En ce dimanche pluvieux (pour ma part), me voilà avec un nouveau chapitre !
J'espère que vous avez passé de joyeuses fêtes de Noël en compagnie de vos proches (dans le respects des gestes barrières) et que vous êtes d'ores et déjà prêts à passer à une nouvelle année (quoi qui nous attende dans celle-ci) !
En attendant, merci à WhiteAir pour sa review : Là on touchait effectivement le fond en termes de catastrophe pour Aina... Pour l'enfant, on en apprendra déjà plus dans le prochain extrait de carnet, je n'en dis pas plus ! ;)
Bonne lecture à tous et... on se retrouve en 2021 ?
J'ai encore du mal à croire que ce soit si proche, mais ça l'est pourtant. A très bientôt !
21. Réconfort
Le lendemain de mon retour, je me rends à la villa des Cullen. Il me parait évident de venir remercier Alice et Edward pour m'avoir ainsi rassurée alors que je vivais une si terrible expérience. Embry a proposé de m'accompagner, d'appeler le travail pour se faire porter pâle, mais je l'ai assuré que c'était bon, que j'allais bien. Il a fini par concéder et s'en est allé, bien qu'à contrecœur, je l'ai bien vu.
C'est Edward qui m'ouvre la porte de la villa. A peine ai-je pu le saluer qu'Alice surgit à son tour et m'entoure de ses bras durs et froids. Je reste choquée par ce contact soudain mais Alice ne s'en formalise pas.
— Je suis contente que tu ailles bien, me dit-elle. Quand j'ai vu ce qui allait t'arriver… Mais il était déjà trop tard…
— Tout va bien Alice. Tu n'aurais rien pu faire de plus. Tu as déjà fait beaucoup. Merci.
Elle me sourit mais je vois qu'elle continue à se sentir fautive, ce qu'elle n'a aucune raison d'être.
— Eh bien ! Un nouvel exploit à ajouter à ta liste ! s'exclame soudain Emmett en entrant dans la pièce. Faire fuir un vampire, il faut le faire !
— Emmett ! siffle Rosalie en surgissant derrière lui.
— Ben quoi ? réplique-t-il. Il faut avouer que c'est fort.
— Et traumatisant ! rétorque-t-elle, ce à quoi Emmett ne répond rien, vaincu.
Quand Carlisle arrive à son tour jusqu'à moi, il me demande ma permission pour commencer à m'ausculter, notamment au niveau du cou, mais il n'y a plus aucune marque à observer.
— Carlisle, n'étiez-vous pas reparti à New-York ? m'étonné-je alors que ses doigts froids tâtent mon cou.
— Nous sommes revenus dès que nous avons su.
— Vous êtes revenus pour moi ?
— Bien sûr.
Comme si c'était parfaitement évident. J'en suis profondément touchée. Carlisle agit comme si j'étais de la famille et que je l'avais toujours été.
— C'est le cas, Aina, répond Edward en écho à mes pensées.
— Nous voulions nous assurer que tu allais bien, intervient à son tour Esmé. Nous sommes tellement désolés que ça te soit arrivé, Aina.
— Et pourtant, tout va bien, dis-je. Aucun dégât. Comme si rien ne s'était jamais passé.
— Cela confirme mes tests au laboratoire, intervient Carlisle. J'ai confronté ton sang à du venin de vampire. Ton sang l'a complètement désintégré. Il l'a combattu comme si ce n'était qu'un vulgaire sirop de menthe. J'en suis resté ébahi.
— Vous avez eu le temps de faire les tests ? Qu'avez-vous découvert d'autre ?
— Il y a définitivement quelque chose d'anormal dans ton sang. Quelque chose de plus qu'humain. Un type de cellule inconnu que je ne suis pas parvenu à isoler, quelque chose d'insaisissable. Difficile d'en savoir plus, donc. Je pense qu'il y a une magie chez toi que la science ne peut pas expliquer, tout comme il y une magie dans le sang quileute qui leur permet de se transformer en loup quand ils sont confronté à des vampires.
— Je suis de l'ordre de l'inexplicable, soupiré-je.
D'un air désolé, Carlisle hausse les épaules.
— Je vais continuer à chercher des réponses mais je ne suis pas certain d'y arriver. Je suis vraiment désolé, Aina.
— Ce n'est rien, Carlisle. Je n'ai jamais vraiment escompté obtenir des réponses précises à mon sujet un jour. Je l'ai maintes fois espéré, mais ça m'a toujours paru hautement improbable. Je me suis faite à l'idée de ne jamais savoir. J'ai quand même appris des choses.
— Comme le fait que ton sang n'est pas comestible pour des vampires… intervient Emmett tandis que Rosalie le rabroue à nouveau.
— Entre autre, acquiescé-je. J'en sais déjà beaucoup. Le pourquoi n'a pas plus d'intérêt que ça. Ce n'est pas comme si j'avais une chance de changer ce que je suis. Heureusement, maintenant je vous ai.
Je passe un moment de la journée en compagnie des Cullen. En leur compagnie, je ne pense plus à l'événement traumatique que j'ai vécu. Ou en tout cas, moins. En dépit des regards noirs de Rosalie, Emmett continue à plaisanter, mais cela m'aide à rire de la chose et ne me dérange donc absolument pas.
Je décide néanmoins de rentrer me reposer en fin d'après midi. Devant reprendre le travail le lendemain matin, je pense qu'une bonne nuit de sommeil me sera particulièrement utile. Je me couche donc exceptionnellement très tôt ce soir là.
Je me réveille alors que je devine que c'est le beau milieu de la nuit. Mon esprit est embrumé et je me demande bien ce qui m'a sortie des bras de Morphée. Je frisonne un instant et imagine que c'est le froid. Bien que je sois bien au chaud sous ma couette, de l'air frais s'obstine à venir s'engouffrer dans mon cocon, me faisant frissonner au passage. Je blâme pour ça la mauvaise isolation de la pièce.
C'est alors que quelque chose semble toquer au carreau de ma chambre. Ce son soudain me fait sursauter. Des dizaines de pensées traversent mon esprit et j'imagine deux yeux rouges comme le sang qui me transpercent.
Tout est sombre et je n'y vois rien au travers de mon rideau opaque. Je reste figée d'effroi jusqu'à ce que la voix d'Embry retentisse.
— Aina, c'est moi, me dit-il.
Là, une vague de calme me traverse. Bien sûr que c'est Embry. Qui d'autre ?
Difficilement, au regret de quitter mon cocon de chaleur, je me lève et repousse le rideau avant d'ouvrir ma fenêtre.
— Tu m'as fichue une peur bleue ! avoué-je à Embry tandis que je me pousse pour le laisser entrer.
— Je suis désolé. Je n'aurais pas du surgir comme ça. J'aurais du deviner que…
— Ce n'est rien, Embry. Dis-moi, la porte, c'est trop classique pour toi ? m'enquis-je
— Disons que ça te faisait moins loin pour me laisser entrer.
En refermant la fenêtre, la fraicheur qui s'engouffre dans la pièce m'arrache un violent frisson.
— Bon sang, l'air est glacial ! m'exclamé-je.
Sans se faire prier, Embry m'attire contre lui et je frissonne au contact du choc thermique : la fraîcheur de la pièce contre la peau brûlante d'Embry. Je me blottis contre lui avec plaisir, appréciant la chaleur confortable de son épiderme contre mon corps tout frissonnant.
— Et tu venais pour quoi au juste ? demandé-je.
— Si je te dis que je passais par là, tu me crois ?
— Pas vraiment.
— Disons que j'avais envie de te voir, alors.
— Au beau milieu de la nuit ?
— Je ne dormais pas.
— Moi, je dormais.
— Tu viens de te réveiller, réplique-t-il.
— Tu étais là depuis longtemps ?
— Une bonne heure.
— Qu'attendais-tu alors ?
— Je… Disons que je voulais m'assurer que tu allais bien. Je ne pensais pas venir frapper à ta fenêtre, mais tu t'es réveillée, alors je l'ai fais.
— Et que faisais-tu pendant tout ce temps ?
— Je t'écoutais dormir. Est-ce que c'est bizarre ?
— Un peu, mais je suppose que c'est normal pour un loup d'écouter sa copine dormir depuis l'arrière de sa fenêtre...
Embry éclate de rire avant de m'embrasser.
— J'aime quand tu dis ça.
— Quoi donc ?
— Que tu es ma copine.
— Ce n'est pas ce que je suis ? répliqué-je.
— Si, c'est juste plaisant de l'entendre à voix haute.
— Dis, tu veux dormir avec moi ? m'enquis-je. Parce que je ferais mieux de retourner me coucher, c'est que je travaille demain. Mais je n'ai pas envie que tu t'en ailles pour autant…
Embry acquiesce, un sourire ravi sur les lèvres, et nous nous glissons tous les deux sous la couette. Je me blottis contre lui. Cela me parait étrange de partager mon lit avec quelqu'un, voilà bien longtemps que je ne l'avais pas fait. Pourtant, la présence d'Embry est rassurante. Et puis, en sa compagnie, j'ai beaucoup moins froid.
— Embry ?
Il marmonne quelque chose que je ne comprends pas mais que j'interprète comme un « oui ».
— L'autre soir… Au téléphone, tu m'a dis que tu avais senti que quelque chose n'allait pas. Qu'est-ce que tu as voulu dire ?
Embry parait hésiter.
— J'ai senti que tu étais en danger.
— Mais comment ?
— Je ne sais pas, juste un mauvais pressentiment.
— Les loups ont-ils des dons de prémonition, eux aussi ? Comme Alice ?
— Pas que je sache.
— Alors tu as sacrément bon instinct.
— Il faut croire, oui.
— Pourquoi ai-je l'impression qu'il y a quelque chose que tu ne me dis pas ?
— Parce que c'est le cas, Aina, m'avoue Embry après quelques secondes de flottement. C'est juste que je ne sais pas vraiment comment aborder le sujet. Est-on obligé de faire ça maintenant ?
— Non, peut-être devrions-nous plutôt dormir, concédé-je. On en parlera une prochaine fois, je peux compter sur toi ? Tu as piqué ma curiosité.
— C'est promis.
Je dépose un baiser sur ses lèvres avant de refermer les yeux et d'en appeler au sommeil. Avec Embry à mes côtés, je me sens en sécurité et je laisse donc le sommeil me cueillir sans crainte.
Le lendemain matin, quand mon réveil sonne, Embry se glisse à nouveau par la fenêtre pour gagner la forêt et se transformer.
— Que ça ne devienne pas une habitude d'utiliser la fenêtre comme une porte… ironisé-je en sachant qu'il m'entendrait encore, en dépit de la distance qu'il avait déjà parcouru.
Après ça, je me prépare sereinement pour aller au travail. Je sais que je vais retrouver Angela et j'en suis contente.
C'est quelques jours plus tard que je retourne à La Push, Seth m'ayant proposé de passer, mais j'admets craindre ses intentions. Veut-il encore tenter de nous faire devenir amies, moi et Leah ? Mes craintes ne font que s'accentuer quand je me gare et que Leah sort justement de la maison. En me reconnaissant, je la vois froncer les sourcils puis lever les yeux au ciel.
— Salut, Leah, dis-je.
— Salut, répond-t-elle sobrement. Rassure-moi, ce n'est pas encore un plan foireux de Seth ?
— Si je suis totalement honnête, je l'ignore. Il est à la maison ?
— Non, il n'est pas là.
— Bizarre… Il ne va peut-être plus tarder. Il m'a proposé de passer le voir.
— Ou alors, c'est ce que je disais : un plan foireux.
Je hausse les épaules. Je ne sais vraiment pas quoi en penser. Je pensais que Seth avait abandonné l'idée de forcer la main à sa sœur. Et puis, comment aurait-il pu savoir qu'elle serait là précisément quand j'arriverais ? Impossible.
— Est-ce que tu sais si Embry est dans le coin ? m'enquis-je.
— Non, je n'en sais rien, répond-t-elle un peu sèchement.
A sa réaction à la mention d'Embry, je me demande un instant si elle et Embry n'ont pas un passif. Néanmoins, Embry m'a seulement parlé de la relation qu'elle a eue avec Sam. Me l'aurait-il caché si lui et Leah avaient également eu une aventure ?
— Est-ce que… Est-ce que tu as quelque chose contre moi Leah ? Je sais ce que tu m'as dit l'autre jour mais…
— Je n'ai absolument rien contre toi ! C'est comme je t'ai dis, je veux qu'on me laisse tranquille. En revanche, si je suis agacée, là maintenant, c'est pour une raison particulière, si tu veux tout savoir. Et ce n'est pas contre toi, ni même contre Seth, mais plutôt contre Embry.
— Embry ? la repris-je, me demandant bien ce que la louve peut avoir à lui reprocher, à moins que j'ai eu raison dans mes supposition.
— Oui, Embry. Il ne t'a toujours pas parlé, pas vrai ?
— Parlé de quoi ?
Elle semble hésiter puis finit par cracher le morceau en soupirant.
— De l'imprégnation.
— L'imprégnation ?
— Si tu as besoin de demander ce que c'est, c'est qu'il n'a pas abordé le sujet avec toi. Et je n'approuve pas qu'il mette tant de temps à l'évoquer. Ils vont surement tous être très en colère contre moi pour avoir amener le sujet sur le tapis avec toi, mais je m'en fiche. Demande lui de t'en parler, d'accord ? Je n'essaie pas de foutre la pagaille, mais j'estime qu'il a le devoir de t'en parler, depuis le temps.
— Je lui en parlerais, alors.
— Très bien.
Un silence s'installe, Leah semblant attendre quelque chose, puis elle se lance et reprend :
— Au fait… Je suis désolée pour ce qui t'est arrivé à Seattle. J'ai beau paraître sans cœur, je suis contente que tu n'ais rien.
Je suis touchée par ses paroles, parce qu'il est évident que la louve prend sur elle pour faire preuve d'un peu de compassion à mon égard.
— Merci, Leah.
— Bon, salut, Aina.
— Salut, Leah.
Sans un regard vers moi, Leah s'éloigne et je reste là, seule avec mes pensées. Je me demande si l'imprégnation est justement le sujet dont Embry m'a parlé l'autre jour, sans le nommer, le même sujet qu'il a remis à plus tard. Si oui, pour quelle raison hésite-t-il tant à m'en parler ? A entendre Leah, ça parait relativement important…
Je reste plusieurs minutes absorbée dans mes réflexions, jusqu'à ce que Seth surgisse en panique et m'en sorte.
— Tellement désolé, Aina ! Tu as beaucoup attendu ?
— Pas beaucoup, non. Ne t'en fais pas !
— Les autres sont à la plage, on y va ?
N'y voyant rien à redire, j'acquiesce, même si j'ignore de qui il parle quand il dit « les autres ». Intérieurement, j'espère que ça inclut Embry.
Quand nous y arrivons, après quelques minutes de marche pendant lesquelles Seth a joyeusement parlé, je repère immédiatement Embry et mon cœur s'en réchauffe. Quil est également là, avec une petite fille que je n'ai encore jamais vu, et puis il y a Jacob.
Embry me repère lui aussi de très loin et m'adresse un sourire. Je presse le pas pour le rejoindre, sous un petit rire de Seth.
Le sujet de l'imprégnation occupe mon esprit mais je sais bien que ce n'est pas le bon moment pour l'évoquer. Pour ça, j'attendrais que nous soyons seuls.
Les garçons m'accueillent avec enthousiasme, bien plus qu'à l'accoutumée. Je les soupçonne de vouloir me remonter le moral après ce qui m'est arrivé. Pourtant, comme je ne cesse de le dire à tout le monde, je vais bien.
Oui, j'ai vécu une agression traumatique. Oui, j'ai cru mourir. Oui, si je l'avais pu, j'aurais certainement vu ma vie défiler devant mes yeux. Il n'empêche : je m'en suis remise.
Je sais que j'ai déjà vécu d'autres horreurs dans ma vie, même si je ne m'en rappelle pas vraiment. Je sais pourtant que ces choses sont arrivées. Et si je n'ai peut-être jamais affronté un vampire auparavant, je reste familière de ce type de traumatismes.
C'est que je suis une vieille dame qui a de l'expérience, si on fait le compte de la totalité de ma vie…
Je laisse pourtant faire les garçons, parce qu'ils font tous ces efforts pour moi et ça me fait tellement plaisir. Ai-je seulement mérité d'aussi bons amis qu'eux ?
