J'ai écrit la première mouture de ce chapitre alors que j'écrivais le chapitre 6 ! Il fait partie de ces bouts d'histoire que je garde en stock parfois pendant très longtemps avant qu'ils ne trouvent leur juste place dans le récit, ou plutôt que le récit en arrive à leur juste place !


« Zen, bouge- toi le cul ! »

L'appel télépathique d'Ilinka retentit haut et clair.

« Hey ! C'est pas de ma faute si y a la queue sur le stand de bouffe. »
« On s'en fout de la bouffe ! Magne-toi, le concert va commencer. »

« Calmez-vous tous les deux. » intervint Rorkalym d'un voile télépathique apaisant.
« De quoi je me mêle ! » La double pensée l'assaillit en un chœur parfait.

« On se calme. Je dis juste qu'il n'y a pas raison de s'énerver. Le concert commence dans cinq minutes, et ce n'est pas dramatique si on n'a pas de crêpes. »

« On est d'accord pour les crêpes, mais je refuse de louper le début du concert le jour de mon anniversaire ! » répliqua d'une pensée cinglante Ilinka, presque hargneuse.

« Bien, tu veux pas de crêpes, tant mieux pour moi, ça me fera plus d'argent de poche. T'as qu'à déjà y aller avec Rory, et je vous rejoins dès que j'ai ma Nutella extra chocolat. »

« Ouais, on va faire ça, espèce de goinfre. » conclut-elle, attrapant Rorkalym par la manche pour l'entraîner dans la foule compacte.

« T'as intérêt à lui acheter une crêpe, sinon elle va encore te faire la gueule parce que tu lui as rien offert pour son anniversaire. » nota ce dernier à son ami d'une pensée discrète.

« Chuis pas con ! » obtint-il en réponse.

« Et prends-en moi une sucre-citron. »
« Hey ! Chuis pas Crésus ! »

« Merci, Zen. T'es un amour.»

« Va te faire foutre, Rory !»

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La foule était compacte, mais Ilinka était agile, et c'était facile de survoler les esprits des gens qu'elle effleurait, pour plus ou moins subtilement suggérer à leur subconscient la merveilleuse idée que serait le fait de se pousser un peu.

Rory suivait tranquillement, de sa longue démarche nonchalante, profitant du fait qu'il dépassait déjà d'une bonne demi-tête de la foule pour parfois lui indiquer d'une pensée une direction ou une autre.

Ils arrivèrent finalement sur le parking transformé en salle de concert en plein air le temps de la fête de la musique, et alors qu'elle leur sécurisait une place centrale bien sur l'avant de la scène de quelques délicats coups de coude « accidentels », d'un tentacule télépathique victorieux, Zen leur signala avoir finalement pu acheter les crêpes. En retour, elle lui transmit leur position exacte dans la foule.

Macadam Crocodile entra en scène, un des chanteurs lançant une petite blague sur les Lausannois, commençant à chauffer la foule, tandis que le reste du groupe s'installait derrière leurs instruments.

« La crêpe de Mademoiselle. » annonça d'un ton ridiculement pompeux Zen'kan, qui les avait enfin rejoints.

« Mais Zen ! » protesta-t-elle sans conviction, alors qu'il lui tendait une crêpe à la cannelle surmontée d'une ridicule petite bougie d'anniversaire rose posée de travers.

« Joyeux anniversaire, Lili ! » répliqua-t-il avec un grand sourire heureux, alors qu'elle prenait l'assiette en carton.
« M'appelle pas comme ça!»

La dispute entre les deux durait depuis quelques mois déjà. Rorkalym décida d'y couper court.
Passant un bras dans le dos de son amie, il lui colla un baiser sonore sur la joue.

« Arrête de râler et souffle ta bougie, sinon tu vas avoir une crêpe à la cire. »

Avec un rire, elle s'exécuta alors que les premiers accords d'une chanson pop résonnaient. Comme un papillon attiré par la lumière, Ilinka se tourna vers la scène tandis que, d'une pensée, il faisait taire la remarque mesquine de Zen sur les goûts musicaux de cette dernière.
« N'empêche que c'est de la merde... » nota tout de même Zen, en un murmure mental.
« Vu tes goûts musicaux, à ta place, j'éviterais de la ramener. Et tu n'as qu'à te dire que c'est ton cadeau pour ses quatorze ans. »
« Je lui ai acheté une crêpe ! »
Le regard qu'il lui jeta avait dû être plus méchant qu'il ne l'avait voulu car, l'air boudeur et les mains au fond des poches, Zen n'osa pas répliquer.

Qu'il boude si ça lui chantait. Même s'il n'était pas très porté pop, les artistes étaient objectivement bons, l'après-midi de juin était magnifique, et – grande première – ils avaient eu le droit de sortir tous les trois sans chaperon, un jour de festival et de foule.
Tout promettait un jour génial, et Rory ferait tout ce qui était en son pouvoir pour que ce soit effectivement un jour génial.

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La musique était nulle. Une mélodie stéréotypée sans doute générée par un algorithme pour rentrer dans les charts. La foule était compacte, suante, puante et beaucoup beaucoup trop enthousiaste pour cette arnaque sonore. Et il faisait chaud en plein soleil, sur ce fichu parking plein de monde.

Retenant à peine un grondement grincheux, Zen'kan assassina du regard Rory qui, les mains nonchalamment passées autour des épaules d'Ilinka, marquait joyeusement la mesure du menton, tout en lui jetant un regard amusé.

Il pouvait bien faire le malin, avec son sarouel plus large qu'un chapiteau, sa blouse de hippie en lin et son chignon de hipster. Rory était peut-être au frais, mais il n'en avait pas moins l'air d'un brouteur de champignons hallucinogènes. Lui, a contrario, mourait de chaud. Mais au moins, il avait la classe. Certes, les sangles de son pantalon n'arrêtaient pas de se faire accrocher dans la foule, mais ses orteils ne risquaient rien dans ses Doc's huit trous, contrairement à ceux de ses amis qui, de petites sandales aux pieds, s'aéraient périlleusement. Et son t-shirt officiel Behemoth, Back from Hell, Tour 2025 prouvait au monde entier qu'il avait du goût en matière de musique, lui, au moins (1).

Enfin, il pouvait faire l'effort de supporter cette purge auditive pour Ilinka, surtout qu'elle avait déjà accepté de l'accompagner en début de soirée sur une des scènes périphériques pour assister au concert exclusif de Voice of Ruin, une petite perle vaudoise de la scène death metal.
Il pourrait donc laver ses tympans de cette souillure, et accessoirement, avec un peu de chance, passer un peu de temps juste avec elle, sans Rory, qui ne manquait jamais de lui rappeler son avis « très positif » sur ses goûts musicaux...

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Bien sûr, le son était encore meilleur en vrai. La musique encore plus cool en live. L'énergie, plus puissante, avec des centaines de personnes vibrant en chœur autour d'elle.

L'heure et demie du concert était passée en un éclair et, un peu ivre de musique, épuisés pas la foule, ils s'étaient éloignés des rues bondées entourant les scènes principales éparpillées dans le centre-ville, remontant les rues pavées en direction de la vieille ville et de la cathédrale. Dans l'ombre des tours gothiques et d'un platane touffu, ils s'étaient assis à même le sol, profitant du vent frais qui soufflait par là, et des notes discrètes et cristallines du handpan d'un joueur de rue.

Rory avait fini par sortir le Polaroid que Milena lui avait offert pour ses seize ans et, mimant le geste de la photographie, il lui avait proposé d'immortaliser le moment. Elle avait accepté de bonne grâce. Il était plutôt doué pour trouver son meilleur profil, et comme il aimait à le dire, « L'éternité est longue, et il est facile d'oublier. »

Et elle n'avait pas envie d'oublier ces instants de bonheur et de liberté.

Elle s'était donc levée et, d'un bond agile qui avait fait sursauter une dame qui l'avait fixée d'un air épouvanté, elle avait pris la pose, debout en équilibre sur le muret de pierre qui protégeait les badauds d'une chute de presque dix mètres sur la rue en contrebas.

Rory avait pris trois photos presque coup sur coup, les coinçant les unes après les autres entre ses doigts en un geste mille fois répété, avant de lui faire signe de le rejoindre pour les découvrir alors qu'elles se développaient.

Une était ratée, un peu floue, mais les deux autres étaient très belles, pleine de la magie de l'instant.

« On en fait une à trois ? » proposa-t-elle, et alors que Rory acquiesçait et que Zen se relevait en grognant, elle se précipita vers ce dernier, se jetant à moitié sur lui, l'empêchant de se remettre sur pied, lui arrachant un grondement mauvais.

Bientôt, Rory s'installait souplement derrière eux, et tendant le bras, elle lança un « Cheeeeeese ! » enthousiaste avant d'appuyer sur le bouton.

Le résultat fut hilarant. Zen avait été immortalisé en pleine amorce d'un grincement, ce qui lui donnait l'air sur le point d'éternuer, et un gros insecte non identifié était passé devant Rory juste au bon moment, créant l'illusion d'un atroce strabisme. Enfin, sans doute poussé par le même vent que l'insecte, ses cheveux noirs lui étaient revenus dans la figure, la faisant ressembler à un mauvais cosplay d'un spectre japonais.

Une photo esthétiquement ratée, mais parfaite pour les souvenirs.

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Il aurait pu se douter que la permission de sortie sans chaperon ne s'étendrait pas au-delà du coucher du soleil. Mais il fallait bien reconnaître que la filature aurait pu être discrète si, et seulement si, Markus n'avait pas dépassé de la foule d'une large tête.

Au moins, son oncle ne semblait pas décidé à les approcher.

Il se tenait debout dans les ombres, à la limite du cercle de métalleux assemblés autour de la scène.

A part sa taille toujours remarquable, pour une fois, il ne détonnait pas au milieu des humains. Zen soupçonnait que sa mère ou sa tante lui avait expliqué deux-trois trucs sur le metal. En tout cas, il avait sorti ses habits wraiths et, longs cheveux pâles au vent, il se fondait admirablement dans la masse de chevelus en cuir noir – un parmi tant d'autres.

Ilinka en revanche ne passait pas inaperçue. Un rayon de soleil au milieu d'une masse obscure.

Pour autant qu'il puisse se souvenir, il ne l'avait jamais vue porter du noir. Ilinka n'aimait les couleurs sombres, les tissus raides, ou les habits moulants.

Et aujourd'hui ne faisait pas exception. En plus de ses sandales à semelle de paille – raison pour laquelle il avait renoncé à l'emmener au centre de la foule, où le pogo (2) était inévitable –, Ilinka portait une robe de coton bleu ciel brodée de minuscules marguerites blanches, un gilet de dentelle rétro et un sac en bandoulière en paille tressée. Avec la couronne de feuilles et de pissenlits – un peu défraîchie – que Rory lui avait faite plus tôt et qu'elle portait toujours, elle avait davantage l'air de se rendre au tournage d'un épisode de La petite maison dans la prairie qu'à un concert de death metal. Mais elle était là, avec lui. Et c'était tout ce qu'il demandait.

Réfléchissant stratégie, il vint se placer devant elle, un peu en diagonale. Ainsi, elle verrait parfaitement la scène, mais ne risquait pas de se faire marcher sur les pieds par un indélicat.

Après quelques minutes d'attente dans une ambiance festive aux relents de bière, trois accords de basse fixèrent l'attention de la foule et, sous une vague d'acclamations, les membres de Voice of Ruin s'élancèrent sur scène, commençant in media res à jouer.

Le son était bon. Puissant. Viscéral. Et pourtant, Zen'kan n'arrivait pas à s'y plonger complètement.

Ilinka était là, juste à côté de lui, son épaule effleurant son dos. Présence discrète et pourtant frappante. Une pointe de jalousie s'insinua dans ses entrailles. Ce qu'il pouvait envier Rory, pour qui tout était simple. Naturel. Rory n'avait pas peur de mal faire. D'être trop brutal, trop agressif, trop entreprenant. D'être trop. Rory était naturel, simple, parfait.

La jalousie se transforma en honte et en colère. Ce sentiment mille fois ressassé de ne pas être assez, tout en étant trop.

Pas assez doué. Trop bête. Pas assez doux. Trop agressif. Pas assez normal. Trop différent. Même par rapport à ses amis.

Ilinka passa son bras autour du sien.

« Zen, ça va ? »

Son esprit était teinté d'inquiétude.

Il se mordit la lèvre un peu plus fort que nécessaire, faisant perler une goutte de sang vert qu'il s'empressa de lécher. Ce n'était pas le moment de tout saboter avec sa dépression. C'était l'anniversaire d'Ilinka. C'était censé être un jour joyeux. Pas question qu'il gâche tout.

Il força un sourire sur ses lèvres.

« Oui, ça va. La musique te plaît ? »

Ilinka fit la moue, remettant en place une mèche échappée de sa tresse lâche alors qu'elle réfléchissait.

« Ce n'est pas mon genre de musique... mais je comprends pourquoi tu l'aimes. C'est... comment dire... comme si ça rentrait directement dans ma tête pour y remplacer mes pensées... et je la sens aussi... ici... » expliqua-t-elle télépathiquement, se tapotant doucement la poitrine.

Il opina. Elle avait raison. Avec les baffles qui déversaient le son directement dans leurs organes internes, il était impossible de complètement ignorer le concert... quoi qu'en pense sa dépression.

Ilinka avait raison. Pour peu qu'il se concentre, Voice of Ruin remplissait sa tête de leur son graveleux. Il décida d'en profiter.

Pendant trois parfaites chansons, il se laissa absorber par la musique, le foule et l'énergie électrique qu'elle dégageait. Puis le pogo commença au centre de la masse humaine, et après avoir un peu reculé afin d'être sûr qu'ils ne risquent pas d'être pris dans les ondes résiduelles de cette folie enfiévrée, il tenta de se replonger dans cet état presque méditatif. En vain : car bientôt, Ilinka le secouait, s'accrochant à lui, alors qu'elle se mettait sur la pointe des pieds, tentant de voir quelque chose au cœur du pogo.

« Qu'est-ce qu'il y a ? »
« J'ai cru voir maman. »
« QUOI ? »
« J'ai cru voir maman dans le pogo. »

« Rosanna ?! Mais qu'est-ce qu'elle ferait là ? »
« Je sais pas. J'arrive pas à bien voir. »
Il réfléchit vite.

« Grimpe sur mes épaules. » suggéra-t-il.
« Tu vas arriver à me porter ? »
Il haussa les épaules. Ça pouvait se tenter. Il n'avait clairement pas encore acquis toute la force surhumaine des
wraiths, mais il dépassait déjà largement les performances de la plupart des adolescents de seize ans.

Il s'accroupit devant elle, et passa les mains dans son dos pour qu'elle puisse s'en servir comme d'un marchepied.
Agilement, elle l'escalada, rangeant d'une main sa jupe pour qu'elle ne l'embête pas sans pour autant compromettre sa modestie, puis lorsqu'elle se fut installée, il se releva prudemment, poussant fort sur ses jambes.

Un instant ou deux, il craignit de perdre l'équilibre vers l'avant, puis il fut debout. Une fois stabilisé, c'était facile de rester ainsi. Il ne se pensait pas capable de marcher des heures avec son amie sur les épaules, mais rester immobiles quelques minutes, sans souci.

« Ça va ? Je suis pas trop lourde ? »

« Une vraie plume ! » frima-t-il un peu.

Ilinka rit, serrant un peu les cuisses autour de sa tête, assourdissant le bruit ambiant. Peu importe, il n'écoutait plus le concert.

« Tu vois quelque chose ? »
« Mmmh. »

« Mais encore ? » l'encouragea-t-il, rajustant d'une main une de ses jambes pour que ce soit plus confortable.

« Oh ! Je vois papa ! » s'écria-t-elle, se tournant à moitié pour lui faire un grand coucou.

Zen étouffa un grondement, piétinant sur place pour garder son équilibre.

« Je parlais de Rosanna. »
« Si papa est là, c'est plus logique qu'elle soit ici... » nota-t-elle, se retournant pour continuer à scanner les pogoteurs. « Ah ! »

En même temps que l'exclamation, elle toucha son esprit, l'invitant à partager sa vision.

Par les yeux de son amie, il découvrit donc la foule sous un angle bien plus élevé, et effectivement, au milieu de la masse compacte de métalleux se bousculant comme des possédés, la chevelure bouclée soigneusement tressée de Rosanna, qui ne semblait pas moins possédée.

Une autre silhouette, bien plus petite que la plupart des participants, accrocha son regard.

« Non ?! »
« Quoi ? »

« Y a aussi ma mère ! »

L'esprit d'Ilinka se teinta d'inquiétude.

Milena était petite, même pour les standards humains. Mais elle était forte. Si elle était là-dedans, c'est qu'elle savait ce qu'elle faisait.

Il la rassura d'une pensée.

« Je suis quand même surprise que papa les ait laissé y aller seules. » nota Ilinka, visiblement bien installée sur son perchoir.

Il jeta un regard dans la direction où il savait se trouver son oncle.

C'était sans doute mieux ainsi. Markus était musclé, même pour un wraith. S'il participait à un pogo, il y aurait sans doute des morts.

« Moi, je suis surpris que nos parents aiment le death metal. »

Ilinka rit.
« Papa aime pas, c'est certain... Maman... je sais pas. Des fois elle écoute
Scorpion ou Metallica à la maison, quand même... »

Il tenta de hausser les épaules. En vain. Pas grave, elle avait compris l'intention.

Ilinka put profiter d'encore presque quatre chansons depuis ses épaules avant que la douleur dans ses lombaires ne le force à la faire descendre.

Lorsque le concert fut fini, alors qu'ils tentaient avec plus ou moins de succès de rejoindre le point de réunion défini la veille avec leurs parents, elle l'arrêta un instant et, s'accrochant à son bras, le tira à elle pour l'embrasser sur la joue.

« Merci pour la soirée. »

Il sentit son visage s'enflammer.

Ilinka ne sembla rien remarquer, alors que, lui tenant toujours le bras, elle se remettait en route.


(1) Je vous conseille très très vivement de taper « Behemoth metal » dans Google et d'aller voir les images. C'est un groupe de black/death metal polonais avec un style... très marqué et qui ne peut que plaire à un jeune wraith en quête d'identité, à tel point que je me demande s'ils n'ont pas servi de source d'inspi officieuse pour la série. Quant à la musique, je suis pas trop black/death, mais pour le genre, ça se laisse franchement écouter. Et en passant, allez voir les typographies des groupes que je cite. Elles vendent toutes du rêve – dans le genre illisible.

(2) Le pogo est un genre de danse, quasi systématique dans les concerts de métal, qui tourne souvent à la mêlée se poussant dans tous les sens. A éviter si on est petit, peu musclé ou avec des chaussures pas adaptées.