Quinze minutes plus tard, il se garait dans la cour de la grande ferme qu'il habitait en compagnie de sa femme, de sa fille, et d'une quantité un peu improbable d'animaux.
L'ayant entendu, Ilinka, sortit en courant de la maison.
« PAPAAAAA, t'es enfin rentré ! » s'écria-t-elle, lui sautant dans les bras.
Il la fit tournoyer puis lui déposa un bisou sur chaque joue. Qu'elle sentait bon, de cette odeur d'enfant et de foin qui la caractérisait tant.
« Tu sais où est maman ? » lui demanda-t-il.
« Dans l'écurie, elle s'occupe d'Oswald. » lui répondit la petite, le tirant par la main.
Dans la grange, sa femme était effectivement en train de panser Oswald, l'énorme percheron qui servait aux travaux de débardage dans la réserve. L'animal le salua d'un hennissement tandis que Rosanna posait l'étrille et venait l'embrasser.
« Encore Paillard hein ? » lui glissa-t-elle, tout sourire.
« Je rêve du jour où son régime de saucisses et de bière le tuera, celui-là. » répondit-il mi-sérieux, mi-plaisantant.
« La saison de la chasse est finie, tu as la paix jusqu'à l'an prochain et qui sait, d'ici là... » le consola-t-elle.
« Tu as raison. Dis-moi, tu en as encore pour longtemps ? J'aimerais commencer à préparer les peaux. »
« Je dois encore nettoyer le poulailler et m'occuper du potager, donc au moins une heure. Vas-y seulement. »
« Ma petite reine, tu viens m'aider à préparer la peau des renards ? » demanda-t-il à l'enfant.
Elle opina vigoureusement du chef, faisant danser la longue tresse noire qui lui descendait jusqu'au milieu du dos.
Il partit donc chercher son butin du jour dans le 4x4, tandis que la petite courait vers la remise où il avait installé son atelier de tannerie.
L'appentis tout en longueur abritait les grosses cuves de tannage, plusieurs cadres sur lesquels préparer les peaux, des râteliers pour les faire sécher, et un établi avec tous les outils accrochés au dessus.
Il posa les renards sur le long établi, et attendit que Ilinka le rejoigne avec un tabouret pour se rehausser. Il prit un des renards et entreprit de le dépecer, montrant bien ses gestes à la petite. Il prit ensuite un second animal, prépara les entailles sur le ventre et les pattes, et le confia à l'enfant. Dès qu'elle eut compris comment tirer la peau d'une main, en tenant le corps de l'autre pour que les deux se séparent, il la laissa à son renard et en attaqua un autre. Il en avait dépouillé trois, lorsque Ilinka lui tendit sa peau, à peine déchirée au niveau des pattes. Il la félicita, et lui confia un second animal.
En une demi-heure, toutes les bêtes avaient été dépouillées. Markus mit ensuite les peaux à tremper dans un premier bain et, ramassant les carcasses, sortit par la porte arrière de l'atelier. Ilinka le supplia de la laisser débiter les bêtes en quartiers, mais elle était bien trop petite pour manier la grosse hache. Il la laissa en revanche disposer les pièces de viande dans une grande casserole et les couvrir d'eau. Il transporta ensuite la cocotte au dessus d'une vieille cuisinière qui leur servait à préparer la nourriture des animaux, et alluma le gaz sous elle.
Dans une petite heure, la viande serait cuite à cœur et ne risquerait plus de contaminer les chiens avec des vers parasites. D'ici-là, il repartit dans l'appentis, et d'un autre container il sortit deux peaux de renards prêtes à être raclées de tout reste de chair. Il les tendit sur deux cadres et, surveillant le travail de sa fille, entreprit de racler la sienne jusqu'à ce que Rosanna les appelle pour le repas du soir.
Durant le souper de sa fille et de sa femme, composé d'une tarte aux épinards et de fruits, ils répétèrent une fois encore avec Ilinka le programme du lendemain.
La petite ne tenait plus en place depuis presque une semaine. En effet, ses parents avaient enfin jugé qu'elle était assez grande pour pouvoir fréquenter d'autres enfants sans risque. Elle irait donc à l'école, deux matinées par semaine.
« Alors Ilinka, tu te souviens des règles ? »
« Oui, maman. Je ne parle du secret à personne. Je n'enlève jamais mon collier, et je ne laisse personne y toucher. Je ne parle qu'avec ma bouche et qu'en français. » récita-elle.
« Et si quelque chose ne va pas ? » demanda Markus.
« Je t'appelle tout de suite. »
« Et surtout, tu ne fais pas quoi ? »
« Je ne saute pas, je ne cours pas trop vite, et je ne frappe, ne pousse ni ne mord personne. »
« C'est bien, ma petite reine. Et la dernière chose ? »
« Je m'amuse ! » s'écria-t-elle.
La petite, tout comme ses parents, connaissait cette discussion par cœur. Ils l'avaient eue avec l'enfant dès qu'elle avait su marcher, et depuis, à chaque fois que la vie risquait de mettre Ilinka en contact avec le reste du monde, le même discours revenait.
Il n'y avait jamais eu d'incident grave, et ils espéraient que ça durerait encore aussi longtemps que possible.
Ils savaient qu'à l'adolescence d'Ilinka, ils devraient partir, mais s'ils pouvaient rester dans leurs paisible ferme d'ici-là, ça les arrangeait tout de même.
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Markus, bien plus que sa femme, se faisait du souci. Cela l'inquiétait tant qu'il avait pris congé pour le premier jour d'école de sa fille, afin de pouvoir l'y amener lui-même.
Rosanna soupira : elle savait que cette nuit, elle dormirait seule. Son compagnon - comme à chaque fois qu'il était inquiet - allait partir chasser avec son arc dans les bois, pour se vider la tête et se défouler. Hors, il ne tenait plus en place depuis deux jours, aussi ne comptait-elle pas sur son retour avant l'aube. Il serait, dans tous les cas, à l'heure pour amener la petite à l'école.
Le reste de la soirée se passa tranquillement. Après le repas, Rosanna retourna à son propre atelier, travailler sur sa dernière commande, un immense tableau qui ornerait la salle d'attente d'un cabinet médical huppé.
Markus, pendant ce temps, entraîna comme chaque jour sa fille au combat. Ils se faisaient face, de solides bâtons en guise d'armes, se jaugeant mutuellement. La petite bondit en premier, et tenta par une feinte de l'attaquer sur le flanc. Markus esquiva, puis riposta d'un coup fauchant. L'enfant réussit tout juste à l'éviter en se jetant au sol. Profitant d'être si bas, elle bondit dans les jambes de son père, le faisant tomber. D'une ruade, il se retourna, et ceintura vigoureusement l'enfant. Elle eut beau se débattre, elle ne put s'échapper de l'étreinte. Markus en profita pour la chatouiller, et le combat se termina en une partie de chatouilles endiablée.
Les entendant rire comme des fous, Rosanna vint se joindre à la bataille, et ils durent s'y mettre à deux pour arriver à l'immobiliser pour elle aussi la chatouiller. Chaque fois qu'ils pensaient être sur le point de l'attraper, elle s'esquivait en riant. Ils finirent tous les trois couchés dans l'herbe piétinée, hors d'haleine.
« Allez, petite reine, c'est l'heure de la douche, et du dodo. » ordonna Rosanna.
« Mais maman ! S'il te plaît, encore un peu ! »
« Non, il se fait tard et demain, tu vas à l'école, tu dois être raisonnable. » répliqua sa mère, inflexible.
La petite, soudain grincheuse, chouina un peu, mais partit se préparer.
« Tu es dure avec elle, Rosanna. » fit remarquer Markus, toujours couché dans l'herbe.
« Je sais, j'aimerais pouvoir être plus douce, mais nous n'avons pas le choix, il faut la préparer. » répondit-elle, fixant le ciel infini.
Il se retourna et, prenant appui sur ses coudes, regarda sa moitié.
« Tu es sûre qu'on est obligés de faire tout ça ? Ne pourrait-on pas simplement la laisser grandir comme tous les autres enfants ? » demanda-t-il sans conviction.
« Ilinka n'est pas comme les autres enfants, Markus ! Elle est unique. Son destin est unique ! Tu sais bien que c'est pour ça que nous l'avons adoptée et que nous sommes venus ici . »
« Je le sais bien, mais parfois, j'aimerais qu'il y ait juste toi, Ilinka et moi... » murmura-t-il.
« Moi aussi, j'aimerais bien que nous soyons toujours là-bas, et que ce truc ne soit pas nécessaire... » dit-elle, songeuse, en tripotant le petit pendentif alambiqué - en tout point identique à celui que portait Ilinka - que Markus arborait en permanence autour de son cou.
Il attrapa le visage de sa compagne et l'embrassa tendrement.
« A moi aussi, Pégase me manque. Mais on va y retourner, dès que Ilinka sera assez grande, je te le promets. »
Rosanna resta un instant ainsi, blottie dans les bras de la personne la plus chère à son existence. Puis, à regret, elle se releva.
« J'ai fini d'écrire un nouveau conte. Je n'ai pas encore fini de l'illustrer, mais je pense que je vais le lire à Ilinka ce soir. Après tout, demain est un jour spécial. »
Sur ces mots, elle partit voir l'avancement des préparatifs nocturnes de sa fille.
La petite avait pris sa douche et était occupée à soigneusement tresser ses longs cheveux, afin qu'ils ne s'emmêlent pas trop durant la nuit.
« Maman, je me suis lavée, j'ai brossé mes dents, et j'ai donné à manger à Pipeau. Et j'ai aussi déjà préparé mes affaires pour demain ! » assura-elle, toute fière.
« Bravo, tu as même anticipé ! C'est très bien. Savoir où on va et ce dont on a besoin pour ça, c'est important. » l'en félicita-t-elle.
Lorsque l'enfant eut fini de se préparer, elle partit en courant vers sa chambre, où un gros chat duveteux l'attendait sur le lit.
« Tu es venu écouter l'histoire, Pipeau ? » demanda la fillette en poussant le félin de côté.
L'animal feula, mécontent d'être déplacé. La petite lui feula dessus en réponse.
Lorsqu'elle fut installée, sa mère vint s'asseoir au bord du lit, un paquet de feuilles volantes dans les mains.
Elle lui conta alors l'histoire de Myrddin, un Ancien très sage et très gentil qui voulut protéger l'humanité d'êtres supérieurs qui s'étaient égarés loin des chemins de la bonté.
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« Pourquoi Morgane, elle le cache au lieu de le tuer, comme on le lui a demandé ? » demanda l'enfant.
« Morgane, même si elle est la méchante de cette histoire, n'était pas totalement méchante. Elle a compris que ce que voulait faire Myrddin était bien, et elle a choisi de l'aider. »
« Mais elle a dû avoir des problèmes après ? »
« C'est vrai, mais grâce à son choix et à sa volonté, elle a permis à Myrddin de survivre pour pouvoir à nouveau, un jour, aider d'autres gens contre les méchants esprits. »
« Alors Morgane, elle a été très courageuse. » conclut l'enfant.
« Il faut être très courageux si on veut changer le monde, ma chérie. » répondit son père, qui était venu lui souhaiter bonne nuit.
« Papa, tu me montre des images avant d'aller dormir ? » demanda-t-elle en tendant les bras dans sa direction.
« D'accord, mais juste une. Que veux-tu ? »
« Le grand lézard du désert, s'il te plaît. » réclama l'enfant.
L'homme s'agenouilla au pied du lit et tendit ses deux mains, paume vers le haut. Ilinka y glissa ses petites mains sans hésitation.
Ils restèrent ainsi un court instant, puis Markus embrassa sa fille sur le front et se releva. Rosanna lui fit un câlin et la borda, puis tous deux quittèrent la pièce en lui souhaitant de beaux rêves.
« Tu vas chasser ? » demanda Rosanna lorsqu'ils furent redescendus.
« Oui. Je suis tellement sur les nerfs que j'ai envie de mordre tout ce qui passe. » confia-t-il.
« S'il te plaît, sois prudent. J'ai entendu dire au village que des gamins vont se faire peur la nuit dans la forêt en cherchant le spectre blanc. Ce serait un démon blanchâtre et incroyablement rapide qui pousse des hurlements de damné... » supplia-elle avec un regard éloquent.
« Je serai prudent, je te le promets » jura-t-il en la serrant dans ses bras.
Sur ces mots, il attrapa son grand arc pendu dans l'entrée, attacha son carquois, et sortit.
Rosanna soupira, puis décida de profiter du calme de la maison pour aller peindre un moment avec un thé.
Sa tasse à la main, elle partit s'enfermer dans son atelier. Jusqu'à tard dans la nuit, elle peignit une majestueuse cité aquatique flottant sous un ciel constellé d'étoiles bleues.
Markus partit d'un pas vif, en direction de la forêt voisine dans laquelle il s'enfonça sans hésitation.
Alors que le soleil disparaissait derrière les montagnes, il parvint à la limite de la partie domestiquée du bois. Sans se soucier d'emprunter un chemin, il s'enfonça dans les broussailles, laissant à peine plus de traces qu'un fantôme.
Le soleil était déjà couché depuis longtemps et il était à plusieurs kilomètres du sentier le plus proche, lorsqu'il jugea être assez loin.
Il s'arrêta dans une petite clairière. Une chouette, dérangée dans sa chasse, s'envola d'une branche.
Markus, le nez en l'air, suivit un moment le vol du rapace avant de se laisser engloutir par la profondeur du vide cosmique.
La Terre était un lieu agréable, et il y vivait avec sa famille depuis quelques années déjà. La paix et le secret qui entouraient cette planète étaient ce qui les avait protégé. Mais sa galaxie natale lui manquait, ainsi que tous ceux qui y étaient resté.
Il baissa les yeux et, d'un geste lent, retira le collier qu'il portait. Il contempla ses mains, blafardes dans la lumière de la lune, le Schiithar (1) légèrement rosé qui barrait chacune de ses paumes. Il ne se trouvait pas particulièrement beau, mais il aimait cette apparence, son apparence. C'était ainsi qu'il était lorsqu'il avait rencontré Rosanna. Elle avait vu bien au-delà de leurs différences physiques, et cela ne le rendait que plus attaché à son reflet. Bien sûr, il appréciait l'apparence humaine qu'elle avait créé pour lui. Elle avait pris soin de détourner le moins possible ses traits. Il s'agissait donc de lui, en version humaine. Mais il ne s'agissait en définitive que d'un hologramme très sophistiqué, destiné à les protéger, lui et Ilinka.
Même si le camouflage ne pesait rien et n'entravait en rien ses mouvements, il se sentait tout de suite mieux lorsqu'il l'enlevait. Il se sentait plus honnête envers lui-même et envers l'univers.
D'ailleurs, s'il se faisait autant de souci, c'était entre autres à cause de ce pendentif. Ilinka n'était qu'une enfant, et même si elle était plutôt mature et responsable pour une larve de son âge, elle n'en restait pas moins sa petite fille chérie.
Il était si facile que le médaillon soit arraché dans un jeu ou que, dans un instant d'étourderie, elle ne le retire pour le montrer à un petit camarade. Il n'osait imaginer ce qui s'ensuivrait, et surtout la peine que cela causerait à Ilinka.
Il sentit la colère monter en lui. Pourquoi imposer tant de responsabilités à un cœur si pur et si fragile ? Pourquoi ne pouvait-elle pas juste être une enfant ?
Il grogna de rage, et mit un violent coup de poing dans un arbre. L'écorce se fissura. La chair déchirée de ses nies commença immédiatement à cicatriser. Il avait mal, mais il se sentit aussi plus léger. Se redressant, il sentit soudain une présence plus loin sur sa gauche. Aussi silencieux qu'une ombre, il s'approcha. C'était un cerf, qui broutait un jeune sapin. Markus se tapit derrière un buisson, prêt à bondir.
Mais le cerf dut entendre quelque chose, car soudain, il bondit en avant, détalant plus vite que le vent. Markus se lança à sa poursuite, feulant de la joie du prédateur qui a levé une proie.
L'animal n'avait pas parcouru cent mètres qu'il fut percuté sur le côté par le chasseur. Il tomba violemment et, emporté dans son élan, vint s'écraser contre un tronc. Markus s'approcha de lui et, d'un geste sûr, lui brisa la nuque.
Il savoura de sentir cette vie qui se terminait entre ses mains puis, apaisé, il remercia l'animal. Il ne l'aurait jamais fait auparavant, mais cette étrange coutume que lui avait enseignée Rosanna lui plaisait bien.
Il chargea ensuite la bête sur son dos, et repartit calmement vers son foyer.
Même s'il serait jusqu'au jour de sa mort un prédateur, il n'était plus le chien de chasse sans âme qu'il avait été, et ses responsabilités autant que son cœur n'étaient pas dans la solitude des longues traques. Cet âge était révolu. Venn'kan le traqueur wraith était mort sans même le savoir, le jour où John Sheppard d'Atlantis l'avait capturé et l'avait baptisé Markus. Et Markus, le traître à la solde d'Atlantis, avait lui-même cessé d'exister avant même d'avoir été conscient d'être ce nouvel être, le jour où il avait inconsidérément ouvert son esprit à l'étrange artiste terrienne prénommée Rosanna Gady, invitée pour des raisons alors obscures sur la cité de ceux qui avaient été les ennemis de sa race. Le nom de Lanthian - aussi ironique soit-il -, il ne l'avait gagné que des années plus tard, lorsqu'il avait dû enfiler ce collier pour la première fois et endosser une identité humaine, sur cette planète qui ignorait tout des autres vies de l'univers.
Et pourtant, c'est en ouvrant son esprit à cette étrange humaine, sa future compagne, alors juste une humaine à peine moins détestable que les autres, qu'il avait posé les premières pierres de l'être qu'il était à présent. Davantage un protecteur qu'un chasseur. Moins un tueur qu'un père.
Il sourit, trottant silencieusement sous les frondaisons.
Il était toujours un prédateur, un tueur d'hommes et de bêtes, un traqueur. Mais il était devenu tellement plus que ça. Il était devenu un compagnon, un ami, un mari, un père. Il était devenu important et aimé. Deux choses qu'il n'avait jamais été avant de rencontrer sa lumineuse humaine.
Grondant tout bas face à sa négligence, il s'arrêta sur le sentier de terre et jeta un regard à gauche et à droite. Personne. Heureusement. D'un geste vif, il renfila le pendentif, reprenant ses traits de vulgaire garde-chasse humain aux yeux délavés.
(1) Schiitar : Fente nourricière dans la paume de la main d'un wraith.
En terme de mise en page, de manière générale, les passage en casse normale sont du point de vue des femmes, et en italique des hommes.
Occasionnellement, ce peut-être italique=wraith, normal=humain.
Souvent, les deux se produisent simultanément.
