Comme chaque année, à la fin de l'été, Milena se sentait devenir de plus en plus anxieuse. Un mélange d'anticipation et d'appréhension. Ils n'avaient pas de date précise. Tellement de choses pouvaient influencer l'arrivée de l'Utopia. Des phénomènes astronomiques aux aléas d'une vie quasi militaire dans une galaxie en guerre. Tellement de choses pouvaient influer sur le calendrier du vaisseau. Mais c'était toujours dans les dernières chaleurs de l'été, alors que les premières feuilles se paraient de rouge, qu'ils venaient. Et toute l'année, Milena attendait ce moment. Et elle le redoutait aussi, car chaque jour plus frais, chaque feuille plus jaune lui faisait se demander « Et si cette fois, ils ne venaient pas ? »
Mais l'Utopia était toujours venue. Alors, comme chaque année, elle tentait de prendre son mal en patience à grand renfort de café.
Il était presque midi et elle commençait à sérieusement envisager d'aller chercher son fils qui jouait quelque part dehors pour le repas, lorsque des coups secs frappés à sa porte la firent sursauter.
Courant presque, elle alla ouvrir. Pliée en deux devant sa porte, ayant clairement couru pour sa part, Rosanna leva une main pour lui signaler qu'elle allait parler – dès qu'elle aurait récupéré un peu de souffle.
« Ah... merde... Faut que je me reprenne... l'endurance, c'est plus ça... Ah... Ils sont arrivés... derrière Pluton... derrière l'orbite de Pluton... Ouf... Seront là dans... »
« Dans un peu plus de deux jours si tout va bien. » acheva Milena, soudain électrisée de bonheur.
« Ouais. »
Rosanna se redressa. Elle en profita pour attraper son amie dans un câlin d'ours.
L'enthousiasme de Milena était contagieux. Rosanna ne put s'empêcher de sourire. Entre l'euphorie de l'ancienne marine à l'idée de revoir son fils aîné, et celle – atavique - de Markus de ne plus être le seul wraith adulte du système, c'était dur de ne pas se laisser entraîner.
« Café pour fêter ça ? »
« Milena, t'en es à combien ? »
« J'ai arrêté de compter à huit. »
Rosanna haussa les épaules. L'Américaine était plus composée de café que de cellules humaines, elle en était convaincue.
« Va pour une tasse, mais pas trop serré. »
« C'est parti. Café ! »
.
Deux jours, c'était très long. Surtout avec Milena et Markus qui, incapables de modérer leur impatience, la transmettaient aux enfants, qui ne tenaient de fait plus en place, comme branchés en permanence sur du deux-cent vingt volts.
Ilinka était tellement incontrôlable que Rosanna avait décidé de ne pas l'envoyer à l'école. Rorkalym avait eu le droit d'y aller, après avoir juré et promis à son père qu'il ne se laisserait pas emporter par ses émotions.
« Je les sens ! Je les sens ! »
Excitée comme une puce, Ilinka sautait sur place devant elle, pointant frénétiquement le ciel du doigt.
« Ils sont tout près, tu as raison. » approuva-t-elle, après s'être servie du lien et de l'esprit de Markus pour toucher l'esprit des wraiths de l'équipage, occupés aux manœuvres d'atterrissage.
« Rosanna ! »
Le hurlement assorti de coups de klaxon venant de la cour de sa ferme lui apprit que Milena était aussi au courant.
Elle ouvrit la fenêtre de son atelier.
« J'arrive ! »
« Grouille ! »
« J'arrive ! »
Ramassant une vieille besace rapiécée accrochée dans un coin de son atelier, elle se mit à parcourir à toute vitesse établi et tiroirs du regard, bazardant divers carnets et autres disques durs dedans.
Le sac plein, ignorant la nouvelle bardée de coups de klaxon, elle se rua dans sa chambre, se déshabillant tout en marchant pour changer sa tenue d'intérieur pour un jean, une blouse et un manteau de cuir sans manches tellement usé et râpé qu'il semblait avoir été porté non stop pendant plusieurs siècles. Ce qui était exactement le cas par ailleurs.
« Maman ! »
L'appel au secours vaguement paniqué d'Ilinka l'aiguillonna en direction de la chambre de sa fille. Esquivant Markus qui arrivait au pas de charge dans le couloir de l'étage, ayant selon toute probabilité planté peu importe quelle tâche il effectuait dans la réserve pour venir aussi se préparer, elle vint au secours de sa fille.
« Maman, mes cheveux ! » couina Ilinka.
« Enlève tes doigts. »
S'agenouillant derrière sa fille qui, debout devant la grande glace de sa chambre, tentait de se faire une coiffure trop complexe pour son âge, elle défit rapidement le massacre puis, avec la dextérité d'années d'expérience à manipuler des cheveux trop fins pour être humains, les entremêla en une simple mais élégante couronne qui auréolait sa tête avant de se terminer en une cascade de jais sur ses épaules.
« Passe-moi les épingles. »
Ilinka s'exécuta, lui donnant une à une les épingles de bois, ornée chacune d'une délicate fleur gravée.
« Voilà. Tu es magnifique. »
Ilinka se détailla dans le miroir avec appréhension. Rosanna se retint de pousser un petit couinement attendri – qui n'aurait pas manqué de vexer sa fille. Elle était adorable, avec sa robe de lin d'un rose très pâle, ses sandales de cuir et sa coiffure négligemment raffinée. Avec ce quelque chose de vaguement inhumain que le meilleur hologramme du monde ne pouvait supprimer, elle évoquait à Rosanna une mini-Galadriel.
Les klaxons rageurs de Milena les ramenèrent à la réalité.
« Markus, tu es prêt ? »
Un grondement stressé lui répondit. Le traqueur n'était pas moins agité qu'elles.
« Vas-y ma chérie. Dis à Milena qu'on arrive. »
Ilinka opina et partit en courant, tandis qu'elle-même repartait vers la chambre conjugale.
« Tu t'en sors ? »
Un grondement hargneux lui répondit. Markus, son peigne en os entre les dents, se battait avec ses cheveux, tentant de passer en quelques secondes d'un simple catogan retenu par un élastique à une coiffure tressée plus « wraith ».
Elle soupira : elle connaissait par cœur cette coiffure. C'était la première qu'elle l'avait vu se faire, alors qu'il était encore prisonnier sur Atlantis, et c'était celle qu'il avait le plus porté depuis.
« Je fais la gauche, tu fais la droite ? »
Un grondement sourd d'assentiment lui répondit. Attrapant une mèche de cheveux, elle se mit à la tresser à toute vitesse.
Dès qu'elle eut finit, elle se positionna dans le dos du wraith, qui la dépassait largement.
« Passe-moi l'autre et le lien, et occupe-toi de ton bouc. »
Markus lui passa l'autre tresse ainsi qu'un lien de cuir noir et, alors qu'elle attachait les deux tresses et une bonne moitié de la chevelure en un demi-catogan bas, il lissait avec soin son bouc et y enfilait une petite perle d'aligate argentée.
Rosanna vérifia une dernière fois que le catogan était centré, puis se recula.
« Allons-y, ou Milena va exploser. »
« Et toi ? »
« Pas le temps. Pas grave. »
Un grondement outré lui apprit que Markus n'était pas d'accord.
Elle l'ignora et partit au pas de course, récupérant son sac abandonnée dans le couloir au passage.
Avec un sifflement mauvais, Markus suivit, non sans avoir embarqué la boîte en bois contenant leurs quelques bijoux – principalement des accessoires pour cheveux d'origine alien.
« Bordel, mais c'est pas trop tôt ! »
Milena bouillonnait sur le siège du vieux minibus que Selk'ym utilisait pour transporter les gamins de ses cours d'arts martiaux.
« Ça fait même pas cinq minutes. » protesta l'artiste en grimpant à côté de son amie.
« Cinq minutes de trop ! »
« Selk'ym n'est pas là ? » demanda-t-elle plutôt, tandis que Markus, poussant les enfants, s'installait derrière elle et retirait l'appui-tête de son siège.
« Non, il est parti récupérer Rorkalym. Il nous retrouve là-bas. » répliqua Milena, faisant crisser les pneus alors que, pied au plancher, elle maltraitait le vieux moteur courageux.
Rosanna acquiesça tout en se retournant sur son siège.
« On s'attache, derrière. »
La remarque concernait autant les enfants que Markus, qui ne semblait guère concerné par les consignes de sécurité terriennes. Des couinements protestataires et un sifflement dédaigneux lui répondirent – tout comme trois clics très rassurants de ceintures mises.
Une fois certaine que, à défaut d'avoir une conductrice parfaitement capable de respecter les limites de vitesse, elle avait des passagers aussi sécurisés que possible, Rosanna laissa Markus s'attaquer à ses cheveux et passer les quelques minutes de trajet à y faire ce qu'il lui chantait.
« Bouge pas. »
Avec un soupir, elle resta immobile alors que Milena et les enfants déboulaient de la voiture au bord d'une vaste prairie déserte en bordure de la réserve.
« Tu sais qu'on va juste retrouver l'équipage de l'Utopia ? Je vais pas me présenter devant une reine... »
« Non. Tu es une reine. Leur reine. C'est ton devoir de leur permettre d'être fiers de toi ! »
Avec un soupir, Rosanna capitula. Il n'avait malheureusement pas tout à fait tort. La quasi totalité des wraiths de l'équipage étaient « ses » wraiths. Ceux qui, après qu'elle ait tué Silla, leur reine légitime et génitrice, avaient choisi de lui prêter serment à elle en personne, plutôt que de partir ou de se soumettre à Delleb – qui, malgré son statut de reine wraith, refusait toute autre appellation que celle de grande régente.
Mais en même temps, il avait tort. Parce que ce qu'elle leur avait offert, c'était une ruche, une famille, des amis et la liberté. Pas une reine à adorer et à laquelle se soumettre.
Et si ce n'était pas pour eux, c'était pour Markus qu'elle le faisait. Parce que c'était important pour lui.
« Voilà ! J'ai fini ! »
Rabaissant le pare-soleil, Rosanna s'inspecta rapidement dans le miroir de poche.
« Un chef d'œuvre, comme toujours. »
Markus ne put ravaler un petit rauquement fier.
Elle n'avait jamais très bien compris comment il arrivait à coiffer son épaisse tignasse bouclée selon des techniques créées pour les cheveux très fins et très lisses des wraiths, mais il y arrivait – et avec talent.
« Allons-y. » conclut-elle, sautant de la voiture pour aller rejoindre ses amis qui attendaient déjà à l'arrière d'un Jumper occulté lévitant doucement à quelques centimètres du sol.
« Bonjour tout le monde !»
Une femme dans la quarantaine à l'air maternel et un jeune adolescent s'inclinèrent bien bas devant elle et Markus.
« Bonjour, Mme Gady, Monseigneur. »
« Menu ! Mais c'est pas vrai ! Combien de fois je vais devoir vous demander de... enfin, peu importe. Relevez-vous et présentez-moi ce jeune homme.» soupira-t-elle à l'adresse de l'adoratrice.
Menu servait de cuisinière à bord de l'Utopia depuis qu'ils l'avaient libérée presque une décennie plus tôt, mais si, comme la plupart des anciens adorateurs des wraiths, elle ne se considérait plus comme leur esclave mais comme une servante libre, certaines habitudes avaient la vie dure.
« Voici Casserole, mon apprenti. »
Milena et Rosanna échangèrent un regard choqué, alors que le Jumper reprenait doucement de l'altitude.
« Casserole ?! Mais c'est quoi ce nom ? » s'étrangla Milena.
« Son travail consiste à surveiller les casseroles, donc... »
« Oui, oui, on sait, les noms des adorateurs, c'est comme les noms des wraiths, c'est quelque chose qui les définit. Mais Casserole... Merde ! Je suis sûre que tu vaux mieux que ça. C'est quoi tes talents, jeune homme ? » tenta Rosanna.
« Je surveille très bien les casseroles, Madame.»
« A part ça ? »
« Je lave très bien les casseroles. »
« En dehors des casseroles ! Tu dois bien faire autre choses ! Je sais pas moi, tu es patient, attentif, discret ? Tu chantes bien ? Tes cheveux sentent la fleur Olam ?! »
L'adolescent eut l'air misérable.
« Rien de tout ça, noble dame. »
« Arggh ! » Rosanna, frustrée agita un doigt menaçant. « Là, tout de suite, je sais pas. Mais il n'est pas question que tu restes Casserole. Tu vaux mieux que ça, tiens-le-toi pour dit ! » gronda-t-elle, tout en partant vers le cockpit pour aller saluer le pilote.
« Filymn ! Je suis tellement contente de vous revoir. Ça fait combien de temps ? »
« Cinq ans, Rosanna Gady » répondit en souriant le wraith assis aux commandes.
« Cinq ans, déjà ? Bon sang ! »
« Je suis également heureux de vous revoir » nota-t-il tranquillement, lui faisant signe de s'installer à la place du copilote.
« Mon frère. »
Le salut de Markus était grave alors qu'il s'installait sur le siège derrière Rosanna.
« Mon frère. »
L'artiste devina autant qu'elle le sentit le salut télépathique des deux frères de ruche et de sang qui se retrouvaient.
Le silence retomba. Au bout d'une minute, Rosanna n'y tint plus.
« Vous avez entendu le nom de ce gosse ?! Casserole ! Faut trouver autre chose ! »
« Je ne doute pas que vous trouverez, Rosanna Gady.» ronronna le pilote.
« Non, je trouve pas ! Vous auriez pas une idée ? »
Le petit traqueur lui coula un regard.
« Ce n'est pas moi qui suis capable de lire dans les âmes et les cœurs pour y découvrir la vérité. »
Sentant ses joues s'empourprer, Rosanna fixa le ciel couvert de ce début de septembre.
« Mouais, enfin bref. Quoi de neuf dans Pégase ? »
.
Zen'kan n'avait même pas besoin de toucher sa maman pour sentir son excitation. Il n'avait même pas besoin de sentir son odeur, pleine du piquant presque aigre du stress et du fruité de la joie. Il n'avait qu'à voir la manière dont elle se tenait, les bras crispés autour du corps, le pied tapant anxieusement sur le sol, un sourire étrange revenant sans cesse sur ses lèvres, alors que la dame qui sentait bon la nourriture lui parlait de son frère, pour qu'il le devine. Assis sur la banquette à côté d'Ilinka, il observait en silence, les pieds balançant dans le vide devant lui.
Son amie lui prit doucement la main, la serrant.
« Ça va ? »
Le tentacule de pensée n'était même pas fait de mots. Juste d'une émotion interrogative. Il lui répondit de la même manière, lui montrant ses peurs, ses craintes, de ne pas être assez. Pas assez grand, pas assez fort, pas assez bien pour mériter l'amour de Milena. Comment pouvait-il espérer concurrencer Tom, si grand, si courageux, si brillant ? Comment exister dans l'ombre de ce frère jamais là et pourtant toujours présent ?
Ilinka n'avait pas de réponse. Comment aurait-elle pu, si lui-même n'en avait pas ?
Elle lui offrit tout ce qu'elle pouvait lui offrir. Une vague chaude et chatoyante de pensées et de souvenirs, des milliers d'instants communs de bonheur. Une vague vivante et tentaculaire qui enlaça son esprit, le serrant fort, presque douloureusement de tant de joie, avant de le relâcher, sans pour autant se retirer. Pour moi, tu es assez. Un million de souvenirs, qui résumait parfaitement des mots trop simples. Je t'aime comme tu es. Le lien doré, puissant, brillant, rassurant de la ruche. Le lien vital et magnifique de l'Esprit. Il ne pouvait pas savoir pour Milena. Mais il savait pour Ilinka. Il n'était pas seul. Jamais.
« Jamais. »
Zen'kan sursauta. Il n'avait pas senti les esprits des deux adultes. Il ne les avait pas remarqué, tout centré sur ses problèmes et son amie qu'il était.
Le Jumper se posait dans le hangar de l'Utopia. Brutalement ramené à la réalité, Zen'kan se fit tout petit alors que, dans une joyeuse cohue, tout le monde descendait pour aller saluer les occupants du vaisseau parti si longtemps.
Ilinka ne bougea pas, serrant toujours sa main dans la sienne. Il n'avait pas envie de descendre. Pas envie de se confronter à ce frère qu'il n'arrivait pas à détester, malgré tout. Et qui, présentement, étreignait de toutes ses forces une Milena pleurant de joie.
« Hé, larve. Tout va bien ? »
Le petit traqueur s'était approché sans qu'il le remarque. Pourtant, avec Markus, il aurait dû être habitué.
Pris de court, il ne répondit pas, ne pouvant retenir un regard douloureux vers le quai et les retrouvailles qui s'y déroulaient.
Loin de s'énerver, l'alpha s'agenouilla devant lui, non sans avoir salué Ilinka d'une courbette et d'un poli « Mes respects, princesse. »
« Tu sais qui je suis ? » demanda doucement ce dernier, sa conscience tout près de la sienne, sans pour autant la toucher.
Zen'kan opina, mais ne dit rien. L'Esprit du mâle se fit plus proche, comme interrogateur. Il le laissa venir.
« Tu es Filymn. » articula-t-il mentalement, soulagé de n'avoir pas à vocaliser.
« Non, je suis Fil-ym-n. »
Alors que les sons résonnaient clair dans son esprit, des concepts défilèrent, mêlés d'images.
Rapidité, discrétion, subtilité, courage. Des silhouettes félines dissimulées dans le feuillage, prêtes à fondre sur leur proie, et de longues courses solitaires dans l'obscurité et le silence.
« Je suis Filymn, fils de Silla, de la ruche de Rosanna Gady. Je suis Ouman'shii, et je suis ton frère. Car tu es Zen'kan, dernier fils de Silla, et Ouman'shii tout comme moi. »
Alors que le wraithparlait, d'autres images, d'autres concepts défilaient. L'espoir, le courage, la force, la bravoure, le soleil qui se lève sur un nouveau monde et l'ombre d'un guerrier inébranlable.
« Voilà qui tu es, larve. Ton nom signifie « le guerrier qui est ». Peu importe ce que Milena Giacometti est pour toi, ou ce que tu es pour elle. Tu es Ouman'shii et fils de Silla. Tu auras toujours des frères de sang et de ruche. Tu ne seras jamais seul, et tu seras toujours assez, petit. Car c'est ce pour quoi nous nous battons tous jour après jour. Moi, Markus, Tom, tous les wraiths, tous les humains et tous les êtres qui sont Ouman'shii : c'est à cela que nous vouons notre existence. Et un jour, toi aussi, tu le comprendras, et tu lutteras. Mais d'ici-là, n'oublie pas, petit frère : tu n'es pas seul. Jamais ! »
Le dernier mot avait été pensé par une multitude d'esprits, comme une seule voix. Comme un seul esprit. Ilinka lui sourit, serrant plus fort sa main, comme pour dire « tu vois ? »
Il opina.
L'alpha se redressa.
« Viens, ta famille t'attend. »
