Bonjour, bonjour !
Le nouveau chapitre est là, bonne lecture à vous ! Quant au suivant, il recèlera enfin certaines réponses tant attendues, donc à bientôt !
Je profite aussi de cette parenthèse pour répondre aux reviews de Guest, si tu arrives jusque là. Je vais te répondre en français, puisque si tu as pu lire mon histoire je suppose que tu parviens à traduire ? La réponse va peut-être être longue donc, pour ceux qui ne sont pas concernés, vous êtes libres de passer directement au chapitre !
Donc, Guest : De la façon dont je vois les choses, ses enfants et Embry sont deux situations drastiquement différentes. Ses enfants sont mortels, ils grandissent, se construisent une vie, et il était donc impossible pour Aina de rester auprès d'eux. Elle a voulu les laisser vivre leur vie car elle n'y avait plus sa place, tout simplement. Quant à Embry, il ne vieillit pas tant qu'il ne souhaite pas le faire et il est imprégné d'elle. Pour quelqu'un qui a souffert d'avoir perdu tant d'êtres aimés, n'est-ce pas inespéré de rencontrer quelqu'un qui pourra rester très longtemps à ses côtés ? Ensuite, tu dis que Embry l'a induite en erreur sur l'imprégnation, mais tout ce qu'il voulait en fait, c'était que l'imprégnation n'entre pas en ligne de compte dans les sentiments d'Aina, il ne voulait pas que ça définisse leur relation, il voulait qu'Aina l'aime pour lui et pas pour ou à cause de ce phénomène mystérieux. Car il est mystérieux, et je ne crois pas qu'il soit jamais confirmé dans la saga qu'il s'agit forcément de transmission de gêne ? On parle là de théories des quileutes, car même si ces raisons sont probables, personne n'a confirmation qu'elles soient vraies, d'où le mystère qui entoure ce phénomène initialement rare. Quant à la peur de l'attachement d'Aina, il me semble normal que tout soit différent avec Embry et les autres. Les vampires sont immortels, et les loups peuvent vivre très longtemps s'ils le souhaitent. Elle avait peur de s'attacher à cause de la mortalité des humains, eux qu'elle finissait toujours par perdre d'une façon ou d'une autre, or ses nouveaux amis ne sont pas de simples mortels, ça me semble justifier qu'Aina laisse progressivement tomber ses défenses. Enfin, pour ta remarque sur la mémoire, je ne recherche pas ici la justesse scientifique. Pour moi, les troubles de la mémoire de Aina sont le résultat de ce qu'elle est mais qu'elle ne devrait pas être en quelque sorte. Son corps ne vieillit pas, mais son cerveau n'est pas fait pour engranger autant de souvenirs, son cerveau conserve la limitation humaine en somme. Pour ça, je me suis d'ailleurs inspirée de Ashildr dans Doctor Who qui elle aussi s'est retrouvée immortelle mais avec une mémoire limitée dans le temps. Ce n'est peut-être pas scientifique, mais avec des vampires et des loups garous, rien de tout ça n'est vraiment scientifique. Avec le fantastique, des libertés sont permises je pense. Dans tous les cas, si tu lis ceci, merci pour tes commentaires pertinents qui m'ont donné à réfléchir, ce qui est toujours bien pour prendre du recul sur ce qu'on écrit. Comme tu l'as vu, je ne suis pas d'accord avec toutes tes remarques, mais c'est pourquoi je souhaitais prendre le temps de te répondre, puisque tu avais pris le temps toi aussi d'écrire ces commentaires. J'espère que ma réponse aura pu t'éclaircir un peu sur la façon dont je vois les choses pour cette histoire et ses personnages ! Je reconnais que tout n'est peut-être pas parfaitement cohérent dans mon histoire, je n'aurais jamais la prétention de la perfection, mais c'est après tout un premier jet que je publie au fur et à mesure de mon écriture et qui ne se veut rien de plus qu'une énième fanfiction sur ce site.
31. Un répit bien mérité
Une fête. L'idée m'avait parue incongrue au départ. Avec tout ce qu'il s'était passé dans ma vie ces derniers temps, tous ces bouleversements, ces émotions fortes, ces mystères que je vivais encore, une fête me paraissait presque inappropriée.
Pourtant, maintenant que j'y suis, j'ai changé de point de vue. Alice avait raison. Nous avions bien besoin d'une fête, un peu de joie ne fait après tout jamais de mal.
Edward m'a confié qu'Alice passe son temps à chercher des prétextes pour organiser des fêtes, comme ça avait été le cas pour mon anniversaire. Mais qui sommes-nous pour faire barrière à sa joie d'apporter une dose de bonne humeur dans nos vies ?
Tous les Cullen sont d'ailleurs là, même Carlisle et Esmé qui sont à nouveau rentrés pour le week-end. Embry est là, bien sûr. De même que Jacob qui n'est jamais très loin de Renesmée. Embry a d'ailleurs fini par me confier le lien d'imprégnation qui les unit tous les deux, et si l'idée m'a paru très étrange au départ, ça m'a aidé à comprendre encore un peu mieux ce phénomène bien mystérieux. Quil est également là, jamais bien loin de ses deux meilleurs amis. Quant à Seth, il est toujours présent pour répandre un peu de joie de vivre partout où il passe !
Au fond, la seule absence que je regrette, c'est celle de Leah. Néanmoins, j'ai bien cru comprendre son ressentiment à l'égard des Cullen et de ce qu'ils sont. Je ne peux donc pas la blâmer, d'autant plus qu'elle n'est pas exactement fan des fêtes, encore moins en la compagnie de ses frères de meute qu'elle tend à éviter, ce que je trouve pourtant si regrettable.
Même si j'essaie de passer du temps avec tout le monde, je ne peux pas m'empêcher de revenir chaque fois vers Embry. Comme s'il était le soleil autour duquel je gravite, et c'est sûrement un peu le cas ces derniers temps, d'autant plus depuis que je me suis révélée à lui tout entière, sans fard ni artifices.
Tout semble désormais si parfait, si paisible. Nous n'avons pas vraiment reparlé de ce qu'il a lu, cela ne nous a semblé utile ni à l'un ni à l'autre. Il nous faudra un peu de temps et surtout un moment adéquat. Savoir qu'il connait les étapes importantes de ma vie me suffit, il me connait maintenant mieux que personne et je suis donc parfaitement sûre qu'il ne se fait pas d'illusions sur moi et sur mon histoire.
Quand j'observe les quileutes et les Cullen mêlés les uns aux autres, je ne peux m'empêcher de sourire. Je trouve ça si encourageant que deux espèces supposément ennemies soient parvenues à mettre leurs différends de côté et puissent ainsi se réunir dans un tel contexte que celui d'une fête.
Quand Seth vient nous rejoindre un peu plus tard, il me demande si nous pouvons nous parler à l'extérieur un instant. Je trouve ça étrange au premier abord avant de deviner qu'il doit vouloir me parler de Leah et ce à l'abri des oreilles indiscrètes.
Embry ne commente pas et va rejoindre ses amis sans chercher à comprendre de quoi il en retourne. Je pense que lui aussi a compris de quoi il s'agissait.
— De quoi souhaitais-tu me parler ? demandé-je néanmoins tandis que Seth et moi marchons côte à côte, nous éloignant doucement de la propriété des Cullen.
— De plusieurs choses, admet-il. D'abord, je voulais te dire merci pour Leah. Je ne sais pas comment tu as fait, mais elle semble apaisée ces derniers temps.
Je souris.
— Tout le mérite ne me revient pas. C'est elle qui a fait un énorme travail sur elle-même. Je n'ai fait que la guider un peu sur le chemin.
— Je savais que tu étais l'amie qu'il lui fallait, ne l'avais-je pas dit ? fait remarquer Seth.
— Si, Seth, admets-je.
Un sourire ravi apparaît sur son visage. Le quileute est manifestement très fier de lui, je ne peux donc pas m'empêcher de le taquiner un peu.
— Néanmoins, heureusement que nous ne nous en sommes pas tenus à tes plans foireux… lui fais-je remarquer, ce à quoi il répond par un éclat de rire.
— Je reconnais ma défaite cuisante, Aina. Tu as été meilleure que moi.
Je m'incline face à son aveu et nous rions tous les deux. Et puis, ma curiosité m'incite à changer de sujet.
— De quoi voulais-tu me parler, à part ça ?
Il paraît plus gêné qu'il ne l'était auparavant. Manifestement, c'est là un sujet plus sensible qu'il souhaite aborder, ce qui m'inquiète un instant.
— Je me mêle de ce qui ne me regarde pas… marmonne Seth d'un air désolé.
— Crache le morceau et on verra, l'invité-je à continuer.
Il soupire.
— Tu sais, tout le monde est inquiet pour toi, par rapport à cette femme.
— J'avais cru le comprendre, le coupé-je d'un air las. Je le sais, Seth. Ne crois-tu pas que je sois inquiète, moi aussi ?
— L'es-tu vraiment ? insiste Seth.
Je réfléchis un instant à sa question. La vérité, c'est que je suis surtout diablement curieuse. Au fond, plus j'y pense, moins je pense avoir la moindre inquiétude en moi. Je suis plutôt impatiente.
— Je suppose que si tu as besoin d'y réfléchir, tu ne l'es pas vraiment, remarque Seth sans pour autant émettre là un jugement, seulement une constatation.
Je hausse les épaules, ne sachant guère quoi répondre à cela.
— Tu sais, je te comprends totalement. Je peux imaginer combien tu as besoin de réponses. Maintenant que tu sais que celles-ci existent, c'est d'autant plus compréhensible. Tu les as cherchées pendant des décennies entières. Et je te souhaite de les trouver, en espérant qu'elles puissent t'apporter la paix. Mais si ce n'était pas le cas Aina ? Imagine que ces réponses ne soient pas celles que tu espères ?
Je fronce les sourcils.
— Quelles que soient ces réponses, elles auront le mérite de m'apporter un éclairage.
— Mais n'y-a-t-il pas parfois des vérités qu'il vaut mieux ne pas apprendre. Ce que je veux dire, c'est que tu m'as déjà expliqué combien tu avais un passé difficile, imagine que ce que tu apprennes ne fasse qu'en rajouter et finisse uniquement par t'accabler ?
— Alors tant pis, soufflé-je. Peu importe ces réponses, j'ai besoin d'elles, Seth.
Le jeune quileute pousse un discret soupir.
— Je sais, dit-il.
— Alors qu'essaies-tu de me dire en réalité ?
— J'ai peur que cette femme t'éloigne de nous tous, d'une façon ou d'une autre. Tu es mon amie et je ne veux pas te perdre. Et puis, il y a aussi Embry, ta perte serait insurmontable pour lui. Je n'essaie pas de t'accabler Aina, mais j'ai juste peur que cette femme t'arrache à nous, avec ou contre ta volonté.
— Elle ne le fera pas, Seth, répliqué-je. J'en ai la certitude, sans pouvoir l'expliquer. Je ne pense pas que ses intentions soient mauvaises, ni qu'elle escompte m'arracher à la vie que je mène ici, à vos côtés. J'ai déjà eu cette conversation avec Edward, et j'ai conscience de l'inquiétude d'Embry, et que celle-ci vous impacte tous, crois-bien que j'en suis désolée… Je n'ai jamais voulu qu'aucun d'entre vous fasse les frais de la situation, ni Embry, ni vous.
— Ce n'est pas uniquement l'inquiétude d'Embry, insiste Seth. Moi aussi, je suis inquiet. Tu comptes vraiment beaucoup pour moi, indépendamment de ce qu'Embry nous fait ressentir.
— Tout ira bien, Seth. Je te le promets.
Sans prévenir, le jeune quileute me prend dans ses bras et j'en reste un instant surprise. Dans son étreinte, je perçois l'attachement qu'il me porte et j'en reste étonnée. J'ignorais que je représentais à ce point à ses yeux, d'autant plus que ces derniers temps, j'ai eu peu de temps à lui consacrer.
— Je suis désolé, s'excuse-t-il ensuite en rompant l'étreinte. Je suis stupide.
— Pourquoi dis-tu ça ?
— Je laisse mes émotions me submerger. Je suis incroyablement dramatique. Je suis hautement agaçant !
J'éclate de rire en saisissant son bras d'une main.
— Tu n'es pas stupide, déclaré-je. Tu es un excellent ami, voilà tout. Tu te soucies des autres, Seth. Tu te soucies vraiment d'eux, et c'est pourquoi tu mérites le meilleur que cette vie puisse t'offrir.
Je suis contente du sourire rayonnant qui apparaît sur le visage du jeune homme. Je préfère le voir ainsi que déchiré par l'inquiétude. Néanmoins, je décèle toujours quelques réticences chez lui.
— Qu'y-a-t-il, Seth ? demandé-je.
Ses yeux croisent les miens, cherchant manifestement à savoir s'il peut me parler en toute liberté, puis il parait opter par la positive en me jugeant digne de confiance.
— C'est des problèmes bien futiles à te confier, toi qui a tant vécu… déclare-t-il néanmoins.
— Rien n'est jamais futile, Seth. Tu peux me parler de tout ce que tu souhaites. Si ça te tracasse, alors ce n'est pas futile.
— Tu promets de ne pas te moquer ?
— Bien sûr que je ne me moquerais pas !
Il parait rassuré quand il reprend.
— N'empêche que c'est vraiment futile. Ces derniers temps… je suis très envieux des gars. Ceux qui sont imprégnés, je veux dire, ce qui représente une bonne majorité. Tu sais que le phénomène d'imprégnation est supposément rare, à la base ? Il semblerait que nos meutes bouleversent les statistiques. En tout cas, je suis envieux parce que les gars semblent si heureux, et moi… moi je ne connais pas ce qu'ils connaissent. Le pire, c'est de percevoir leur bonheur dans le lien que nous partageons, parce que je sais ce qu'ils ressentent, sans pour autant pouvoir le ressentir moi-même. Alors j'ai beau savoir que c'est stupide, je suis envieux d'eux.
Ainsi, c'est donc cela ! J'ai soudainement beaucoup de peine pour Seth, ce jeune homme qui a vu son adolescence voler en éclat, au point même qu'il n'a sûrement pas pu connaitre la même adolescence que ses camarades d'école avec lesquels il a grandi. Quoi de plus frustrant ? Et puis, désormais, le voilà confronté à l'amour de ses comparses loups, sans que lui-même ne puisse le vivre. Seth qui mériterait pourtant plus que quiconque d'être aimé sans condition, de connaître ce sentiment incroyable Que puis-je lui dire qui pourrait lui apporter un peu de réconfort ?
— Je devine que te dire que ton tour finira par venir ne t'apportera rien. Je ne connais pas l'avenir, je ne sais pas de quoi le tien sera fait et prétendre le contraire serait mentir. Dans tous les cas, tu mérites d'être heureux, Seth. Il est parfaitement normal que tu puisses te sentir envieux, c'est un sentiment tellement humain que celui-là. Je devine que tu dois estimer que la vie est parfaitement injuste, et j'ai bien peur que tu ais raison. Elle l'est souvent. Mais j'aime à penser que les torts de ceux qui ne les méritent pas finissent toujours par être réparés. C'est peut-être idéaliste mais, regarde-moi, je reviens de loin et, pourtant, aujourd'hui, tout va finalement mieux.
Ma petite voix intérieure me souffle que rien n'est terminé, qu'il n'est pas impossible que je fasse une nouvelle descente vers les enfers un jour ou l'autre, mais je la fais immédiatement taire. Je n'ai pas besoin de cette négativité, pas alors que j'essaie de réconforter Seth.
— Ce que je veux dire, c'est que je n'ai pas vraiment de réponse idéale à t'apporter, mais ce que tu ressens est légitime et tu ne devrais pas t'en sentir coupable, ni penser cela stupide. Si tu le ressens, alors c'est que ce sentiment a sa raison d'être.
Seth acquiesce doucement et je ne sais pas quoi ajouter. Je ne sais même pas si ma pensée a semblé claire au jeune quileute.
Finalement, il lâche un autre soupir.
— Merci, Aina. Pour tes mots. J'ai conscience que ce sentiment finira par me passer, tu sais. Il passera, avant de revenir à nouveau, comme un cercle vicieux. Il n'empêche que ne pas être imprégné me donne la sensation d'un manque à combler. Je me dis que, peut-être, je ne serais pas complet tant que je n'aurais pas rencontré la bonne personne. C'est simplement frustrant d'avoir ce vide en soi sans ne rien pouvoir y faire. Je me sens impuissant. D'autant plus impuissant que je voudrais pouvoir me suffire à moi-même en attendant que, potentiellement, l'imprégnation me frappe comme tous les autres, de façon inattendue mais pour le meilleur.
Je hoche la tête.
— Je ne suis certainement pas en mesure de vraiment appréhender le phénomène comme toi, premier concerné, mais j'imagine ce que ça doit être. Je suis désolée que tu ais à ressentir ce vide.
— Merci beaucoup Aina. T'en avoir parlé m'a déjà fait beaucoup de bien, tu sais ?
— Libérer sa parole est déjà une thérapie en soi. Chaque fois que tu en auras besoin, je serais là, d'accord ?
Après ça, nous retournons doucement vers la villa, et Seth redevient progressivement le jeune homme dynamique et bavard que je connais si bien. Cet ami si précieux qui parait si souvent ne pas avoir conscience de sa valeur. Lui qui abrite pourtant des doutes et des regrets derrière ses sourires, comme n'importe qui.
Quand nous retrouvons les autres, je me perds un instant dans la contemplation d'Embry. Quand nos regards se croisent, j'y décèle tout l'amour qu'il me porte, mais également l'inquiétude qui le ronge et dont tout le monde ne cesse de me parler. Comme une peur viscérale de me voir m'évanouir dans l'oubli à tout instant. Comment seulement le rassurer ? Aussi fort que j'aimerais effacer d'un baiser toutes ses peurs, cela ne me semble pas possible.
Tant que ma prochaine confrontation avec ma mystérieuse inconnue n'aura pas eu lieu, nous resterons cernés par l'incertitude…
