Hello !
Quelques réponse aux dernières reviews :
DLys : Contente que le chapitre précédent t'ait plu ! Dans le chapitre du jour, on poursuit la soirée avec Seth !
Guest : Comme tu dis, oui... Il est clairement difficile de décider ce qui serait le pire. Dans tous les cas, on peut prédire que ce ne sera pas facile...
Vous remerciant pour votre soutien, je vous souhaite à tous une bonne lecture !
11. Un truc dingue
En suivant Seth, je ne m'étais attendue à rien, et ce qui est certain, c'est que j'ai été surprise. Quand nous sommes sortis et qu'il m'a emmenée vers la forêt, j'étais déjà curieuse. Quand il a commencé à enlever son t-shirt, j'étais particulièrement méfiante. Il m'a alors expliqué le plan et j'ai cru qu'il plaisantait, mais apparemment pas parce qu'il s'est ensuite enfoncé un peu plus dans la forêt pour enlever le reste de ses vêtements. Une minute plus tard, il revenait vers moi sous sa forme de loup.
Sous cette forme, Seth possède une fourrure couleur sable et des pattes qui m'apparaissent surdimensionnées. Doucement, il s'est approché de moi et j'ai éclaté de rire. Voilà où nous en étions.
– Vraiment, Seth ? lancé-je. Tu veux vraiment qu'on fasse ça ? C'est absolument dingue.
Le loup pousse une sorte d'aboiement et s'allonge au sol. Je sais très bien ce que Seth attend de moi mais je ne pense pas être prête psychologiquement. Pourtant, le quileute s'impatiente et, maladroitement, je finis par m'exécuter. Je contourne le large corps du loup et lève une jambe pour me placer à califourchon sur son dos. Je cherche un instant où me tenir mais finis par attraper une touffe de poils dans son encolure quand il se relève sans prévenir.
Depuis le dos de Seth, je réalise d'autant plus la hauteur inhabituelle des loups. Le sol me paraît si loin. J'ai beau avoir confiance en Seth, je juge l'expérience qu'il est sur le point de me faire subir très dangereuse. Je resserre mes jambes autour de l'immense loup et je m'attache très fort autour de son cou, néanmoins inquiète à l'idée de lui faire mal. Une fois cela fait, Seth doit estimer que tout est bon et se met soudain à avancer dans la forêt, de plus en plus vite, jusqu'à courir.
Il fait nuit et, plus on s'enfonce dans la forêt, moins j'arrive à percevoir notre environnement. Seth ne semble pas avoir ce problème puisqu'il s'élance avec une facilité déconcertante entre les arbres. Cela me parait aberrant vu la largeur du loup. Plusieurs fois, je ferme les yeux très fort en priant pour qu'il ne percute pas un arbre, mais il n'en fait rien. Une fois que j'ai pris conscience que tout va bien se passer, je commence à apprécier l'expérience que Seth m'offre là.
L'air qui fouette mon visage est glacial mais la fourrure sur laquelle je suis couchée est douce et chaude, ce qui compense suffisamment. La vitesse à laquelle nous sommes lancés est enivrante, comme si j'étais sur une moto mais que cette moto avait le contrôle le plus total, et que je n'avais pas à faire le moindre geste pour la diriger. J'ai l'impression de perdre totalement le contrôle, ce à quoi je ne suis pas habituée, mais c'est une telle décharge d'adrénaline, une telle ivresse !
– C'est génial, Seth ! m'écrié-je. Incroyable !
Le quileute ne peut pas me répondre mais il émet un jappement qui me transmet toute sa joie. Le sourire aux lèvres, les yeux fermés pour éviter qu'ils pleurent, j'apprécie le moment pour ce qu'il est : un instant d'évasion pur.
Je suis presque triste quand je devine que nous sommes revenus au point de départ. Seth s'allonge au plus près du sol pour me permettre de descendre. Un peu crispée et tremblante, il me faut plusieurs secondes pour parvenir à m'extirper de son dos. Une fois que je suis descendue, Seth s'éclipse un instant. Je vais m'asseoir sur le perron en attendant qu'il retrouve sa forme humaine. Son sourire est large et fier quand il me rejoint. Il est manifestement très satisfait de lui.
– Alors ? s'enquit-il.
– C'était absolument incroyable. Merci beaucoup, Seth.
– On y retourne quand tu veux.
– Laisse moi d'abord le temps de me remettre de mes émotions, m'amusé-je. Ce n'est pas une expérience banale pour une humaine.
– Tu n'as pas vomi, réplique-t-il.
– J'ai l'estomac bien accroché, heureusement.
– Heureusement pour moi, grimace Seth.
J'éclate de rire.
– Ce doit être grisant pour vous de vous retrouver sous votre forme de loup, et de pouvoir vous élancer à une telle vitesse. Pour calmer ses nerfs, cela doit être une bonne thérapie.
– Je ne te le fais pas dire ! s'exclame Seth. Les plus nerveux d'entre nous y ont souvent recours, notamment Paul ou Jake, ma sœur aussi.
– Seth, comment se fait-il que ta sœur soit la seule fille à avoir muté ?
Le quileute hausse les épaules.
– On n'en sait franchement rien, mais c'est difficile pour elle d'être la seule dans cette situation, pour pleins de raisons différentes. Elle est sûrement celle d'entre nous qui vit le plus mal la situation. Elle s'isole sans arrêt. Elle a envie de reprendre une vie normale mais elle n'y arrive pas. Elle est si souvent sur les nerfs qu'elle a besoin de se transformer pour aller mieux. Sans ça, elle exploserait.
Je suis prise de compassion pour cette pauvre Leah. Je pense que je suis loin de saisir tous les enjeux de sa position, mais je peux imaginer ce que ce doit être pour elle. Comme elle doit se sentir seule…
– Elle n'aime pas qu'on la plaigne, ajoute Seth. Elle déteste ça, même. Elle préfère encore qu'on l'ignore.
– Il n'y a rien à faire pour elle ?
– Elle dit qu'elle a besoin d'être seule, c'est tout. Je pense qu'elle a besoin d'en parler à quelqu'un qui ne soit pas nous, mais elle ne se l'avouera jamais…
Seth semble réfléchir un instant.
– Tu pourrais peut-être lui parler, toi ? me demande-t-il alors.
– Je ne sais pas, Seth. Si elle en a envie, alors oui. Mais je ne veux pas m'imposer à elle si elle ne le veut pas.
– Si on laisse le choix à Leah, alors elle dira non. Elle sait que tu existes mais elle fait comme si elle s'en fichait, alors qu'elle est autant intriguée que nous dans le fond. Je suis certain que vous auriez beaucoup de choses à vous dire, toutes les deux. Après tout, tu es la seule dans ton genre et, d'une certaine façon, elle est aussi la seule dans son genre. La seule louve de la meute.
– C'est vrai, concédé-je. Si je peux aider, je suis prête à essayer, Seth. Je ne veux pas simplement pas la contrarier plus qu'elle ne l'est déjà.
– Je ne vois pas comment tu pourrais faire ça, réplique Seth. C'est impossible de ne pas t'apprécier !
Le compliment de Seth m'arrache un sourire.
– Parle pour toi ! rétorqué-je. Tu es sûrement bien plus sympathique que je ne le suis, tu sais ?
– Bah, élude Seth, je les agace quand même beaucoup, à ta différence. En tout cas, je vais réfléchir à ce dont on a parlé. Il s'agit d'organiser une rencontre entre toi et Leah qui semble naturelle.
– Tu penses qu'elle sera dupe ? m'enquis-je.
– Sûrement pas, mais il s'agit simplement de faire en sorte qu'elle soit bloquée. Si on lui laisse une porte de sortie, elle se défilera.
– Je n'aime pas trop l'idée de la forcer à me parler si elle n'en a pas envie.
– On ne lui forcera pas la main, réplique Seth avec un sourire malicieux. On lui suggérera simplement très fortement de te laisser une chance. C'est pour le mieux, j'en suis certain !
– C'est toi son frère. Si tu le dis, je te fais confiance.
– C'est décidé alors ! déclare Seth en se remettant debout. J'y réfléchis et je tiens au courant. D'accord ?
J'acquiesce.
– Je vais te laisser te remettre de toutes ces émotions, maintenant. Passe une bonne nuit, Aina.
– Passe une bonne nuit aussi, Seth. Et encore merci pour ce soir. Je suis contente que tu sois passé me voir, ça m'a fait du bien.
– Avec plaisir ! s'exclame-t-il d'un air ravi.
Il s'éclipse ensuite dans les bois et je me retrouve à nouveau seule. En soupirant, je retourne à l'intérieur et ne tarde pas à aller me glisser sous mes draps. Enfin, je peux relâcher mes muscles et me détendre. Si j'étais plutôt déprimée en début de soirée, Seth a exécuté sa magie et je vais bien mieux.
Je repense à notre conversation de départ, à la tristesse de Seth à l'idée de me voir un jour m'en aller. Je déteste l'idée d'avoir un jour à briser le cœur du jeune quileute. Pourtant, il le faudra bien, non ? Comme je le lui ai dis, les circonstances le nécessiteront sûrement un jour. Ce n'est pas que j'en ai envie, bien au contraire, mais ce que je veux n'est pas suffisant.
« Je suis certain que la vie a plus à t'offrir que ça » m'a déclaré Seth. J'admire tellement son optimisme, mais que la vie peut-elle bien avoir à m'offrir de plus ? D'ailleurs, en y repensant, j'ai l'impression que c'était bien plus que de l'optimisme, plutôt une certitude. J'ignore si je me fais des idées, mais j'ai depuis quelques temps cette impression que tous savent des choses que j'ignore. Que ce soit dans leurs regards ou dans leur façon de faire des déclaration mystérieuses, à mi-mot, mais j'ai le sentiment que des choses dont je ne sais rien se jouent. Je suppose que je ne finirais par être mise au courant. Peut-être devrais-je en parler directement à Seth ou à Embry ? Peut-être seraient-ils plus disposés à me répondre que les autres, du fait de l'affection qu'ils semblent tous les deux me porter ? Ce qui est certain, c'est que je ne peux pas compter sur Edward, il aime beaucoup trop garder les informations qu'il a en sa connaissance pour lui.
En repensant à Embry, l'envie de revoir le quileute me gagne. C'est plus fort que moi. Cette connexion entre nous me trouble de plus en plus et, si elle effraie ma raison, elle attire mon cœur comme un aimant. Mon cœur a souvent été propice à me mener vers ma propre perte auparavant, c'est pourquoi je n'aime pas particulièrement l'écouter, mais il n'est pas facile de refouler ses élans.
Je me retourne plusieurs fois dans mon lit, incapable de m'endormir, jusqu'à je me décide à attraper un bouquin pour distraire mon esprit. Je n'ai pas envie de lire mes mémoires ce soir, je sais trop comme leur lecture risque de défaire tous les efforts de Seth pour me réconforter. Non, un roman sera bien plus efficace ce soir.
Quand je me sens enfin piquer du nez, je mets mon livre de côté et me laisse retomber sur mon oreiller. Toute ensommeillée, mes pensées vacillent entre le visage d'Embry, celui de Seth, et les images de l'énorme loup couleur sable qui m'a fait traverser la forêt à une allure effrénée. Cette nuit là, leurs trois images hantent donc mes rêves.
