Bonjour à tous !
J'espère que tout le monde va bien en cette période troublée que nous connaissons depuis maintenant de nombreux mois... Dans tous les cas, je vous envoie tout mon courage !
Avant de vous laisser à ce nouveau chapitre, je tiens à remercie WhiteAir pour sa review !
Et merci à tous les autres qui me lisent sans pour autant laisser de traces de leur passage (ça fait aussi partie du jeu, je l'ai accepté). Mais, heureusement, les statistiques sont là pour me montrer votre présence à chaque nouvelle publication et elle me fait très plaisir !
Je vous laisse donc à votre lecture, et vous dis à bientôt pour la suite !
15. Leah
La rencontre a été organisée par Seth et a pour but de paraître naturelle. Néanmoins, assise à la table des Clearwater, je ne suis pas certaine que Leah va la trouver très naturelle.
Seth m'a effectivement invitée à venir manger, sans prévenir sa sœur, et son plan est qu'il prétendra avoir une urgence pour nous laisser toutes les deux. Même sans connaître Leah, je sais qu'elle ne va pas apprécier cette manigance évidente. Je doute que quiconque puisse être dupe face à une telle manœuvre, mais je laisse Seth faire parce que ça semble lui tenir à cœur.
En attendant la jeune femme, Seth prépare joyeusement le dîner. Il m'étonne à jouer ainsi les cordons bleus, mais il me confie s'être pris de passion pour la cuisine depuis que sa mère, Sue, a emménagé chez le chef Swan, le père de Bella. Lui et Leah se sont donc retrouvés à vivre en colocataires et c'est Seth qui a pris les commandes de la cuisine.
– Tu sais, je suis content pour toi et Embry, lâche Seth au milieu de la conversation.
Bien qu'on n'en ait pas parlé tous les deux, je ne suis pas surprise que Seth sache déjà tout, probablement comme le reste de la meute. Pas de secrets : c'est la norme quand on côtoie les loups quileutes.
– C'est encore tout frais, tu sais, me contenté-je de rétorquer.
Seth ne répond rien à ça, se contentant de sourire en continuant à assaisonner son plat. Je laisse quant à moi mon regard se perdre sur les murs du salon où se trouvent des photos des Clearwater : feu Harry, Sue, Leah et Seth. Sur les photos, le sourire de Seth est toujours le plus éclatant tandis que ceux de Leah sont plus mesurés.
La sœur de Seth est une magnifique jeune femme avec des cheveux noir corbeau, à l'image de tous les quileutes. Ce qu'elle dégage, cette force et cette grâce un peu sauvage, me plait déjà. Je vois en elle celle que j'aimerais parfois être.
Alors que j'admire encore les jolis traits de son visage sur les photos, la concernée débarque en chair et en os. Aucun sourire sur ces lèvres, cependant, pas même un sourire forcé. Les yeux noirs de la louve se posent sur moi, suspicieux, avant de se diriger vers son frère. Leah paraît contrariée et je peux facilement comprendre que ma présence ne lui plait guère. Ma tentative de sourire avenant demeure sans effet notable.
– Seth ? grogne-t-elle.
– J'ai invité Aina à dîner, lui apprend le concerné d'un air distrait. J'espère que ça ne te dérange pas.
– Je n'ai pas vraiment le choix, si ?
– Pas vraiment, non, admet-il.
Peu ravie, Leah finit néanmoins par se laisser tomber sur une chaise à l'opposée de la mienne. Je suis convaincue que c'est l'odeur alléchante qui s'échappe des fourneaux qui achève de la convaincre. Étant peu habituée à être accueillie avec autant d'indifférence, voire avec une pointe d'hostilité, je n'ose pas dire un mot, incertaine de l'attitude à adopter. Quant à Leah, elle m'ignore maintenant royalement en prétendant s'intéresser à ses ongles.
Si je ne comprends pas un tel comportement à mon égard, je devine que Leah a ses raisons. D'un autre côté, il est agréable qu'une personne parmi tous les quileutes ne soit pas si incroyablement intéressée par ma personne. C'est que, tous semblent me trouver passionnante, à la différence de Leah, et il y a quelque chose d'agréable dans cette indifférence. Si je veux que Leah m'apprécie, il semblerait que je doive prouver ma valeur.
En ignorant superbement sa sœur, Seth continue à me faire la conversation puis, tout à fait mystérieusement, une fois qu'il nous a servi le plat, il semble se rappeler qu'il a une urgence et qu'il doit nous laisser. Pratiquement dans un courant d'air, il file alors et Leah et moi nous retrouvons seules. Nous échangeons un regard : le mien est prudent et gêné tandis que celui de Leah est noir et agacé.
– C'est une manigance de Seth, pas vrai ? me demande-t-elle.
– Un manigance ? répété-je.
– Ne fais pas l'ignorante. Pas de ça avec moi.
Je soupire. Leah est une louve et possède elle aussi des sens surdéveloppés. Il m'est impossible de mentir avec elle et Seth devait bien s'en douter. Néanmoins, Leah va-t-elle oser me fausser compagnie maintenant que nous sommes installées à table, devant un plat chaud à l'odeur alléchante ?
– Je n'y suis pour rien, rétorqué-je alors d'un air désolé. Je n'ai fais que suivre les indications de Seth. Il souhaitait que l'on se rencontre.
– Je le sais bien. Il pense que nous avons beaucoup de choses à nous dire et je ne vois pas bien quoi ! Ce n'est pas contre toi mais je ne cherche pas à me faire une amie.
Je hoche la tête, ne voyant pas quoi répondre à la jeune femme, et avale une première bouchée du dîner en me faisant la réflexion qu'il va vraiment falloir que je félicite Seth pour ses talents culinaires.
– C'est délicieux, dis-je pour briser le silence.
– A défaut d'être subtil, mon frère est bon cuisinier.
Je ris mais Leah ne parait pas partager mon amusement. Mon sourire se transforme malgré moi en grimace. Pourquoi diable Seth m'a-t-il laissée seule avec Leah ? Ce plan était vraiment une très mauvaise idée.
Leah et moi mangeons donc en silence et je n'ose pas rompre le silence pendant un moment, ce que Leah n'est pas non plus décidée à faire.
– Pourquoi cette hostilité ? décidé-je finalement de demander.
– C'est pas contre toi précisément, se défend Leah. C'est plus ou moins contre le monde entier. Comme je l'ai dis, je ne cherche pas à me faire d'amis. Et ce que je déteste par-dessus tout, c'est qu'on cherche à me forcer la main. Je suis très bien seule.
– Tu recherches la solitude.
– C'est ça.
– Tu l'aimes ou tu t'en contentes ?
La jeune femme m'adresse un regard agacé.
– Que ce soit l'un ou l'autre, ça a peu d'importance. Tu ne peux pas comprendre.
– Si tu penses vraiment ça, c'est parce que tu ne me connais pas beaucoup.
Cette réplique parait attiser l'intérêt de Leah parce que je perçois un instant une marque d'intérêt dans ses pupilles. Cependant, elle se reprend vite et fuit mon regard.
– Ça ne m'intéresse pas, réplique-t-elle alors. Sans vouloir t'offenser.
Je hausse les épaules. Leah est décidément récalcitrante à la moindre tentative de conversation sérieuse.
– Tu sais qui je suis, tu sais que je suis sur Terre depuis un peu plus de temps que mon apparence ne le laisse penser, continué-je en dépit de son obstination à m'ignorer. Ma condition m'a poussée à la solitude. J'étais unique en mon genre et il était impossible de me confier à quiconque, tu penses bien. Je connais bien la solitude. Ainsi, je pense être en mesure de comprendre que c'est une situation souvent bien plus complexe qu'on ne pourrait le penser.
– Je me fiche que tu puisses comprendre, rétorque la quileute. Franchement, quoi que tu sois en train d'essayer de faire, c'est sûrement très gentil de ta part, mais ça ne m'intéresse véritablement pas. Je suis désolée.
En soupirant intérieurement, je cherche un autre angle d'attaque. Je me rappelle alors de ce que m'a dit Seth, que sa sœur déteste qu'on la plaigne. Peut-être que si je fais tout le contraire de cela, Leah aura une réaction. Néanmoins, c'est aller totalement contre ma nature, car je ne souhaite pas le moins du monde être désagréable, même pour obtenir une réaction de Leah. N'est-ce d'ailleurs pas dangereux de provoquer une louve ?
– Seth pensait bien faire mais tu as sûrement raison : cette rencontre n'était pas une très bonne idée, concédé-je donc.
J'hésite un instant avant de poursuivre. Il se peut que je m'engage sur une voie dangereuse en tentant de provoquer Leah, mais c'est le seul angle d'attaque qui me semble avoir une chance d'aboutir.
– Tu sa raison, nous n'avons rien en commun et nos histoires sont totalement différentes, dis-je donc. En tout cas, tu devrais savoir que tu es extrêmement chanceuse d'être là où tu es. Si je le pouvais, si nous pouvions faire l'échange, je prendrais immédiatement ta place. Dans un clignement d'œil. Tu n'aimerais pas être dans ma situation, je peux te l'assurer !
Leah hausse un sourcil circonspect. Quant à moi, je lutte pour ne pas me corriger immédiatement, car je ne pense pas un instant ces paroles. Non, je ne pense pas que Leah soit chanceuse, car sa situation n'est manifestement pas un cadeau. Quant à échanger nos positions, je ne lui souhaiterais certainement pas. En revanche, je ne sais vraiment pas si je préfèrerais être moi ou elle : je suis moi depuis si longtemps qu'il est difficile de m'imaginer une autre vie, serais-je plus heureuse si je recommençais ma vie aujourd'hui en devenant une louve ?
– Si tu le dis, finit par répondre Leah, obstinée à ne pas lâcher le morceau.
La quileute n'a pas mordu à l'hameçon et je dois prendre sur moi pour ne pas exprimer ma frustration. Seth risque bien d'être déçu : je ne vais pas effectuer le moindre miracle sur sa sœur, lui qui plaçait tant d'espoir en moi.
Un peu inconsciemment, je me mets à triturer du bout des doigts le bracelet que m'a offert Embry, ce que Leah semble remarquer parce que je perçois son regard sur mon poignet. Étonnement, je constate de l'agacement dans ses yeux. Les réactions de la jeune femme me sont définitivement bien opaques.
– Bon, écoute, reprend-t-elle, je déteste qu'on me force la main et mon petit frère ne l'a toujours pas compris. Je dois te paraître bien hostile et j'en suis désolée. Non, en fait, même pas. Je ne suis pas désolée du tout. Je suis comme ça. Je ne t'en veux pas personnellement, mais je tiens à ce qu'on me laisse seule, tout simplement. Toi et tous les autres.
– D'accord, soupiré-je. Je suis désolée d'avoir laissé faire Seth., Leah.
– Je comprends pourquoi tu l'as fait. C'était gentil de ta part d'accepter son plan foireux, d'ailleurs. Mais il a eu tort, c'est tout. Maintenant, j'ai besoin de prendre l'air. Reste si tu veux en attendant qu'il revienne de sa mystérieuse urgence, mais moi, je m'en vais !
– Je vais sûrement m'en aller aussi, la coupé-je. Je suis contente de t'avoir rencontrée quand même, tu sais ?
À ça, Leah ne répond rien. Après un dernier regard, elle pousse la porte d'entrée et me laisse seule à l'intérieur. Un peu embêtée face à la vaisselle sale laissée en plan, je décide de la laver avant de m'en aller. Seth surgit alors que j'essuie la dernière assiette.
– Tu as fais la vaisselle ? s'étonne-t-il. Et Leah, elle s'est enfuie alors ?
J'acquiesce d'un air contrit.
– Tu as essayé, ce n'est pas ta faute, soupire-t-il finalement.
– En tout cas, le dîner était délicieux, Seth.
Je vois que le compliment fait mouche quand les joues bronzées de Seth rougissent légèrement.
– Tu sais, ce qui me frustre le plus c'est que je SAIS que vous pourriez vous entendre toutes les deux ! s'exclame ensuite Seth avec énergie. Si seulement elle n'était pas si butée, mais elle repousse tout le monde, sans exception. Ça me rend dingue.
Je perçois combien Seth est désemparé d'assister à la situation de Leah sans pouvoir y remédier.
– Je comprends ce que tu ressens, Seth. Mais tu sais, je crois que tu n'y peux rien. Leah n'aime manifestement pas qu'on décide pour elle, alors il faudra que ça vienne d'elle.
– Mais ça ne viendra jamais d'elle... se plaint-il.
J'ai envie de dire à Seth de lâcher prise, de laisser Leah s'occuper d'elle même, mais je ressens moi même le désir d'aider la jeune femme. Je sais pourtant qu'il serait stupide de lui imposer quoi que ce soit : si elle tient à sa solitude, alors il va être difficile de l'en sortir, d'autant plus qu'elle ne veut pas qu'on l'en sorte. Néanmoins, Seth m'a transmis son virus et je voudrais pouvoir agir.
– Laisse-lui du temps, conclus-je donc. Pour le moment, je ne vois rien d'autre.
– Tu as sûrement raison. Tiens, quelqu'un t'attend dehors.
– Quelqu'un ? m'étonné-je.
Le haussement de sourcil significatif de Seth me fait tout de suite comprendre. Il parle d'Embry.
– Aller, vas-y ! me dit-il. Je vais finir de ranger. On se voit plus tard.
– Bon, à bientôt Seth.
– Salut, Aina.
Je sors dans l'obscurité naissante mais repère Embry adossé contre ma voiture.
– Je te raccompagne ? me propose-t-il.
– C'est ma voiture, lui fais-je habilement remarquer, ce à quoi il concède en éclatant de rire.
– Je peux venir, alors ? Je rentrerais par mes propres moyens, ne t'inquiètes pas.
– Monte, Embry, dis-je en souriant.
Il se glisse sur le siège passager et je m'installe côté conducteur. Sous la LED du plafonnier, je vois mieux son visage. Je glisse une main sur sa joue et embrasse tendrement ses lèvres. Comme toujours et alors même que j'en suis à l'initiative, ce contact me met dans tous mes états et Embry n'en perd pas une miette, comme me le prouve son sourire taquin. Pourtant, il ne dit rien. Trop galant pour ça, probablement.
– Le plan de Seth a été un échec alors ? s'enquit-il.
– Totalement, soupiré-je en mettant le contact et en enclenchant la marche arrière.
– Leah est comme ça depuis qu'elle a muté, ne prend pas son hostilité pour toi.
– C'est ce que Seth m'a dit. D'un sens, je comprends sa réaction. Je n'aimerais pas qu'on me force la main moi non plus. Elle veut être seule et Seth s'obstine à contrecarrer ses plans. Je comprends pourquoi il le fait mais, de ce que j'ai vu, ce n'est franchement pas une méthode adéquate pour approcher Leah.
– Tu as une autre idée ?
– Non, pas encore mais je vais y réfléchir. Tu sais, je pense que Seth a raison, elle et moi aurions sûrement beaucoup de chose à nous dire. Si nos situations sont différentes, j'ai connu le même besoin de solitude qu'elle, parce que je me sentais différente des autres, parce que j'étais différente des autres. Néanmoins, je ne comprends pas encore toutes les raisons pour lesquelles Leah est si fuyante.
– Ce n'est pas qu'une question d'être la seule louve, m'explique Embry. Tout a commencé avec Sam et Emily.
Embry m'explique que Sam sortait avec Leah avant tout ça, qu'ils étaient fiancés, même, puis que Sam avait rompu avec elle après avoir rencontré Emily, la cousine de Leah.
– Il a quitté Leah pour sa cousine ? m'étonné-je.
– C'est plus complexe que ça, réplique Embry. C'est… plus complexe, bref. Sam luttait déjà avec sa condition de loup à ce moment là mais Leah ne savait pas tout ça et elle a vécu son éloignement très difficilement. Quand elle a muté, ça a été encore pire parce qu'elle a tout compris.
– Tout compris ? Que Sam soit devenu un loup n'explique pas vraiment qu'il l'ait quittée.
– Ils n'étaient pas fait l'un pour l'autre, insiste Embry. Le problème, en tout cas, c'est que Leah était maintenant branchée sur les pensées de Sam, comme le reste de la meute. C'est rapidement devenu insupportable pour elle, et en extension, pour le reste de la meute.
– Je vois… Leah était la troisième roue du carrosse. Ce nouveau lien avec Sam, au travers de la meute, ça a du être difficile pour elle. Ça a du compliquer la situation pour tourner la page.
– C'est ça. Et il n'y a pas que ça. En tant que louve, Leah a des… désagréments que nous n'avons pas.
– Des désagréments ? répété-je.
La bouche d'Embry se tord en une grimace. Il n'a manifestement pas très envie d'aborder le sujet mais c'est lui qui s'est lancé là-dedans. Ainsi, j'attends patiemment qu'il me réponde.
– Elle ne serait sûrement pas très ravie que je te le dise, mais je pense que ça peut t'aider à la comprendre. De toute façon, tu fais partie des nôtres. Tu sais que nous cessons de vieillir quand nous mutons, ce qui veut dire que tout cesse d'évoluer dans notre corps. Chez les hommes, ça ne pose aucun problème particulier, mais chez Leah…
Il s'interrompt à nouveau, gêné. Pourtant, je devine de quoi il est question.
– Elle a le même problème que les Cullen, deviné-je avec émotion. Son cycle est interrompu, figé dans le temps. Ce qui signifie que, entre autres choses, elle ne peut pas avoir d'enfants…
– C'est ça, acquiesce Embry, apparemment soulagé que j'ai deviné ça toute seule.
Une vague de compassion m'envahit, bien que je devine que Leah n'aimerait pas que j'éprouve la moindre compassion pour elle. Je me sens également coupable parce que je n'ai pas ce même problème. Ce qui me pousse à me demander comment cela se fait. Je suis immortelle moi aussi, mais mon corps ne semble pas figée comme l'est celui des vampires ou de Leah. Pas sur cet aspect là, en tout cas…
Pourtant, à ce stade de ma vie, je me dis que ça aurait peut-être été préférable. Je ne souhaite à personne de survivre à ses enfants de la façon dont je l'ai fait. Aussi atroce que cette pensée puisse être, si égoïste aussi, je me dis que ne jamais avoir eu d'enfants aurait peut-être mieux valu pour moi…
– Est-ce définitif ? m'enquis-je en écartant la sombre pensée.
– Aucun moyen de le savoir à l'heure actuelle, me répond-t-il en haussant les épaules. Leah est un cas inédit. En tout cas, tout ça additionné a achevé d'abattre Leah. Elle n'arrive manifestement pas à envisager le moindre avenir.
– Et Sam, elle l'aime toujours ?
– Elle ne parvient pas à tourner la page, admet Embry. C'est un peu mieux depuis qu'elle appartient à la meute de Jacob et plus celle de Sam, mais elle n'arrive pas à digérer.
– Elle n'est plus sortie avec personne depuis Sam ?
Embry secoue la tête.
– Je comprends Leah, avoué-je. Sam l'a quitté pour sa cousine, pratiquement du jour au lendemain. Leah a du se sentir profondément humiliée. Sa cousine, quand même ! Je ne connais pas les circonstances, mais je pensais que Sam avait plus d'honneur que ça. Je veux dire, sa réaction a été rapide, non ?
Embry hausse les épaules.
– Lui et Emily étaient destinés l'un à l'autre. C'est triste pour Leah, mais c'est ainsi.
– Tu crois au coup de foudre ? m'étonné-je.
Ma question le fait rire.
– Le coup de foudre ? répète-t-il. Non, ça c'est un mythe.
– Je suis bien d'accord, approuvé-je. Pour revenir à Leah, je comprends mieux pourquoi elle se tient éloigné de vous tous. Ses pensées et son cœur brisé offerts en pâture à tout un tas de loups, elle a du se sentir vraiment atteinte dans son intimité.
– On aurait préféré ne pas assister à tout ça, c'est certain.
Je soupire.
– Je n'aurais pas souhaité être à sa place.
– Moi non plus, admet Embry.
Je repense à mes paroles auprès de Leah. J'ai osé lui dire qu'elle était chanceuse. Bien sûr, je lui ai dit ça pour la provoquer, pour la faire réagir, mais quand même ! Si j'avais su…
Elle n'est pas plus chanceuse que moi, loin de là. Je commence seulement à appréhender l'ampleur de son mal être mais cela ne me donne que plus envie de l'aider. Je sais bien qu'elle ne veut pas que quiconque se mêle de ses oignons, et certainement pas moi, je veux pourtant lui venir en aide, si seulement je savais ce dont elle a besoin !
Je sais déjà que Leah Clearwater va occuper mes pensées pendant les jours à venir, que je le veuille ou non, parce que tout ce que j'ai appris ce soir me donne matière à réflexion.
Que la louve le veuille ou non, je compte bien n'en faire qu'à ma tête ! Elle peut bien être hostile à mon égard, ce n'est pas ce qui m'arrêtera. Plus que tout, je sais que Leah mérite d'être heureuse, et sa situation n'a certainement que trop durer. Si je peux faire quelque chose pour elle, alors il en va de mon devoir de le faire. Parce que Leah est comme moi, elle est unique en son genre, et donc un peu seule d'une certaine façon. Je ne sais que trop bien ce que ça fait.
