Disclaimer : Tout ce que vous reconnaissez de l'univers … stop … appartient à Disney … stop … Rien ne m'appartient … stop … Mon seul salaire sont vos reviews … stop … Les corrections sont de chris87 … stop … Ce disclaimer s'autodétruira dans 5 secondes … stop … 5 … stop … 4 … stop … 3 … stop … 2 … stop … 1 … stop … Bonne lecture ! (Vous avez vraiment cru que j'allais détruire un disclaimer pareil ? mdrr)
Chapitre second
POV Shane
Quand notre avion privé atterrit à Chicago, je vois Mitchie soupirer longuement. Elle marmonne quelque chose ressemblant à un « allons voir cette famille de dégénérés » mais je ne peux en être certain. Je prends sa main pour lui rappeler qu'elle ne sera pas seule face à eux et on rejoint la voiture qui nous emmènera jusqu'à Cicero sa ville de naissance. Pourtant, même si je semble bien prendre ses mensonges et ses cachotteries, je lui en veux. Je le reconnais et elle le sait. Je comprends qu'elle n'ait pas voulu me parler d'eux plus tôt, puisqu'elle a tiré un trait sur sa vie d'avant Saint-Thaumasie mais j'aurais pensé qu'elle se sentait suffisamment en confiance avec moi pour me parler d'eux. Je vais les rencontrer dans quelques minutes, et je ne sais rien d'eux sauf leurs prénoms.
« - Parle-moi de ta famille s'il te plaît, je finis par demander en notant qu'elle n'a pas dit grand-chose depuis notre départ.
« - Tu es sûr de ne pas préférer apprendre à les connaître de toi-même ? Mon regard sur eux est biaisé, souligne-t-elle.
« - Je ne connais que leurs noms. Pour faire la conversation, ça risque de m'être un peu difficile.
« - Très bien. Le paternel s'appelle Steve Sanchez. Il tient le seul concessionnaire de Cicero. Une affaire qu'il tient de son grand-père que je n'ai pas connu. Il a rencontré la maternelle alors qu'elle venait s'acheter une voiture pour aller en fac. Elle s'appelle Connie et malgré ses rêves de devenir chef étoilé reconnu dans le monde entier, elle a abandonné ses rêves pour rester vivre avec lui quand il lui a fait un enfant. En moins de deux mois de relation. Elle venait de quitter le lycée quand ils se sont rencontrés. Elle a perdu le bébé et a déprimé. Pour lui remonter le moral, il lui a proposé de se marier. Suzie est venue au monde onze mois plus tard et Connie n'a jamais été en fac. Suzie a trente ans et elle est la fille préférée de son père. Grâce à sa naissance, sa femme n'a jamais quitté la ville, me précise-t-elle avec dédain. Aux dernières nouvelles, elle travaillait comme vendeuse dans une parfumerie. Elle est… L'archétype de la fille. Tirée à quatre épingles, toujours coiffée et maquillée, incapable de changer une roue ou de porter un sac de courses. Ensuite vient Morgan qui est née deux ans plus tard. Elle adore peindre et voulait faire une école d'art pour devenir la prochaine Frida Khalo mais le paternel ne le voyait pas de cette façon alors elle a étudié pour devenir vétérinaire et a rencontré sa mexicaine au boulot. Au dernières nouvelles, elles avaient prévu de s'installer ensemble. Ensuite Jeanne qui était l'espoir familial puisqu'elle voulait devenir chirurgien. Elle a deux ans de plus que moi et je n'en sais pas plus désolée. Enfin, il y a moi que tu connais.
« - Michelle Sanchez, qui a vingt-six ans, qui adore les animaux et qui aime s'occuper de tout le monde. Qui a un sourire incroyable et qui m'a plus au premier regard.
« - Exactement, rit-elle.
Elle pose sa tête sur mon épaule alors que je repense au descriptif qu'elle vient de me faire. J'ai beau avoir tendu l'oreille. A aucun moment elle n'a dit de pronoms possessifs. Ni de surnoms. J'ignore encore pourquoi, elle les déteste à ce point mais elle a clairement tiré un trait sur ses racines. Je veux lui poser plus de questions, mais je n'ose pas. A mesure que nous nous rapprochons de sa ville, elle se tend. C'est discret et si elle n'était pas tout contre moi, je ne suis pas certain que j'en aurais conscience. Sauf lorsque nous passons devant la piscine municipale. Elle détourne carrément la tête comme si le bâtiment lui faisait horreur alors que je note que les maisons sont très décoré dans le coin. Partout où se pose mes yeux, je vois des pères noël en traîneaux, des rennes, des bonhommes de neige, des lutins, des cadeaux, des sapins à mille couleurs. Ça me semble si irréel, elle m'a confié ne jamais avoir vu de si belles décorations de noël que celles du royaume, que je lui fais remarquer que sa ville est joliment décorée.
« - Tu parles, dit-elle d'une voix dédaigneuse. Ils ne font pas ça parce qu'il aiment noël, ils le font pour gagner l'espèce de concours débile de décorations de la ville. Le vingt-quatre, ajoute-t-elle en me fixant, un groupe de volontaires va passer devant toutes les maisons de la ville, qui se sont inscrites au concours en tout cas, pour élire la plus belle décoration. Le gagnant aura un prix offert par un des commerces de la ville. C'est la seule raison à ce ramassis de décorations de mauvais goûts. Rien n'est fait pour être beau ou pour refléter l'esprit de noël. Ce que tu vois, ce sont les décorations les plus chères trouvable dans les trois cents kilomètres à la ronde achetées ou commandées en cachettes depuis des mois pour gagner un prix qui coûte trois fois moins cher que leurs décos… Ah ! Nous arrivons.
Je sourcille à son ton détaché et je tourne la tête pour fixer la maison qui fait pâle figure à côté des autres. Aucune décoration si ce n'est une crèche grandeur nature dans le jardin. La voiture se gare et nous descendons alors que notre chauffeur sort nos valises.
« - Laissez, on s'en occupe, déclare Mitchie en prenant les valises. Je ne veux pas que ma famille sache qui tu es Shane sinon… Bref, je ne veux pas !
Cette décision est sans appel et je décide de prendre les valises. Personne n'a effectivement besoin de savoir que je suis le prochain roi de mon royaume de naissance. Je fixe ma fiancée qui est devant la porte sans frapper. Elle tourne la tête et quand la voiture disparaît, elle frappe et entre dans la maison en signalant notre arrivée d'un simple « C'est nous. » Je la suis et ferme derrière moi alors qu'elle retire ses bottes de neige. Au même moment, une femme qui ne lui ressemble absolument pas, arrive en souriant. Sans un mot, elle serre ma fiancée dans ses bras en nous souhaitant la bienvenue et je me tourne vers Mitchie quand elle est libérée. Seulement elle ne dit pas un mot, ne fait pas un geste qui pourrait m'aiguiller sur la femme qui vient de me prendre dans ses bras. A croire qu'elle ne la connaît pas.
« - Bonsoir tous les deux. Tu dois être Michelle ? J'ai tellement entendu parler de toi, sourit-elle en reprenant ma fiancée contre elle.
« - Ravie, dit-elle sans le penser. Et vous êtes ?
« - Sandra voyons, dit-elle en riant doucement avant de se taire en voyant le manque de réaction de Mitchie. Ta belle-maman. Ah oui c'est vrai, tu n'étais pas au mariage, se reprend-elle une grimace contrite sur le visage. C'était un petit mariage, rassure-toi, on ne voulait pas qu'il soit trop dispendieux par rapport au décès de ta mère.
« - Connie est morte, demande-t-elle d'une voix sans émotion.
« - Oui ta mère est morte, déclare un homme en nous rejoignant. De chagrin, suite à ton départ et à ton absence de nouvelles, ajoute-t-il pour la culpabiliser. Enchanté jeune homme, je suis Steve Torres, son père, précise-t-il en désignant Mitchie, et le chef de famille.
« - Quel ton cérémonieux monsieur le chef de famille, raille-t-elle. Tu n'es pas mon père, seulement le type qui a fourni le sperme et le matériel génétique nécessaire à ma conception.
« - Bon, reprend Sandra mal à l'aise devant les retrouvailles glaciales du père et sa fille. Je vous ai préparé la chambre d'amis quand j'ai appris que vous veniez pour noël. Vous logerez chez nous. Désolée ma puce, ajoute-t-elle en caressant le bras de ma fiancée qui trésaille, on a du reconvertir ta chambre en nurcerie.
« - Ça me va, je n'ai pas l'intention de revenir un jour, la chambre d'ami est suffisante. Viens, ajoute-t-elle d'une voix plus douce, on va s'installer.
Je la suis, assez perplexe par la scène à laquelle je viens d'assister. Ainsi donc, sa maman est décédée et personne n'a pensé à la prévenir. Son père s'est remarié, encore une fois sans la prévenir. Un bébé est en route et je me demande si c'est cette Sandra qui est la future mère ou non… Je suis ma fiancée à l'étage et quand elle ferme la porte de la chambre d'amis, je l'observe. Dos à moi, je l'entends soupirer comme si elle vivait une épreuve et je veux m'approcher d'elle seulement elle m'arrête d'un geste. Visiblement elle a compris mon attention et veut m'empêcher de la prendre dans mes bras. Je l'entends qui inspire et expire plusieurs fois puis elle finit par se tourner face à moi. Son sourire est vacillant mais je fais mine de ne rien voir pour le moment. Elle ne semble pas prête à parler.
« - Bon et si on s'installait, demanda-t-elle faussement joyeuse. Navrée, chuchote-t-elle en s'approchant de mon oreille. Je ne veux pas que ma famille sache que tout ça m'affecte. Assieds-toi Majesté, je m'occupe des bagages, je ne suis pas certaine que tu saches…
« - Sais-tu que j'ai fait mon service militaire ? Obligatoire dans ma famille, je précise amusé.
« - Quoi ? Alors tu sais saluer et tout, pouffe-t-elle. Montre ! Woah ! On dirait le roi d'un pays, sourit-elle avant de se blottir dans mes bras. Merci d'être là Shane. Même si je ne serais pas venue si tu ne m'y avais pas poussé, j'apprécie ta présence.
« - C'est normal. J'ai envie de connaître celle que tu me caches depuis notre rencontre, je dis sans méchanceté. Cette partie de toi restée ici, dans cette maison.
« - Tu vas détester ce personnage mais je t'aurais prévenu.
J'acquiesce songeant qu'effectivement, elle me l'a répété plusieurs fois. Celle de Saint-Thaumasie est Mitchie Torres, une jeune femme qui a fait table rase du passé et qui avance le cœur affamé de nouvelles et magnifiques expériences pour enrichir sa vie. La Michelle restée ici a eu le cœur brisé et a été trahie par tant de monde qu'elle a décidé de ne plus avoir confiance en personne. Elle est froide et détachée du monde qui l'entoure. L'une a une personnalité chaleureuse et enjouée, prête à tout pour aider son prochain. L'autre est froide comme la glace et n'a aucune pitié. Je me demande si je souhaite rencontrer cette femme, qui est pourtant à l'origine de la personnalité chaleureuse de ma fiancée. En songeant à ça, j'observe sa main pour noter que la bague n'y est plus et je prends ses doigts pour m'en assurer. Elle me fixe amusée et tire de sous son pull une longue chaîne ou pend le fameux anneau.
« - Je te l'ai dit, personne n'a besoin de savoir ce que je deviens réellement.
Je hoche la tête légèrement déçu qu'elle leur cache qu'elle a survécu au mal qu'ils lui ont fait mais je ne dis rien. Elle a probablement ses raisons pour agir ainsi. J'espère simplement qu'elle me les expliquera prochainement. Secouant la tête, je prends ma valise et commence à ranger mes vêtements comme ma fiancée secrète pourtant, quelque chose semble étrange. Sans que je sache ce que c'est. J'ai presque terminé de tout ranger quand je comprends ce qui me dérange. C'est le silence. C'est une maison de famille pourtant il n'y a pas un bruit. Comme si la maison toute entière, les murs comme ses habitants retenaient leur souffle.
« - Tu as été de corvée de latrines, me demande soudainement ma fiancée en glissant sa valise sous le lit.
« - Comme tout nouveau soldat, j'admets amusé. Comment es-tu au courant de ce genre de corvées ?
« - C'est également un classique de l'armée américaine. Selon Steve, dit-elle en regardant rapidement le sol comme si elle me le désignait dans le salon, tout mauvais soldat ou mauvaise recrue est un jour ou l'autre corvée de latrines. Seuls les meilleurs y échappent et bien entendu, ajoute-t-elle avec dédain, ce fut son cas.
« - C'est peut-être vrai, tu sais ?
« - Il n'a pas fait son service militaire. Il voulait le faire comme mon grand-père, mais il a été réformé à cause d'un genou en mauvais état suite à un combat de boxe dans la rue entre voyous selon grand-père en tout… Pourquoi tu souris ?
« - Eh bien, je t'écoute parler de ta famille depuis… Bref, je t'écoute à chaque fois avec attention et c'est la première fois que tu me parles d'un des membres comme faisant partie de ta famille. De celle que tu respectes, je veux dire.
« - Oh, grand-père ? C'était un homme bien, admet-elle quand je hoche la tête. Quand… Bref quand j'ai découvert la liaison de mon ex copain, mon grand-père, qui était en très mauvaise santé alité à l'hôpital a tout fait pour me remonter le moral, raconte-t-elle avec une voix pleine d'amour. Il m'a convaincu que mon cœur ne resterait pas brisé, et qu'il fallait que je tombe amoureuse d'un homme qui n'a jamais mis les pieds dans cette foutue ville, ajoute-t-elle le regard plein de colère avant qu'il ne se radoucisse. Si j'ai pu me payer le billet jusqu'à ta ville, c'est grâce à lui. A sa mort, il m'a légué son argent, à mamie et lui. Ce qui n'a pas plu au reste de la famille mais ils ne se sont pas opposé à l'héritage quand je les ai menacé de faire un tel scandale de cette affaire que la presse en ferait des gorges chaudes. Et on ne touche pas à la réputation des gens qui vivent dans cette baraque donc…
Je vois qu'elle veut ajouter quelque chose, que son récit n'est pas terminé seulement la porte s'ouvre à la volée et une jeune femme qu lui ressemble étrangement, se jette à son cou. Si Mitchie ne recule pas à ce contact, elle ne lui rend pas cette étreinte et je les observe curieux de savoir à qui nous avons à faire. Elle doit se rendre compte que Mitchie n'est pas réceptive aux retrouvailles joyeuses qu'elle escomptait puisqu'elle finit par s'écarter en se raclant la gorge comme gênée.
« - Papa a raison, tu es plus distante qu'avant. Je suis contente que tu sois revenue en tout cas. Même si ce n'est pas super comme ambiance en ce moment avec Suzie qui est… Enfin, tu vois, reprend-elle gênée, tu me manquais Michelle.
« - En effet l'ambiance familiale n'est pas propices aux retrouvailles festives Jeanne, dit-elle m'informant que je fais presque face à sa plus jeune sœur. Oh je te présente mon petit ami. Shane, voici Jeanne dont tu as brièvement entendu parler.
« - Tu es son copain, sourit-elle avec douceur. Je suis contente de te rencontrer.
« - Le plaisir est réciproque. Tu veux devenir chirurgienne, c'est ça ?
« - Je le voulais mais papa a raison. Quelqu'un doit reprendre la concession de voiture donc j'étudie le finance et…
« - C'est du n'importe quoi, tempête sa grande sœur en attrapant son portable pour envoyer un sms.
« - Il fallait bien que quelqu'un prenne la relève du commerce qui fait vivre la famille puisque tu es partie. Je n'ai pas eu le choix, dit-elle accusatrice avant de s'arrêter quand ma fiancée la fixe froidement.
« - Hey ! Aux dernières nouvelles j'ai fait les études que je souhaitais sans me soucier de ce commerce à la con ! Si tu avais assez de cran, tu serais en médecine au lieu d'étudier bêtement ce que ton père te dit d'étudier comme un gentil petit mouton qui obéit sans réfléchir.
« - Je réfléchis au contraire de toi ! Maman est morte de chagrin suite à ton départ !
« - J'ignorais qu'une personne qui n'a pas de cœur pouvait mourir de chagrin, dit-elle comme si elle réfléchissait à cette éventualité.
« - Maman avait un cœur ! Sinon elle aurait avorté quand elle t'attendait !
« - Parce que tu crois que ton père l'aurait laissé faire ? Monsieur je suis contre l'avortement quitte à avoir quinze gamins, assène-t-elle durement.
Je fixe ma fiancée choquée par la manière dont elle parle de sa famille. Je sais qu'elle nourrit beaucoup de haine contre eux, pour une raison que je ne connais pas, je refuse de croire que derrière cette haine familiale, il n'y a qu'une histoire de garçon, mais cette jeune femme qui fait face à sa petite sœur, je ne la connais pas. Je ne connais pas cette Mitchie cruelle et glaciale, qui ne respecte pas le souvenir de ses parents disparu. Je n'arrive pas à reconnaître son regard qui brûle d'une rage sans nom. Pourtant je sais qu'elle ne pense pas tout ce qu'elle dit. Elle ne fait que se défendre en attaquant la première. Pour ne pas laisser sa famille l'atteindre et la blesser une nouvelle fois. Du moins, je crois que c'est ça.
« - Je me disais bien que j'avais entendu la voix de ma petite sœur, crache une jeune femme entrant dans la chambre.
Contrairement à Jeanne qui a les cheveux châtain et le regard chocolat comme Mitchie, la nouvelle arrivée à les cheveux noirs coupés courts. Un carré plongeant qui lui va bien. Son visage a les mêmes traits fins que ma fiancée mais son regard bleu acier est celui de leur père. Plus grande que les deux autres, elle a quelques rondeurs que n'ont ni ma fiancée ni Jeanne. Si je ne me trompe pas, je dois faire face à Morgan. La vétérinaire qui voulait devenir peintre. Celle-ci pose une main réconfortante sur l'épaule de Jeanne qui semble se redresser à présent qu'elle est soutenue et je vois un sourire qui me fait froid dans le dos, se dessiner sur le visage de ma fiancée.
« - Alors tu vis encore chez papa-maman ? Il ne t'a pas autorisé à partir ? Tu n'as pas encore fait tes preuves petite chose obéissante, assène-t-elle durement.
Tout dans son attitude démontre qu'elle est prête au combat. Si elle semble détendue, je sais que ses muscles sont tendus, que son cerveau réfléchit déjà à comment parer la prochaine attaque. Ses épaules sont droites et son menton est relevé comme pour défier ses deux sœurs alors qu'elle arque un sourcil moqueur.
« - Tu te crois forte parce que tu as quitté le nid la première, raille la nouvelle venue, mais tu es seule ! Sans famille ! Qui pourra te soutenir quand ton mec te quittera pour une autre ? Comme Nate l'a fait avant lui !
Connaissant les sentiments que Mitchie éprouve pour cet ex en particulier, je ne peux qu'attester que ses sœurs savent aussi bien attaquer que ma fiancée. Fiancée qui ne cille pas face à ce coup bas. Coup qu'elle a dû voir venir puisqu'elle émet un ricanement dédaigneux
« - Arrête ne sois pas si dure avec moi Morgan, dit-elle en faisant semblant d'être touchée par cette remarque. Je ne sais pas si je pourrais m'en remettre… M'envoyer cette espèce de raclure en pleine figure… Franchement Morgan, si ce genre de remarque pouvait m'atteindre, crois-tu réellement que j'aurais fait le voyage jusqu'ici ? La seule chose qui me surprend c'est que tu as été la première à parler de ça, grimace-t-elle comme si elle venait de mordre dans un citron. Au moins, je peux me regarder dans le miroir sans ciller. Tu es toujours avec ta mexicaine ? Navrée mais ta vie m'intéresse si peu que je n'ai pas retenue le nom de la fille que tu fréquentais avant mon départ !
« - Mon homosexualité n'était qu'une passade, dit-elle malgré son regard qui flanche.
« - Je vois. Ton papa t'a dit que ce n'était pas bien d'embrasser une fille. Qu'il fallait se marier à un garçon pour faire honneur à cette famille de déglinguer ? Tu l'as quitté par lettre comme pour Jodie ? Ou bien t'es-tu contentée de ne plus lui donner de nouvelle en pensant bêtement qu'elle comprendrait puisque ton papa t'a dit qu'il ne fallait plus avoir de contact avec elle ?
Elle attaque avec la rapidité d'un serpent, c'est à la fois impressionnant et très perturbant. J'ignorais qu'elle était capable de ce genre de choses. Je ne sais pas si je dois être fier d'être à ses côtés ou non.
« - Rappelle-moi en quoi ça te concerne ? Tu l'as dit, je ne t'intéresse pas suffisamment pour que tu te souviennes du nom de mon ex, après tout.
« - Ah mais rassure-toi, ça ne m'intéresse pas ou plutôt aucun de vous ne m'intéresse, pouffe-t-elle méchamment, mais Shane tenait à rencontrer les gens avec qui j'ai grandi vingt-quatre ans, moins mes années d'études au college et à l'université. Je lui montre simplement de quoi vous êtes capables ! Cela dit, je suis presque déçue de vos attaques. On dirait des petites filles qui boudent parce qu'on leur a refusé un chocolat avant le dîner.
« - Toi, espèce de…
« - Laisse tomber, intervient Jeanne en arrêtant sa grand sœur. Tu vois bien qu'elle ne fait que nous provoquer pour qu'on passe pour les méchants auprès de son petit ami. Comme ça, il croira que c'est de notre faute si elle a abandonné sa famille et si elle a laissé sa mère, la femme qui lui a donné la vie, précise-t-elle en appuyant là où ça fait mal, mourir de chagrin. Viens on va aider Sandra à mettre la table. Même si je crains qu'on soit obligé de dîner en sa compagnie tellement agréable, dit-elle mauvaise.
Je pensais quoi de cette Jeanne, déjà ? Ah oui qu'elle était douce et gentille… La porte se referme alors que je change d'avis sur cette petite sœur. Ce sont toutes des bongares indiens (un des serpents les plus venimeux au monde)… Au venin mortel ! Je n'ose pas bouger mais en voyant ma fiancée s'accroupir au sol, je réagis et m'approche pour la prendre dans ses bras. Une fois encore, elle me repousse et je lui en demande la cause. Sans un mot, elle prend son portable et écrit. « Si tu me prends dans tes bras, je vais pleurer et je n'offrirais pas cette victoire à ces deux garces. Elles ne doivent pas me voir pleurer ! Jusqu'à la fin du séjour que ce soit demain ou dans dix ans ! » Je regarde le message qu'elle tape et je soupire. Sans un mot, je prends mon téléphone et écrit simplement « Ok. Après dîner ? » « Ok » répondit-elle sur son téléphone et je m'éloigne le cœur serré. Je comprends ces raisons, dans une maison aussi dangereuse, une seule larme doit être signe de défaite mais ça me fait mal de savoir qu'elle est blessée par ces retrouvailles. Même si elle a attaqué plus qu'autre chose, ce n'était pas elle. Mon téléphone sonne et je décroche en voyant que c'est maman.
« - Bonjour mère, dis-je dans ma langue natale afin que personne ne me comprenne. Bonjour mon fils. Comment s'est passé le voyage ? Mitchie va bien ? Elle m'a semblé à bout de force en partant. Elle va bien maman, au vu des circonstances en tout cas. C'est une jeune femme forte, j'ajoute en voyant qu'elle baisse la tête. Passe-là moi, je veux m'en assurer. Mère ! Es-tu en train de demander à ton fils qui n'est pas marié, d'entrer dans la salle de bain et de donner mon téléphone à ma fiancée qui est sous sa douche ? Voyons, dis-je choqué faisant rire les deux femmes les plus importantes de ma vie. Mitchie se lave. Je lui dirais que tu as appelé, ne t'en fais pas. Et que tu t'inquiète pour elle, j'ajoute. Très bien, soupire maman. Bon je vais rejoindre ton père, on passe en revu les derniers détails du bal. Mitchie a fait un travail fantastique avec cette salle de bal. Dommage que vous ne puissiez la voir. Elle fera encore mieux l'an prochain ne t'en fais pas. Là elle ne s'est pas donnée à fond puisqu'on n'y serait pas. L'an prochain ça sera plus que fantastique. Ça sera parfait !
Une nouvelle fois, j'entends Mitchie pouffer de rire et quand je croise son regard je lui souris. Elle a du se reprendre puisqu'elle se lève au moment où je raccroche avec ma mère. Sans un mot, elle embrasse ma joue. Je n'ose pas la prendre dans mes bras de peur de la faire pleurer aussi, je prends sa main que j'embrasse avec douceur. Je vois ses yeux pétiller d'amour et de joie et sans prévenir, elle me saute dessus me faisant tomber sur le lit. Je veux l'interroger mais elle sourit.
« - Demain, nous irons voir Suzie et après je te fais découvrir cette ville, qu'en dis-tu ? Toi et moi main dans la main sans ces deux espèces de connes pour nous gâcher la balade ? Je te montrerais un endroit que tu ne pourras qu'aimer, dit-elle énigmatique.
« - Ok je suis mon amour, dis-je avant de me redresser pour embrasser sa joue avec douceur.
« - Toc, toc, je peux entrer, demande Sandra en frappant. Vous êtes décents ?
Je le lui confirme et elle entre pour nous prévenir que le dîner est prêt. Je note qu'elle fronce les sourcils en regardant Mitchie mais elle ressort aussitôt alors que je m'interroge. Amie ou ennemie ? Je suppose que j'aurais la réponse bientôt, malheureusement. Mitchie quitte mes genoux et je me lève avant de prendre sa main en lui proposant de jouer les guides comme je suis le sien au château. Sa maison m'est inconnue après tout. On rejoint la salle à manger main dans la main et je croise le regard chiffonné du patriarche. Il nous indique nos places à l'opposé l'une de l'autre et je veux m'y rendre mais Mitchie me guide jusqu'à deux places côte à côte.
« - Aurais-tu oublier les bonnes manières que je t'ai apprises ?
« - Tu ne m'as rien appris, c'est ta femme qui se chargeait de l'éducation de tes enfants puisque tu refusais de t'occuper de ta progéniture. Sauf si bien sûr, il y avait eu un fils qui aurait pu transmettre le nom de famille et l'héritage familial, dit-elle mauvaise.
« - Chéri, laisse donc ta fille s'asseoir à côté de son petit ami. Les filles n'auront qu'à s'asseoir en face.
« - Bien. Puisque ta mère est d'accord avec ta rébellion alors soit, déclare-t-il.
« - C'est pas ma mère, c'est ton épouse !
Il veut objecter mais Jeanne et Morgan arrivent aussitôt. La plus âgée commence à se plaindre que je suis à sa place mais Sandra leur annonce qu'on prendra ces places durant tout notre séjour. Ça ne fait plaisir à aucune des filles de cette table, même Mitchie n'est pas ravie que sa belle-mère abonde dans son sens et j'essaie de comprendre pourquoi. Encore une fois je n'apprends rien pendant le repas. Peut-être demain durant notre balade ? Un bébé pleure à l'étage et Sandra va aussitôt le chercher alors que je m'étonne qu'il n'ait pas pleuré plus tôt. Mais il est vrai que les trois sœurs ne se hurlaient pas à la figure. Elles parlaient simplement de manière froide et cruelle.
« - Mitchie, je te présente ton neveu…
« - Ah non ce n'est pas le sien, souviens-toi, elle ne fait plus partie de cette famille, décrète Morgan. Puisqu'elle a changé de nom !
« - Un petit cadeau que je me suis fait pour ne plus être obligée de croiser ta face de clafoutis, rétorque ma fiancée avant de regarder Sandra. Mon neveu ? Ce n'est pas votre enfant ?
« - Non c'est celui de Suzie pour le moment.
« - Pour le moment, je demande surpris.
« - Eh bien oui, rougit-elle. Steve et moi avons décidé d'adopter ce petit bonhomme après le départ de sa maman, pour qu'il reste dans notre famille. Nous avons monté un dossier qui a été transmis au juge. Suzie n'aura plus qu'à signer les papiers quand elle les aura.
« - Woah ! Et le père du bébé, demande Mitchie. Il n'a pas son mot à dire ?
« - Ce petit con a mis ta sœur enceinte avant de la quitter, il n'a aucun droit sur lui et de toute façon, ta sœur a déclaré que son père était inconnu. Aux yeux de tous, ce petit Baptiste Sanchez n'a pas de père. Bien sur, quand je l'aurais adopté, il m'aura moi comme figure paternelle et je pourrais enfin être un vrai père, dit-il fièrement.
Je vois toutes ses filles pincer les lèvres comme pour se retenir de lui signaler qu'il a déjà eu quatre enfants et qu'il est déjà père, mais aucune ne peut se résoudre à lui dire la vérité. Venant des deux sœurs, ça ne me surprend pas, elles semblent obéir aveuglément à leur père mais Mitchie ? Pourquoi ne dit-elle rien ? Je veux lui poser la question mais elle se contente de dîner sans un mot. Ni même un regard pour ce petit bonhomme qui n'a pas plus de six mois. Par politesse, je demande quand il est né et Sandra sourit avant de m'annoncer qu'il a trois mois. Que Suzie a découvert sa maternité et son cancer en même temps. Qu'elle a tenue à aller au bout de sa grossesse quitte à mettre sa vie en danger. A cause de ce petit, elle n'a pas pu subir de chimiothérapie ni de radiothérapie et à présent, c'est trop tard. Son cancer est bien trop avancé. Subir ces traitement ne feraient que l'affaiblir.
…
« - Shane, est-ce que je suis nue, demande ma fiancée quand nous sommes seuls.
« - Non pourquoi ?
« - Parce qu'habituellement, c'est à ça que ressemble mes cauchemars. Moi obligée de revenir ici, apprendre que Steve s'est remarié et que sa nouvelle épouse lui a donné le fils qu'il attendait tant.
« - Ce n'est pas un cauchemar et tu es habillée mon amour, je souffle à son oreille.
« - Si tu le dis… Peut-on repartir demain ? Allons simplement voir Suzie et rentrons à la maison après la balade.
« - Voyons comment se déroule tes retrouvailles avec ton autre sœur aîné. Pour le moment aucune retrouvailles ne t'a été agréable, je souligne.
« - Mouais… Je vais me laver. Quoi qu'on te raconte en mon absence, n'y crois pas d'accord ?
Je hoche la tête amusé et une fois seul, je souffle longuement en songeant à cette soirée qui n'a pas été de tout repos. Seulement je dois manquer de chance puisqu'on frappe à la porte deux minutes plus tard. J'ouvre pour faire face à Sandra qui me demande si elle peut me parler. J'acquiesce et une fois assise sur le fauteuil du bureau, elle souffle longuement.
« - Je ne connais pas Michelle mais elle ne semble pas ravie d'être ici, n'est-ce pas ?
« - En effet. C'est moi qui l'ait poussé à venir. Elle ne voulait pas revoir sa famille, je reformule pour ne pas qu'elle comprenne que pour Mitchie ils sont tous morts.
« - Je comprends… Enfin je ne sais pas ce qu'il s'est réellement passé, mais je sais que Michelle a été très blessée selon Suzie qui s'en veut beaucoup… Quand Connie, leur maman, précise-t-elle inutilement, a appris qu'elle n'en avait plus pour longtemps, elle a envoyé un mail à Michelle pour la supplier de venir. Elle voulait la voir une dernière fois. Suzie a également essayer de la joindre pour la faire revenir mais… Eh bien, reprend-elle après une absence, nous savons tous qu'elle n'est pas venue.
« - Oui. J'ignorais que Connie était malade.
« - Nous ne nous connaissons pas tous les deux, mais promets-moi de faire en sorte que Michelle soit heureuse. Même si pour ça, elle ne doit plus jamais entrer en contact avec sa famille. Ne l'oblige pas à revenir. Ni à rester. Je suis certaine qu'elle voudra partir après avoir vu Suzie aussi, il faut que tu l'acceptes. Nous ne formerons jamais une famille et je doute qu'on rencontre la tienne même si vous vous mariez un jour.
Je hoche la tête songeant que cette Sandra est la personne la plus gentille de cette famille. Pour le moment en tout cas, et sans compter Mitchie qui est la personne la plus adorable que j'ai rencontré. La porte s'ouvre sur ma fiancée qui perd son sourire dès qu'elle croise le regard de sa belle-mère qui se lève au même moment. Elle nous souhaite une bonne nuit et s'en va alors que je préviens ma fiancée que je vais me laver.
Quand je reviens, elle est assise au milieu du lit en pyjama et je l'observe amusé. Elle porte un de mes tee-shirts et un legging noir.
« - Tu sais que tu es mignonne ainsi, je signale en fermant la porte.
« - Je sais… Que te voulais l'ex-maîtresse de Steve, ajoute-t-elle d'un ton léger.
« - Ex-maîtresse ?
« - Steve trompait Connie depuis des années avec Sandra. Sa secrétaire, histoire de faire bien cliché, précise-t-elle avec dédain. Connie le savait mais elle refusait de quitter son mari parce qu'il avait fait en sorte qu'elle ne puisse pas vivre sans lui. Pas de diplôme, pas de ressources et sans ressources, aucun moyen d'élever ses enfants… Alors que voulait-elle ?
« - Y a-t-il quelqu'un de normal dans ta famille, hormis toi, je demande surpris… Elle m'a dit de ne pas chercher à te revenir si tu voulais partir demain. De ne plus t'obliger à revenir ici si tu ne le voulais plus. Elle a compris que tu n'es pas heureuse ici et visiblement elle veut que tu le sois.
« - Elle est donc plus futée que je ne l'aurais pensé pour une briseuse de ménage… Enfin on ne peut pas vraiment lui en vouloir, c'est surtout lui qui trompait sa femme. Si Sandra avait dit non, il aurait tenté avec Noémie, sa comptable à la poitrine plantureuse, ou Carly son assistante aux jambes interminables.
Je le regarde surpris et elle hausse les épaules. Elle semble vraiment se moquer de tout ça ce qui me perturbe. Je m'assois à côté d'elle et lui demande doucement si je peux la prendre dans mes bras. Elle lève le nez de son téléphone sur lequel, elle était depuis mon retour et je n'attends pas sa réponse. Sa voix semble claire et assurée mais ma fiancée est sur le point de craquer. Son regard est douloureux. Je l'attire dans mes bras et elle enfouit son nez dans mon épaule pour étouffer ses sanglots. Pour l'aider, j'allume la radio et cherche une station d'informations. Si je mets de la musique, ses sœurs pourraient deviner qu'elle pleure, autant les laisser croire qu'on écoute simplement les infos du soir.
« - Merci monsieur Shane, souffle ma fiancée à mon oreille une heure plus tard.
« - C'est toujours un plaisir mademoiselle Mitchie, je souffle… Comprendrais-tu le norvégien ? Tu semblais comprendre ma conversation avec ma mère.
« - Seulement quand on parle doucement et au présent. Madeline m'aide puisque selon elle, ça me sera utile pour travailler à tes côtés.
Je veux la contredire, mon peuple comprendra si elle ne parle pas couramment le norvégien, mais sa main dessine sur mon torse et je me rends compte que nous sommes seuls. Dans une chambre et qu'aucun domestique ne risque de nous déranger. Je prends sa main et embrasse ses doigts avant de me lever. Je l'entends qui m'appelle doucement comme si elle craignait que je m'énerve ou que je la repousse. Ce que je serais incapable de faire. Comme elle, je regrette qu'on ne puisse avoir plus de temps pour nous pour nous découvrir et sans un mot, je verrouille la porte de la chambre avant de revenir vers ma fiancée qui sourit. Ses joues rougissent doucement et je capture ses lèvres pour ne pas être tenté de me moquer de sa soudaine timidité. Elle m'attire sur elle en roulant sur le dos avant que ses mains ne s'accrochent à mon cou caressant lentement ma nuque. Je soupire contre ses lèvres alors qu'une de mes mains glissent sur sa taille. Elle frémit quand je glisse lentement mes doigts sous le tee-shirt qu'elle porte et je gémis en sentant sa peau si douce. Le besoin d'air nous oblige à nous séparer et je descends sur sa mâchoire que je dessine de mes lèvres avant de remonter jusqu'à son oreille que j'embrasse.
« - N'allons pas trop vite mon amour. Tu l'as dit dans mon salon l'autre fois, nous avons toute notre vie de couple pour faire des bébés.
« - Je ne compte pas faire l'amour sous ce toit, ne t'en fais pas, mais… On n'est pas au palais Shane, n'aie pas peur de me toucher. J'aime te sentir tout contre moi.
Je souris contre son oreille et descends sur sa gorge que j'embrasse tout en respirant l'odeur de sa peau. Mon Dieu, elle est tellement délicieuse. Je soupire doucement quand ses mains glissent dans le col de mon tee-shirt et je m'écarte d'elle à contrecœur. Elle veut parler mais je m'en empêche en posant un doigt sur sa bouche. Je perds pied quelques secondes quand elle l'embrasse puis je me reprends et nous fais passer sous la grosse couette avant d'éteindre la lumière. Sa main attrape la mienne et la fait glisser sous le tee-shirt qu'elle porte. Elle ne lâche qu'une fois sur son nombril et je soupire son prénom avant de revenir contre sa bouche. Je souris en la sentant repousser mon tee-shirt et je l'aide avant de le retirer complètement. A présent que je peux profiter d'elle, de sa présence dans mes bras la nuit, je me rends compte à quel point, j'ai envie d'elle. A quel point mon corps réclame le sien. J'ai faim de ce corps qui m'est encore interdit quelques mois. Je sais que nous serions mariés avant noël prochain, mes parents y veilleront mais savoir que je vais devoir encore attendre six mois avant de la voir nue, avant de pouvoir poser mes mains partout sur elle, avant de pouvoir embrasser chaque millimètre de sa peau, avant de lui faire l'amour tout simplement me monte à la tête.
… … …
Flash-back POV Mitchie 22 ans
Morgan a été claire. Si je veux voir Nate, c'est à la piscine municipale que je dois me rendre. Bizarre, il m'a toujours dit qu'il détestait la piscine, l'eau est trop chlorée pour lui… Je me demande qui lui a fait changer d'avis mais je m'en réjouis. J'adore nager mais je n'osais plus y aller si je devais le voir dans la journée… Et vu qu'on se voyais tous les jours avant que j'entre à Princeton… Je souffle, pourquoi ai-je couru au juste ? Ah oui, parce que je ne l'ai pas revu depuis noël et tandis que mes copines de fac vont toutes en spring-break, moi je suis de retour à Cicero pour le voir et lui faire la surprise de passer la semaine avec lui. Je paye mon billet et je vais troquer mon débardeur et mon short contre mon maillot de bain rouge. Je sais qu'il adore le rouge et je l'ai acheté spécialement pour lui faire plaisir. On doit partir en vacances tous les deux cet été. Sur les plages de la Californie. Papa n'est pas ravi mais je m'en moque, une femme amoureuse est capable de tout ! Je fais un passage éclair sous la douche et je prends la direction des bassins. La piscine est bondée, la journée est chaude et je vais avoir du mal à trouver mon mec !
« - Pire qu'une page Où est Charlie, je songe à voix haute.
Tant pis ! Je suis bonne pour écumer chaque bassin… Si les gens pouvait cesser de bouger, ça serait sympa quand même ! Je pouffe de rire à cette idée et heureusement, personne ne fait attention à moi. J'évite le bassin spécial bébé et celui des enfants pour tourner autour du bassin des adultes Seulement j'ai beau en faire le tour et observer chaque visage, je ne reconnais pas les traits de mon mec ! Je suis des yeux un nageur mais quand il lève la tête je retiens une grimace. Non le mien est nettement plus beau que celui-là ! Je ne suis pas superficielle mais il devrait aller chez le dermato faire soigner son acnés, c'est franchement dégueu ! Comment veut-il avoir une copine ? Je me gifle en m'entendant juger ce type sur son seul physique. Si ça se trouve, c'est l'homme le plus gentil du monde et moi je ne suis qu'une pauvre conne qui pense être mieux parce que je n'ai pas eu de boutons à la puberté… Je mérite d'être maudite, voilà tout ! Pardon jeune homme de t'avoir jugé si méchamment sans même te connaître… Bon ok ce n'est pas le plus gentil du monde, je songe en le voyant pousser des gamins dans l'eau… Je réitère, c'est un pauvre type qui finira seul avec sa main droite comme seule compagne ! Bon je dois également me rendre à l'évidence, mon copain n'est pas dans l'eau. Notant qu'ils ont ouvert la petite terrasse pour ceux qui veulent bronzer ailleurs que dans leur jardin, je m'y rends et cherche un type beau comme un Dieu allongé seul devant une bande dessiné probablement. Je grimace en voyant un couple qui se bouffe le museau, ce baiser ne peut être qualifier autrement, et continue mes recherches… Bizarre ! Il n'est pas là non plus… Je regrette de ne pas avoir mon portable avec moi, j'aurais pu lui envoyer un message pour lui demander où il était… Mais adieu la surprise ! Je soupire et fais un dernier tour de la terrasse pour m'assurer qu'il n'est pas là et si c'est le cas, je retourne à la maison et je l'appelle… Je suis sortie de mes pensées par le visage de ma sœur... Elle se faisait bouffer le nez mais vu la position des mains de son gars, clairement ce n'est pas leur premier rencard. Je veux me rapprocher pour me moquer d'elle, que dirait papa s'il voyait sa précieuse Suzie en train de se faire peloter en public à la piscine municipale, seulement je m'arrête en découvrant enfin la tête de son mec… Du mien devrais-je dire ! Suzie semble enfin me voir et loin de rougir de honte, elle a son petit sourire satisfait. Je la vois taper sur l'épaule de son mec, ou du mien je ne sais plus du coup, et me désigner. Il tourne la tête et m'aperçoit. Il se lève et je note qu'il garde la main devant son… Bref devant son truc qui doit être dur. Il s'approche et me sourit.
« - Salut chérie.
« - Chérie ? Tu ne te trompes pas de sœur ? Vu le baiser que tu échangeais avec ma sœur aînée il y a quelques minutes, j'ai du mal à croire à ton « chérie », j'assène d'une voix blanche.
« - Ah ouais ça… Non mais c'est rien, je t'assure. Tu comprends, je suis un mec et j'ai des besoins. Et tu n'étais pas là…
« - Il fallait bien que quelqu'un l'aide à se vider les couilles, déclare ma grande sœur en s'approchant de nous.
« - Euh… Oui, je comprends.
Je n'ajoute rien et commence à m'éloigner avant de m'arrêter soudainement. Je me tourne et note qu'ils m'observent tous les deux. Nate semble perplexe quant à ma manière de réagir alors que Suzie sourit comme le vainqueur d'une tombola de campagne où le premier prix serait un cochon bien gras à faire rôtir.
« - Euh… A ton tour, j'espère que tu comprendras que c'est terminé entre nous ! Visiblement tu préfères ma grand sœur, je dis en fixant mon ex-copain.
Fin du flash-back
…
Voilà vous savez pourquoi Mitchie en veut à sa grande sœur et visiblement à Morgan également puisque c'est elle qui l'a envoyé à la piscine municipale… Et vous avez enfin rencontré Nate…
Miss Tagada (L)
