Bonjour à tous !

Me voilà aujourd'hui, enfin décidée à partager cette nouvelle histoire avec vous !

Il s'agit d'une fanfiction inspirée de la célèbre saga Twilight, par Stephenie Meyer, univers qui lui appartient donc mais dans lequel j'insère un personnage de ma propre invention avec une histoire tout aussi personnelle.

N'hésitez pas à me donner votre avis, à me faire part de potentielles incohérences ou de points de l'histoire qui vous interrogent, si je poste ici c'est aussi pour faire évoluer cette histoire avec vous !

Je vous souhaite une bonne lecture !


1. Forks

Forks. État de Washington. États-Unis.

Voilà où je m'apprête à commencer ma nouvelle vie. Encore une autre, pensé-je amèrement. Je reviens du Québec, au Canada, où j'ai vécu plusieurs années. Je ne peux jamais rester très longtemps nulle part mais voilà bien longtemps que j'ai cessé de m'en formaliser. J'ai eu beaucoup de temps pour me faire à cette idée. Peu importe où je vais, l'existence me semble de toute façon fade. Dans ces conditions, le nouveau lieu de vie que je me suis choisi peut donc sembler particulièrement incohérent…

Là où Québec est une ville vivante et animée, où il y a maintes et maintes choses à découvrir et à faire, Forks est une bourgade située au milieu de nulle part et apparemment dénuée d'intérêt. Je crois que j'avais besoin d'un changement radical, mais je devine déjà que je vais vite regretter mon choix. Qu'est-ce que cette nouvelle vie peut bien m'offrir ? Probablement rien de ce que je recherche, mais il faudrait déjà que je sache ce que je recherche vraiment pour le dire.

C'est l'offre d'emploi pour un poste d'infirmière qui m'a décidée. Ayant de bonnes recommandations de la part de mon ancien employeur, l'hôpital du comté n'a pas hésité longtemps avant de m'engager. J'ai rapidement trouvé une petite maison en location en ville, près d'une petite épicerie. Le logement n'est pas très moderne et semble même plutôt dans son jus, mais j'ai été habituée à des conditions de vie bien pires que cela au cours de mon existence. Je ne suis donc pas très exigeante et peu m'importe.

En arpentant les rues de Forks pour la première fois, je me suis vite rendue compte de la curiosité des gens du coin. Tous doivent se demander ce qu'une aussi jeune femme vient faire seule dans une telle bourgade. Moi-même je me le demande avec plus d'insistance encore. Mais ici ou ailleurs importe peu, je me laisse seulement guider par le vent et là où il décide de me mener.

Lorsque je me rends à l'hôpital pour mon premier jour de travail, je constate une certaine effervescence dans les locaux. L'infirmière en chef m'explique qu'a lieu aujourd'hui le pot de départ d'un médecin réputé qui exerçait jusqu'alors ici, Carlisle Cullen. Le personnel se met en quatre pour lui adresser les au revoir qu'il mérite. Son départ semble en tout cas attrister tout le monde, signe du respect et de l'attachement que tous doivent lui porter.

Claire, l'infirmière en chef, m'abandonne très vite et confie la charge de me guider à une autre infirmière. Si Claire m'a semblée un peu sèche et autoritaire, je suis tout de suite prise d'affection par cette jeune infirmière qui m'accueille avec un sourire rayonnant.

– Bienvenue, Aina ! s'exclame-t-elle. Je suis Angela.

– Enchantée, Angela.

– De quelle origine est ton prénom ? Je ne crois pas l'avoir déjà entendu avant.

– Il est d'origine finlandaise, lui expliqué-je. Je viens moi-même du Danemark, à l'origine.

– Oh, tu es européenne ! s'émerveille la jeune femme. Et tu étais au Canada avant d'arriver à Forks. Tu sembles être une grande voyageuse, je suis admirative !

– Tu as toujours vécu à Forks, Angela ?

– Oui, toujours. Je n'ai pas la fibre du voyageur. C'est vrai que j'aimerais bien visiter l'Europe un jour, mais…

La jeune femme s'interrompt et ses yeux brun clair se font un instant rêveur. Puis son visage s'assombrit un peu, comme se morigénant pour ses espoirs futiles de voyage.

– Si tu en as envie, tu devrais le faire, lui dis-je.

– Ce n'est pas si facile, malheureusement. Et toi, qu'est-ce qui t'as amené à voyager comme tu le fais ?

– C'est compliqué, grimacé-je. Disons que rien ne me retenait, alors il a été facile pour moi de tout quitter.

Angela acquiesce doucement tout en commençant à se faire une idée de mon histoire que je devine à des lieux de la vérité. Comment l'en blâmer ? Mon histoire est absolument dingue et digne des plus fous romans. Un mélange de drame, d'aventure et de science-fiction. Moi-même, je n'en connais pas tous les ressorts. Si cela pourrait paraître frustrant, il n'en est rien. Je remercie chaque jour le ciel pour la mémoire limitée donc je suis dotée et qui me protège de tant de sombres secrets. Il est des souvenirs affreux que je suis bien heureuse d'avoir oublié. Seuls les mémoires que j'ai rédigés viennent parfois me les rappeler, quand je fais la bêtise de les lire.

– Tout va bien ? s'enquit Angela en remarquant que mon regard s'est voilé.

– Tout va bien, oui, la rassuré-je avant de changer de sujet. Tu m'expliques comment le logiciel de soins fonctionne ? Je n'avais pas le même à Québec.

Sans chercher à discuter plus, Angela s'exécute et entreprend de m'apporter un maximum d'informations pour me permettre de rapidement devenir autonome dans mon travail. Nous entamons ensuite les soins et la matinée passe à une vitesse folle. Je passe ma pause déjeuner en compagnie d'Angela qui commence à me parler du médecin qui nous quitte ce soir. Je ne mets pas longtemps à saisir l'admiration que la jeune femme éprouve pour lui. De la façon dont elle le décrit, je le devine très séduisant. Apparemment, toutes les femmes sont folles de lui ici, membres du personnel comme patientes.

Au-delà de son physique de dieu grec, il m'apparait également comme un excellent médecin digne de sa réputation. Lui et son épouse quitteraient justement Forks parce que le Dr Cullen aurait accepté une proposition d'emploi dans une grande ville américaine, dans un grand hôpital universitaire dans lequel il exercerait à la fois une position de médecin et d'enseignant. Ce poste me parait effectivement plus adapté à ses talents que le modeste établissement du comté.

Après le déjeuner, Angela et moi reprenons les soins puis, vers 16h00, l'infirmière en chef vient nous réquisitionner pour nous rendre au pot de départ du Dr Cullen. Ne l'ayant pas connu, je me propose de rester dans le service et de tâcher de me rendre utile, mais Angela insiste pour que je vienne en me faisant remarquer que nous avons été efficaces et que nous avons pris suffisamment d'avance dans notre travail de la journée. Je m'avoue donc vaincue et je suis Claire aux côtés d'Angela. Cette dernière se penche alors discrètement vers moi et me chuchote :

– Il ne fallait pas que tu loupes ça ! Le Dr Cullen est le type d'homme qu'on doit voir au moins une fois dans sa vie. Tu ne vas pas le regretter !

Je hausse les épaules, peu impressionnée, mais je comprends rapidement ce qu'elle a voulu dire quand je le découvre pour la première fois. Nous nous retrouvons dans une vaste salle de réunion où des tables ont été disposées tout autour de la pièce. On y trouve différents amuses-bouches et même des verres de champagne, ce qui me parait peu sérieux pour ceux qui doivent retourner travailler ensuite. Je suis Angela jusqu'à deux autres jeunes femmes que je devine aides-soignantes à la couleur de leurs tuniques. Et puis, peu de temps après notre arrivée, le Dr Cullen entre dans la pièce.

Il est accueilli par un tonnerre d'applaudissement que je ne peux qu'accompagner. Je découvre un homme jeune et blond, bien loin de l'image de quarantenaire poivre et sel sexy à laquelle je m'étais attendue. Cet homme est d'une telle beauté qu'il m'aurait paru bien plus évident de le voir déambuler sur un tapis rouge. Pourtant, je dois admettre être difficilement impressionnable de façon générale. Cet homme semble pourtant si irréel, avec son teint d'une pâleur inquiétante et ses yeux d'un joli topaze. Il y a quelque chose d'étrangement attractif dans l'aura qui l'entoure. Voilà un homme peu banal ! Angela se tourne vers moi et hausse les sourcils comme pour me dire « Je te l'avais bien dis ! ». Par la suite, en découvrant son épouse qui le rejoint, je suis une nouvelle fois scotchée. Sont-ils seulement réels ? Leur beauté semble tellement inhumaine.

Le Dr Cullen entame ensuite un discours et toute l'assemblée est pendue à ses mots, moi y compris. Sa voix est douce comme du velours et ses mots prononcés de façon harmonieuse, avec un petit accent britannique. J'admets avoir du mal à me concentrer sur son discours, tant je suis intriguée par sa personne toute entière.

Angela et moi restons une bonne demi-heure au pot de départ avant d'être rappelées par le devoir. Avant de sortir de la salle, je jette un nouveau regard vers le Dr Cullen, triste à mon tour de le voir quitter cet hôpital. Pendant toute mon existence, je ne crois pas avoir jamais rencontré de tels êtres que lui et sa femme. Pourtant, contrairement à ce que mon apparence de jeune femme de vingt ans le suggère, je suis sur cette Terre depuis de très longues années ! Carlisle Cullen et sa femme sont les premiers à venir piquer mon intérêt depuis un sacré bout de temps. C'est donc avec regret que je vais les voir s'en aller.

Je ne dis pas que les autres gens ne sont pas intéressants. Je trouve chaque individu intéressant à sa façon. Seulement, je parle là de l'exceptionnel. Je sais depuis bien longtemps qu'il existe des choses en ce monde qu'on ne peut pas expliquer. C'est à ces choses que je dois mon immortalité, mon fardeau plutôt que ma bénédiction. Mais, au fond de moi, je sais que Carlisle et Esmée Cullen sont faits de la même exceptionnalité que moi, il y a quelque chose chez eux d'inexplicable et j'aurais tellement aimé le découvrir. Je ne peux pourtant rien faire pour empêcher leur départ.

Un coup de coude de la part d'Angela me fait relever les yeux. Avec ébahissement, je découvre que nous nous apprêtons à croiser un séduisant jeune homme à la chevelure auburn. Ses yeux sont du même topaze que ceux des époux Cullen. Là encore, je devine tout de suite quelque chose d'irréel chez cet individu. Je ne peux pas m'empêcher de me retourner sur son passage et je le vois en faire autant de son côté, comme intrigué par ma personne lui aussi. Je me reprends cependant vite et continue mon chemin aux côtés d'Angela.

– Edward Cullen, le fils adoptif de Carlisle et Esmée, m'explique la jeune infirmière.

– Ils sont…

– Magnifiques, pas vrai ? m'interrompt-elle.

– Irréels, confirmé-je. D'où viennent-ils ?

– Probablement d'ailleurs que sur Terre, plaisante-t-elle.

Là-dessus, je ne peux pas la détromper. Peut-être Angela est-elle d'ailleurs bien plus proche de la vérité qu'elle ne le pense. Parce qu'à mes yeux, les Cullen ne peuvent définitivement pas être de simples humains.

– Tu devrais voir les autres membres de la famille, ajoute Angela. Rosalie est d'une beauté encore plus transcendante qu'eux tous réunis.

Je peine à imaginer que ce soit possible.

– Tu les croiseras peut-être. Les époux Cullen s'en vont mais le reste de la famille reste apparemment à Forks.

Tout n'est donc pas fini. Peut-être ai-je finalement trouvé ce que je recherchais en venant vivre à Forks ? Quelque chose de suffisamment exceptionnel en ce monde pour surpasser tout ce que j'ai jusqu'alors connu ?

Je reviens néanmoins rapidement à la réalité. La priorité en cet instant est mon travail. Je me replonge donc dans les soins et Angela et moi nous répartissons les tâches efficacement. Tout en me focalisant sur mes patients, je ne peux m'empêcher de me faire la réflexion que Forks n'est pas si dénuée d'intérêt que je le pensais. Finalement, peut-être que je ne vais pas regretter ma venue ici.

Ce soir là, alors que je sors du travail aux côtés d'Angela, j'ai l'impression d'être observée sans pouvoir cerner l'origine de cette sensation. Angela ne parait pas se rendre compte de mon trouble et nous marchons en silence jusqu'au parking.

– Puisque tu ne connais personne ici, on pourrait sortir un soir si tu veux ? me propose-t-elle gentiment.

– J'adorerais ça, Angela.

– Super ! Je pense qu'on va bien s'entendre toutes les deux.

– J'en suis moi aussi persuadée.

Je regarde Angela s'éloigner de moi avec le sourire. J'apprécie définitivement cette jeune femme. Je me suis promis depuis longtemps de ne jamais trop m'attacher à personne, mais une simple amitié ne peut pas me faire de mal. J'ai de toute façon déjà essayé de vivre en solitaire et ça ne m'a jamais vraiment satisfaite. Je cherche toujours le juste milieu mais ces dernières années je pense l'avoir plus ou moins trouvé.

Tandis qu'Angela quitte le parking en me saluant, je rejoins à mon tour l'habitacle de ma voiture et reprend la route vers Forks. Quand je me gare devant chez moi et que je sors de la voiture, je sens à nouveau un regard peser sur moi, comme une présence. Je trouve cela étrange, tentant de me convaincre que je me fais des idées, mais cela ne m'effraie pas plus que ça. Je referme la porte d'entrée derrière moi, la verrouille, puis entreprends de me préparer à manger. Ce n'est d'ailleurs pas une mince affaire avec les équipements rétro de ma cuisine.

La luminosité qui n'était déjà pas exceptionnelle dans mon salon commence à diminuer pendant que je suis aux fourneaux. Je comprends qu'il s'est mis à pleuvoir au bruit que les gouttes font en retombant sur ma toiture. On m'avait effectivement prévenue que Forks était un endroit particulièrement pluvieux.

Le lendemain, la pluie n'a toujours pas cessé de tomber et je me rends au travail sous une grosse averse. Je retrouve Angela dans les vestiaires avec plaisir et nous recommençons notre travail de la veille. Je sens déjà la routine s'installer et Angela et moi sommes un duo qui fonctionne bien. Puisque nous sommes toutes les deux en repos demain, la jeune femme me propose de sortir ce soir. J'accepte évidemment et nous nous retrouvons donc toutes les deux en direction de Port Angeles où nous mangeons dans un sympathique restaurant italien.

Je m'enquis auprès d'Angela sur sa vie à Forks. Elle me raconte son enfance ici aux côté des jeunes du coin, puis ses années lycées, ses quelques années à la fac et son retour à Forks pour travailler à l'hôpital du Comté. Elle m'apprend qu'elle a un petit ami nommé Ben Cheney et qu'elle a hâte de me le présenter. Quand elle s'enquit à son tour de ma vie, je ne sais pas trop bien quoi lui répondre. Pas que ma vie soit vide et dénuée d'animation, car Dieu sait que j'ai vécu plus de choses que n'importe quel humain ici, mais je ne peux décemment pas admettre à Angela que je suis née au Danemark au 18ème siècle. Comme toujours, il va donc me falloir maquiller la vérité à gros traits.

Je lui explique donc que je suis née au Danemark et que je me suis vite retrouvée orpheline. J'ai grandi en famille d'accueil, je me suis formée au métier d'infirmière, j'ai travaillé quelques temps et puis je suis partie au Canada.

Il y a bien des incohérences dans mon récit mais j'espère qu'Angela n'y prêtera pas attention. A mon plus grand soulagement, elle n'insiste pas. Généralement, on est conciliants avec les orphelins. C'est ce que j'ai souvent remarqué. A la place, ma nouvelle amie me demande de lui parler du Canada. Je satisfais sa soif de découverte à coup d'anecdotes.

Angela semble bien plus à l'aise quand elle m'écoute parler que quand elle parle elle-même. Pourtant, je n'aime pas beaucoup parler de moi, surtout parce que je ne peux jamais être parfaitement sincère, et je préférerais donc que les rôles s'inversent. De façon un peu sournoise, j'amène Angela sur un autre sujet. Elle se retrouve donc à me parler de son petit ami et je suis contente de voir les yeux de ma nouvelle amie pétiller d'amour. Ben semble être quelqu'un de bien et la jeune femme mérite un petit ami qui l'estime à sa juste valeur.

Quand Angela et moi allons régler notre repas au comptoir, la soirée est déjà bien avancée. Je n'avais pas réalisé à quel point le temps avait filé. Nous continuons notre discussion dans ma voiture, sur fond de musique. Une fois de retour à Forks, je dépose Angela chez elle et fais ensuite demi-tour pour rejoindre mon domicile. En me garant, je repère tout de suite une silhouette sombre sur mon perron. Mes yeux se plissent de suspicion. Qui donc se présenterait chez moi à une heure si tardive, alors même que je ne connais encore presque personne ici ?

Je ne me démonte cependant pas et sors de ma voiture, parfaitement sereine. Je n'ai plus peur de rien depuis longtemps et ça ne va pas recommencer maintenant. Je m'approche de la silhouette qui sort alors de l'ombre pour rejoindre la faible lueur des lampadaires. Je reconnais avec étonnement Edward, le fils du Dr Cullen qu'Angela et moi avons croisé la veille dans les couloirs de l'hôpital. Je m'arrête devant lui sans mot dire, encore un peu fascinée par sa beauté à laquelle je devine qu'on ne doit jamais vraiment s'habituer.

– Bonsoir Aina, me salue-t-il de sa voix de velours si semblable à celle de son père. Je m'excuse pour l'heure tardive, mais peut-on se parler ?