Bonjour tout le monde !
Quelques réponses aux reviews :
DLys : Encore une fois merci d'avoir pris le temps de me laisser un commentaire ! Effectivement, c'est également ce que je fais : je poste à la fois ici et sur Wattpad. J'aime bien les deux plateformes et je trouve que chacune a ses avantages ! Je suis contente que l'histoire te plaise, c'est vrai que j'essaie de me focaliser sur différents personnages et tant mieux si leurs émotions et sentiments paraissent bien réels, c'est ce que je m'efforce de faire :)
WhiteAir : Hello à toi ! Je trouve aussi qu'Aina et Leah ont beaucoup à s'apporter, mais Leah va-t-elle finir par l'accepter ? Affaire à suivre ! En tout cas, merci beaucoup pour ton commentaire. Tout va bien pour moi et j'espère que pour toi aussi (et pour tous les autres qui lisent ceci) !
Sur ce, bonne lecture à tous !
16. Le sang
Le lendemain, en arrivant au travail, Angela m'apprend qu'un don du sang va prochainement être organisé à Forks. Elle s'enthousiasme déjà et je m'efforce de cacher mes réticences. Je sais déjà très bien que je ne vais pas être en mesure de faire don de mon sang.
Je ne sais plus vraiment à quand cette découverte remonte, mais je sais qu'il existe une anomalie dans mon sang, quelque chose qui me distingue du commun des mortels et qui risquerait d'être repéré lors des tests qui seraient effectués sur mon sang.
Heureusement pour moi, il ne m'est jamais nécessaire de faire le moindre test sanguin pour raisons de santé, puisque je ne suis jamais malade. Cela m'évite bien des problèmes.
Cependant, il est exclu que je fasse don de mon sang, tout simplement parce que j'ignore l'effet que celui-ci aurait sur un simple humain. Il me faudra donc prétendre avoir une contre-indication au don du sang, sinon comment expliquer que, moi, infirmière, je décline l'opportunité de sauver des vies ?
En pensant à ça, une idée me vient. Et si les Cullen, et notamment Carlisle, pouvaient m'aider à découvrir ce qui cloche dans mon sang ? Carlisle et Esmée se trouvent bien évidemment à New-York en ce moment, mais je pourrais évoquer l'idée avec Edward. Carlisle est après tout aussi intrigué que moi par ma condition. Peut-être pourrait-il m'apporter quelques réponses un jour ? Je me promets d'en parler à Edward la prochaine fois que je le verrais.
En milieu de journée, j'ai la surprise de découvrir Paul dans les couloirs de l'hôpital. Je ne cache pas ma surprise en le reconnaissant, un instant inquiète de le voir me jouer un mauvais tour, mais il semble avoir d'autres préoccupations en tête et être sur mon dos n'en fait pas partie.
– Paul ? m'étonné-je. Tout va bien ?
– C'est Rachel, m'apprend-t-il. Elle a chuté dans l'escalier et elle s'est peut-être cassé le poignet. Le médecin s'occupe d'elle. Elle m'a dit d'aller faire un tour dans les couloirs parce que je la stressais.
Je m'attarde un peu plus sur l'expression du visage de Paul et le découvre effectivement très anxieux. Je ne me rappelle pas l'avoir jamais vu comme ça depuis que je l'ai rencontré.
– Ne t'inquiète pas, Paul, tenté-je de le rassurer. Elle est entre de bonnes mains.
– Ouais, fait Paul sans paraître très convaincu.
Je suis surprise de le voir si inquiet pour un simple poignet cassé. Bien sûr, Rachel va sûrement avoir le droit à un plâtre et à des douleurs pendant quelques temps, mais il n'y a pas mort d'homme. Ce sont des choses qui arrivent, chez les humains normaux. Paul a peut-être tendance à oublier ce que c'est que d'être un simple mortel.
Étant attendue ailleurs, je ne m'attarde pas auprès de Paul, mais je lui jette un dernier coup d'œil avant de reprendre mon travail. Décidément, l'amour transforme vraiment un homme parfois, même quelqu'un comme Paul.
Quand j'ai une minute, je décide d'ailleurs de retourner les voir, lui et Rachel. Il se trouve qu'elle a bien le poignet cassé et un plâtre lui a été posé. Quand j'arrive, tous les deux sont sur le point de partir.
– Tu dois être Rachel ? m'enquis-je auprès de la jeune femme en lui adressant un sourire amical.
– C'est Aina, lui apprend Paul.
Rachel me sourit chaleureusement en me confiant avoir beaucoup entendu parler de moi. Je tique un peu quand elle me mentionne comme « la copine d'Embry » parce que, quoi qu'il se passe entre Embry et moi, c'est encore tellement récent. Pourtant, Rachel en parle comme si c'était quelque chose d'acquis depuis bien longtemps.
Après avoir discuté un peu, je ne retiens pas le couple plus longtemps et les salue, souhaitant un bon rétablissement à Rachel.
En retrouvant Angela plus tard, je me décide à lui avouer que notre relation à moi et Embry a finalement évolué. Tout le monde semble de toute façon tout savoir ici, alors Angela mérite bien de ne pas être tenue dans l'ignorance. Mon amie paraît ravie d'entendre ça, même si elle connaît mes réticences à l'idée d'être en couple avec quelqu'un, à cause de l'implication émotionnelle que cela suscite.
Ce soir là, quand je rentre, Embry est là. Particulièrement fatiguée de ma journée, je suis réconfortée par le sourire qu'il m'adresse. Je le fais entrer et nous nous installons sur mon canapé.
Nous nous racontons respectivement notre journée, ma tête posée sur son épaule. Conscient de ma fatigue, Embry se propose de préparer à manger et je n'ai pas la force de protester. Pendant que je l'observe s'activer aux fourneaux, je m'assoupis un instant.
Une vingtaine de minutes plus tard, je me réveille et le vois qui me contemple avec amusement.
– Ne te moque pas, me plains-je. Je suis vraiment épuisée.
– J'ai vu ! Tu viens manger ?
J'acquiesce et il m'aide à me relever. Nous mangeons ensuite, presque en silence, et je retourne m'allonger sur le canapé dès que nous avons terminé et fait la vaisselle. Embry s'installe dans le fauteuil sans mot dire.
A moitié en train de m'endormir, je lui parle du passage de Paul et Rachel à l'hôpital dont je viens de me souvenir. Évidemment, Embry est déjà au courant par Jacob. Je dois m'endormir au beau milieu de la conversation parce que tout devient flou à partir de ce moment. Tout ce que je sais, c'est ce que je finis par me réveiller dans mon lit et qu'Embry n'est visible nulle part. Je devine qu'il s'en est allé et me rendors paisiblement.
Le lendemain, l'envie me prend de rendre visite aux Cullen et je m'y rends en début d'après-midi. Personne ne paraît surpris de me voir débarquer à l'improviste mais je ne devrais pas en être étonnée.
Edward est installé au piano tandis qu'Alice et Jasper font une partie d'échec. Je m'enquis de savoir où sont les autres et Edward m'apprend que Rosalie et Emmett sont à Seattle et que Bella et Renesmée sont toutes les deux au cottage.
– Alice m'a dit que tu voulais me parler ? me demande-t-il.
– Que je voulais te parler ? répété-je avec étonnement.
– Tu sais, ses visions…
J'éclate de rire. Bien évidemment.
– Ce n'est pas tant que je voulais te parler, mais j'avais quelques questions.
– Je t'écoute.
– C'est au sujet de mon sang.
– Tu veux que Carlisle l'analyse, lit-il dans mon esprit.
– Je sais qu'il n'est pas là en ce moment mais, quand Esmée et lui repasseront par Forks, je me suis dis que…
– Bien sûr, approuve Edward. Tu sais qu'ils passent justement ce week-end ?
Je ne le savais pas mais cela tombe très bien.
– Quel type d'anomalie a ton sang ? s'enquit Edward.
– Je ne le sais pas précisément, tu penses bien. Cependant, les médicaments ne semblent pas marcher sur moi. Pas que j'en ai besoin, bien sûr. Il semblerait que de façon générale, aucune substance n'ait d'effet sur mon corps.
– Et tu sais ça parce que… insiste Edward.
– Disons qu'il m'est arrivé de faire des tests. J'étais… curieuse. Mais rien de tout ça ne m'a fait le moindre effet. L'alcool n'a pas d'effet non plus sur moi et je suppose qu'il en va de même pour la drogue.
– Étonnant.
– Tu penses que Carlisle pourrait m'en dire plus ?
– Il va très certainement tout mettre en œuvre pour trouver des réponses. Carlisle n'est pas du genre à refuser un petit défi.
– Je ne veux pas lui faire perdre son temps.
– Tu rigoles ? rétorque Edward en éclatant de rire. Ce n'est pas le temps qui nous manque après tout !
– C'est vrai, suis-je obligée de concéder. J'ai une autre question, peut-être un peu bizarre…
En la lisant dans mon esprit, Edward éclate de rire de plus belle. Il a du mal à se calmer suffisamment pour me répondre, ce qui détourne l'attention de Jasper et Alice sur leur partie d'échecs.
– Elle se questionne sur l'odeur de son sang, leur explique un Edward moqueur.
– Ce n'est pas aussi bizarre que ça en a l'air, me défends-je. Je me demande simplement si mon sang a la même odeur que celle des autres humains.
– Chaque odeur est différente, me répond Edward. En tout cas, ton sang a bien une odeur humaine, si c'est ça qui t'intéresse. A la différence des loups qui ont une odeur absolument répugnante pour notre espèce.
– C'est vrai ?
– Abominable, confirme Jasper en avançant sa tour sur le damier.
– Mais nous sentons très mauvais pour eux aussi, ajoute Edward.
– Je ne vous trouve pas mauvaise odeur, à eux comme à vous.
– Si tu nous trouves bonne odeur à nous, les vampires, c'est pour une raison précise. Tout en nous est fait pour être séduisant aux yeux humains. Effrayant, aussi, mais captivant. De parfaits prédateurs.
Je ne parviens pas un instant à m'imaginer les Cullen comme des prédateurs mais il a pourtant raison : sur le papier, c'est ce qu'ils sont. Il n'empêche que je ne peux pas les voir autrement que comme des alliés, comme des gentils.
– Grave erreur, commente Edward tandis qu'un sourire en coin s'affiche sur son visage.
– Bah, soufflé-je. Si ça se trouve, vous ne pouvez pas me faire le moindre mal. Je te rappelle que je suis particulièrement immortelle dans mon genre.
– Je me demande si…
– Quoi ?
– Notre venin, avoue-t-il. Je me demande s'il serait efficace sur toi. Si ton sang résiste à toute substance étrangère, cela inclue-t-il le venin de vampire ? Notre venin est particulièrement agressif et je ne sais pas si tu pourrais le combattre. Ce serait une piste d'étude pour Carlisle, il pourrait confronter ton sang à du venin.
Je hoche la tête, curieuse à mon tour. Je ne souhaite pas devenir un vampire un jour, mais il serait intéressant de savoir si je suis vraiment résistante à tout. Les pouvoirs magiques qui semblent imbiber mon sang sont-ils à même de combattre une telle agression ?
– Tu sais, on peut vérifier tout de suite… chuchote Edward à mon oreille.
Je sursaute parce que je ne l'ai même pas remarqué s'approcher à ce point de moi. Un instant, je frissonne de terreur tandis que la fraicheur de son haleine imbibe mes narines. Je sais bien qu'Edward ne me fera rien, mais c'est instinctif. Dans un éclat de rire, il s'éloigne de moi.
– Se trouver trop proche d'un des nôtres est effrayant pour un humain, explique-t-il.
– Pour Bella, ça ne l'était manifestement pas trop, noté-je.
– C'est vrai, concède Edward d'un air amusé. Bella n'a jamais eu aucun instinct de conservation quand elle était humaine.
– En tout cas, je décline ta proposition, finis-je par dire. D'ailleurs, comment faites vous pour transformer un humain en l'un des vôtres ? Vous le mordez ?
Edward hoche la tête.
– On le mord mais ce n'est pas si simple. Il faut avoir la force de s'arrêter. Une fois qu'on a gouté au sang de notre victime, nous sommes pris de frénésie. Difficile de s'interrompre, donc.
– Que votre venin m'atteigne ou pas, un vampire pourrait certainement me tuer en me vidant de mon sang, dis-je tout en réfléchissant. Je ne vois pas bien comment je pourrais survivre à un tel sort. Et puis, si ce n'est pas ça, j'ai cru comprendre que vous aviez la force suffisante pour me broyer en deux s'il le fallait. Votre existence remet en cause mon immortalité.
– Tu sembles pleine de surprise, réplique Edward. Pour ce qu'on en sait, peut-être que ton sang est toxique pour nous, un mécanisme de défense d'une certaine façon.
– C'est une théorie intéressante mais je ne pense pas être si exceptionnelle. Je reste humaine après tout.
Edward hausse les épaules. Il a l'air de penser que tout est possible. Il me surestime largement. J'ai d'ailleurs l'impression que tous me surestiment : les Cullen comme les loups.
Tous me pensent exceptionnelle alors que je ne le suis pas. Ma condition tient de l'exceptionnalité, c'est certain. Au-delà de ça, je reste pourtant tellement moins intéressante qu'eux. Embry lui-même a tendance à m'élever plus haut que le ciel et, si c'est flatteur, j'ai souvent envie de le rappeler à l'ordre.
– C'est qu'Embry n'est pas très objectif, s'amuse Edward en écho à mes pensées.
Je lui jette un regard mauvais avant de me remettre à contrôler mes pensées. Il est facile d'oublier qu'Edward entend tout en permanence.
– Toute ma famille est habituée à ce que j'écoute aux portes, s'esclaffe-t-il.
– Il va sûrement falloir que je m'y fasse si je compte m'attarder à vos côtés, soupiré-je.
– Ne t'inquiètes pas, je sais garder les secrets, me rassure-t-il.
– Tu as plutôt intérêt !
Edward éclate de rire, n'empêche que je compte sur lui. Non pas parce que j'ai énormément de secrets que je tiens à garder, mais il y a certaines choses, notamment des souvenirs du passé, que je n'ai pas forcément envie de révéler dans l'immédiat. Il y a des choses qui prennent du temps à être révélées et, même si Edward les entend un jour malgré moi, je compte bien à ce qu'il les garde pour lui.
Comme pour me le confirmer, le concerné hoche la tête dans ma direction et je le remercie d'un sourire. J'ai confiance en Edward.
