Disclaimer : tout appartient à JK Rowling, mise à part les Duchannes et quelques autres personnages...
Petite pub perso : Pour ceux que ça intéresserait éventuellement, j'ai écrit un livre l'année dernière et il a été publié en novembre 2015... Actuellement, ma mère est ma principale acheteuse, et même en partageant sur Facebook, ça reste un peu au point mort... Si ça vous tente, le livre s'appelle ADDICTIONS et mon nom est ELOISE GUILLERAND LHERM... Mon écriture est un peu plus naturelle que pour la fanfiction, un peu plus comme si je parlais... Ce n'est pas une histoire vraie, c'est totalement fictif... Si vous êtes tentés, vous êtes les bienvenus et si cela vous plait, n'hésitez pas à le partager.
Merci à vous, vous êtes les meilleurs !
EPILOGUE
Cléo Duchannes était dans sa cuisine, à préparer le déjeuné. C'était un dimanche, et comme tous les dimanches, c'était repas de famille. La famille s'était bien agrandit depuis le temps, même si la guerre avait laissé des stigmates en chacun d'entre eux, même si elle s'était déroulée douze ans auparavant. Elle avait les mains dans la pate à pain jusqu'aux coudes quand elle sentit des bras s'enrouler autour de sa taille et un corps chaud et ferme se plaquer contre le sien dans son dos. La femme sourit et reconnut immédiatement sa plus jeune fille.
Cléo Duchannes pouvait être fière de ses enfants. De tous ses enfants. Elle aurait aimé que son mari soit encore là, pour voir ce que devenaient les huit êtres qu'ils avaient mis au monde. Balthazar Duchannes était mort depuis douze ans, mais la douleur était toujours aussi présente. La mère de famille ressentait parfois une douleur sourde au fond de la poitrine quand elle se réveillait le matin et qu'elle tendait le bras vers le côté du lit qui était celui de son mari pour finalement se rendre compte qu'elle était seule. La solitude lui pesait, même si elle voyait au moins l'un de ses enfants tous les jours. Elle aimait profondément, viscéralement, ses enfants, mais son mari, son amant, son confident, lui manquait. Elle avait rencontré Balthazar quand elle était entrée à Beauxbâtons, à l'âge de onze ans. Ils avaient été rivaux, amis, puis un couple. Ils étaient ensemble depuis qu'ils avaient seize ans. Il avait été l'unique homme de sa vie et il avait traversé tous les obstacles de sa vie d'adulte. Le perdre avait été la pire chose qu'elle avait pu vivre. Le plus grand obstacle de son existence, et il n'était plus là pour l'aider à le franchir. Mais Cléo Duchannes était une femme forte, et elle avait gardé la tête haute malgré le chagrin, et elle avait vu ses enfants s'épanouir au fil des années, pour agrandir un peu plus leur famille.
Ange la lâcha et se plaça à côté d'elle, enfonçant son index dans la pate à gâteau au chocolat posée à côté d'elle. Cléo lui mit une tape sur la main, ce qui provoqua le rire de la jeune femme. Théophile apparut dans l'embrasure de la porte et sa mère eut un coup au cœur, comme à chaque fois qu'elle le voyait. Son fils ainé avait été transformé par la guerre, l'avait endurci. Il avait mal vécu la mort de son père, comme Kenji, mais il y avait fait face, portant sa mère pour qu'elle ne se fasse pas écraser par le chagrin. En vieillissant, il ressemblait de plus en plus à son père. Même s'il y avait toujours eu une ressemblance, cette dernière était devenue bien plus flagrante pendant ces dernières années.
Théophile avait travaillé en étroite collaboration avec les Aurors durant la période de l'après guerre, se noyant dans le travail pour oublier la perte tragique de son père, et il s'était acharné à faire enfermer tous les Mangemorts en fuite, veillant à ce qu'il n'en reste plus aucun dans la nature. A présent, tous les partisans de Lord Voldemort étaient soit morts, soit en prison. A trente neuf ans, Théo était devenu un avocat redoutable dont toute la communauté sorcière s'arrachait les services, mais l'ainé des Duchannes choisissait lui même ses clients et avec un soin tout particulier. Il ne défendait pas forcément les plus riches ou ceux qui lui apporteraient une plus grande notoriété. Non, il ne défendait que les innocents et les victimes, un choix qu'il pouvait se permettre maintenant qu'il était un avocat de renom et qu'il s'était fait une réputation en défendant le peuple sorcier face aux terroristes qu'étaient les Mangemorts.
Cléo regarda son fils, lui fit un sourire et dit :
- « Ton amie est arrivée ?
- Pas encore. »
La mère de famille eut encore un plus grand sourire quand son fils vint l'embrasser sur la joue. Théophile avait annoncé vouloir leur présenter sa petite amie, quelques jours auparavant, ce qui avait ravi sa mère et ses sœurs. Esteban était tout aussi content, mais il s'était contenté d'une grande bourrade sur l'épaule pendant que leurs sœurs poussaient des petits cris enthousiastes.
Cléo essayait de ne pas le montrer, mais elle était heureuse que Théo ait enfin trouvé quelqu'un. Il avait trente neuf ans maintenant, et il avait vu ses plus jeunes sœurs et son frère se mettre en couple et se marier, avoir une famille, alors que lui n'arrivait pas à trouver la personne idéale. Sa mère était ravie qu'il ait enfin rencontré la perle rare.
Elle devina la bêtise à venir au moment où elle vit les mains pleines de farine de sa plus jeune fille. La seconde d'après, Ange essuyait copieusement ses mains sur le visage de son frère, qui se retrouva les cheveux et le visage recouverts de poudre blanche. Trente neuf ans ou non, Théo répliqua en attrapant une grosse poignée de farine et frotta les cheveux de sa sœur avec, la faisant pousser des cris. Madame Duchannes rit et les poussa hors de sa cuisine pendant qu'ils continuaient de se chamailler et quelques secondes plus tard, elle entendait des cris et des rires dans le jardin, signe qu'ils avaient probablement attiré Esteban dans leur bagarre.
Une heure plus tard, alors que le repas était prêt, elle vit une jeune femme apparaître à la porte du jardin, et Théophile, qui s'était débarbouillé entre temps, se leva pour aller l'accueillir. Cléo se leva aussi pour saluer l'invitée, et elle entendit Esteban chuchoter à Ange :
- « Comment il a fait pour avoir une fille aussi canon. »
Esteban ricana quand il reçut une tape derrière la tête de la part de sa sœur mais s'arrêta quand son frère s'arrêta à côté de la grande table dressée pour accueillir tout le monde et dit :
- « Tout le monde, je vous présente Dana Sullivan. Dana, je te présente ma famille.
- Je suis enchantée », dit la jeune femme.
Elle avait un accent. Théo leur avait dit qu'elle était américaine. Quand Madame Duchannes lui serra la main, elle fut subjuguée par ses yeux. Elle avait des yeux verts. Pas aussi verts et aussi beaux que ceux de Lily Potter, mais le fait que sa peau soit d'une magnifique couleur chocolat au lait faisait ressortir ses yeux et donnait à son visage des allures de pays exotiques. Elle avait des cheveux longs et noirs, bouclés, qu'elle avait attaché en un chignon désordonné. Elle était magnifique. Théophile leur avait dit que Dana travaillait pour le représentant américain au Ministère de la Magie Anglais et qu'ils s'étaient rencontrés dans les couloirs alors qu'ils s'étaient rentrés dedans.
- « Je suis ravie de faire votre connaissance Dana. Mon fils m'a beaucoup parlé de vous.
- Le plaisir est partagé Madame. J'ai entendu beaucoup de bien de vous. Vous avez un fils exceptionnel.
- Merci. J'espère que vous trouverez mes autres enfants tout aussi exceptionnels malgré leurs manières désastreuses. »
L'américaine laissa échapper un rire et la mère de famille entendit Esteban marmonner derrière elle.
Théophile aida son amie à se débarrasser de son manteau et ils s'installèrent à la table au moment où il eut le pop caractéristique d'un transplanage. Instinctivement, tout le monde se crispa, vieux réflexe de la guerre, mais chacun se détendit quand Philomena apparut, accompagnée de son tout récemment mari. Suite à la guerre, Philomena avait trouvé un job à l'école primaire de Pré-Au-Lard et enseignait aux jeunes sorciers qui n'avaient pas encore l'âge d'aller à Poudlard, et elle s'était révélée étonnement douée avec les enfants. La troisième enfant Duchannes tenait entre ses mains un plat, et Cléo aperçut la grimace d'Esteban et Théophile se pencher vers sa petite amie pour lui chuchoter quelque chose. Depuis son mariage, Philomena avait décidé qu'elle allait se mettre à la cuisine. Sauf qu'elle n'était vraiment pas une bonne cuisinière, et personne n'osait lui dire de peur de la vexer, en espérant aussi secrètement qu'elle allait se rendre compte qu'elle était nulle aux fourneaux et qu'elle arrêterait. Mais visiblement, elle se trouvait très douée, et enchainait les nouvelles recettes, qui étaient aussi mauvaises que les anciennes. Madame Duchannes fit bonne figure en réceptionnant le plan qui dégageait une odeur étrange et reçut le baiser de sa fille.
- « Bonjour Maman.
- Bonjour ma Chérie. William, c'est toujours un plaisir.
- Plaisir partagé Madame. »
Ce fut au tour de Cléo de grimacer. Elle se trouvait plutôt cool dans le rôle de la belle mère, et le fait qu'elle ait des gendres et deux belles filles, bientôt une troisième elle l'espérait, très gentils et agréables jouait beaucoup. Elle les adorait tous. Tous, sauf le mari de Philomena. Enfin, personne n'aimait le mari de Philomena. William Sawyer travaillait à Gringotts, la banque des sorciers. Le fait qu'il soit banquier n'était en rien responsable de l'antipathie de la famille Duchannes, et plus, envers en lui. Non, la véritable raison était qu'il avait réponse à tout. Absolument à tout. Même Kenji et Arielle, qui n'étaient pas les sœurs les plus proches de Philomena et qui étaient les premières à dire que leur sœur ainée était à mourir d'ennui, ne comprenait pas ce qu'elle pouvait bien trouver à un type aussi nul. Et Madame Duchannes avait vraiment beaucoup de mal avec William, malgré ses efforts. Ils avaient tous espéré que Philomena finirait par ouvrir les yeux et quitterait l'homme, mais que nenni ! Elle ne l'avait pas quitté, elle l'avait épousé ! En plus d'être un Monsieur Je Sais Tout, William était pompeux et condescendant. Hermione Granger, la meilleure amie d'Harry, était une Miss Je Sais Tout, mais elle au moins était intéressante, et commençait à être jolie. Mais William n'était vraiment pas joli, et en plus il n'était pas intéressant. Non, vraiment, ce garçon ne plaisait qu'à Philomena. Mais bon, comme disait Arielle :
- « Philomena a toujours adoré aimé ce que les autres n'aimaient pas. Juste pour être différente. Il fallait bien qu'elle nous ramène l'emmerdeur de service et qu'elle l'épouse. Sinon, elle n'aurait pas été Philomena. »
Pendant que Théo faisait les présentations à Dana et que William se lançait dans le récit d'une de ses ''fantastiques'' aventures aux Etats Unis sous le regard narquois d'Esteban et le regard déjà épuisé de Théo, Madame Duchannes alla poser le plat de sa fille dans la cuisine. Quand elle revint dans le jardin, elle vit que Philomena s'était assise à côté d'Esteban et questionnait son frère :
- « Où sont ta femme et tes enfants ?
- Narcissa travaillait. Drago est avec les Potter et Gwen et Lukas sont chez Kenji et Sirius. Ils ne devraient plus tarder. Elle devait les récupérer à onze heures. »
Cléo s'approcha par derrière et caressa les cheveux de son deuxième fils, pendant qu'Esteban dans un élan d'affection, laissait sa tête partir en arrière pour la poser contre le ventre de sa mère et apprécier les caresses. Maintenant que ses enfants étaient devenus des adultes, et des parents, Madame Duchannes n'avait plus vraiment l'occasion de leur montrer des marques de tendresse de ce genre, et elle en profitait tant qu'elle le pouvait. Alors qu'Esteban attrapait son poignet pour l'embrasser, la porte en fer forgé du jardin grinça pour laisser passer la famille du deuxième garçon Duchannes. Ce dernier se leva et alla à la rencontre de sa femme.
Madame Duchannes sourit quand elle vit ses petits enfants et sa belle fille. La guerre avait laissé des marques sur Narcissa, des marques que Kenji portait aussi, du fait de leur condition de Banshee. Cléo alla embrasser la jeune femme.
- « Bonjour Cléo, la salua Narcissa. Comment allez vous ?
- Bien mieux maintenant que vous m'avez amené mes petits enfants. Et vous ?
- Bien mieux maintenant que je vous les ai amené. Lukas ne tenait plus en place. »
La sorcière rit et se pencha pour embrasser son petit fils.
La vie de couple d'Esteban et Narcissa n'avait pas forcément été évidente, surtout après la guerre. Etant donné que Narcissa était mariée à Lucius Malefoy, officiellement tout du moins, ils ne pouvaient pas se marier. Mais six mois après la guerre, alors que le sorcier croupissait à Azkaban, Narcissa reçut une lettre qui l'informait de la mort de son mari. Cela était peut être cruel de dire cela, mais ça avait été un soulagement pour tous. Lucius n'avait apporté que du malheur et il était temps pour eux d'être heureux. Après une période de deux mois, le temps à la jeune femme de régler les détails des obsèques du Mangemort et l'héritage, le couple annonça leur intention de se marier. Madame Duchannes en avait littéralement sauté de joie. Après des années, ils pouvaient enfin se marier et vraiment être très ensembles. Un an après la guerre, Narcissa abandonnait totalement les noms de Black et de Malefoy pour porter fièrement celui des Duchannes, une joie pour tous, même si la jeune femme était déjà considérée comme un membre à part entière de la famille depuis des années. Mais Théo avait alors annoncé, que Drago étant l'unique enfant de Lucius, même si ce dernier avait déshérité l'enfant, c'était le garçon qui récupérait la fortune entière des Malefoy. Etant donné que Drago n'avait que deux ans à l'époque, Narcissa avait été désignée, avec l'aide et le talent de Théophile, comme gérante de la fortune et elle dirigeait d'une main de maitre l'entreprise Malefoy, en attendant que son fils ait l'âge de prendre la relève, s'il le souhaitait.
Après leur mariage, le couple avait eu deux autres enfants. Le premier, deux ans après, était une petite fille, qu'ils avaient appelé Gwendolyn. L'enfant était magnifique, avec ses cheveux blonds et ses yeux gris. Un vrai ange. Enfin, en apparence. Parce qu'à neuf ans, Gwen ne savait pas vraiment ce qu'elle voulait, mais elle savait surtout ce qu'elle ne voulait pas ! Avec son caractère bien trempé, elle menait tout le monde par le bout du nez. Quant au deuxième, c'était Lukas, qui avait maintenant sept ans. Avec son sourire édenté, à cause de la perte de ses premières dents, le garçon zozoté légèrement et lui donnait un air adorable. Les enfants qu'ils avaient eu ensemble étaient très beaux, mais Drago les surpassait tous les deux, même si ce n'était pas très bien de le dire. Même si les Malefoy avaient tous été pourris jusqu'à la moelle par la magie noire, personne ne pouvait nier qu'ils étaient très beaux. Et Drago avait indéniablement hérité du charme de sa famille paternelle. Mais il avait aussi celui des Black. Ayant la moitié de ses petits enfants portant des gênes Black, Cléo Duchannes était mal placée pour ne pas voir qu'ils laissaient des marques indélébiles sur leurs enfants. A seulement quatorze ans, Drago était déjà très grand. Il avait les cheveux blonds, bien plus blonds que ceux de sa mère ou que ceux d'Esteban et il avait les yeux gris des Malefoy. Il ressemblait tellement à Lucius, que même si Esteban n'avait jamais avoué publiquement qu'il n'était pas le père biologique de Drago, personne ne pouvait nier le fait que Drago était bel et bien le fils de Lucius. L'adolescent connaissait l'histoire de ses parents, mais il n'avait jamais arrêté d'appeler Esteban ''papa'' pour autant et les Duchannes étaient quand même sa famille.
L'ainé de son fils l'embrassa sur les joues pendant que Cléo s'extasiait :
- « Mon Dieu, mais que mettent ils dans la nourriture pour que tu sois aussi grand ?
- Aucune idée », rit l'adolescent.
Drago était entré à Poudlard quatre ans auparavant, et il avait intégré la maison des Serpentard, ce qui n'avait été, en soit, une surprise pour personne. Après tout, ses parents étaient des Serpentards ! Mais pour une raison étrange, ce n'était pas avec Zoey, l'autre Serpentarde de la famille, que le garçon avait le plus d'affinité, mais avec Arielle. Le jeune homme l'adorait et dès que ça n'allait pas, il se réfugiait chez sa tante pour discuter avec elle. L'adolescent alla saluer son oncle et ses tantes ainsi que leurs compagnons, laissant sa place à Gwen qui sautillait vers sa grand mère. Arrivée devant elle, elle tournoya sur elle même, la jupe de sa robe volant autour d'elle. Jouant le jeu, Madame Duchannes posa les poings sur ses hanches et dit, une voix faussement interrogative :
- « Quelle belle robe tu as là !
- Tu as vu ?! Elle est belle hein ?
- Magnifique. Je me demande qui a bien pu t'ouvrir une si belle robe. »
La gamine rit et se suspendit au cou de sa grand mère pour l'embrasser. Cléo lui rendit son étreinte en riant aussi. Elle partit embrasser Ange, cette dernière s'extasiant sur la robe, comprenant parfaitement que c'était ce que la petite voulait pendant que Lukas observait Dana avec les yeux grands ouverts, manifestement sous le charme de la compagne de son oncle. Lukas ressemblait tellement à son père au même âge, que Cléo se surprenait souvent à l'appeler Esteban, erreur qu'elle faisait aussi avec la fille ainée de Kenji, même si elles n'avaient pas les mêmes cheveux.
Alors que le jardin commençait à résonner des rires des enfants, il y eut un autre bruit de transplanage et une petite rousse apparut, faisant lever Ange.
Laurelai Hamilton était la petite amie de la plus jeune des Duchannes. Ange avait découvert son homosexualité durant sa scolarité à Poudlard, un choix qui avait été largement approuvé par sa famille. Après la guerre, Ange avait entamé des études en marketing et gestion, et avait réussi ses examens avec un an d'avance. Grâce à ses excellents résultats, l'entreprise où elle avait fait ses stages lui avait proposé un travail et elle avait littéralement sauté sur l'occasion. Rapidement, elle avait gravi les échelons, et on lui avait proposé de diriger la branche caritative de l'entreprise. En gros, on la payait pour dépenser de l'argent. C'était ce qu'elle disait quand on lui demandait en quoi constituait son travail. Mais pendant son avancée fulgurante dans la hiérarchie, Greg Hamilton avait cédé sa place à son unique fille, Laurelai. C'est ainsi qu'Ange avait fait sa connaissance. Au début, elles n'avaient été qu'amies, mais Ange avait vite compris qu'elle ressentait plus que l'amitié pour la rousse. Mais le souci était que Laurelai était alors fiancée à un associé de son père. S'ils avaient été amoureux au début, ce n'était plus du tout le cas et quand ils s'étaient séparés, Laurelai avait trouvé réconfort auprès de Ange. Mais la fille Hamilton avait eu beaucoup de mal à assumer ses sentiments envers une femme, et Madame Duchannes se souvenait parfaitement que c'était une période où Ange n'allait pas très bien. Mais fort heureusement, Laurelai avait fini par se rendre à la raison et comprendre qu'aimer une personne du même sexe que soit n'était pas un crime et elles avaient entamé une relation, doucement. Au bout de deux ans de relation, elles avaient organisé une petite fête qui avait servi de mariage. Laurelai était une jeune femme adorable et elle correspondait parfaitement à Ange.
La rousse salua tout le monde et donna un plat à Madame Duchannes se penchant vers elle pour lui chuchoter :
- « Philomena m'a dit la recette qu'elle voulait essayer et j'ai pris la liberté de faire la même. Mais réussi.
- Tu es notre sauveuse, lui chuchota la femme.
- Pour tout vous dire, je n'ai toujours pas digéré le plat de la semaine dernière. J'avoue le faire un peu pour moi.
- Et nous t'en remercions tous. »
Cléo Duchannes se dépêcha d'amener le plat à la cuisine et le garder au chaud, remerciant le ciel que Philomena ait quand même accepté de parler de sa recette à quelqu'un. De plus, Laurelai était une cuisinière excellente et il était certain que cette semaine, ils avaient une chance de ne pas être malade à la fin de ce repas, même s'il faudrait bien qu'ils avouent un jour ou l'autre à Philomena qu'il fallait absolument qu'elle cesse ses expériences.
Alors que Laurelai parlait avec Dana et que Théo jouait avec Lukas, Cléo vit Regulus Black entrer dans le jardin, bientôt suivi par Arielle et leur deux fils. Gareth et Gabriel étaient très beaux, et surtout très jumeaux. A quinze ans, ils étaient en cinquième année à Serpentard, une victoire personnelle pour Regulus. Avec leurs cheveux très noirs et leurs yeux bruns, ils avaient un air ténébreux à tomber. Ils n'avaient jamais appelé Cléo ''grand mère'' tout comme ils n'avaient jamais appelé Regulus et Arielle ''Papa et Maman'', même s'ils avaient tous un petit surnom pour compenser.
- « Salut Madou, dit Gabriel en embrassant Madame Duchannes sur la joue.
- Bonjour mes grands. Alors cette semaine avec vos copains ?
- C'était génial, répondit Graham.
- Génial. Drago est déjà là si vous voulez.
- Merci Madou », dit Graham.
Les jumeaux allèrent à la rencontre de leur ''cousin'' et Cléo embrassa sa fille et son gendre.
Après la guerre, suite à la blessure faite par Evan Rosier, Arielle ne pouvait plus avoir d'enfant, un diagnostique que Cléo Duchannes avait fait elle même. Cela avait été un choc terrible pour la jeune femme qui avait toujours voulu avoir des enfants avec Regulus. A la fin de la guerre, Arielle avait très mal prit ce fait, et était devenue aigrie et amère, ce qui avait failli briser son mariage. Mais le Black n'était pas décidé à laisser les choses se détériorer ainsi et Madame Duchannes avait admiré sa détermination à sauver Arielle de l'abysse dans lequel elle s'enfonçait doucement. Regulus avait contacté Ange et lui avait demandé de l'aider. Par son travail, Ange avait de nombreux contacts dans les services sociaux, et quand Regulus avait déposé un dossier de demande d'adoption, sans en parler à Arielle, les choses étaient allées très vite, les noms de Duchannes et de Black rimant avec Vainqueurs. La guerre avait laissé de nombreux enfants orphelins et en demandent d'amour. Alors quand Regulus avait emmené Arielle à l'orphelinat et qu'ils y avaient retrouvé Ange, la jeune femme n'avait pas compris. Quand elle avait vu les jumeaux pour la première fois et qu'elle avait compris qu'ils les avaient adopté, elle avait sauté de joie. Même si elle ne pouvait pas porter d'enfants, elle pouvait donner tout l'amour qu'elle avait pour ses enfants qu'elle n'aurait jamais à des enfants qui étaient déjà là et qui n'avaient pas personne pour les aimer. Gareth et Graham avaient sept ans quand ils étaient entrés dans la grande famille des Duchannes. Arielle et Regulus avaient été clairs dans le fait qu'ils ne voulaient pas remplacer leurs parents, mais qu'ils voulaient leur offrir de l'amour et leur donner une belle vie. Les jumeaux les avaient adoré immédiatement et le couple s'était révélé être des parents de folie. Puisqu'ils ne voulaient pas les appeler ''Papa'' et ''Maman'' les jumeaux avaient surnommé leurs parents adoptifs ''Ma'' pour Arielle et ''Pa'' pour Regulus. Ce n'était pas papa et maman, mais Arielle en était trop heureuse.
Madame Duchannes accueillit sa fille dans ses bras et repoussa les mèches blondes d'Arielle derrière les épaules de celle ci et murmura :
- « Ca va ?
- Ca va. Je suis désolée de ne pas être venue te voir dernièrement. J'ai eu du travail.
- Je comprends ne t'inquiète pas. »
Arielle embrassa sa mère sur la joue et alla rejoindre son mari qui discutait avec sa cousine, posant sa hanche contre celle du jeune et en passant un bras autour de sa taille, Regulus passant son bras autour des épaules de sa femme en réponse. Presque tout de suite après, Katell arriva accompagnée de Zoey et du fiancé de cette dernière.
Après la guerre, la Gazette du Sorcier avait du faire face à des ''restrictions budgétaires'' et Katell en avait fait les frais. Alors quand son petit ami français, Aymeric Damien, lui avait parlé de ce poste vacant à la rubrique sport du journal sorcier français, Katell avait sauté sur l'occasion et était allée le rejoindre à Paris. Six ans après la guerre, Aymeric avait fait sa demande, et ils avaient échangé leurs vœux dans la capitale française. Alors qu'ils venaient de fêter leurs deux ans de mariage, Katell avait reçu une promotion et avait accédé au poste de rédactrice en chef du journal, pendant qu'Aymeric était devenu procureur du Ministère de la Magie Française. Si au niveau du travail tout allait bien, au niveau privé, les choses avaient pris une tournure dramatique un an et demi auparavant. Alors qu'ils essayaient de faire un bébé depuis trois ans, Katell avait proposé à son mari de faire des tests. Aymeric avait accepté et une fois les tests faits, les résultats tombèrent. Katell était stérile. La jeune femme avait très mal prit la nouvelle, mais pour une raison connue de lui seul, Aymeric l'avait encore plus mal prit. Deux mois après les résultats, alors que les disputes s'enchainaient, le français avait demandé le divorce, qui avait été prononcé quelques semaines auparavant. Katell avait alors quitté son job à Paris quand le rédacteur de la Gazette du Sorcier avait prit sa retraite et qu'on lui avait proposé de le remplacer. Elle avait trouvé un petit appartement pas très loin du Chemin de Traverse et passait beaucoup de temps avec sa famille quand elle n'était pas à son travail, mais Cléo ne pouvait pas s'empêcher de se faire du souci pour sa fille. Madame Duchannes connaissait sa fille par cœur et voyait bien que, même si elle faisait la fille forte, Katell n'était pas au meilleur de sa forme.
Quant à Zoey, cette dernière avait eu une opportunité en or après la guerre. Alors que Londres se remettait doucement de la guerre, la jeune femme avait été contactée par une grosse entreprise de recherches en potion. En Grèce. Le patron avait entendu parler d'elle par un ami anglais et il la voulait dans son entreprise avant que quelqu'un ait l'idée de la lui prendre sous le nez. Après réflexion, et après en avoir parlé à sa mère, Zoey avait accepté le job et avait fait ses valises pour aller s'installer dans le quartier sorcier d'Athènes. Si la langue n'avait pas été un problème, puisque les enfants Duchannes parlaient tous le grec couramment, le mode de vie était totalement différent. Zoey avait mit un petit moment à s'y faire, mais elle avait fini par sympathiser avec quelques collègues, qui s'étaient chargées de lui faire découvrir le charme de la ville. C'est lors d'une soirée entre copine que Zoey avait fait la connaissance d'un homme dans un bar. Enfin la connaissance, c'était vite dit. Il lui avait payé un verre, elle lui avait donné un faux nom et un faux numéro, et elle lui avait fait croire que le rejoindrait dehors pour rentrer ensemble avant de sortir du bar par derrière et rentrer chez elle en transplanant. Quelle n'avait pas été sa surprise quand elle avait été convoquée, un mois plus tard, dans le bureau du patron et s'était retrouvée face au bel inconnu du bar. Il s'avérait que le bel inconnu en question n'était rien de moins que l'héritier de la plus riche famille grec de sang pur et qu'il travaillait activement dans la fabrication de potions médicinales. Il s'appelait Adrian Soulakis et elle avait été bien obligée de lui donner sa véritable identité. Ils avaient travaillé ensemble pendant plusieurs semaines, le jeune homme tentant de la séduire par tous les moyens, pendant que Zoey faisait tout son possible pour rester professionnelle. Une fois le dossier bouclé avec brio, la jeune femme avait coupé les ponts avec le grec, mais c'était sans compter sur la ténacité de ce dernier. A force de persévérance, il avait fini par obtenir un rendez vous, puis un deuxième, et un troisième. Après le troisième, l'étape décisive était passée et leur relation évolua en quelque chose de sérieux. Au bout d'un an de relation, Zoey se décida enfin à le présenter à sa famille et son charme grec fit le reste. Il se mit la famille Duchannes au complet dans la poche et il fut adopté, au même titre que les autres, William excepté, bien sur. Si Madame Duchannes attendait avec impatience qu'ils se marient, les deux jeunes ne semblaient pas décidés à sauter le pas, même alors que Zoey attendait leur premier enfant. Visiblement, le fait que Kenji avait eu son premier enfant hors des liens du mariage avait convaincu sa jeune sœur que ce n'était pas parce qu'on allait avoir un bébé qu'il fallait se marier. A trente et un ans, Zoey rayonnait littéralement dans sa petite robe jaune, ses mains posées sur son petit ventre rebondi. Le bébé était attendu pour le mois de décembre, et la future grand mère avait hâte d'accueillir ce nouvel arrivant dans la famille, même si Zoey avait demandé à ce que ça soit Kenji qui l'aide à mettre au monde son bébé, ce que cette dernière avait largement accepté.
Après que ses filles l'eurent embrassées, son gendre se planta devant et lui tendit un magnifique bouquet de fleurs.
- « Mon Dieu Adrian merci ! Mais il ne fallait vraiment pas, vous savez.
- Ma mère m'aurait roué de coups si elle avait appris que je venais les mains vides.
- Vous êtes ici chez vous.
- Tout de même. Et un modeste bouquet de fleurs pour une aussi belle femme que vous, ce n'est pas grand chose.
- Arrête de draguer ma mère toi, dit Zoey en surgissant à côté de lui, un immense sourire sur le visage. Tu n'as pas honte ?
- Pourquoi ? Tu ressembleras à ta mère. Tu devrais te sentir flatter.
- Bien sur. Viens par là. »
Cléo Duchannes rit en retournant dans la maison une énième fois pour mettre les fleurs dans un vase. Au moment où elle disposait les fleurs, elle vit sa dernière fille arriver, accompagnée de sa famille et de ses amis.
Madame Duchannes prit un moment en voyant Kenji avancer.
Tous ses enfants avaient mal prit la mort de leur père, mais Kenji et Théophile avaient été les pires. Le fait d'avoir aussi perdu l'une de ses meilleures amies n'avait pas arrangé les choses pour la jeune femme et elle avait sombré dans une dépression. Alors qu'elle était allée lui rendre visite, Madame Duchannes l'avait entendu murmurer, se plaignant que les voix ne voulaient pas se taire. Et pendant une seconde, la mère de famille avait cru que sa fille devenait folle, ses pouvoirs la rongeant de l'intérieur. Mais Sirius avait fini par secouer les puces à sa fiancée et cette dernière avait doucement repris gout à la vie.
Etant donné que Cléo avait toujours aimé les familles nombreuses, elle n'avait nullement rechigné quand les Potter et les Lupin avaient commencé à devenir des habitués des repas du dimanche, bien au contraire.
Après la guerre, une fois Kenji sortit de son état léthargique, Sirius avait fait officiellement sa demande à la Banshee et ils s'étaient mariés, entourés de leur famille et de leurs amis, dans un mariage simple, mais magnifique. Kenji avait terminé ses études de médicomagie et s'était spécialisée en gynécomagie, alors que Sirius avait arrêté ses études pour devenir professeur et avait ouvert une agence immobilière avec James, qui marchait très bien.
La matriarche sortit de la maison et accueillit les derniers arrivants. La première chose qu'elle vit, c'est Juliette, qui lui dit rapidement bonjour avant d'aller attraper Drago par le bras et l'entrainer à l'écart.
A douze ans, Juliette ressemblait énormément à sa mère, excepté la couleur des cheveux. Grande, mince, les yeux verts des Duchannes et des épais cheveux noirs, la jeune femme était magnifique. Elle était entrée à Poudlard deux ans auparavant et était allée à Gryffondor, à la plus grande fierté de son père et de son parrain, qui n'avaient pas arrêté d'en parler pendant au moins un an. Juliette était très proche de Drago, mais intérieurement, sa grand mère savait que l'adolescente éprouvait plus que des sentiments platoniques pour lui. Après tout, le seul lien entre eux était la mère et le père de l'un et de l'autre, qui étaient cousins. Mais il y avait eu des liens bien plus consanguins dans les familles de sang purs.
Madame Duchannes fronça les sourcils en voyant qu'Ashley Lupin, la fille de Remus Lupin et de la regrettée Charline Duncan faisait la tête elle aussi.
A la mort de Charline, Remus avait traversé une période de doutes et cela pouvait se comprendre. Charline était celle qui l'avait convaincu qu'avoir ce bébé était une bonne chose malgré la lycanthropie du jeune homme, pour la simple et bonne raison qu'ils étaient ensembles. Mais la jeune femme avait donné sa vie en mettant sa fille au monde, et le loup garou était perdu. Cléo l'avait aidé, tout comme les amis du jeune homme, et avec l'aide de ceux qui croyaient en lui, il avait terminé ses études, trouvait une maison et avait commencé à travailler comme professeur de métamorphose. Il avait donné le nom que Charline avait choisi à leur fille et c'était ainsi qu'il avait commencé sa vie en tant que le père d'Ashley Lupin. En grandissant, il s'était révélé qu'Ashley possédait des caractéristiques de la lycanthropie, malgré le résultat négatif de l'examen qui avait été fait durant la grossesse de Charline. Cléo avait elle même refait des tests, et il s'avérait qu'Ashley n'avait, en réalité, récupéré que les meilleurs aspects de la maladie. Force accrue, rapidité supérieure, incapacité à tomber malade et un métabolisme de folie qui lui permettait de manger ce qu'elle voulait sans prendre un gramme, une injustice d'après Juliette. Les deux adolescentes étaient meilleures amies au même titre qu'Harry et Drago, ayant grandi ensembles et ayant le même âge. Mais visiblement, les deux gamines s'étaient disputées.
- « Que se passe-t-il ? demanda-t-elle en embrassant Kenji.
- Ne t'en fais pas, répondit la Banshee en agitant la main. Une histoire à propos de Drago. Et tu connais Juliette quand il s'agit de lui. Enfin bref. Quand j'ai essayé d'aborder le sujet avec elle, elle m'a littéralement hurlé dessus et je te parle pas de quand Sirius a tenté sa chance, se croyant plus fort que moi.
- Comment ça ?
- Si je te dis que Sirius a passé le reste de la matinée chez les Potter, tu vois ?
- A ce point ?
- Oui. »
Sirius était complètement dingue de ses filles. Et il était très proche de sa fille ainée. Cette dernière ne se disputait quasiment jamais avec son père, alors pour que ce dernier se sente obligé de quitter leur maison, c'était que la dispute était carrément plus grave que prévue.
Après Kenji, ce fut Harry qui vint la saluer.
L'ainé des Potter ressemblait tellement à James que ça en était presque effrayant. La seule différence entre les deux était les yeux, que l'adolescent avait hérité de sa mère. Il était entré à Poudlard en même temps que Drago, mais il avait intégré Gryffondor. Ils auraient pu devenir rivaux, à cause de la rivalité ancestrale entre leurs maisons, mais cela les avait plutôt rapprochés, même s'ils s'étaient fait des amis loyaux chacun de leurs côtés. Tout comme Drago, Harry avait intégré l'équipe de Quidditch de sa maison, tous les deux au poste d'attrapeurs. Il fallait dire que Drago était doué, mais même avec la meilleure volonté du monde, il n'arrivait pas à battre Harry, qui avait permis à sa maison de gagner la coupe des Quatre Maisons depuis son entrée à l'école. Car si les premiers années ne sont pas censés pouvoir jouer au Quidditch, MacGonagall avait fait une exception pour le jeune Potter. James se pavanait comme un paon quand il racontait cela, fière de son fils.
- « Bonjour Cléo, lui dit le jeune Potter.
- Bonjour mon grand. »
Cléo l'embrassa sur la joue, le garçon la dépassant déjà d'une bonne tête. Vraiment, ces adolescents étaient trop grands. Après Harry arriva le duo que la famille appelait affectueusement Tic et Tac. Ou plus communément Alyson Black et Grace Potter. La première était la deuxième fille de Kenji et Sirius, quatre ans plus jeune que son ainée, tandis que la deuxième était l'unique fille des Potter, ce qui faisait d'elle le petit bijou de son père.
Alyson était l'opposée de sa sœur. Elle avait les yeux gris des Black et le blond des Duchannes. Quant à Grace, elle avait les cheveux de feu de sa fille, et les yeux noisettes, mélange du marron de son père et du vert de sa mère. Par contre, et au plus grand déplaisir des adultes, James Potter avait refilé à ses enfants son gène des cheveux rebelles, ce qui rendait tout le monde littéralement dingue. Grace possédait une tignasse à rendre fou un coiffeur.
Tout comme Drago et Harry, Juliette et Ashley, Alyson et Grace grandissaient ensembles et avaient rapidement développé une complicité, qui faisaient qu'elles finissaient les phrases de l'une et de l'autre. Ce qui rendait aussi fou que les cheveux des Potter.
Remus s'avança vers la matriarche et la salua pendant qu'Ashley grognait un bonjour maussade. Et là, ce fut le drame. Alors qu'Ashley se décalait, Nymphadora Tonks, la compagne de Remus depuis deux ans, trébucha sur le sol pourtant plat et faillit s'étaler sur Cléo. Ce qu'elle aurait fait si Ashley ne l'avait pas attrapé par le coude pour la retenir, évitant une catastrophe.
- « Par Merlin, Cléo, je suis désolée, bafouilla le jeune femme.
- Ce n'est rien Tonks, la rassura la femme. Ce sont des choses qui arrivent.
- Je suis tellement maladroite que ça en est maladif.
- Ça, je confirme », dit Esteban en apparaissant.
Tonks, comme elle préférait qu'on l'appelle, faisait la formation d'Auror sous la tutelle d'Esteban, et il s'avérait qu'elle était un excellent élément, malgré sa maladresse.
Mais avant d'être l'élève d'Esteban, elle avait été celle de Remus. Celui ci l'avait recroisé par hasard sur le Chemin de Traverse, deux ans et demi auparavant et la jeune femme n'avait pas caché son attirance pour son ancien professeur. Le lycanthrope avait longuement hésité, mais fort heureusement, il avait fini par arrêter d'hésiter quand tout son entourage lui assura que personne ne le jugerait s'il sortait avec une femme treize ans plus jeune que lui. Cela avait été compliqué au début, Remus ayant l'impression que l'ombre de Charline planait au dessus de lui, et c'était Sirius qui lui avait conseillé d'arrêter de trop réfléchir. Charline n'était plus là, et elle aurait voulu qu'il soit heureux. Et pour arranger le tout, Ashley adorait la jeune femme, surtout que Tonks, de par sa capacité de métamorphomage, avait tout un tas de tours dans son sac.
Une fois la petite famille Lupin passée, ce fut Lily Evans. Une Lily Evans visiblement au bord de la crise de nerf. Cléo se précipita vers elle et lui prit l'un des deux bébés braillards des bras, la soulageant d'un fardeau.
- « Merci Cléo, la remercia la jeune maman.
- Inutile de me remercier Lily. Tu sais bien que c'est toujours un plaisir.
- Ils n'arrêtent pas de pleurer. Je ne sais plus quoi faire.
- Ça va aller. J'ai eu huit enfants, je vais t'expliquer comme gérer une crise de larmes d'une telle envergure.
- Je suis prête à prendre tous les conseils.
- On va aller les coucher dans le salon, où nous pourrons les garder à l'œil mais où ils pourront se reposer. Ils sont surement fatigués.
- Ils n'ont pas fait la sieste ce matin.
- Voilà. Mais d'abord, première étape.
- Je vous écoute.
- Refile, littéralement, les bébés à ton mari. C'est l'homme. Ils se targuent d'être les plus forts, un bébé ne leur fera pas peur.
- Je ne demande pas mieux.
- Parfait. James, mon grand !
- Madame Duchannes, dit le dit James en s'approchant, inconscient de ce qui allait lui tomber dessus. Vous êtes de toute beauté.
- Merci James, tu es adorable. Pourrais tu aller coucher tes fils dans le salon ? Le lit est installé et j'ai besoin de ta femme une minute.
- Et bien, je…
- C'est très gentil à toi. Merci beaucoup. »
Sans qu'il ne comprenne vraiment, le sorcier se retrouva avec les jumeaux dans les bras, bien obligé d'aller les coucher, pendant que Cléo allait faire asseoir sur une chaise en lui servant un verre de citronnade. Kenji vint s'asseoir à côté d'elle en lui tendant un morceau de pain chippé dans la cuisine.
- « Tu aurais du accepter l'offre de Juliette de faire du baby sitting, lui dit Kenji en la regardant grignoter le bout de pain.
- Je ne vais pas faire travailler ta fille.
- Si c'est elle qui le veut, pourquoi t'en priver ?
- Kenji a raison Lily, lui dit Cléo. Tu dois te reposer.
- Ils ne font toujours par leur nuit et le pire, c'est qu'ils se relaient. Dès que l'un s'arrête, l'autre commence et ainsi de suite. C'est un cauchemar. Quelle idée j'ai eu de vouloir faire d'autres enfants.
- Des jumeaux, c'est toujours plus compliqué Lily », la rassura Cléo.
Après leur fille, James et Lily avaient décidé de faire un troisième enfant. Mais ce bébé s'était fait désirer. Pendant cinq ans. Quand il était enfin arrivé, il était accompagné de son jumeau. Sauf que les terreurs ne faisaient par leur nuit depuis deux mois et que James arrivait à grapiller du sommeil pendant ses pauses au travail. Alors que Lily était au bord de la crise de nerf, malgré l'aide de Kenji.
James revint au moment où Sirius apparaissait, tenant sa plus jeune fille dans ses bras, la tête en bas.
- « Un jour, dit Kenji en les regardant, tu vas la faire tomber, et je vais te tuer. »
Sirius rit et remit sa fille à l'endroit en la reposant à terre. La fillette embrassa sa grand mère avant d'aller rejoindre Lukas pour jouer. Vu la voix calme de Kenji, ce n'était pas la première fois qu'elle faisait la remarque à son mari et ce n'était pas la première fois que Sirius obtempérait.
Après Alyson, un an après pour être précis, Kenji était à nouveau tombée enceinte, mais la grossesse s'était mal passée et elle avait perdu le bébé à six mois, ce qui était tard. Ce fut douloureux pour les deux parents, mais Kenji, encore fragile, sombra à nouveau dans la dépression. Et Sirius avait beau se battre, il n'arrivait pas à l'en faire sortir. Pendant un an, la jeune femme ne fut que l'ombre d'elle même. Et un jour, Arielle péta littéralement les plombs. Personne ne sut ce que la plus jeune dit à l'autre, mais cela aida puisqu'après cela, Kenji commença à remonter la pente tout doucement, en suivant une thérapie. Mais elle alla véritablement mieux quand elle tomba à nouveau enceinte. Et le 31 octobre 1990, neuf ans après ce qui aurait pu être le pire jour de leur vie, Kenji accoucha d'une troisième petite fille, qu'ils baptisèrent London.
Kenji regardait sa fille jouer avec son cousin, prit une moue et dit :
- « Je l'ai porté pendant neuf mois, j'ai souffert le martyre pour la mettre au monde, et elle ressemble comme deux gouttes d'eau à son père. A croire que je n'ai servi que pour lui donner la vie.
- Ce qui est déjà bien assez, moi je te le dis », répliqua Lily, faisant rire Cléo.
Quand tout le monde fut installé à table et que le repas commença enfin, Cléo se retrouva au bout de la table rectangulaire et regarda tout ce beau monde s'agiter en parlant, riant et en étant heureux. La génération de ses enfants avaient sacrifié beaucoup, offrant leur jeunesse à la guerre et au malheur, mais aujourd'hui, ils étaient heureux.
Ses enfants avaient eu des enfants, avaient gagné une guerre, avaient le métier qu'ils voulaient, étaient heureux.
En faisant ce constat, Cléo Duchannes eut l'impression, pendant une seconde, que son mari était à nouveau à côté d'elle, à observer cette immense famille qui était la leur, et qu'il lui murmurait :
- « On a réussi notre vie. »
Oui, ils avaient réussi leur vie.
Note de l'auteure : Et voilà ! Voici l'épilogue de MON SAUVEUR, qui a été changé et complètement réécrit. J'espère qu'il vous plaira, parce qu'il ne fait pas moins de dix pages et que j'ai mis quatre heures à l'écrire !
J'espère que vous avez prit autant de plaisir à lire cette histoire que moi à l'écrire...
Je tiens à vous annoncer qu'une sorte de suite, parlant des enfants de nos héros à l'âge adulte, est en cours d'écriture. Ca sera principalement concentré sur Juliette, évidemment, mais je ne suis encore qu'au début d'un premier chapitre, et j'aimerais la finir avant de la publier.
Je vous dis donc au revoir, pour un petit moment...
Mais avant de clore complètement MON SAUVEUR, je tenais à remercier tous ceux qui m'ont lu, principalement ceux qui m'ont laissé des reviews... Car chacun sait que les auteurs de fanfiction ne reçoivent aucune rémunération pour leurs écrits et que vos commentaires sont notre seul salaire... Vos avis m'ont permis de faire évoluer Kenji et les autres dans le bon sens et de faire d'eux ce qu'ils sont au moment où je mets le point final à cette histoire. Sans vous, Kenji n'aurait jamais pu exister et pour cela, je vous en suis infiniment reconnaissante...
A bientôt, et avec toute mon affection...
Bye
