Bonjour, bonjour !
Pour commencer, quelques remerciements...
Merci aux lecteurs/lectrices qui ont ajouté cette histoire en alerte ou en favori !
Merci également pour les reviews auxquelles je vais répondre ici :
Cocci Blue : Je suis ravie que ce premier chapitre t'ai plu et j'espère vraiment que la suite répondra à tes attentes !
Mane-jei : Eh bien voilà la suite, et j'espère qu'elle piquera ton intérêt également ;)
Cela fait, je vous souhaite une bonne lecture !
2. Edward
Je hausse un sourcil sous l'étonnement. Première chose, Edward Cullen connait mon prénom. S'il n'a aucune raison de le connaitre à première vue, je peux cependant mettre ça sur le compte de Forks et de ses ragots qui voyagent à la vitesse de la lumière. Seconde chose, un peu plus étonnante en revanche, il souhaite me parler. Pourquoi diable ?
Je décide cependant de jouer le jeu et de ne pas faire l'ignorante.
– Bonsoir Edward, le salué-je à mon tour. Nous pouvons parler, oui. Souhaites-tu entrer ?
Il hoche la tête de façon presque imperceptible et me suit tandis que je déverrouille la porte et m'engouffre à l'intérieur. Je referme la porte derrière Edward et, sous la lumière blafarde du plafonnier, nous nous affrontons du regard.
– Tu n'as pas froid aux yeux, s'amuse-t-il. Me laisser entrer ici… Et si j'étais un meurtrier ?
Je souris à mon tour.
– Je ne pense pas que tu sois un meurtrier, répliqué-je.
– Comment peux-tu en être aussi certaine ?
– J'ai généralement un bon instinct.
– Et que ton instinct te dit-il sur moi ?
– Que tu n'es pas quelqu'un de banal, tout comme le reste de ta famille.
Edward semble patienter, comme s'il attendait que je poursuive.
– De quoi souhaitais-tu me parler ? m'enquis-je cependant, peu désireuse de le laisser mener la barque.
– De qui tu es, répond-t-il sans passer par quatre chemins. De ce que tu es.
Je ris face à son honnêteté.
– Je m'appelle Aina, plaisanté-je. Et, aux dernières nouvelles, je suis humaine.
– Mais tu n'es pas qu'humaine, pas vrai ? rétorque-t-il.
Son regard me traverse avec une intensité qui m'ébranle un peu, même si je ne l'aurais jamais admis à voix haute. Edward semble lire en moi avec une facilité enfantine. Comment est-ce seulement possible ? Comment a-t-il pu deviner ma particularité alors que rien ne peut laisser penser que je sois différente des autres ?
Il m'apparaît évident que les Cullen sont différents des autres, eux aussi. Néanmoins, il y a une nuance entre leur situation et la mienne. J'ai l'air normale. La particularité des Cullen, en revanche, est visible comme le nez au milieu de la figure.
– Toi non plus, pas vrai ? contre-attaqué-je donc avec un sourire malicieux.
– C'est vrai, admit-il.
– Alors qui es-tu ?
Edward reste un instant silencieux, comme s'il réfléchissait. Patiemment, j'attends sa réponse tout en essayant de lire en lui comme il le fait pour moi. Mais comment lire au travers d'un être comme Edward Cullen ?
– Tu es immortelle, lâche-t-il alors, en ignorant royalement ma question.
C'est une constatation, pas une question. C'est une certitude qu'il a manifestement et je ne peux donc qu'acquiescer. Qu'ai-je à perdre ?
– Mais tu es aussi humaine, poursuit-il.
J'acquiesce à nouveau.
– Alors comment ? me demande-t-il en fronçant les sourcils.
Si Edward paraît déjà connaître toutes les réponses à mon sujet, cette question là le laisse pourtant indécis. Comment ? Telle est effectivement la question que je me suis posée un nombre incalculable de fois. Pourtant, me voilà bien incapable d'y répondre. Je ne connais pas la moitié des réponses aux mystères qui me concernent, après tout. Edward Cullen risque d'être déçu.
– Tu ne sais pas… souffle-t-il. Fascinant.
– Que veux-tu dire ?
– Tu ne sais pas expliquer ta condition.
– Effectivement.
Ses pupilles topaze viennent à nouveau sonder les miennes. Si cela ne me dérangeait pas jusqu'ici, je commence à m'en agacer.
– Comment fais-tu ça ? lui demandé-je avec ahurissement. Lire en moi de cette façon.
Ma question le fait rire. Mes yeux se plissent d'agacement.
– Qui es tu, Edward Cullen ? insisté-je. Mais surtout, qu'est-ce que tu es ?
– Tu le découvriras en temps voulu, répond-t-il de façon sibylline. Tout ce que tu dois savoir pour l'instant, c'est que je suis comme toi. Je suis immortel.
Sa révélation me laisse coite. Un immortel ? Comme moi ?
– Je suis immortel mais je ne suis pas tout à fait comme toi, précise-t-il. Je ne suis pas humain.
– Pas humain ? relevé-je avec ébahissement.
Il hoche la tête pour me le confirmer. Mes pensées sont en ébullition. S'il n'est pas humain, alors que peut-il donc être ? Je sais que je devrais être inquiète mais je ne peux pas m'empêcher d'être un bien plus fascinée encore. Je ne m'étais pas trompée au sujet de l'exceptionnalité des Cullen. Ils cachent un secret qui est peut-être encore plus gros que le mien.
– Je n'ai jamais rencontré d'autres immortels avant, lui avoué-je. En tout cas, pas dont j'ai eu connaissance. Je pensais être la seule.
– Tu es peut-être la seule humaine immortelle. Je n'en ai jamais croisé auparavant non plus. Mais peut-être n'es-tu pas uniquement humaine ? Qui peut le savoir, si toi-même tu l'ignores ?
Je hausse les épaules. Je me suis posée la question de mon origine suffisamment souvent pour l'avoir explorée en long, en large et en travers. J'ai fais énormément de recherches sur le sujet sans jamais rien trouver qui puisse expliquer ma condition. Pourquoi ne puis-je pas vieillir ? Pourquoi mes blessures peuvent-elles guérir à une vitesse inhumaine et avec une efficacité redoutable ?
Si j'avais donné mon corps à la science, peut-être auraient-ils pu découvrir des choses très utiles. Il n'a cependant jamais été question que je le fasse. Je serais devenue une bête de foire, un monstre. Non, jamais je n'aurais pu m'abaisser à cela. Même pour découvrir la réponse aux questions qui me hantent depuis toujours !
De façon presque imperceptible, je vois Edward hocher la tête. Je plisse les yeux d'un air suspicieux. N'est-ce qu'une impression ou bien peut-il littéralement lire en moi depuis tout à l'heure ? Pourtant, je ne peux me résoudre à y croire. Deviner les pensées de quelqu'un, c'est quelque chose, mais pouvoir les lire avec une parfaite justesse, c'est autre chose.
– Tu as pourtant raison, intervient Edward. Je peux entendre tes pensées très clairement. Excuses-moi pour l'intrusion, je ne le fais pas exprès.
Il me contemple avec amusement tandis qu'il lâche cette bombe. Pour la seconde fois en peu de temps, je me retrouve absolument stupéfaite et sous le choc. Qui es-tu donc, Edward Cullen ? pensé-je.
– Peut-être devrais-je te laisser un peu de temps pour te remettre de tes émotions ? propose-t-il. On pourra parler de tout ça un autre jour. Si je suis venu ce soir, c'est parce que je voulais en avoir le cœur net.
Une révélation fait son chemin dans mes pensées.
– Si tu m'as soupçonnée, c'est parce que tu as lu – ou entendu, peu importe – mes pensées quand on s'est croisé à l'hôpital, c'est ça ? Je ne sais plus à quoi je pensais précisément à cet instant, mais ça devait concerner ma particularité, vu comme j'étais bouleversée par ma rencontre avec le Dr Cullen.
Il hoche la tête pour me le confirmer.
– Et… Est-ce que c'est toi qui m'as suivie hier soir ? m'enquis-je ensuite en faisant le lien. J'ai senti une présence, sans pouvoir vraiment me l'expliquer.
– C'était moi aussi, admet-il avec une grimace d'excuse. Je suis désolé mais il fallait que j'écoute tes pensées pour être certain de ce que j'avançais.
Je me sens un instant envahie dans mon intimité. Tu es un voyeur, Edward Cullen. Cependant, je ne peux pas lui en vouloir. S'il ne contrôle pas ce don comme il le prétend, alors comment l'en blâmer ? Bien sûr, me suivre est encore tout autre chose, mais si j'avais été dans sa situation, j'aurais certainement été capable d'en faire autant. Je suis autant un mystère pour lui qu'il l'est pour moi. Enfin, presque. La différence, c'est que je ne peux pas lire en lui et qu'il choisit bien volontairement de ne pas me dire toute la vérité sur lui.
– Tu ne comptes pas me révéler qui tu es ce soir, alors ? lui demandé-je.
Il secoue la tête.
– Pas comme ça, non, admet-il. Je peux bien sûr compter sur ta discrétion pour le reste ? Après tout, j'en sais plus sur toi que tu n'en sais sur moi. Il serait quelque peu… imprudent de disséminer ces informations auprès d'oreilles innocentes.
– Serait-ce des menaces, Edward Cullen ? relevé-je. Je n'aime pas trop les menaces. Par ailleurs, tu peux bien sûr compter sur ma discrétion. Nous sommes tous les deux des immortels, pourquoi donc m'amuserais-je à révéler ton secret si tu gardes le mien ?
– Je suis content de te l'entendre dire.
– Je n'en saurais pas plus ce soir sur le mystérieux secret de ta famille, alors ? insiste-je à nouveau. Pas même un indice ?
– Bien essayé, mais non.
– Alors quand, Edward ?
– Quand je l'aurais décidé, Aina.
– Je n'aime pas beaucoup quand on décide pour moi.
– Je vois bien que tu n'aimes pas ça, mais ce n'est pas uniquement de mon secret qu'il s'agit, s'explique-t-il. Je me dois de consulter ma famille avant toute chose.
Je soupire. Je ne peux pas réfuter cet argument là. Je me dois de m'incliner. Avec un sourire énigmatique comme il semble en avoir le secret, Edward me souhaite ensuite de passer une bonne nuit puis s'éclipse sans plus de préambules.
Je reste un instant figée face à la porte fermée, m'attendant à entendre le bruit d'un moteur qui démarre, mais rien. Après réflexion, je ne me souviens pas avoir vu la moindre voiture inhabituelle garée devant chez moi. Angela m'a pourtant raconté que les Cullen vivaient dans un endroit reculé, pratiquement en plein milieu de la végétation. Edward ne peut donc pas être venu à pieds. Et pourtant, il semblerait que le mystérieux Edward ait bien des talents. Pour ce que j'en sais, peut-être est-il capable de se téléporter ?
Il m'a avoué qu'il était immortel, comme moi, mais pas humain. Si lui et sa famille ne sont pas humains, alors que peuvent-ils donc bien être ? Ils ont l'apparence d'êtres humains, en dépit de leur beauté surnaturelle. Il existe bien des mythes et légendes qui pourraient correspondre à leur cas, mais je serais bien incapable de deviner laquelle de ces histoires contient la vérité. J'en ai étudié beaucoup trop lorsque je cherchais à résoudre le secret de ma propre identité. Il est maintenant difficile de démêler cet amas confus de connaissances, d'autant plus avec ma pauvre mémoire qui se sature de jours en jours, laissant s'échapper peu à peu une partie de mes souvenirs.
Je sais que cela va être difficile pour moi mais je compte bien ne pas tenter de résoudre le secret des Cullen par moi-même. Je sais bien que je risquerais de me faire des fausses idées. Au lieu de cela, il va me falloir faire preuve d'une patience à toute épreuve. J'en suis normalement capable mais j'admets que la situation actuelle est absolument inédite pour moi. Mon intérêt est ravivé comme il ne l'a pas été depuis longtemps, mais j'apprécie la sensation de ce mystère encore irrésolu. J'ai souvent appris à relativiser. La vérité n'en sera que meilleure à découvrir !
En me glissant sous mes couvertures ce soir là, mon regard se perd vers la bibliothèque où se trouvent mes précieux mémoires. Ces récits de ma vie que j'ai rédigés au fil des ans et qui contiennent certains de mes meilleurs et de mes pires souvenirs. Si ma mémoire me fait parfois défaut, ces carnets d'un autre temps maintiennent mes souvenirs vivants sans faillir. Il m'est pourtant déjà arrivé de tricher.
Quand l'envie me prend de lire mes mémoires, je découvre parfois des pages déchirées sans parvenir à comprendre ce qui a pu justifier un tel acte. La seule raison valable que j'imagine, c'est que ces souvenirs étaient trop atroces pour que j'aie envie de m'en rappeler. Dans ces moments, je ne peux m'empêcher de frissonner. Je sais que j'ai vécu de sales moments au cours de ma vie, mais qu'avaient ces souvenirs de si terrifiants pour que je me décide à les reléguer à l'oubli le plus total ? Car, une fois hors de mon esprit et de mes mémoires, il n'y a plus aucun retour en arrière. J'ai donc du agir dans ce que je pensais être mon meilleur intérêt. Pourtant, je me questionne souvent au sujet de ces bouts de vie oubliés. C'est plus fort que moi.
Edward Cullen et ses mystères sont venus réveiller cette curiosité en moi. Sachant très bien que je vais venir à le regretter, je décide de reprendre la lecture de mes mémoires à zéro à partir de ce soir. Il est temps pour moi de raviver de vieux souvenirs, même si cela risque de ne pas être agréable.
Je me saisis du premier volume d'une main tremblante et caresse doucement la couverture vieillie du doigt. Je prends un soin tout particulier de ces vieux carnets. Ils sont la prunelle de mes yeux. Ils représentent toute ma vie et tout ce que mon cerveau n'est pas capable de se rappeler. Si je venais à les perdre, je ne pense pas que je le supporterais. Bien sûr, les relire me plonge parfois dans d'affreux états, m'emportant dans des crises de larmes terribles, m'infligeant des douleurs passées que mon cœur brisé avait jusqu'alors oubliées. Ce sont néanmoins mes souvenirs et ce sont eux qui ont fait de moi ce que je suis aujourd'hui. Il ne s'agirait pas de l'oublier.
Le cœur anxieux, j'ouvre donc le premier carnet et mes yeux tombent sur une vieille écriture, du temps où nous devions encore écrire à la plume et à l'encre, quand les stylos n'existaient pas encore. Cependant, j'ai toujours trouvé qu'écrire avec une plume et de l'encre avait un charme que le stylo n'aurait jamais, comme si cette encre là avait une manière bien singulière de figer les mots dans le temps. M'imaginer quelques siècles auparavant, installée à un vieux bureau en bois, m'éclairant à la lueur d'une bougie, provoque une certaine nostalgie en moi. Je ne sais jamais dire si je regrette ce temps ou pas, mais ce sont les plus anciens moments de ma vie dont j'ai connaissance et ils auront toujours une saveur particulière, quand bien même ce ne sont que des souvenirs recréés au travers des lignes que je suis sur le point de lire…
Voilà pour le second chapitre !
Je vous préviens dès maintenant que le prochain chapitre sera un peu particulier.
En effet, jai décidé d'adopter ce rythme là : deux chapitres normaux, un extrait de carnet d'Aina, puis à nouveaux deux chapitres normaux, un extrait de carnet, etc etc.
Les extraits de carnet d'Aina seront globalement un peu plus courts que les chapitres normaux, mais je les trouve important pour la compréhension de l'histoire d'Aina. Ils consisteront en des bouts de l'histoire de la jeune femme, surtout les événements importants de son passé, et ils permettent notamment d'apprécier son évolution (à mes yeux en tout cas).
Quant à mon rythme de publication, je poste généralement 1 chapitre par semaine, ce qui me permet d'avoir du temps pour conserver la petite avance que j'ai en termes de chapitres.
En espérant vous retrouver pour le prochain chapitre, je vous dis à très bientôt !
