Bonjour, bonjour !

DLys : Merci beaucoup pour ton gentil commentaire, ça me fait plaisir de te voir commenter chaque semaine :)

WhiteAir : Contente que les chapitres de carnets te plaisent, j'ai parfois tellement de difficulté à les écrire ! Mais c'est aussi pour ça que je tiens à eux, ça apporte une toute autre dimension à l'histoire ! Ils ne sont pas parfaits mais on avance de plus en plus vers des moments clés de l'histoire d'Aina ! Si ça peut te rassurer, le chapitre de cette semaine ne devrait pas t'apporter de larmes, on est sur ce qu'on appelle un chapitre calme ahaha ;)

Bonne lecture à tous !


17. Le monde des vampires

Ce week-end là, quand je me rends à la villa des Cullen, c'est pour mes premiers prélèvements sanguins, la première étape d'une tentative pour comprendre de quelle étrangeté mon sang est fait.

Carlisle est celui qui m'accueille et, en dehors de lui, je constate que la demeure est vide. Il m'explique que les autres ont préféré s'éclipser à cause de l'odeur de sang qui risque d'être forte. Quand bien même ils sont tous en capacité de le supporter, ça reste désagréable pour eux, et ils souhaitaient me laisser un peu d'intimité au passage.

– Carlisle, je ne souhaite pas vous imposer quoi que ce soit qui…

– Ne dis pas de bêtises, m'interrompt-il en souriant. C'est mon quotidien. Je travaille dans un hôpital, c'est le mode de vie que j'ai choisi.

Je suis une nouvelle fois impressionnée par ce choix osé qu'a fait Carlisle. Osé parce qu'assez cocasse pour un vampire de travailler ainsi au contact du sang et de son attrait difficilement répressible, mais également parce que Carlisle voulait faire le bien, pour « rattraper » ce qu'il était et ce qu'il a longtemps détesté.

Carlisle m'indique où m'installer et je le vois préparer son matériel. Je repère des aiguilles et des tubes prêts à être remplis. Sans vouloir avoir trop d'attentes, je ne peux m'empêcher d'être très excitée à l'idée d'en apprendre plus sur les mystères de ma condition. Je ne peux pas croire que mon sang soit entièrement normal, pas quand rien n'a d'effet sur lui : que ce soit l'alcool ou des substances médicamenteuses. Non, il doit bien y avoir quelque chose à découvrir.

Au fond, qu'est-ce que ça changera pour moi de le savoir ? Rien, mais ce sera toujours un élément de réponse aux questions que je me pose depuis si longtemps.

Pendant que Carlisle installe un garrot autour de mon bras, ses doigts froids entrent en contact avec ma peau, me faisant frissonner. Il ne commente pas, devant être habitué aux réactions de ses patients à son contact.

Il désinfecte ensuite l'épiderme, là où il va piquer, et j'observe ses gestes, comme fascinée. Ce sont des gestes que j'effectue quotidiennement et qui me sont donc familiers. Si je l'avais voulu, j'aurais même pu me faire cette prise de sang moi-même, mais c'est tout de même bien moins pratique. Néanmoins, ce geste familier prend une toute autre dimension effectué par Carlisle. Les gestes du vampire sont gracieux. Fluides et efficaces.

Quand il me pique puis commence à insérer les tubes uns à uns, je les observe se remplir du liquide rouge si diablement attirant à l'odorat des vampires. Pourtant, quand j'observe le visage de Carlisle, il ne laisse rien paraître. Le vampire est vraiment très fort et c'est là, je le devine, le résultat de plusieurs siècles d'entraînements.

Une fois le prélèvement effectué, Carlisle m'explique ce qu'il va en faire. A New-York, il va réaliser lui-même des tests sur mon sang avec le matériel dont sont équipés les laboratoires ultra-modernes du centre hospitalier. Il s'assurera que personne d'autre que lui n'ait accès à mon sang ou aux résultats qu'il obtiendra. Si vraiment il est constitué de quelque étrange façon, il ne faudrait pas que les données se retrouvent sous des yeux malintentionnés.

– Carlisle, pourquoi avoir choisi Forks ? m'enquis-je à la mention de New-York. Si les modificateurs sont vraiment vos ennemis naturels, alors n'aurait-il pas été préférable de tous vous éloigner d'ici ?

– Forks est un endroit parfait pour nous. Le soleil perce très rarement au travers des épais nuages qui couvrent le ciel la plus grande partie du temps, ce qui nous permet de vivre presque normalement. Et puis, la faune est une source appréciable de nourriture. Quant aux modificateurs, avec le traité des territoires, cela n'a plus été un problème. Et puis, nous ne sommes pas toujours là. Comme toi, nous ne restons jamais trop longtemps nulle part, mais Forks est maintenant l'endroit où nous finissons toujours par revenir. C'est chez nous.

J'acquiesce. Je peux percevoir l'affection que Carlisle semble éprouver pour cet endroit.

– Je n'ai pas de tel endroit, dis-je. Je n'ai jamais voulu retourner aux îles Feroé, le seul endroit que j'ai jamais considéré comme ma maison. Je n'ai jamais pu m'y résoudre. Je ne suis pas certaine de pouvoir le supporter. Ce serait trop douloureux.

– Je comprends. L'endroit doit être empreint de trop nombreux souvenirs.

– C'est idiot, en plus, remarqué-je. Dans le fond, je ne me rappelle pas vraiment de tout ça. Vous savez, ma mémoire ne remonte pas à si loin. Mais si mon cerveau ne s'en rappelle pas vraiment, mon cœur oui. D'ailleurs, pourquoi pensez-vous que ma mémoire soit si déficiente ?

Carlisle hausse les épaules.

– Je suppose que tu as une mémoire humaine qui n'est pas faite pour enregistrer pendant autant d'années. Elle doit être arrivée à saturation un jour, et au lieu d'empêcher de nouvelles informations d'entrer, peut-être a-t-elle jugé préférable d'effacer plutôt d'anciens souvenirs, tout en maintenant la charge affective liée à ces souvenirs vivante. Ou bien, ton cerveau a volontairement oublié ce qui t'étais trop douloureux. Je ne sais pas. On peut faire de nombreuses hypothèses mais je ne pourrais pas en privilégier une en particulier. Une chose est certaine : le cerveau est un organe très complexe et il est capable de bien des choses sans qu'on en ait conscience.

Je hoche la tête, approbatrice. Complexe, ça oui, il l'est très certainement. Si le cœur a ses raisons que la raison ignore, le cerveau a lui aussi des raisons obscures et inconnues à notre conscience.

Quand nous redescendons au salon, je constate que nous ne sommes plus vraiment seuls. Emmett est là, ainsi que Rosalie et Alice. En les observant ainsi, se conduisant de façon si normale, je me questionne sur leurs congénères.

– Comment sont les autres vampires ? m'enquis-je donc soudainement.

– Il y a différents vampires, m'apprend Carlisle. Nos cousins Denali sont très semblables à nous. Ils ont choisi le même régime alimentaire que le notre. Leurs yeux sont donc du même topaze que le notre. Quant aux vampires qui s'alimentent de sang humain, ils ont les yeux rouges.

– Rouges ? m'étonné-je. Alors je suppose qu'ils ne se mêlent pas au commun des mortels. Avec de pareils yeux, il doit être difficile de se fondre parmi des humains.

– Ils vivent de façon un peu plus isolée que nous, oui, me confirme-t-il. Il existe quelques groupes comme les nôtres, mais très peu aussi nombreux. Les vampires sont des créatures plutôt solitaires. Il existe beaucoup de nomades, trop discrets pour pouvoir les compter. Et puis, il y a les Volturi.

– Les Volturi ? répété-je.

– La police des vampires, intervient Emmett avec un air de conspirateur. Les grands méchants vampires qui décident de nos lois. Ceux qui sont à même de nous condamner à mort si on joue un peu trop avec le feu.

Face à la légèreté de son ton, Rosalie adresse un regard mauvais à Emmett. Il semblerait que Rosalie les prenne un peu plus au sérieux que son conjoint.

– J'ignorais qu'il y avait des règles chez les vampires, encore moins des lois.

– Sans ordre ni loi, que penses-tu qu'il se passerait, Aina ? insiste Carlisle.

– Un joyeux désordre, lui accordé-je.

Il hoche la tête.

– Mais quelles lois devez-vous respecter ?

– Tu peux facilement deviner.

Je réfléchis un instant aux règles qui peuvent réguler la vie d'un vampire. Quelle limite un vampire ne doit-il pas franchir ?

– Ne pas tuer trop d'humains ? supposé-je.

Emmett s'esclaffe bruyamment. Carlisle, Alice et Rosalie étouffent également un rire.

– Il est vrai que c'est préférable d'éviter de tuer toute la nourriture, m'accorde néanmoins Emmett.

– Mais ce n'est pas ça notre principale loi, ajoute Carlisle. Il s'agit tout simplement de ne pas nous exposer aux humains, de conserver le secret de notre existence.

Je hoche doucement la tête. Maintenant, cela me parait évident. Et pourtant…

– Mais pourquoi, au fond ? répliqué-je. Pourquoi conserver le secret alors que les humains ne peuvent pas vous faire le moindre mal ? Aucun vampire n'a jamais cherché à prendre le contrôle de la planète ? Pour une espèce aussi puissante que la votre, c'est étonnant, non ?

– Nous ne sommes pas dans un film de science-fiction, se moque Emmett.

– Mais ces Volturi, qu'est-ce qu'ils gagnent dans tout ça ? Qu'est-ce que ça leur apporte de faire respecter les lois ?

– Ils inspirent la peur chez tous les vampires, m'explique Carlisle. Ils détiennent le pouvoir. C'est amplement suffisant pour eux.

– Et personne ne cherche à les déloger de leur trône ?

– Ils sont très puissants, intervient Alice. Vraiment très puissants. Ces talents qu'Edward ou moi avons ? Tous les membres de la garde rapprochée des Volturi en ont. Attaquer les Voluri, ça revient à attaquer une forteresse.

– Intouchables, donc, conclut Rosalie.

Je hoche la tête. Je suis soufflée par ce que les Cullen m'apprennent là. Dire qu'un tel monde était là, sous mes yeux, pendant tout ce temps, sans que j'en aie la moindre idée. Les vampires sont là, partout, et personne n'en a conscience. Qu'est-ce qui peut encore exister sans qu'on le sache ? Comment savoir ? J'existe bien, après tout. Dans ces conditions, qui me dit que je suis la seule dans mon genre ?

– Il est donc préférable de ne pas croiser leur route, dis-je. Les avez-vous déjà rencontrés ?

Un petit sourire s'affiche sur le visage de Carlisle. Aucune joie dans ce sourire, mais comme une certaine ironie.

– J'ai appartenu à leurs rangs pendant un temps, m'apprend-t-il. Et puis j'ai finis par m'en aller, nos valeurs étant trop différentes.

– Il y aussi Bella qui a mis un peu de pagaille avec les Volturi, ajoute Emmett. Elle et Edward ont eu le malheur d'attirer leur attention. Edward intéressait les Volturi à cause de son don, tout comme Alice. Et Bella résistait au don d'Aro – le grand chef des Volturi – ce qui a eu le don de beaucoup l'intriguer. Aro aurait adoré les voir tous intégrer ses rangs… Il peut rêver !

– De la pagaille ? répété-je.

– Oh, rien qu'une petite guerre, minimise Emmett. On a cru qu'on y passerait tous. On a réuni tout un tas d'autres vampires pour se battre à nos côtés. Il y avait les loups, aussi. Il faudra qu'on te raconte cette histoire un jour.

– Ça m'a l'air d'être une sacrée histoire, effectivement.

– Tu n'as pas idée ! fait Emmett en s'esclaffant de plus belle. Au fait, tu sais qu'ils vivent en Europe ?

– En Italie, précise Carlisle.

– J'ai passé quelques années en Italie, me remémoré-je vaguement. Pas très longtemps, mais ce n'était pas une époque très mémorable.

– Tu as sûrement de la chance de ne pas avoir croisé leur route, intervient Emmett. Aussi immortelle sois-tu, les Voluri n'auraient fait qu'une bouchée de toi… Quoique, peut-être qu'Aro se serait intéressé à toi autrement que pour ton sang, s'il avait découvert ta particularité.

– Je m'estime heureuse que ça n'ait pas été le cas. Ces vampires ne me paraissent pas très recommandables… ironisé-je.

– Parce que nous, nous le sommes ? plaisante Emmett.

– Bien plus qu'eux, oui !

Je passe encore un moment en compagnie des Cullen avant d'annoncer mon départ. Ayant prévu de passer la soirée avec Embry, je veux avoir le temps de cuisiner avant son arrivée.

Pendant tout mon trajet retour, je sens l'anxiété monter. Cette soirée avec Embry m'apparaît comme un premier rendez-vous. Nous avons déjà passé la soirée sur la plage ensemble, bien sûr, mais il y avait tant de gens autour de nous. Quant à la soirée que nous avons passée ensemble à l'issue de mon repas avec Leah, c'était un moment improvisé. Ainsi, cette soirée là est notre première programmée, la première officielle, en quelques sortes. Cette idée là fait naitre un nœud dans mon estomac. Mais que m'arrive-t-il ?

– Ma vieille, tu es âgée de plus de deux siècles ! me morigéné-je toute seule. Tu ne crois pas que tu as passé l'âge pour ce genre de réactions ?

Une fois chez moi, je m'occupe donc l'esprit en m'affairant aux fourneaux. Tout plutôt que de réfléchir à la soirée à venir.

Quand j'en ai finis et que le repas mijote sur le feu, je profite du temps qui me reste pour écrire un peu dans le carnet que m'ont offert Edward, Bella et Renesmée. J'ai des choses sur le cœur que j'ai besoin d'écrire. Un trop plein de pensées dont j'ai besoin de me débarrasser.

Il faut dire que j'en ai beaucoup appris sur le monde aujourd'hui, chez les Cullen, notamment sur le monde des vampires. Comment croire qu'un clan de vampire tel que celui des Volturi puisse exister ! Un clan qui impose sa loi et qui force les vampires à se tenir à carreaux ! Ce n'est donc pas une totale anarchie, même chez les vampires. Il existe des règles à ne pas franchir, même quand notre existence dépasse les règles de l'humanité elle-même.

Alors que je suis en train de réfléchir à ce concept, la sonnette retentit. Embry est là. L'angoisse resurgit malgré moi. De derrière la porte, je suis persuadée qu'Embry peut percevoir cette angoisse. N'y pouvant rien, je soupire et je vais lui ouvrir.