vue d'ensemble de ce à quoi ton calvaire peut ressembler, même de l'extérieur, déclare-t-il tranquillement. Partant de là, je pense pouvoir y faire face.
- Vous n'en êtes donc pas sûr, relevé-je, m'accrochant à ces quelques mots comme un naufragé à une bouée.
- Je vais te redire la même chose que la dernière fois : on ne saura pas tant qu'on n'aura pas essayé, fait-il sereinement.
J'aimerais être aussi calme que lui. Mais là, ça fait un peu trop à la fois. Les réminiscences à cause de ma visite à l'appartement. Mon malaise depuis. Ce cauchemar, avec ces souvenirs brutaux. Mon mode « radar » toujours plus ou moins activé. Et là, Xavier qui me bombarde d'arguments pour avoir la permission d'explorer le contenu de ma boîte crânienne sans trop de remords. Mais qu'est-ce qu'il y cherche enfin !
Au fait, c'est vrai, ça…
- Professeur... Pourquoi tenez-vous tant à savoir ? j'interroge, dubitative.
Il marque un temps, prenant le soin de réfléchir à la question.
- Parce que tu es mon élève, et que tu es ici pour que je t'aide à contrôler les évolutions de ton pouvoir. Il me semble que ton passé, s'il est déclencheur de tes capacités, est maintenant un fardeau qui t'empêche d'avancer davantage. En tant que ton professeur, je suis là pour t'amener à t'en défaire, pas à pas. Pour cela, il faut nécessairement que nous passions par cette première étape, peut-être la plus difficile, où je dois découvrir ce qui constitue ce fardeau pour t'aider à t'en débarrasser ensuite.
Ok. Il marque un deuxième point. Mais j'hésite encore. Pas facile de laisser tomber ses convictions aussi aisément.
- Si cela peut te rassurer, ajoute-t-il, je te fais la promesse solennelle de ne pas aller au-delà de ce que toi ou moi pouvons endurer.
Je lève la tête vers lui. Sérieux ?
- Sérieux, répond-il en écho à mes pensées. Tu devrais pourtant savoir que je n'aime pas plus que toi avoir à infliger la souffrance.
Ouais. Pas faux. Troisième point. J'hésite encore un peu.
Oh et puis flûte ! Marre de lutter sans cesse. Et surtout marre tout court. Je suis fatiguée, percluse d'émotions trop condensées sur une courte durée. Et puis, si je partage mon fardeau, peut-être sera-t-il moins lourd ?
Mais avant tout, Xavier est un homme de parole.
Je vais donc m'asseoir (ou plutôt me laisser tomber, je suis vraiment vidée) sur le canapé en face de lui.
- Je sais que ce que je vais te demander n'est pas facile, commence-t-il, mais…
Houla…
- … Essaye de te détendre et de le rester jusqu'à ce que nous ayons fini. Ça me facilitera un peu la tâche.
Je ne vais pas dire que ça tient de la mission impossible, mais presque. Enfin. Je lui jette un regard perplexe avant de fermer les yeux pour tenter de me relaxer. À mon grand étonnement, plusieurs profondes inspirations suffisent pour y parvenir, et à tel point que je ne sursaute même pas lorsque je sens le professeur poser le bout de ses doigts sur mes tempes.
Alea jacta est, comme dirait l'autre.
