Bonjour bonjour !

Dans ce nouveau chapitre, il est maintenant temps pour Aina d'en apprendre plus sur les Cullen !

Je vous souhaite une bonne lecture !


3. Le secret des Cullen

Alors que je tapote sur le clavier de l'ordinateur de service, entrant les données que je viens de relever auprès d'un patient, mon esprit s'évade un instant vers le passé et notamment vers mes souvenirs avec les Christiansen.

J'ai rêvé d'eux cette nuit, ce qui arrive fréquemment quand je me replonge dans mes carnets. J'aurais aimé pouvoir me rappeler très nettement de cette famille que j'ai apparemment tant aimée mais j'en suis incapable. Dans mes rêves ne demeurent que des impressions et des sentiments. Quant aux visages, ils sont totalement brouillés par le temps qui a passé.

Quand nous nous retrouvons en pause, Angela et moi, je lui demande de me parler d'Edward Cullen. Cela aura le mérite de me sortir de ma nostalgie. Je sais qu'Angela a été au lycée en même temps que lui puisqu'elle me l'a raconté la veille. Elle ne s'étonne pas de mon intérêt pour Edward. Je suppose que, déjà au lycée, il attisait déjà l'intérêt de tous.

Elle m'explique comme lui et ses frères et sœurs ont toujours été à l'écart des autres, en tout cas avant l'arrivée de Bella Swan. Personne ne savait trop comment, mais Bella avait séduit le beau Edward et, peu à peu, il s'était un peu plus mêlé aux autres. Les Cullen n'étaient cependant pas du genre à parler d'eux et personne ne savait grand-chose sur leur vie personnelle. Bella Swan était certainement la seule à connaître leurs secrets.

Angela m'apprend ensuite que lui et Bella se sont mariés il y a quelques années de cela et qu'ils ont même adopté une enfant ensemble. La rapidité de cette union avait surpris tout le monde et de nombreuses rumeurs avaient couru sur eux à l'époque. Les deux amoureux ne semblaient cependant pas s'être laissés atteindre et avaient menés leurs projets à exécution sans faire de cas des racontars.

– Depuis son union avec Edward, je n'ai plus vraiment de nouvelles de Bella, m'apprend Angela. Je l'ai cependant aperçu quelques fois et elle a… changé. Elle a la même grâce que tu as pu constater chez les Cullen. Si c'est quelque chose qu'on acquiert à leur contact, je veux bien que la même chose m'arrive !

J'acquiesce pensivement.

– Et que font Edward et Bella dans la vie, maintenant ?

– Alors ça, je l'ignore totalement. Les Cullen vivent une vie très secrète, tu sais. Et puis, comme je te l'ai dis, je n'ai plus de contacts avec Bella.

Notre conversation au sujet des Cullen s'arrête là parce qu'il n'y a plus rien à dire. Mon état d'incompréhension est toujours le même. Je n'ai toujours pas la moindre idée de qui sont ces étranges individus. J'ai maintenant hâte d'avoir des nouvelles d'Edward. Pourtant, celui-ci ne daigne se manifester que plusieurs jours après ça, le dimanche qui, par chance est mon jour de repos. Néanmoins, je ne sais pas si la chance a grand-chose à voir avec ça. Edward semble au courant de bien des choses et je ne serais pas étonnée qu'il se soit renseigné lui-même sur mon emploi du temps.

C'est en début d'après-midi qu'on vient frapper à ma porte. Je ne suis pas surprise de le découvrir sur le pas de ma porte. Il semble d'extrêmement bonne humeur et, derrière lui, je remarque une rutilante Volvo grise.

– Edward, le salué-je d'un petit hochement de tête. Le moment est venu ? Tu vas finalement me révéler ton secret ?

Il acquiesce et je l'invite à entrer d'un geste, mais il secoue la tête.

– Pas ici, s'explique-t-il. Je t'invite à la résidence des Cullen.

– Rien que ça ! Devrais-je avoir peur de pénétrer dans votre antre ? Il paraît que votre maison est très éloignée de la civilisation.

Il rit.

– C'est à toi de voir, réplique-t-il. Tu peux prendre le risque de me suivre, ou bien tu peux choisir de ne pas venir et de rester dans l'ignorance.

– Je t'ai déjà dis que je n'aimais pas beaucoup le chantage ou les ultimatums, lui rappelé-je. Je vais cependant te suivre et tu le sais bien. Je suis beaucoup trop curieuse pour reculer maintenant.

Il acquiesce et m'invite à sortir. J'attrape une veste, verrouille la porte d'entrée derrière moi, et le retrouve à côté de sa Volvo. Galamment, il me tient la porte côté passager et je m'engouffre à l'intérieur. Il ne tarde pas à s'installer sur le siège conducteur et, sans un mot, démarre.

– Toute ta famille est là ? m'enquis-je.

Il hoche la tête.

– Ils sont aussi curieux de te rencontrer que tu l'es.

– Que leur as-tu dis de moi ?

– Tout ce que je sais.

– Tu aurais pu maintenir le suspens… lui fais-je remarquer.

– Oh mais tu as certainement encore beaucoup de choses à nous apprendre, j'en suis persuadé. Tu sais, je ne peux entendre que les pensées qui te traversent l'esprit à l'instant présent, guère plus. Certains de tes secrets sont donc encore à l'abri.

Il s'esclaffe et je grimace, toujours peu ravie de savoir qu'Edward a un tel don. En tout cas, je note ! pensé-je. Contrôler mon esprit quand Edward Cullen est à proximité.

– Combien de membres de ta famille y-a-t-il ? demandé-je pour penser à autre chose.

– Il y a mon épouse, Bella, m'apprend-t-il avec une certaine fierté dans la voix. Notre fille, Renesmée. Tu as déjà croisé Carlisle et Esmée. Il y a également Rosalie et Emmett, et Alice et Jasper.

– Une grande famille, commenté-je.

D'instinct, l'image floue des Christiansen envahit mon esprit mais je m'empresse de la dissiper. J'imagine qu'Edward a perçu ça, d'une façon ou d'une autre, mais il ne fait aucune remarque.

Nous continuons à rouler hors de la ville pour nous enfoncer de plus en plus dans les petites routes qui traversent la forêt. Angela avait raison quand elle disait que les Cullen habitaient en un lieu très reculé. Assez vite, nous cessons d'apercevoir la moindre habitation sur notre route. Je ne m'en formalise pas. Je n'ai pas peur des Cullen. Quoi qu'ils soient, je les considère comme faisant partie des miens : le clan des immortels.

Le clan des immortels, répète Edward avec amusement.

J'ignore si je parviendrais à m'habituer au don d'Edward mais il est très certainement perturbant.

– Cela nous décrit plutôt bien, non ?

– Je ne suis pas certain que tu auras toujours envie d'être associée à nous quand tu auras découvert notre secret, rétorque Edward en cessant un instant de rire.

– Votre secret est-il si terrible ?

– Ce sera à toi seule d'en juger. Nous sommes très différents de toi, excepté l'immortalité.

– De toute façon, tu sauras très rapidement ce que j'en pense, lui fais-je remarquer. Que je le veuille ou non, il sera difficile de te cacher ce que je pense.

Il acquiesce.

– Tu as des théories ? s'enquit-il.

– Je n'y ai pas réfléchi, avoué-je.

– Tu me surprends.

– Je me suis dis que tu me dirais tout, alors pourquoi essayer d'inventer des théories qui se révéleraient fausses ? J'en sais trop peu sur ta famille et toi pour m'approcher de la vérité.

Edward hausse les épaules, comme déçu. Soudain, sans que je m'y attende, nous débouchons sur une petite prairie où se trouvait la maison. Et quelle maison ! Sous mes yeux se trouve une jolie villa sans âge qui s'étend sur trois niveaux. D'un blanc un peu fané, elle est aussi moderne de par ses formes parfaitement rectangulaires. En sortant de la voiture, je remarque même qu'on entend les sons lointain d'une rivière pourtant hors de vue. L'endroit parait presque inhabité tant la maison se trouve au beau milieu de la végétation.

Je suis docilement Edward jusqu'au porche et il m'invite à entrer. Je découvre un large séjour très ouvert sur l'extérieur avec de grandes vitres. Ce qui attire le plus mon attention est le colossal escalier à révolution se trouvant au niveau de l'aile ouest de la salle. Je me trouve également fascinée par la décoration moderne de l'endroit.

Tranquillement installés dans le salon, je les découvre alors tous qui nous attendent. La famille Cullen au grand complet. Je suis un instant intimidée face à toute la splendeur qui me fait face. De quoi dois-je avoir l'air face à eux ?

En souriant, Edward me dépasse et m'invite à m'installer sur un fauteuil laissé libre tandis que lui-même trouve place à côté d'une magnifique brune que j'imagine être Bella. A côté d'elle se trouve une jeune fille qui doit être âgée d'une quinzaine d'années, un livre sur les genoux. Je ne m'étais pas imaginée la fille d'Edward et Bella si âgée.

– Je vous présente Aina, commence Edward, me sortant de mes réflexions intérieures.

J'adresse un sourire un peu réservé à tous ces visages tournés vers moi. Ont-ils seulement conscience de l'effet qu'ils ont sur les autres ? Un à un, Edward me présente ensuite Bella, Renesmée, Carlisle, Esmée, Rosalie, Emmett, Alice et enfin Jasper. Tous me saluent avec une apparente bienveillance mais je ne parviens toujours pas à me sentir véritablement à l'aise. La seule à faire preuve d'une extrême joie à ma rencontre est Alice. Un grand sourire s'étale sur son visage mutin et elle me souffle quelques mots, comme quoi elle m'avait vu arriver. Je ne comprends pas très bien de quoi elle parle mais mon attention est attirée par Carlisle avant que je ne me pose plus amplement la question.

– Tu es donc immortelle, Aina ? me demande-t-il avec un air curieux.

J'acquiesce.

– Et tu ne sais pas comment c'est possible ?

– Effectivement. Tout ce que je sais, c'est que je n'ai plus vieilli depuis un peu plus de deux cents ans. Mon corps semble également doté d'une exceptionnelle capacité de régénération. Je…

J'hésite un instant, ayant peur d'en dire trop, avant de me souvenir que tous ces individus cachent sûrement de bien plus gros secrets que moi. De toute façon, Edward vient déjà d'entendre la pensée traverser mon esprit.

– Je me suis un jour faite tirée dessus, leur confié-je. Cela fait très longtemps, c'était au cours du XIXème siècle. La balle a du toucher tout un tas d'organes vitaux. Pourtant, alors que je gisais au sol depuis un temps plus ou moins indéterminé, je me suis alors réveillée. C'était douloureux, mais j'étais en vie et j'ai guéri sans aucune intervention extérieure.

– Personne n'a ôté la balle de ton corps ? s'étonne Carlisle.

Je secoue la tête.

– Personne, acquiescé-je.

– Incroyable !

– Hyper costaud pour une humaine ! s'exclame Emmett en s'esclaffant. Ça t'aurait été sacrément utile un don comme celui là quand tu étais humaine, n'est-ce pas Bella ?

La dénommée Bella lui adresse un regard féroce avant d'éclater d'un rire cristallin à son tour.

– Comment est-ce seulement possible ? intervient Rosalie.

Je reste figée devant la beauté de la déesse qui vient de parler. Je m'étais jusqu'alors retenue de trop la fixer mais, une fois mes yeux posés sur elle, je me rends compte qu'il est difficile de se défaire de son emprise. Angela n'avait encore une fois pas tort. Puisque je ne réponds pas, Edward le fait à ma place.

– Elle l'ignore totalement, répond-t-il. C'est tout le mystère de son histoire.

Je me force à orienter mon regard vers Edward avant de m'adresser à lui en pensée. Je ne suis pas venue ici uniquement pour parler de moi, lui rappelé-je. On avait un accord. Cela le fait rire sous les regards curieux des autres.

– Aina veut comprendre qui nous sommes, leur explique-t-il.

Tous les regards se tournent vers moi et je me sens presque rougir, ce qui ne m'arrive vraiment pas souvent.

– Disons que je suis très curieuse de comprendre ce que vous êtes, me justifié-je. Puisque Edward m'a expliqué que vous n'étiez pas… humains.

– Je te conseille de bien t'accrocher ! s'exclame Emmett en s'esclaffant bruyamment.

Je commence véritablement à m'inquiéter, malgré mon immense curiosité, mais une vague d'apaisement me traverse sans prévenir. Je me sens maintenant presque un peu trop détendue.

– Jasper contrôle les émotions, intervient Edward en réponse à mes pensées.

Je hausse un sourcil en orientant mon regard vers le concerné. Il m'observe effectivement d'un air un peu malicieux. Je ne suis décidément pas au bout de mes surprises avec les Cullen.

– Vous avez tous un don différent ? soufflé-je avec stupéfaction.

– Certains d'entre nous ont des dons, d'autres pas, me répond Edward. Carlisle a sa théorie. Il pense que chacun d'entre nous ramène quelque chose de son passé, des caractéristiques propres à l'humain que nous étions.

– L'humain que vous étiez, répété-je. Vous avez donc un jour été de simples humains ?

Edward acquiesce et je vois comme une tristesse passer dans ses yeux, l'espace d'un court instant.

– Des théories sur ce que nous sommes, Aina ? s'enquit Emmett avec une excitation qui me parait un peu démesuré.

Emmett me parait être quelqu'un de très joueur et, quand je vois sa carrure, je me fais la réflexion qu'il n'est pas le genre de personne avec qui on a envie de se chamailler. Il ressemble à un gamin dans un corps d'adulte.

– Pas vraiment, lui dis-je. Je vais avoir besoin de plus d'indices !

– D'ailleurs, qu'est-ce que c'est que ce prénom ? s'étonne-t-il.

Je ris. Je commence à être habituée à ces remarques.

– C'est un prénom d'origine finlandaise, expliqué-je. Je viens du Danemark, à l'origine. C'est la seule chose qu'il me reste véritablement de mon passé, à partir du moment où je suis devenue ce que je suis aujourd'hui. D'ailleurs, j'ai toujours trouvé très ironique que ce soit ce prénom que mes parents aient choisi pour moi – si ce sont vraiment eux qui me l'ont choisi d'ailleurs, puisque je ne me rappelle rien de mon enfance.

Avant même que je ne dévoile la raison de l'ironie en question, Edward la lit dans mes pensées et se met à rire.

– C'est quoi l'ironie ? s'enquit Emmett. On veut bien partager la plaisanterie nous aussi.

– C'est simplement que, en finnois, Aina veut dire « toujours ». C'est assez cocasse quand on sait que je suis plus ou moins immortelle…

Tout le monde semble approuver l'ironie de la situation mais je ne perds pas de vue le point de départ de cette conversation, avant que Emmett la dévie.

– Alors, ces indices ? m'enquis-je en me tournant vers lui.

Emmett rit avant de se tourner vers Renesmée.

– Si tu lui donnais des indices, toi ? lui propose-t-il en lui adressant un clin d'œil.

La jeune fille se met à rire harmonieusement. Je m'attarde un instant sur elle. Si elle aussi est entourée du même type d'aura que les Cullen, il y a cependant quelque chose de différent. Là où les Cullen sont d'une même splendide pâleur, la jeune fille a des joues rosées. Et là où les Cullen semblent presque figés, en dépit de la grâce avec laquelle ils se déplacent, Renesmée me parait un peu plus relâchée, un peu plus comme une humaine. Pourtant, elle a la même beauté transcendante dont toute sa famille a hérité.

A ma surprise, je la vois se lever, contourner la table basse et s'approcher de moi. Elle se plante en face de moi et j'hésite un instant sur la conduite à adopter. Qu'attend-t-elle de moi ? Ses yeux brun chocolat se fixent dans les miens et elle approche doucement sa main de ma joue. J'ai à peine le temps de me poser des questions que sa paume entre en contact avec ma peau. Là, quelque chose d'étrange se produit et les yeux brun chocolat de Renesmée disparaissent de ma vision, remplacés par d'autres images qui semblent s'imposer à mon esprit.

Les images qui s'affichent dans mon esprit semblent presque transparentes, ce qui me fait comprendre que ce n'est pas en train d'arriver à l'instant même, mais les couleurs sont étonnement vives. Renesmée – parce que c'est elle qui doit être en train de faire ça – me montre ce que je devine être des souvenirs, puisque je semble tout observer du point de vue de la jeune fille.

Je suis sur le dos d'un animal, une espèce d'immense loup à la crinière brun-roux. A travers la forêt, nous poursuivons deux individus qui courent devant nous à une allure stupéfiante et surtout inhumaine. Même de dos, je reconnais Edward et ses cheveux auburn et Bella et sa longue chevelure brune qui semble flotter dans les airs. Le visage de Bella se tourne vers nous, un grand sourire sur les lèvres.

L'image change ensuite et nous nous trouvons dans une vaste prairie ensoleillée. La main délicate de Renesmée attrape des fleurs qu'elle donne à un jeune homme bronzée qui les accepte avec un sourire rayonnant. En face de la jeune fille apparait alors Edward. Il ressemble à une apparition. Le soleil semble se refléter sur sa peau et y fait briller comme des centaines et des centaines de petits diamants. Cette vision a quelque chose d'effrayant par son improbabilité mais c'est aussi absolument magnifique.

Alors que j'aurais envie d'admirer ce spectacle hypnotisant plus longtemps, l'image change à nouveau et Renesmée est maintenant au sol, au beau milieu de la forêt. Ses yeux sont levés vers les hauteurs des arbres. Je constate avec effroi que Bella et Edward sont en train de grimper de branches en branches à une allure absolument aberrante. Ils sont à la fois extrêmement agiles et rapides, suffisamment pour ne pas laisser aux branches le temps de craquer sous leur poids. Une fois arrivés au sommet, ils se laissent retomber au sol alors qu'ils étaient à plusieurs dizaines de mètres du sol. Bella afficha une mine boudeuse tandis qu'Edward la nargue de son sourire victorieux. Il a apparemment gagné la course.

La scène que j'ai sous les yeux se dissipe à nouveau pour laisser la place à une prairie différente de celle de tout à l'heure mais encore plus vaste. Les nuages s'amoncellent dans le ciel et on entend des grondements lointains. L'orage guette. Pourtant, les Cullen au grand complet sont apparemment équipés pour jouer au baseball. Renesmée est aux côtés d'Esmée qui semble avoir le rôle d'arbitre. Emmett agite sa batte en défiant Jasper du regard. Rosalie lui lance la balle à une telle vitesse que le mouvement est flou et Emmett la renvoie aussi rapidement. Seul persiste dans mes oreilles l'immense craquement que la batte a provoqué en frappant la balle. Au loin, la silhouette floue de Jasper s'éloigne, puis la main d'Alice se lève et elle attrape la balle avant même que j'ai pu la voir arriver.

Les images disparaissent devant mes yeux et je reviens enfin à la réalité, le visage souriant de Renesmée en face du mien. Je suis déboussolée après ce que je viens de vivre, oscillant encore entre la réalité et ces images qui l'ont un instant remplacée. Tout le monde m'observe avec amusement et j'imagine bien à quel point je dois sembler confuse en cet instant.

– Vous êtes… rapides ! est la première remarque que je parviens à faire et qui fait rire tout le monde.

Je secoue cependant la tête, effarée par l'idée que ces images que j'ai eues devant les yeux soient un tant soit peu proches de la réalité.

– Vous êtes rapides et extrêmement forts, ajouté-je. Agiles aussi. Et vous… brillez au soleil ?

Cette dernière remarque me laisse particulièrement pantoise. La possibilité d'un individu dont la peau se met à scintiller ainsi au soleil me parait affreusement ridicule et je crains un instant que les Cullen soient en train de se moquer de moi pour cela !

– Tout juste ! confirme cependant Emmett. Des hypothèses maintenant ?

– Absolument aucune, soufflé-je.

– C'est parce que Renesmée t'as épargné notre caractéristique la plus connue, explique-t-il.

– Qui est ?

– Si je te parle de sang, à quoi penses-tu ?

Mes yeux s'écarquillent bien malgré moi. Emmett est-il en train de se moquer de moi ? S'il me parle de sang alors, bien évidemment, la première pensée qui me vient en tête est forcément celle-ci :

– Aux vampires, bien sûr.

Je plisse les yeux tandis qu'il jauge ma réaction.

– Tu ne veux pas dire que tu… que vous… balbutié-je.

Emmett est le seul à éclater de rire cette fois. A côté de lui, Rosalie affiche un air un peu renfrogné. Carlisle, Esmé et Jasper m'observent un peu anxieusement. Alice sourit mais paraît un peu ailleurs. Edward affiche un sourire un peu crispé. Quant à Bella, elle est en train de sourire à Renesmée qui vient de se rasseoir à ses côtés.

– J'ai bien peur que si ! s'esclaffe Emmett. Désolé Aina, mais tu es entrée dans un repère de vampires…

S'il n'y avait eu que Emmett et son visage hilare, j'aurais certainement cru qu'il se fichait totalement de moi. Mais le visage bien plus grave de Rosalie à côté de lui me prouve qu'il n'en est rien. C'est donc cela le sombre secret de l'immortalité des Cullen. Elle est là l'explication de tous leurs incroyables dons. L'idée a beau me sembler complètement dingue et irréelle, je dois bien accepter d'y croire. Je sais depuis bien longtemps qu'il existe des choses exceptionnelles en ce monde, des choses qu'on ne peut pas expliquer, mais je ne savais simplement pas jusqu'à quel point l'incroyable pouvait aller. Renesmée m'a pourtant amenées toutes les preuves dont j'avais besoin pour y croire. Je dois donc me résoudre à accepter cette difficile idée, celle que les Cullen sont des vampires