Hey ! Petite info de Nilou : je remercie d'abord toutes les personnes qui me suivent, c'est super agréable de savoir qu'on est lu, mais n'hésitez pas à laisser des review, ça nous aide à nous améliorer et… Ça nous motive pas mal :3
Je me prépare actuellement à un looong voyage à…. Madagascar !
C'est un projet que j'avais depuis longtemps, et qui vient de se réaliser grâce à des personnes extraordinaires :D
Je compte poursuivre ma fic là-bas, mais je ne sais pas encore combien de temps je pourrai y consacrer. J'essaierai de maintenir un rythme d'un chapitre par semaine. En attendant, bonne lecture ! ;)
"Hell is empty, and all the devils are here", Shakespeare
Hermione se réveilla l'esprit brumeux. Elle se trouvait couchée dans des draps d'une infinie douceur. Elle soupira longuement avant de cligner des yeux. La lumière filtrait à travers une petite fenêtre où les volets étaient entrouverts. Elle savoura un instant la chaleur d'un rayon de soleil sur son visage, puis se redressa sur son lit. Elle n'était pas dans son dortoir, mais elle connaissait l'endroit. Elle pivota doucement sur sa droite sans se redresser. Autour d'elle, d'autres lits, tous vides. A gauche, un petit bureau bleu ciel, où se tenaient une pile de parchemins en désordre ainsi que de petites fioles de toutes les couleurs. La sorcière plissa les yeux afin de mieux les distinguer. Des médicaments. Elle fronça les sourcils et ramena les yeux vers ses draps. Mais que diable faisait-elle à l'infirmerie ?
Elle s'étira doucement, elle n'avait mal nulle part. Bon point. Machinalement, elle se réchauffa les doigts, tout en tentant de retrouver dans sa mémoire la raison qui l'avait conduite ici. Les souvenirs de la veille lui revinrent peu à peu. Le réveil aux aurores, la robe, le dortoir des garçons, La Célébration, le déjeuner, le cours de McGonnagal, celui de Binns, Harry qui part en avance, Ron, la montre, Dobby, la forêt, le professeur Rogue, Harry...
Un cri aigu retentit dans tout l'étage. Madame Pomfresh fut la première à se précipiter au chevet d'Hermione, suivie de peu par Rusard, le concierge, puis par la directrice.
"Fermez la porte, Poppy, je vous prie.
-Bien professeur."
La directrice prit délicatement la main de son élève dans la sienne, puis appliqua soigneusement sa paume contre son front.
"Elle est brûlante, déclara-t-elle.
-Mort. Il est mort... Il l'a tué…" Hermione se convulsait sur son lit, le visage extrêmement pâle et brillant de sueur, gardant les yeux fixement clos comme si elle tentait de sortir d'un mauvais rêve.
-Elle délire !" s'exclama l'infirmière en se jetant sur sa patiente avec un flacon bleu marine à la main. La jeune fille étant trop affaiblie pour opposer la moindre résistance, le liquide coula doucement dans sa gorge et son visage se détendit.
"Potion de sommeil sans rêve, indiqua l'infirmière. Il lui faut du repos maintenant."
Elle échangea un regard éloquent avec le professeur McGonnagal.
"En effet, je pense que c'est le mieux à faire." Après un dernier coup d'œil à son élève, ponctué d'un léger pincement de lèvres, la directrice se dirigea vers la sortie.
"Venez Argus. Il nous faut condamner l'accès à l'infirmerie le temps que Miss Granger… recouvre ses esprits, acheva-t-elle. Veillez à ce qu'aucun élève ne traîne dans les parages, et si certains ont entendu le cri de Miss Granger, faites-leur savoir qu'un jeune imprudent a confondu la Pimentine avec l'asphodèle et s'est brûlé au troisième degré". Après quelques directives au concierge et une vive réprimande à Peeves qui arpentait encore les couloirs à la recherche d'une proie pour ses farces sinistres, Minerva se dirigea vers le premier couloir à sa droite, puis le second à gauche et le longea pendant une vingtaine de mètres avant de s'arrêter devant une petite gargouille. Elle la fixa par-dessus ses lunettes rondes avant de lui adresser la parole.
"Animagus"
En guise de réponse, la statue tourna sur elle-même, révélant un petit escalier circulaire. Elle le suivit et se rendit dans son bureau. Il avait à peine changé depuis quelques mois. A part la table de travail, qui était d'une propreté impeccable, divers objets farfelus s'empilaient sur les étagères. Sur la plus haute d'entre elles, on pouvait apercevoir l'épée de Godric Gryffondor, celle qui avait permis à Harry Potter de se débarrasser d'un Basilic en seconde année à Poudlard, lorsque Ginny Weasley avait été manipulée par Voldemort à travers un journal intime et qu'elle avait ouvert la chambre des secrets. A sa droite se tenait un vieux chapeau rapiécé, le Choixpeau Magique, qui entonnait distraitement un air des Bizarr' Sisters, cherchant l'inspiration à son chant d'introduction annuel. A droite de la table se dressait une grande cage surélevée, aux fins barreaux d'or, dans laquelle s'était autrefois tenu un phœnix splendide, mais qui avait déserté ce bureau à la mort de son maître. A sa place se tenait aujourd'hui un vieil hibou gris, dont les traits rappelaient étrangement Armando Dippet, un des anciens directeurs de Poudlard que l'on pouvait apercevoir dans un cadre accroché au-dessus du bureau. En effet, l'homme et l'oiseau partageaient des sourcils broussailleux, des yeux noirs et perçants, ainsi qu'un air fier et supérieur.
Minerva se dirigea vers son bureau. De là, elle saisit un parchemin, ainsi qu'une longue plume grise qu'elle trempa dans l'encre avant de se mettre à écrire. Derrière elle, les anciens directeurs et directrices de Poudlard l'observaient discrètement. Certains dormaient dans leur tableau, d'autres s'étaient invités les uns les autres à prendre le thé, jetant discrètement des coups d'œil à la directrice actuelle, qui continuait à gratter frénétiquement le papier. Au bout de dix minutes, elle roula son parchemin, le scella avec le sceau de Poudlard, et alla l'accrocher à la patte de son postier, un Grand Duc d'Aquitaine, dernier cadeau de Dumbledore avant son départ. Ce dernier inclina légèrement la tête, signe de respect, puis déploya majestueusement ses ailes avant de disparaître dans l'encadrement de la fenêtre.
"Bel oiseau, n'est-ce pas ?". La sorcière sursauta avant de se retourner lentement vers la source du son. Il était là, immobile, la fixant de ses yeux bleus ciels par-dessus ses lunettes en demi-lune, un sourire bienveillant sur son visage.
"En effet, répondit Minerva le visage détendu, il m'a été bien utile depuis votre départ.
-Aucune mauvaise nouvelle j'espère ?
La directrice baissa les yeux. Même de l'intérieur de son tableau, il conservait son regard translucide, et elle n'avait de toutes façons jamais été capable de lui cacher quoi que ce soit.
-J'ai bien peur que… Notre affaire… aie été découverte par Miss Granger. J'ignore comment et pourquoi elle s'est retrouvée dans la forêt interdite à cette heure-là mais…" La directrice se redressa et planta son regard dans celui du vieil homme. "Elle l'a vu". L'homme du tableau fronça les sourcils. Une lueur d'étonnement passa dans ses yeux.
"En effet nous n'avions pas prévu de témoin… Miss Granger a-t-elle été blessée ?
-Non. Mais elle a de la fièvre. Severus l'a ramenée en nous rapportant qu'elle s'était évanouie suite à…
Le professeur baissa à nouveau les yeux, non dans le but d'éviter un contact visuel avec Dumbledore, mais afin de reprendre une certaine contenance qui lui était coutumière. Le directeur reprit la parole d'une voix calme et grave, celle qu'il utilisait lorsqu'il énonçait une vérité difficile à entendre mais néanmoins nécessaire.
-Nous savions ce qui arriverait Minerva. Il n'y avait pas d'autre moyen d'éradiquer Voldemort. Harry l'a compris et l'a accepté avant tout autre, il était d'une noblesse d'âme sans égal.
La directrice hocha la tête en signe d'approbation. Lorsqu'elle croisa à nouveau son regard, aucun tremblement n'était palpable dans sa voix.
-Que faisons-nous pour Miss Granger ? s'enquit-elle. Elle est en grand danger, nous ne pouvons la laisser courir un tel risque ! Albus, nous ne pouvons pas perdre quelqu'un d'autre… pas encore… Sa voix n'était plus qu'un murmure. Un silence s'installa. Dumbledore semblait fixer un point au-dessus de la sorcière. Au bout de quelques secondes, il brisa le silence.
-En effet Minerva. Nous ne pouvons nous permettre de perdre Miss Granger, ou n'importe qui d'autre. La guerre a emporté bien plus de vies qu'il n'était nécessaire, inutile de lui en offrir davantage." Une lueur sombre vint brièvement obscurcir le regard du vieillard, mais s'envola lorsqu'il reporta son attention sur Minerva, une toute autre expression sur le visage.
"Je dois vous avouer que quelque chose me turlupine… Vous dites bien que Severus a accompagné Miss Granger à l'infirmerie ?
-Tout à fait.
-Et qu'elle était inconsciente ?
-Oui… La sorcière fronça les sourcils. Elle ne voyait pas du tout où son interlocuteur voulait en venir, mais elle reconnaissait l'air de son ancien directeur, celui qu'il avait lorsqu'il avait une idée en tête qui lui semblait évidente pour tous alors qu'elle n'était en réalité claire que pour lui-même.
-Alors il lui aurait été aisé de lui faire oublier ce qu'elle a vu…
Le sorcier appuya son regard en direction de Minerva, puis de sa baguette, et hocha la tête d'un air entendu. La sorcière sembla bouleversée, elle répondit assez vite.
-C'est justement là la source de notre problème Albus… Miss Granger semble résister à l'Oubliette. En réalité, elle paraît hermétique à tout sort ou potion qui aurait pour but d'écourter sa mémoire ou de modifier quelques uns de ses souvenirs. Les sorts rebondissent sur son corps, et les quelques potions que Poppy a tenté de lui administrer s'évaporent avant d'avoir atteint ses lèvres. J'ai fait appel à Filius, qui est d'entre nous les plus expert avec les sortilèges. Il dit qu'il n'a jamais rien vu de tel, qu'il doit y avoir une forme de bouclier autour d'elle qui nous empêche de l'atteindre magiquement, mais soutient que ce n'est pas de la Magie Noire. Elle a plutôt l'air de protéger Miss Granger que de la mettre en danger. C'est comme si elle était sans cesse sous Protego.
Je viens d'envoyer une missive à Sainte-Mangouste dans laquelle je décris l'état de Miss Granger ainsi que le rejet de toute magie par son corps. Les Médicomages sont très occupés en ce moment". Elle désigna une demi-douzaine de journaux, que l'on reconnaissait aisément comme des numéros de La Gazette du Sorcier. Sur les premières pages, on pouvait apercevoir quelques gros titres tels que 52 sorciers emmenés en urgence à Sainte-Mangouste ou La magie noire est-elle réellement morte avec son Lord ? Sous les titres se tenaient de grandes photos mobiles sur lesquelles on voyait tantôt une sorcière essayant de maintenir un œil dans son orbite, tantôt deux moldus dont les oreilles semblaient à tout pris vouloir se fixer sur leurs coudes, et parfois même des anciennes photos de Mangemorts avant la Grande Guerre, riant aux éclats.
La directrice poursuivit."Certaines victimes voient leurs symptômes réapparaître après plusieurs mois, et des créatures magiques se remettent à attaquer sorciers et moldus". Elle prit le premier journal et lut d'une voix qui trahissait une profonde colère. "Encore une attaque de Scroutts à Pétard à Londres. Gawain Robards, remplaçant de Rufus Scrimgeour à la tête du Bureau des Aurors, était fort heureusement sur place pour définir quelle vigilance adopter pour le Chemin de Traverse. Il aurait été alerté par les cris d'une petite fille moldue qui criait s'être faite attaquée par des homards géants ! On compte à cette heure 22 blessés, dont 12 sorciers. Le Chemin de Traverse et la rue adjacente moldue ont été placées sous vigilance orange. Si les Détraqueurs sont revenus à leur poste à Azkaban, cela n'empêche apparemment pas d'autres créatures de se rebeller.» La sorcière leva les yeux vers l'homme du tableau, qui l'écoutait attentivement, les yeux sombres. «Albus, elle est en danger. Nous devons la mettre à l'abri, jusqu'à ce que L'Ordre finisse ce qui doit être fait. Je suis en contact avec le Docteur Rabosky. S'il y a déjà eu des cas comme celui de Miss Granger, il m'informera rapidement du traitement nécessaire mais..." La sorcière s'arrêta net. Dumbledore avait levé la main, et s'apprêtait maintenant à prendre la parole.
"Vous avez raison, Minerva. Nous devons à tout prix protéger Miss Granger. Cependant je pense avoir une idée de la magie qui l'empêche de recevoir toute aide extérieure.
-Ah oui ? La voix de la vieille femme trahissait son inquiétude, elle était très soucieuse de son élève.
-Même si ce que je suspecte est juste, il n'y a aucun moyen de le vérifier." Il semblait plus parler pour lui-même que pour son interlocutrice. Cependant il reporta rapidement son attention sur elle et, avec un regard bienveillant assorti d'un sourire désolé, il reprit. "Il vaut mieux que je garde pour moi mes hypothèses farfelues. Qui sait comment les choses se seraient passées si je n'avais pas partagé mes pensées avec l'Ordre. Les choses auraient pu se dérouler différemment…" Il soupira en baissant les yeux. La sorcière ne dit rien, elle savait qu'il se blâmait continuellement, même décédé, et ne voulait en aucun cas rajouter un poids coupable sur sa conscience déjà trop lourde.
"Quoi qu'il en soit. Miss Granger doit être protégée. De ceux que nous continuons à pourchasser, mais également d'elle-même. Et pour cela je ne vois qu'une seule solution". Il croisa les yeux de la directrice et lui adressa un regard entendu. Elle fronça les sourcils.
"Albus… Non… Vous n'y pensez pas !"
Il soupira.
"Ce n'est qu'une enfant ! Et cet endroit est horrible… Ce serait pire que… pire que la mort…
-Vous oubliez qu'elle est protégée, Minerva. Cette force autour d'elle l'empêchera de sombrer. Et nous irons la chercher dès que notre mission sera achevée.
-Une force inconnue ! Qui sait ce qui adviendra d'elle là-bas ? Oh Albus ne peut-on pas simplement la mettre au courant ? Elle est brillante, elle saura accepter.
-Elle est brillante en effet. Le problème Minerva, c'est que lorsqu'on en vient à l'amour, être bon élève ne compte pas. L'intelligence ne compte pas. La raison ne compte pas. Quand bien même Miss Granger accepterait la nécessité de la mort de son ami, ce dont je doute fort, elle chercherait à le venger. Elle voudra suivre l'Ordre dans ses missions, et si on le lui interdit, elle voudra y arriver toute seule et se mettra en quête des sorciers les plus dangereux. Non laissez-moi finir, je vous prie. Vous la voyez encore comme votre élève, raisonnable et obéissante. Mais depuis elle a connu la mort, la souffrance, la douleur. La peine entraîne la témérité. Et cette dernière nous a déjà coûté la mort du jeune Fred Weasley… Elle est brillante, en effet, et elle le sait. Elle se pensera capable de venger Harry, et, poussée dans sa haine par ce que nous lui auront révélé, elle se jettera dans la gueule du loup."
La directrice resta silencieuse un moment. Elle ne pouvait croire qu'il n'y eût d'autre alternative. Même si tout ce que Dumbledore avait dit était vrai, elle ne pouvait s'y résoudre. Dans une ultime tentative, elle proposa un idée plus serpentarde que gryffondorienne. «Ne pourrait-on la séquestrer ? 12 square Grimmaud par exemple, ils ne pourraient pas la trouver là bas. Elle serait inaccessible, et sans cesse protégée par les membres de l'Ordre.
-Impossible, murmura le sorcier. Je crains que depuis la mort de Harry, ce dernier n'ayant laissé aucun testament, le square Grimaud revienne à la plus proche parente de Sirius, à savoir sa cousine Bellatrix.
-Mais on pourrait la cacher autre part. A Poudlard par exemple, elle est plus en sécurité que n'importe où ! Et je veillerai personnellement sur elle, avec l'aide de Poppy, et même Rusard pourrait monter la garde…
-Vous savez comme moi que Poudlard n'est plus l'endroit sauf qu'il était. Vous vous absenterez de plus en plus souvent en faveur de vos missions pour l'Ordre, Poppy ne pourrait empêcher les Mangemorts d'attaquer l'école quand à Argus… Quand bien même il se trouverait devant l'infirmerie au moment de l'attaque, nous savons tous deux qu'il ne pourrait strictement rien y faire.
Le seul endroit où elle sera vraiment sauve, c'est à…
-Bien, le coupa-t-elle, n'en supportant pas davantage. J'envoie de ce pas une lettre au Ministère, leur communiquant l'heure et le lieu du crime, ainsi que le nom de l'assassin."
Albus acquiesça d'un signe de tête. La directrice se rassit à son bureau, saisit sa longue plume grise et, la main légèrement tremblante, rédigea sa dernière lettre de la soirée.
