Bonjour bonjour !

Le nouveau chapitre est là, je vous en souhaite une bonne lecture !

WhiteAir : Oh oui, je les adore moi aussi ! Mes examens se sont bien passés oui, j'espère que tout va bien également de ton côté. Contente de te retrouver également dans les commentaires :)


30. Longueur d'onde

Une fois le flot de larmes tari, ni Embry ni moi n'en parlons. Nous n'avons pas besoin de mots pour nous accorder là-dessus. Il s'agissait d'un moment à ressentir, pas à comprendre.

Nous étant réveillés en plein milieu de la nuit sur le canapé, nous regagnons la chambre pour reprendre le cours de la nuit, non sans auparavant nous exprimer mutuellement notre amour d'une façon qui se passe également de mots.

Au lendemain, je me sens différente. Différente d'une façon que j'ai du mal à appréhender. Je me sens aussi légère qu'une plume, libre comme l'air.

Même si Embry sait désormais toutes ces choses sur moi et mon passé, nous n'en avons pas parlé une seule seconde. Tout simplement parce que je ne suis pas en capacité de le faire, c'est aussi pourquoi j'ai fait lire mes carnets au quileute au lieu de tout lui raconter de vive voix. Ce qui importe, c'est qu'Embry sache désormais tout, que nous n'ayons plus aucun secret l'un pour l'autre.

Une fois le quileute parti, je reste longtemps pensive, jusqu'à ce que quelqu'un frappe à ma porte. Sur le palier, je découvre Edward.

— Tiens, je ne sais même plus à quand remonte ta dernière visite ! remarqué-je. Que me vaut cet honneur ?

Un sourire étire ses lèvres.

— Je viens aux nouvelles. As-tu revu ta mystérieuse étrangère ?

— Si tu me poses la question c'est qu'Alice a à nouveau eu une vision, non ?

— Elle t'as vu la rencontrer, le soir du restaurant. Ce qui l'intrigue, c'est pourquoi ces visions lui apparaissent aussi tardivement à chaque fois. Comme si la décision était prise à un ultime instant, la rendant imprévisible.

— Tu sais, je ne serais pas étonnée que, qui que soit cette femme, elle n'aime pas beaucoup qu'on la traque. Elle semble avoir de nombreux pouvoirs.

— Tu penses à quelque chose en particulier ? s'enquit le vampire.

— Quand j'étais aux toilettes, au restaurant, et que la femme m'ait apparue, Embry ne parvenait plus à entendre quoi que ce soit. Ce qui n'est pas normal : je n'étais vraiment pas loin et il n'y aucun problème avec l'ouïe d'Embry. Je pense que cette femme en était la cause… D'une façon ou d'une autre. Pour ce qu'on en sait, peut-être bloque-t-elle aussi les visions d'Alice ? Pas forcément volontairement, mais chaque fois qu'elle m'apparaît, il semblerait que tout le monde est tenu à distance…

— Ta théorie ne me semble pas délirante. Mais si tu as raison, alors nul ne peut te protéger d'elle.

— Pourquoi tout le monde persiste à vouloir me protéger d'elle ? Il ne semblerait pas qu'elle me veuille le moindre mal.

— Mais tu n'en es pas certaine non plus… remarque Edward.

Immédiatement, je bloque mes pensées. Encore une fois, il m'a été facile d'oublier que j'étais face à un vampire capable d'entendre la moindre de mes pensées.

— De toute façon, comme tu l'as si justement fait remarquer, il semblerait que vous ne puissiez rien contre elle. On verra bien, Edward. Que veux-tu que je te dise ?

— Embry est inquiet, insiste Edward.

— Embry me fait confiance.

— Cela ne l'empêche pas d'être inquiet.

— Comment sais-tu ça ?

— Tu sais très bien que tout se sait avec les loups. Jacob le sait alors nous le savons, vu le temps qu'il passe à trainer dans nos pattes.

Un instant, je m'inquiète que tout ce qu'Embry a lu dans mes carnets soit bientôt su par toute la meute. Cependant, je suis persuadée qu'Embry fera de son mieux pour y penser le moins possible. Et puis le cas échéant, tant pis…

— Je ne suis pas insensible, Edward. Je n'aime pas imposer cet état d'incertitude à Embry. Mais moi aussi, je suis dans l'incertitude. Cette femme m'apparaît sans me demander mon avis. Que voudrais-tu que j'y fasse ?

— Même si tu pouvais y faire quoi que ce soit, tu ne le ferais pas, pas vrai ?

J'adresse un sourire ironique au vampire.

— Elle sait qui je suis, rétorqué-je. Elle est probablement celle qui a fait de moi ce que je suis. Tu crois vraiment que je pourrais la fuir ? Sans le savoir, je l'attendais depuis toujours, cette inconnue. Je ne peux que me languir de notre prochaine rencontre.

— En dépit des risques ?

— Essaierais-tu de me culpabiliser, Edward ?

— J'essaie de te faire réaliser qu'il pourrait y avoir danger pour toi.

— Mais je le sais bien, sauf que je n'y peux rien.

Edward pousse un soupir.

— Tu as raison. Je m'excuse pour mon insistance. L'inquiétude d'Embry a contaminé la meute de Jacob et moi par extension.

— Est-il donc si inquiet ? m'étonné-je. Je n'en avais pas conscience.

— Il t'en fait part au minimum. Tu as déjà tes propres sources de tracas sans qu'il t'en rajoute, ou du moins c'est ce qu'il pense.

— Il est bien trop bon avec moi.

— Il n'en pense pas moins de toi.

— Tu sais que cette habitude de tout savoir sur tout et tout le monde est très embarrassante ? remarqué-je soudain en riant.

— Je ne m'en rends même plus compte, quand je sais des choses que je ne devrais pas savoir. Crois-moi, il y a parfois des choses que je préfèrerais ne pas savoir.

— Comme quoi ? m'enquis-je, intriguée.

— Tu ne veux pas savoir… réplique-t-il.

Et bizarrement, j'accepte de le croire sur parole.

— Comment ça se passe, avec Embry ? enchaine-t-il.

— Tu me le demandes vraiment ? Je suis persuadée que tu en sais déjà beaucoup.

— J'ai eu quelques échos de l'intéressé au travers de Jacob mais pas autant que tu sembles le penser.

— Je suppose qu'on peut dire que ça se passe bien.

Après un instant d'hésitation, j'ajoute :

— Je lui ai tout révélé de mon passé, hier soir tout juste. Je n'avais jamais pensé être en mesure de le faire avec quiconque un jour.

— Je suis persuadé que ça représente beaucoup pour lui que tu l'ais fait.

— Ça représente tout autant pour moi.

— Ne t'avais-je pas dis un jour que des jours meilleurs t'attendaient, Aina ? fait remarquer Edward, l'œil pétillant.

— Ah oui, je me souviens d'une remarque sibylline dans ce genre là… Laisse-moi deviner, tu avais laissé traîner tes oreilles ?

— Pour ma défense, tout le monde sans exception était au courant. Sauf toi…

— Il est vrai que j'avais trouvé certains comportements étranges. Néanmoins, n'étant même pas au courant de l'existence de l'imprégnation, j'aurais difficilement pu deviner ce qui se tramait…

— Bien au-delà de l'imprégnation, les sentiments d'Embry crevaient les yeux.

— Oui mais, à ce moment là, je n'étais pas encore certaine de ce que je ressentais moi-même. Et puis, pas certaine non plus de savoir si je voulais y céder ou pas…

— Et aujourd'hui, tu ne regrettes rien.

— C'est une affirmation ? remarqué-je.

— Pas besoin de lire les pensées pour constater que tu es heureuse.

Je ne peux retenir un sourire. Edward a raison. Je suis heureuse, même si ça me paraît incroyablement fou de reconnaître la véracité de cette affirmation. Moi qui n'ai fait que survivre pendant bien longtemps… Embry a bien plus changé ma vie qu'il ne doit en avoir conscience.

— Et tu as changé la sienne tout autant, note Edward.

— Je lui ai aussi apporté bien des tracas, répliqué-je. Le destin ne lui a pas facilité la vie en le faisant s'imprégner de moi.

— Tout finira par se stabiliser, me rassure Edward.

— Sais-tu encore des choses que j'ignore ? me renseigné-je avec méfiance.

— Pas cette fois, Aina, s'amuse le vampire. Je te le promets. C'est mon optimisme qui parle.

Je souris.

— Que se serait-il passé si je n'avais pas croisé ton chemin, ce jour-là, à l'hôpital ? dis-je alors.

— Je n'en sais rien. Les chances de nous rencontrer auraient sûrement été amoindries.

J'acquiesce.

— J'aurais peut-être rencontré les garçons quand même, ajouté-je après réflexion. Angela voulait me faire découvrir La Push. Mais tout aurait certainement été différent si je n'avais pas été au courant de tout au préalable, comme je l'ai été grâce à toi et ta famille.

— J'aime à penser que l'univers trouve toujours une façon de nous guider là où on doit aller, même si la manière et le chemin peuvent différer selon les aléas de la vie.

— Tout ça me semble tout de même très aléatoire. Mais je dois bien reconnaitre une chose : la probabilité pour que je me retrouve à Forks entre tous autres endroits était très faible. Peut-être bien que le destin m'a donné un coup de main là-dessus…

— Qu'as-tu à dire de mal à propos de Forks ? plaisante Edward.

— Oh, disons que je m'attendais à vivre une vie très calme en arrivant ici… Qui aurait pu prédire que j'y trouverais des vampires et des loups garous ?

— Ce sont les endroits les plus isolés qui cachent parfois le plus de secrets.

— Il semblerait que tu ais raison à ce sujet. Néanmoins, je crois que nous sommes déjà suffisamment d'existences surnaturelles pour une si petite zone géographique, il ne faudrait pas que ça devienne le lieu de réunion de tous… Je ne suis pas certaine que les gens du coin s'en remettraient !

— Sûrement que certains ne prendraient pas bien la chose…

— Tu penses qu'il en existe d'autres ? Je veux dire, vous les vampires existez, les loups existent aussi… Qu'est-ce qui peut encore exister en ce monde ?

— Les enfants de la lune, ceux qu'on appelle communément des loups garous, ont existé mais ont été décimés. En dehors de ça, je n'en sais vraiment rien. Il y a ton inconnue qui semble encore tout autre chose, mais nous ne savons encore rien d'elle. Certainement que son existence implique encore beaucoup de secrets dont nous n'avons pas connaissance.

— Je suis d'accord avec toi. Nous sommes entourés de tas de mondes secrets. Nous appartenons à l'un de ces mondes mais il nous reste tant à découvrir.

— Nous avons tout le temps du monde pour le faire, remarque Edward.

J'acquiesce, dubitative. Quitte à avoir tout le temps du monde, je suppose qu'il a raison. Autant l'employer à percer les secrets du monde. Néanmoins, le seul secret que je veux vraiment percer dans l'immédiat, c'est surtout le mien.

— Et tu le feras, Aina. Tu découvriras les réponses que tu cherches.

— Je te trouve particulièrement optimiste, Edward.

— Il faut bien que quelqu'un le soit.

— Tu marques un point.

Soudain, quelque chose semble attirer l'attention d'Edward. Son regard se perd vers la forêt qui borde la rangée de maisons. Quelques secondes plus tard, il semble soulagé et reporte son attention sur moi.

— Tu as de la visite. Je ferais mieux de m'en aller.

— Embry ? m'enquis-je.

— Tu verras, répond habilement Edward, de façon mystérieuse comme il en a l'habitude.

Ayant maintenant l'habitude des fantaisies d'Edward, je n'insiste pas et le salue tandis qu'il regagne sa traditionnelle Volvo. Quant à moi, les yeux fixés vers l'orée de la forêt, je patiente. Je commence à croire qu'Edward s'est moqué de moi quand une silhouette apparaît.

— Ça pue le buveur de sang par chez toi, lâche Leah pour toute salutation.

— Contente de te voir également, Leah, contre-attaqué-je sans m'offenser de sa remarque désagréable.

Sans me répondre, Leah s'approche jusqu'à me rejoindre.

— Tu veux entrer boire quelque chose ? lui proposé-je.

Elle hausse les épaules, ce que je prends comme un oui, puis elle me suit à l'intérieur. La présence de la louve chez moi me paraît tellement étrange. Je suis très surprise de la voir ainsi débarquer chez moi, elle qui n'a longtemps voulu rien avoir à faire avec moi.

— Qu'est-ce qui t'amènes ? finis-je par lui demander, à bout de patience.

— J'ai appris que tu l'avais revue, la fameuse vieille folle ?

— Les nouvelles vont vite. Oui, je l'ai revue.

— Et où en es-tu alors ?

— Pour le moment, pas beaucoup plus loin. Je suppose que je devrais encore attendre un peu plus longtemps pour en savoir plus. Cette femme aime manifestement faire durer le suspens.

— Et… tu vas bien ?

Je reste silencieuse pendant plusieurs secondes, le temps de me remettre de la question de Leah. La louve se soucie donc de mon bien être désormais ?

— Je vais bien, finis-je par répondre. Perdue dans toutes ces interrogations qui sont les miennes, mais j'essaie de faire le tri. Et toi, Leah, comment vas-tu ?

— Plutôt bien, aussi étonnant que cela soit.

— Une raison particulière ?

— Notre discussion de la dernière fois m'a donné beaucoup à réfléchir. Je pense que tu avais raison.

— C'est souvent le cas. A propos de quoi spécifiquement ?

— Que mon avenir ne se construira que quand je me déciderais à le vivre. Je crois qu'il est temps que je vive.

— Et qu'est-ce que ça implique exactement ?

— Je ne suis pas encore tout à fait sûre. C'est en réflexion.

— Je suis contente d'avoir pu t'aider, en tout cas.

Le silence s'installe entre nous deux pendant un moment.

— Pourquoi es-tu venue me voir aujourd'hui ? demandé-je ensuite. Je ne suis toujours pas bien sûre de comprendre.

— Pour savoir comment tu allais. Pour te remercier de ton soutien.

— Sommes-nous devenues amies ? m'enquis-je.

Elle rit, mais sans méchanceté.

— Tout dépend de ta définition d'amies. Si tu comptes sur moi pour sortir faire du shopping ou parler garçons, alors non, nous ne sommes définitivement pas amies. En revanche, si je suis parfaitement honnête, tu n'es pas si mal. Je t'aime bien, Aina.

Cette déclaration de la part de Leah me laisse soufflée. M'avouer tout ça n'a même pas eu l'air de lui coûter. Aurait-elle à ce point été inspirée par mes paroles ?

— Je t'apprécie aussi, Leah.

— Qui l'eût cru ?

— J'ai toujours eu espoir, tu sais ?

— Ah ! Toi et ton optimisme à toute épreuve, c'est vrai. Je tiens cependant à expliquer pourquoi je t'apprécie. Je t'apprécie parce que tu me comprends finalement mieux que personne. Tu ne comprends pas tout, impossible, tout comme je ne te comprends pas toujours. Mais ce qui fait la différence, c'est que tu te soucies de moi comme personne.

— Tu oublies ta famille, remarqué-je.

— Je ne les oublie pas. Comme je l'ai dis, ils sont tout ce que j'ai. Mais nous, nous ne partageons pas le moindre lien, et pourtant, ça ne t'a pas empêché de te dévouer corps et âme pour tenter de m'atteindre. Et je sais ce que j'ai affirmé un jour, je t'ai accusé de le faire de façon égoïste, plus pour toi-même que pour moi. Mais j'ai eu tort, j'en ai pris conscience.

— Rien n'est jamais entièrement désintéressé dans ce monde, tu avais sûrement en partie raison.

— Mais chaque fois que je te repoussais, tu n'as pas abandonné. Tu es bien la première qui fait preuve d'une telle force de volonté à mes rejets répétés.

— Je suis particulièrement déterminée dans mon genre, suis-je obligée d'admettre.

— Merci pour ça.

Je lui souris et elle en fait de même, avec plus de retenue mais, pour Leah, ça me parait déjà beaucoup.

— Bon, trop d'émotions dégoulinantes à mon goût, réplique ensuite la louve. Je ferais sûrement mieux de m'en aller.

— Certaine de ne pas vouloir faire une soirée filles ? Peut-être que tu adorerais ça !

— Toi ? Tu ferais une soirée filles ? rétorque Leah.

— Non, sûrement pas, admets-je. A ce niveau là, je ne suis pas bien différente de toi. Très peu pour moi.

— Nous sommes au moins sur la même longueur d'onde pour quelque chose.

— Mais nous le sommes pour bien plus de choses qu'une seule, Leah. On se comprend sur bien plus de choses, après tout.

— C'est pas pour autant que je vais t'inviter à faire du yoga avec moi…

— Tu pratiques le yoga ? m'étonné-je.

— Etonnant, hein ? J'avais commencé il y a bien longtemps pour apprendre à contrôler mes émotions, sans parvenir à me canaliser suffisamment, j'ai donc bien vite perdu patience. Tout récemment, je m'y suis remise.

— Mais c'est génial ça, Leah !

— Ne t'enflamme pas, peut-être que cette tentative va tourner à l'échec aussi.

— Et pourtant, quelque chose semble avoir changé, non ? Tu sembles différente ces derniers temps.

— Peut-être bien, je n'en sais rien. Je ne préfère pas attendre quoi que ce soit, sous peine d'être déçue. On verra si mes projets se concrétisent ou pas.

— Je suis de tout cœur avec toi. Et si tu changes d'avis pour le yoga, je suis là…

— N'y compte même pas ! s'exclame la louve en s'esclaffant d'une façon totalement inédite pour moi.

Sentant mon étonnement, elle soupire.

— Je sais, étonnant de me voir ainsi, hein ? C'est ta faute. Ces derniers temps, tu as réveillé l'ancienne Leah.

— Est-ce mal ? m'enquis-je.

— Je ne sais pas encore. Je te tiendrais au jus.

Je lui souris, convaincue au fond de moi que rien de tout ça ne peut être mal, tout en espérant ne pas me tromper. Et quoi que Leah en dise, la découvrir de moins en moins taciturne en ma présence me fait chaud au cœur. A mes yeux, c'est seulement ainsi que Leah pourra avancer, et c'est précisément ce dont elle a besoin pour aller mieux.

Bien que je ne sois pas dotée du moindre don de prémonition, je crois percevoir un futur de plus en plus lumineux pour la louve solitaire. Et ce qui est certain, c'est qu'elle le mérite plus que quiconque en ce monde après avoir été si longtemps tenue éloignée du bonheur. Il est définitivement temps que la vie rembourse sa dette envers la quileute.